AccueilDanse et esthétiques africaines

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Publié le lundi 16 avril 2007 par Sylvain Lesage

Résumé

Penser la danse dans une perspective anthropologique à partir d’études de cas issues du continent africain ou de contextes diasporiques africains, sans succomber aux travers de la réification de la danse africaine ou de la comparaison stylistique - tel était le pari en organisant cette journée d’études. Le parti-pris a été d’inviter un nombre restreint de chercheurs pour exposer leurs travaux sur les esthétiques africaines à l’oeuvre dans une ou des danse(s) de leur terrain, et de provoquer le débat. A partir de ces exemples, nous tenterons de dépasser les discussions « locales » pour cerner ce qui a trait à la danse en général.

Annonce

LAPRACOR (UBP Clermont 2) et CEMAf-Ivry (UMR 8171)

Journée d’études

DANSE ET ESTHETIQUES AFRICAINES

JEUDI 3 MAI 2007 (9h – 18h)

Salle des thèses
MSH de Clermont-Ferrand
4 rue Ledru
63000 Clermont-Ferrand

Penser la danse dans une perspective anthropologique à partir d’études de cas issues du continent africain ou de contextes diasporiques africains, sans succomber aux travers de la réification de la danse africaine ou de la comparaison stylistique - tel était le pari en organisant cette journée d’études. Le parti-pris a été d’inviter un nombre restreint de chercheurs pour exposer leurs travaux sur les esthétiques africaines à l’oeuvre dans une ou des danse(s) de leur terrain, et de provoquer le débat. A partir de ces exemples, nous tenterons de dépasser les discussions « locales » pour cerner ce qui a trait à la danse en général.
Cette journée se situe dans la continuité des réflexions menées dans le cadre de l’atelier mensuel « La danse comme objet anthropologique » co-animé par Michael Houseman et Georgiana Wierre-Gore à l’antenne CNRS d’Ivry.

09h-10h30 Anne-Marie Bouttiaux (Conservatrice en chef de la section d'ethnographie au Musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren, Belgique, et Centre d'anthropologie culturelle (CAC), Université Libre de Bruxelles)
Dimension esthétique de la bouffonnerie et de la laideur: danses masquées des Guro de Côte d’Ivoire.
Pour les performances publiques, les porteurs de masques doivent être des danseurs virtuoses. Les différentes catégories de masques comptent des exemples qui jouent sur des registres particuliers et qui ont, soit un comportement comique, soit un accoutrement ou un visage marqués par la difformité et la laideur. Leurs prestations restent cependant accomplies et « belles » d’un point de vue chorégraphique et les Guro attendent, d’eux aussi, certaines qualités d’exécution.

10h30-12h Arnaud Halloy (Centre d'anthropologie culturelle (CAC), Université Libre de Bruxelles, et chercheur associé au CEMAf-Ivry).
Danse et style rituel. De l’esthétique au politique dans les cultes d’origine africaine au Brésil.
Dans une perspective comparatiste, j’aborderai la question du « style rituel » dans les cultes d’origine africaine au Brésil. Je m’intéresserai en particulier à la danse de possession et aux corrélations observables entre, d’une part, sa dimension esthétique, dans laquelle j’inclus les aspects chorégraphique, émotionnel et vestimentaire de la performance dansée et, d’autre part, le mode d’organisation sociale des cultes étudiés. Ma proposition théorique est que les cultes afro-brésiliens présentant une hiérarchie simplifiée encouragent la création de relations hautement individualisées avec les divinités, qui se traduisent sur le plan rituel par une valorisation de l’expression d’émotions intenses et une danse de possession beaucoup plus idiosyncrasique, tandis que les cultes présentant une organisation sociale basée sur une hiérarchisation complexe ainsi qu’une distribution fonctionnelle des savoirs religieux est fréquemment associée à un comportement rituel strictement codifié ainsi qu’à un plus grand contrôle de l’expression des émotions.

12h-13h30 Déjeuner

13h30-15h Mahalia Lassibille (A.T.E.R. Université Sophia-Antipolis Nice, Département danse)
De la corde au nœud. Logique esthétique et paradoxes chorégraphiques chez les WoDaaBe.
La beauté est une référence centrale pour les Peuls WoDaaBe du Niger et leurs danses en constitue une indéniable mise en scène. Cependant, l’analyse anthropologique minutieuse d’un moment chorégraphique précis, l’élection du plus beau des danseurs lors de la geerewol, permet d’en considérer toute la complexité.
Les différents enchâssements auquel cette danse donne lieu font émerger une conception interactive de la beauté, une logique esthétique implacable et particulièrement coercitive, et qui engage une chorégraphie aux enjeux les plus paradoxaux. Il s’agira alors de considérer les liens entre cette construction esthétique dans les danses, et les dynamiques identitaires des WoDaaBe fondées justement sur la beauté.

15h-16h30 Philippe Jespers (Professeur des Universités, Université Libre de Bruxelles et CEMAf-Ivry/Centre d'anthropologie culturelle (CAC) ULB)
Danse et esthétiques des masques wara kun ("tête de fauve") de la société initiatique du Komo en pays minyanka (Mali).
Les wara kun appartiennent à la catégorie des masques sonores et visuels qui surgissent dans des espaces marqués préalablement par la voix de ces mêmes masques. Porteurs de voix supra-humaines, ils donnent lieu à des effets différents d'apparition dans le monde humain, seulement sonore pour les femmes et les non-initiés, à la fois sonore et visuel pour les initiés, créant ainsi une tension systématique entre le dedans et le dehors d'un espace initiatique qu'ils contrôlent de la toute puissance de leur voix.
Ce qui m'a frappé en suivant de près les séquences rituelles de l'apparition de ces masques, c'est la perception qu'en ont les initiés eux-mêmes - une perception dont je me suis demandé si elle ne pouvait pas donner lieu à ce que nous appelons dans notre culture un jugement de réussite esthétique. Je tenterai de montrer que la dimension esthétique correspond chez les initiés à un type d'attente et d'attention portant sur des évènements ou des séquences d'action: des danses, des vocalisations, des chants, des dialogues..., autrement dit, une dimension esthétique qui correspond à une relation au monde qu'instaure l'apparition des masques. 

16h30-16h40 Pause café

16h40-18h Synthèse : Michael Houseman (EPHE et Centre d’études des mondes africains - CEMAf-Ivry)  et Georgiana Wierre-Gore (UFR STAPS Université Blaise Pascal et  LAPRACOR - Laboratoire d’Anthropologie des Pratiques Corporelles)

Participation gratuite.

Inscriptions :     Marie Abiven : ma.abiven@voila.fr
        Claire Villard : claire-villard@orange.fr

Cette journée d’études est organisée avec la participation des étudiants du Master « Anthropologie de la Danse » de l’UFR STAPS de l’Université Blaise Pascal.

Catégories

Lieux

  • Salle des thèses. MSH de Clermont-Ferrand. 4 rue Ledru. 63000 Clermont-Ferrand
    Clermont-Ferrand, France

Dates

  • jeudi 03 mai 2007

Contacts

  • Marie Abiven
    courriel : ma [dot] abiven [at] voila [dot] fr
  • Claire Villard
    courriel : claire-villard [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Marie-Pierre Gibert
    courriel : Marie-Pierre [dot] Gibert [at] univ-lyon2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Danse et esthétiques africaines », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 16 avril 2007, http://calenda.org/192977