AccueilPolitiques du corps

Politiques du corps

n° spécial "Politique africaine"

*  *  *

Publié le jeudi 29 mars 2007 par Corinne Cassé

Résumé

A la croisée foucaldienne de la contrainte du pouvoir sur les corps et de la construction de soi, on réfléchira ici sur le pouvoir : celui d’instances habilitées à l’exercer et celui, insidieux, séducteur et exclusif, de l’ostentation et de la consommation. La construction de soi prend parfois allure de ruse, frayant son chemin entre marques subies et liberté de leur usage. Le corps, en effet, est, selon de titre de Bayart et Warnier, « matière à politique », lieu de l’organisation d’une violence contrôlée ou détournée , censurée, autocensurée aussi, dans un souci d’ajustement et d’appartenance ancrée dans l’incorporation de convenances. C’est peut-être cette « individuation » du social par l’incorporation qui fait le succès actuel de la thématique du corps, allant de l’omniprésent embodiment à la séduction de la connaissance sensorielle. Parfums magiques, teintures, transgressions et mutilations, modelage et pénétration, dénudement et habillage : ces techniques et bien d’autres font partie de l’arsenal du rapport au monde et des jeux, cruels, tâtonnants, aguicheurs, qui accompagnent la volonté de maîtrise ou de résistance.

Annonce

Appel à contributions pour un dossier à paraître en octobre 2007

Politiques du Corps

Coordinatrice: Danielle de Lame

 Nous situerons ce numéro de Politique africaine à la croisée foucaldienne de la contrainte du pouvoir sur les corps et de la construction de soi. Le pouvoir sera entendu non seulement comme celui d’instances habilitées à l’exercer ou se légitimant de le faire, mais aussi ces formes plus insidieuses que sont les valeurs de consommation et d’ostentation – un pouvoir à la foi séducteur et agent d’exclusion. La construction de soi prend parfois allure de ruse : elle est composition entre marques subies et liberté de leur usage, qu’il s’agisse du pouvoir politique ou des limites auxquelles individus et groupes se plient pour accéder aux objets de leurs stratégies[1].  Le corps, en effet, est « matière à politique »[2].  Il est matière à censure, lieu de l’organisation d’une violence contrôlée ou détournée[3], autocensurée aussi, dans un souci d’ajustement, souci devenu témoin d’une appartenance à une civilisation[4] ou à un groupe, moyen même de cette appartenance ancrée dans l’incorporation de convenances[5]. Nous sommes proches ici d’habitus sociaux ré-individués. C’est peut-être cette « individuation » du social par l’incorporation qui fait le succès actuel de la thématique du corps, allant de l’omniprésent embodiment à l’approche de la connaissance sensorielle plutôt que par le langage[6]. La rupture langagière nécessaire à un discours sur les sens se conjugue avec la difficulté d’articuler individuation corporelle et action de « masse » ou sur la « masse »[7]. Contrairement aux phénomènes de convivialité et de propagande qui semblent agréger les individus pour ne les laisser sur scène que comme corps vidés de sens,  la construction de soi rend compte de dynamiques transnationales de mise en jeu de soi et d’instauration de combinaisons normatives multiples donnant également accès à l’avant-scène, fut-elle un terrain de football. Telle est l’orientation générale que nous souhaitons donner à ce numéro pour lequel, un peu dans la ligne d’une liste neutre et maussienne de thèmes, nous lançons ci-dessous des pistes.

 L’impressionnante Histoire du corps, publiée en 2005 par Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello[8]la France, à partir de la Renaissance. En s’inspirant de l’éclectisme qui résulte, chez ces auteurs, des changements de situations et d’accents, on propose ici quelques pistes, accompagnées, en note, d’indications bibliographiques[9]. Même en nous limitant, comme il est d’usage chez Politique Africaine, aux situations postcoloniales, les thèmes à traiter sont extrêmement divers. À chaque fois, il nous faut nous interroger sur les pratiques locales et leurs transformations intrinsèques, sur les apports externes et sur la transformation de sens des compositions nouvelles au regard d’une grille d’interprétation recomposée. C’est à ces aspects de dynamiques postcoloniales de mise en jeu des corps que nous nous limiterons. Nous retiendrons leur traitement selon les paradigmes évoqués plus haut. , est consacrée à

 Comment, dans cette optique, rendre compte de la dimension postcoloniale ? L’œil jauge son propriétaire à l’aune de la pénétration d’un regard étranger dans l’image de soi (re)composée sous, pour, et contre, ce regard nimbé, de toutes parts, de l’« Idée de l’Afrique »[10] et du trouble d’être décrit par l’autre qui ne se reconnaît pas en nous. Cet œil dédoublé ouvre l’accès au deuxième monde et au statut d’ « agents doubles à la fois de la "culture africaine" et de la mondialisation capitaliste »[11].  L’omniprésence du corps dans les métaphores du pouvoir en Afrique contraste avec le double souci colonial de la conversion des âmes et de la mise au travail des corps valides[12]. Dans le silence étouffant des disciplines imposées aux corps se transformait le rapport au monde, ouvrant cette brèche d’où ressurgissent, transformés de s’être frottés à une domination se voulant « toute autre », des masques neufs porteurs d’une violence[13] qu’ils socialisent, comme le font, réinterprétés, les uniformes. 

 L’imposition de nouveaux traitements de soi et du corps de l’autre a participé de l’aliénation coloniale et en a même constitué souvent un instrument essentiel.  Elle s’est prolongée, non seulement dans la poursuite d’une domination à la fois technique, idéologique et économique, mais aussi dans le transfert du pouvoir de l’État de droit à une puissance que Joseph Tonda, évoquant l’Afrique centrale, nomme « Le souverain moderne », un transfert d’autant plus glissant que l’État s’y dissout, y prenant lui-même statut de fétiche. Les États ne sont pas tous également dissolus mais les inégalités sociales criantes dans l’accès à la modernité ou au simple bien-être écartent les moins nantis d’une bureaucratie pour eux sans effets  autres que répressifs. A l’intérieur même des États, quel qu’en soit le mode d’opérationnalité, l’accès à la monnaie et à la connaissance règlent les vannes de l’écluse de la consommation, à moins que la chance ne se laisse amadouer. Bien souvent, les jeux avec l’États (se) combinent avec ceux du hasard. Si donc, le « gouvernement du monde » confond le « fouet de Dieu[14] » et le « fouet du plaisir[15] », les remords cueillis « dans la fête servile[16] », ont à s’accommoder des grincements entre des générations qui ne tournent plus aux mêmes gonds. Le « dévergondage »  fait figure de modernité ... mais pour qui et au regard de quelles normes ? Celles-ci ne seraient-elles pas, elles aussi, diffractées ? Les jeux, les sports, exprimeraient-ils pas ces combinatoires en miroir, celles qui font ré-émerger l’efficacité des masques et des fétiches dans la sphère d’un politique et d’un religieux perçus et représentés comme affaires de « camps », pour reprendre l’expression de Tonda ? Un nouveau consensus n’est-il pas en gestation dans la faille où se sont rejointes les normes empilées au cours d’une histoire en porte à faux ?  La sexualité se découvre sous le suaire du sida ou dans la chaste peur de serments intenables.

 Il est fort possible, comme le remarque Achille Mbembe, que l’Afrique soit en voie de participer au monde en empruntant plusieurs chemins. La manducation de l’État, préalable à une digestion centripète des espèces économiques importées, semble se compléter, au raz du gazon, de techniques plus actives de construction du corps menant tantôt à un onirisme de miroir, tantôt à la conquête des arènes sportives. Pour reprendre une expression de Vincent Foucher, on passerait « de la "politique du ventre" à la politique des abdos ». À cette fin, ce sont souvent des techniques locales qui posent les premiers jalons vers le marché international où les joueurs espèrent se faire acheter. Entre temps, les villages s’affrontent par joueurs interposés[17] mais le football local est aussi mis à la contribution des tentatives de réconciliation comme au Burundi ou au Rwanda[18]. Des sports internationaux ont pu être intégrés depuis longtemps, et les anciennes techniques, telles que la lutte (Sénégal, Mali...), la course (Kenya) ou la danse musclent des corps enracinés dans les mémoires des générations, ou s’exportent vers les touristes et vers les marchés friands d’une Afrique prédictible. Le palimpseste corporel produit, dans ce dernier cas, une mercantilisation des gestes assez similaire à celle que commandent les défilés et les danses remodelées en l’honneur des hommes politiques et des touristes.

 Alors que les marquages corporels, les sanctions et épreuves physiques et les techniques du corps ont longtemps été des parties essentielles de l’apprentissage social à travers toute l’Afrique, on peut s’interroger sur l’effet de cette déculturation sur la mémoire la mieux enracinée qui soit, celle où l’intelligence est corps. Peut-on gager que, pour les femmes, cette intelligence du corps passe par une maîtrise et, d’abord par la reconnaissance qui les fait cesser d’être des biens meubles et héritables, des outils jetables pour cause de stérilité, des corps où inscrire leur soumission à l’ordre et aux mâles ? Si l’excision fait l’enjeu de combats mondialisés, l’ignorance et la pauvreté qui, parfois, motivent la continuité de la pratique, passent au second rang des analyses. Elle est pourtant aussi à la source de ces gestes commodifiés qui évoquent, dans les lumières colorées des marges nocturnes, la chosification du sexe, le plus souvent celui des femmes, même si les plages, d’Haïti au Kenya, ont ouvert un marché masculin.   

 Sur l’Afrique, si multiple, les histoires coloniales habillées de la conquête des âmes, ont greffé des pratiques courbant les corps à de nouvelles disciplines. Du côté sombre de l’histoire des corps, on trouve les contraintes de l’enchaînement et des marches d’esclaves, leur entassement dans les coques des navires, mais aussi, dans une prison de Kigali, en 1995, « quatre taulards par mètre carré, une journée de contorsion pour accéder aux latrines, un sol suintant d’orteils nécrosés, des pieds ou des jambes rongés par la gangrène, condamnés au mieux à l’amputation[19] ». Cette obscurité se nourrit de fantasmes nés de l’oppression « chosifiante », « portée par des structures et des institutions (...) mise en oeuvre par des hommes en chair et en os[20] ». S’il est impossible de ne pas saisir la continuité entre l’assimilation de « la chose » à son créateur, reste de la violence coloniale désormais assimilée à la source de cette violence : non plus le colonisateur, mais la modernité. L’affirmation de soi passe, dès lors, par des techniques de re-création du corps qui éloignent, autant que possible, le spectre du magma odorant auquel condamne l’échec dans la compétition pour une domination sans partage. L’hégémonie insinue, dans son triomphe, l’odeur écœurante des corps morcelés jetés aux latrines ou abandonnés en forêt : assez pour, à tout prix, garder le pouvoir. De la même logique de violence participent les prébendes déterminant des positions sociales extrêmes et des valeurs différenciées de l’humain.

 L’histoire ancienne de l’Afrique et l’observation actuelle, encore, témoignent de maîtrises locales de techniques faisant du corps un élément de l’outil et cette appréhension marque souvent une continuité, par ailleurs inscrite dans la répartition des tâches selon le sexe. Bon nombre de techniques, comme l’équilibrage des boutres, la confection des cordes ou le tissage, la pêche (que l’on pense aux pêcheurs wagenya du Congo ou à la pêche piroguière des côtes du Sénégal), les travaux successifs liés à l’agriculture et à la transformation des denrées, supposent l’usage du corps humain en parfaite synergie avec les instruments dont ils est une pièce maîtresse, tout comme dans l’usage des armes. D’autres fois, le corps lui-même est l’instrument de travail, comme dans lors de longs déplacements à pied ou lorsque l’on quitte des domaines où se poursuivent des stratégies floues dont le corps est l’instrument ou l’enjeu. D’une façon qui nous est encore familière, le corps se prolonge d’un outil mais parfois aussi, comme dans les bordels, les sites artisanaux de creusage d’or, de diamant ou d’hétérogénite, il est outil. De plus en plus aussi, le corps s’inclut dans l’outil qu’est le véhicule et cette propension à l’inclusion plutôt qu’à l’usage de soi apparaît, créant d’autres mouvements et expériences corporelles, celles du danger partagé dans l’entassement et conjuré par la musique ou les chants, celle, pour les chauffeurs, d’une maîtrise de la fatigue dans le recours éventuel au khat ou à l’alcool : la conduite devient démonstration d’endurance, un jeu avec le risque dont la maximisation du gain est l’enjeu, une ruse constante avec la route et les autres véhicules, une chasse où chaque chasseur a son rôle (on pense ici aux matatu du Kenya) et où le corps, poussé dans ses derniers retranchement, se refait outil.

 On suivra les stratégies du corps dans la sphère des sports, où se construit, cette fois sur la scène du monde, une solidarité d’équipe dans la valorisation de chaque individu. Les danseurs, les lutteurs s’élançant, le plus souvent à deux, au centre du cercle formé par la troupe et les spectateurs, se fondent et s’harmonisent aux canons mondiaux du sport. Ils démontrent alors une maîtrise du répertoire mondial – et non local – et leur virtuosité particulière dans une discipline bureaucratisée. Le rythme de leur prouesse n’est plus partagé, même si une sorte de dialogue peut s’installer, par exemple entre les footballeurs et leur public. La mondialisation des corps se plie aussi bien aux politiques provinciales et aux imaginaires enracinés dans le passé local poussant, jusqu’au fond des campagnes, bricolages politiques et invocation des esprits. Médiatisées, les équipes représentent la nation ou les enjeux de ses fractions[21]la South African Soccer League, de 1961 à 1992. Les joueurs mettent en mouvement des imaginaires de victoire et unissent les fans dans une symbiose, tantôt admirative, tantôt revancharde : l’identification est momentanée mais l’adhésion est totale, incarnant une perception de la société en termes de « camps [22]». Sur le rectangle ou le podium, le spectacle mobilise les ressources du spirituel au service de la chance – un pouvoir reconquis – sonnant en l’espèce des paris et/ou liquéfiée à nouveau dans le flou d’un ring prolongé jusqu’aux quartiers des combattants[23]., enjeux qu’elles peuvent porter sur la scène mondiale comme l’illustra (notamment) le boycott de

 Les obsessions hygiénistes de l’époque coloniale ont marqué le rapport au corps, au soi reflété, vu et approuvé, faisant de pratiques de soin et de présentation de soi un critère de civilisation et d’urbanité qui s’emmêle à des intimités préservées. On  pourrait évoquer des images : tête de femme abandonnée aux doigts d’une coiffeuse qui tresse à l’infini le nylon et le cheveu parfois teint ; tête tondue à la lame de rasoir ; petits commerce ruraux où les pots de vaseline figurent comme produits de première nécessité ; salons urbains où se défrisent les cheveux, où se vendent les blanchisseurs de peau… La marchandisation de la modernité a pris le relais de l’hygiénisme colonial, et bon nombre de pratiques sont devenues les témoins, pour soi et les autres, de l’appartenance au monde : l’argent en est le ticket d’entrée universel. Au Niger, les techniques d’engraissage des femmes de l’élite ancienne se sont déplacées vers les « nouveaux riches »  du désert qui, trop pauvres autrefois, gavent aujourd’hui leurs fillettes, en retard d’un signe de succès[24]. Le corps rebondi des femmes incarnait la richesse de leur père, puis l’amour et l’aisance de leur mari. La « maigritude » s’aligne aux modèles des magazines mais redouble ses sens dans le rapport au monde qu’elle incarne en creux : l’anorexique postcoloniale imprime en elle toute l’ambivalence à l’égard d’une alimentation (ou d’autres pratiques d’ingestion) détachée de la fertilité locale et branchée en négatif sur les apports extérieurs [25]ou obsédée par la maîtrise des ouvertures et le rejet d’une circulation désormais dévoyée tant les fluides en sont  étrangers au corps qui les véhicule. A l’inverse, la persistance de cette vision sociale en termes de circulation fait perdurer, dans de nombreuses régions d’Afrique, la croyance en la guérison par transfert de la maladie à un être vierge qui la capte et, ce faisant, en délivre le contaminateur : la pratique s’accommode des germes mortels du sida et la rumeur en est parfois reprise par les média. Elle n’est pas perçue comme sorcellerie mais comme la continuation de pratiques anciennes, la sorcellerie se situant sur le terrain complémentaire à celui du blocage, celui de la dévoration ou de la rétention pour soi de parcelles vives du corps de l’autre : cheveux, ongles, sang, salive… le terrain de la dévoration de l’autre et du vampirisme[26]. Les enfants sorciers de Kinshasa sont ainsi purgés et purifiés des viandes de leurs victimes : le jeûne assure le transit vers une réintégration sociale[27].

 Faute de ticket d’entrée, l’intrusion combine risque et chance. Le corps devient instrument d’expression d’une résistance au pouvoir et au travail à travers les fraudes et les transgressions multiples qui lui font sauter les barrières et éviter les files d’attente au guichet. La reprise en mains propres de la gestion des apparences passe par des coups de chance : la trouvaille d’une pierre, les invasions de territoires – appartements parisiens ou no man’s lands – et les transgressions de frontières – de corps et de classe – transportent les chasseurs d’un terrain et d’une brousse à l’autre, où les apparences deviennent un mode d’exister, de prendre possession d’un moment du monde, ce monde fut-il réduit à un squat parisien[28]. Fidèle à sa vision d’une hétérosexualité métropolitaine déniant les penchants « contre nature »,  allergique aux transgressions de balisages et de frontières corporelles, le colonisateur assigna aux « Naturels » de ses colonies sa vision d’une sexualité, certes débordante, mais rivée à la reproduction. Si des allusions à des pratiques homosexuelles percent parfois dans des rapports administratifs ou autres, elles sont rares[29]. Il reste ici un domaine à revisiter, en arrière-plan des revendications postcoloniales en matière d’orientation sexuelle.

 La danse et la transe, enfin, sont à la croisée de bien des fusions, avec êtres de chair ou d’esprit reconvertis, eux aussi, sous les néons et dans les temples de toutes obédiences… encore une piste…

 

 Envoyez avant le 13 avril 2007 un bref résumé de vos propositions de textes à Danielle de Lame (ddelame@africamuseum.be)



[1] J.-F. Bayart, Le gouvernement du monde. Une critique politique de la globalisation, Paris, Fayard, 2004.

[2] J.-F. Bayart et J.-P. Warnier, Matière à politique. Le pouvoir, les corps et les choses, Paris, Karthala, 2004. 

[3] N. Elias et E. Dunning, Sport et civilisation. La violence maîtrisée, Paris, Fayard, 1994.

[4] N. Elias, La civilisation des mœurs,  Paris, Calmann-Lévy, 1993.

[5] M. de Certeau et L. Giard, L’invention du quotidien, Paris,  Gallimard, 1990.

[6] A. Browerstahl,  « Colonial Entanglements and the Practices of Taste », American Anthropologist, vol. 104, n° 3, 2002; D. Howes, Sensual Relations. Engaging the Senses in Culture and Social Theory, Bloomington, University of Michigan Press, 2003.

[7] « ... le commandement, en postcolonie, est d’un tempérament luxurieux ». In A. Mbembe, De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Paris, Karthala, 2000, p. 146. La relecture de tout le chapitre « Esthétique de la vulgarité » ouvre bien des pistes.

[8] A. Corbin, J.-J.  Courtine et G. Vigarello (dir.), Histoire du corps, Paris, Seuil, 2005.

[9] Nombre d’ouvrages cités ici comportent d’importantes bibliographies pertinentes pour le thème.

[10] V. Mudimbe, The Idea of Africa, Bloomington, Indiana University Press, 1994.

[11] J. Tonda, Le souverain moderne. Le corps du pouvoir en Afrique centrale (Congo, Gabon), Paris, Karthala, 2005, p. 7

[12] Voir la notion d’ « homme adulte valide » qui présidait, en Afrique belge, au paiement de l’impôt en travail ou encore, les examens médicaux préalables à l’engagement dans les mines, au Congo ou en Afrique du Sud.

[13] S. Ellis, The Mask of Anarchy, New York, New York University Press, 1999.

[14] A. Mbembe, De la postcolonie, op. cit., p. 187-216.

[15] Charles Baudelaire, dans Les Fleurs du Mal

[16] Ibid.

[17] Sur le Sénégal, voir le film documentaire de L. Vandertaelen, « War between villages », 1998.

[18] Un autre sport aurait été promu pour la réconciliation au Rwanda : le basket-ball.

[19] F. Bernault, Enfermement, prisons et châtiments en Afrique, du XIXe siècle à nos jours, Paris, Karthala, p.20, 1999, citant V. Hugeux.

[20] A. Mbembe,  De la postcolonie, op. cit., p. 219.

[21] P. Alegi, , Laduma ! Soccer, Politics and Society in South Africa, Scottsville, University of KwaZulu Natal Press, 2004.

[22] J. Tonda, Le Souverain moderne, op. cit.

[23] R. Lubembo Kabeke, « Les fétiches sur le ring : le catch, sport et rituel magico-religieux », in D. de Lame et D. Dibwe dia Mwembu (dir.), Tout Passe. Instantanés populaires et traces du passé à Lubumbashi, Paris, Tervuren, L’Harmattan, Musée royal de l’Afrique centrale, 2005. 

[24] R. Popenoe, Feeding Desire. Fatness, Beauty and Sexuality among a Saharan People, Londres, Routledge, 2004.

[25] T. Dangarembga, À fleur de peau, Paris, Albin Michel, 1992.

[26] L. White, Speaking with Vampires. Rumor and History in Colonial Africa, Berkeley,  University of California Press, 2000.

[27] F. De Boeck, Kinshasa. Récits de la ville invisible, Paris, La Renaissance du Livre, 2005.

[28] D. Gondola, « La sape des mikilistes : théâtre de l’artifice et représentation onirique », Cahiers d’études africaines, vol. XXXIX, n°153, 1999, p. 13-47.

[29] Pour une bibliographie de contexte, voir l’article d’I. Niehaus « Renegociating Masculinity in the South African Lowveld : Narratives of male-male sex in Labour Compounds and in Prisons » in African Studies, vol. LXI, n° 1, 2002, p.77-97. 

Catégories

Dates

  • vendredi 13 avril 2007

Mots-clés

  • politique, corps, Afrique

Contacts

  • Danielle de Lame
    courriel : ddelame [at] africamuseum [dot] be

URLS de référence

Source de l'information

  • Vincent Foucher
    courriel : v [dot] foucher [at] sciencespobordeaux [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Politiques du corps », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 29 mars 2007, http://calenda.org/192906