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Publié le samedi 31 mars 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Appel à communication pour le colloque "Les temps des politiques sociales" des 22 et 23 novembre 2007 à Fribourg, organisé par la Chaire de travail social et politiques sociales de l'Université de Fribourg et l'AISLF. Fruit de la confrontation d'une multitude d'acteurs sociaux percevant la réalité de manière hétérogène, les politiques sociales recouvrent une réalité complexe et multiforme, tant au niveau de leur conception que de leur mise en œuvre. Des politiques au tiers secteur, en passant par les hauts fonctionnaires, les médias et les intervenants de terrain…, tous occupent une place particulière dans la définition et / ou dans l'application des politiques sociales, place qu'ils tiennent à légitimer et à défendre. De cette position spécifique découle un certain rapport au temps, la temporalité de l'État social n'étant pas identique, par exemple, à celle du travailleur de rue. Cette hétérogénéité temporelle se trouve au centre des préoccupations de ce colloque qui propose de réfléchir autour des différents temps des politiques sociales et de leur conflictualité potentielle ou avérée.

Annonce

Les temps des politiques sociales

 Appel à communication

Chaire de Travail social et politiques sociales - Université de Fribourg (Suisse)
GT 19 Sociologie de l’intervention sociale de l’Association internationale des sociologues de langue française

Fribourg (Suisse), les 22 & 23 novembre 2007

Fruit de la confrontation d'une multitude d'acteurs sociaux percevant la réalité de manière hétérogène, les politiques sociales recouvrent une réalité complexe et multiforme, tant au niveau de leur conception que de leur mise en œuvre. Des politiques au tiers secteur, en passant par les hauts fonctionnaires, les médias et les intervenants de terrain…, tous occupent une place particulière dans la définition et / ou dans l'application des politiques sociales, place qu'ils tiennent à légitimer et à défendre. De cette position spécifique découle un certain rapport au temps, la temporalité de l'État social n'étant pas identique, par exemple, à celle du travailleur de rue. Cette hétérogénéité temporelle se trouve au centre des préoccupations de ce colloque qui propose de réfléchir autour des différents temps des politiques sociales et de leur conflictualité potentielle ou avérée.

Un véritable écartèlement se donne en effet à voir entre la logique de l'urgence adoptée dans certains milieux, à l'instar de l'humanitaire qui mise sur l'allègement immédiat des difficultés vécues par les populations, et d'autres logiques reconnaissant à la durée, au temps qui s'écoule, un prix. Les institutions de réadaptation, par exemple, s'inscrivent dans cette seconde logique, l'évaluation des progrès se faisant à l'aune d'une temporalité longue. Toutefois, lorsque les progrès cessent, le temps peut se muer en attente et être perçu dans toute sa lourdeur. Le défi consiste alors à gérer cette attente, le temps qui s'écoule.

Ces temps ne sont pas uniquement divergents mais ils sont aussi souvent antithétiques, bien souvent même impossibles à agréger. Les temps définis et imposés par l'État social – caractérisés par les concepts de prospective, d'anticipation et de planification mais aussi à certains égards par une logique à plus court terme, influencée par les enjeux électoraux par exemple – tendent à s'opposer au temps des institutions, des politiques, des professionnels et des usagers. Cette dissonance des logiques rythmiques entres les différents niveaux complexifie la collaboration interinstitutionnelle et a des impacts sur la qualité des prestations.

La discordance rythmique est encore accentuée par les médias, acteur incontournable au niveau de la définition des politiques sociales. Ceux-ci imposent en effet leur temporalité, caractérisée par l'immédiateté, qui entre en contradiction avec le temps incompressible nécessaire à la réflexion autour des enjeux de société.

Quatre axes sont susceptibles de structurer la réflexion autour de la thématique des temps des politiques sociales :

1. Les temps de l'urgence

L'urgence caractérisant nos sociétés n'épargne pas les politiques sociales, qui se doivent de répondre sans délai à certaines difficultés sociales, notamment en cas de crise, d'imprévu. Or, définir une politique sociale consiste avant tout à dessiner un modèle pérennisable dans le temps, donnant une certaine direction à la société. Dans quelle mesure urgence et politiques sociales sont-elles compatibles? En même temps, sans que cela ne soit antithétique, les mesures prises dans un tel cadre sans réelle mise en perspective d'ensemble, participent à la création d'un certain empilement des politiques sociales. Quels sont dès lors les effets de cette sédimentation au fil du temps sur la cohérence et l'efficacité des politiques sociales ?

2. Gestion et mobilisation de la durée

Les politiques sociales s'inscrivent aussi dans la durée, selon des temporalités plus ou moins longues qui peuvent entrer en tension. Tel est le cas de l'accompagnement qui se décline notamment sous forme éducative – temporalité longue – et palliative – durée limitée. Ainsi, la gestion de l'installation d'un usager dans un dispositif constitue un véritable défi, notamment lorsque celui-ci n'est pas pensé pour durer. Quelles sont les modalités de gestion de l'attente ?

La notion de durée se retrouve aussi dans la perspective du projet, toujours plus présente au niveau de l'action sociale, particulièrement dans les structures de réinsertion. Pour que cette projection soit possible, il s'agit de mobiliser l'expérience des individus, donc d'opérer en amont. La durée revêt ici un caractère plutôt positif et valorisé. Quelles sont les modalités de la mobilisation expérientielle ?

3. Divergences chronologiques

Les différences de temporalité entre les acteurs des politiques sociales alors que ceux-ci se doivent de faire système, complexifient indéniablement la collaboration. Les temps de l'État social planificateur (à long terme) sont difficiles à concilier avec ceux des usagers (qui souhaitent voir les effets rapides d'une orientation politique, contre l'exclusion ou l'insécurité par exemple) ou avec celui des élus, soucieux de marquer d'une temporalité élective les politiques sociales localisées; mais les temps de l'État social d'urgence (avec la pratique des contrats de 3 ou 4 mois) sont aussi incompatibles avec celui des associations qui réclament "du temps" pour s'occuper de ceux que la mondialisation met au bord du chemin, et pour réaliser un développement durable des quartiers. Ces divergences chronologiques se donnent aussi à voir au travers du rythme imposé par l'émergence du paradigme managérial dans le champ du social (contrats, appel d'offres, retour sur investissement, direction par objectifs, démarche qualité, etc.), affectant la mise en œuvre des politiques sociales et de l'action sociale. Se pose dès lors la question de la coordination de rythmes différents, voire antithétiques.

4. Les moments de l'intervention

La temporalité peut également être interrogée sous l'angle du moment où se situe l'intervention, afin de comprendre comment se définit le "quand". Cela renvoie indéniablement aux thématiques liées à la prévention et au curatif. Quels sont les facteurs influençant la détermination du moment de l'agir ? L'intervention se décline aussi parfois sous forme d'accompagnement, particulièrement durant les phases de transition biographique, offrant un support à des moments clés de l'existence. Comment penser une aide qui vise la sécurisation des parcours des individus et donc produit un étirement du moment de l'intervention ?

Appel à communication

Modalités d’inscription :
Les collègues désireux-ses de présenter une communication sont invité-e-s à envoyer leur proposition, 1 page maximum, en précisant leur nom, prénom, institution et adresse électronique, jusqu'au 13 juillet 2007,

par courrier électronique à : viviane.chatel@unifr.ch  

ou par courrier postal à :
Université de Fribourg
Chaire de Travail social et politiques sociales
Mme Dr Vivianne Châtel
Route des Bonnesfontaines 11
CH-1700 Fribourg

Les auteur-e-s des propositions retenues seront informé-e-s par courrier électronique dès la fin du mois de juillet 2007.

Modalités de participation :

Un site, recensant le programme du colloque ainsi que les informations pratiques (hôtels, restaurants, transports, tourisme etc.) est en cours de construction (www.unifr.ch/travsoc/colloque2007).

L’inscription au colloque est gratuite.

L’hébergement, les déplacements et les repas sont à la charge des participant-e-s.

Un repas est organisé le jeudi soir au prix de CHF 50- (29 euros). L’inscription est obligatoire et le règlement se fait impérativement par virement bancaire au plus tard le 30 septembre 2007 (voir le site du colloque pour plus d’informations, notamment le code IBAN [International Bank Account Number] pour le virement bancaire).

Pour toute information complémentaire :
E-mail : viviane.chatel@unifr.ch  
Site web : www.unifr.ch/travsoc/colloque2007

Lieux

  • Chaire de Travail social (Rte des Bonnesfontaines 11)
    Fribourg, Confédération Suisse

Dates

  • vendredi 13 juillet 2007

Mots-clés

  • politiques sociales, temporalité

Contacts

  • Prof. Marc-Henry Soulet
    courriel : doris [dot] gehring [at] unifr [dot] ch
  • Dr Vivianne Châtel
    courriel : viviane [dot] chatel [at] unifr [dot] ch

URLS de référence

Source de l'information

  • Doris Gehring
    courriel : doris [dot] gehring [at] unifr [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Les temps des politiques sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 31 mars 2007, http://calenda.org/192912