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Brigands et brigandage

Criminalité, violence et contestation politique (vers 1750-vers 1850)

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Publié le mercredi 09 mai 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Le brigandage a fait l'objet de nombreuses monographies locales mais, depuis l'ouvrage d'Éric Hobsbawm (1972) ce thème n'a fait l'objet d'aucune synthèse. Le colloque de Toulouse a donc pour objectif de faire le point sur les recherches conduites sur le brigandage et la contestation politique, notamment au cours de la période révolutionnaire qui semble avoir favorisé son développement massif. Plusieurs aspects seront abordés, grâce à la participation de chercheurs en littérature, ethnographie et histoire de l'art ainsi que des historiens du droit. La personnalité des brigands, leur évolution dans la société, la signification politique de leur attitude et la répression mise en œuvre par l' Etat seront autant de thèmes abordés. La question de la norme et de la marginalité, de l'ordre et du désordre à une période de reconstruction de l'Etat constituera la problématique d'ensemble du colloque.

Annonce

Brigands et brigandage
Criminalité, violence et protestation politique, vers 1750-vers 1850

Colloque international
de l'UMR 5136 Framespa-CNRS/ Université de Toulouse-Le Mirail

Jeudi 24 et vendredi 25 mai 2007
Salle du château

Organisateurs :

Valérie SOTTOCASA, Université de Toulouse-le Mirail, UMR 5136 Framespa-CNRS/UTM
Stephen CLAY, Institut d'études politiques de Paris, Institut d'histoire de la Révolution Française

Qu’est-ce-que le brigandage ? Depuis l’ouvrage publié en 1969 par Éric J. Hobsbawm, Les bandits, traduit en français en 1972, de nombreux livres et articles ont été publiés, mais aucun ne dresse une synthèse de la masse des récits, histoires et analyses historiques édités depuis plus de deux siècles. Hétérogènes et touffus, ces travaux ne permettent pas de définir clairement le phénomène du « brigandage » ni de lui donner un sens historique et politique. Ce sera donc l’objectif de la rencontre organisée à Toulouse au printemps 2007 que de parvenir à une définition claire de ce que l’on entend par le « brigandage », en ayant soin de le distinguer de la criminalité ordinaire.  

Plusieurs pistes seront ouvertes à la réflexion, toutes ayant pour objectif de contribuer à définir les caractères propres à ce phénomène ainsi que le contexte économique, social, politique et culturel qui permet son développement. Inséparable de la structure sociale qui le porte, le brigandage est une forme de criminalité collective, organisée à travers des bandes qui nouent des liens complexes avec les communautés d’habitants. Redoutés autant qu’admirés, les « brigands », dominés par la figure d’un chef souvent emblématique, ont laissé des traces profondément ancrées dans la mémoire populaire. Cette image donne au « brigandage » un relief particulier, parfois même un sens politique particulièrement complexe, qui devra constituer l’un des axes de travail de la rencontre de Toulouse.

La période révolutionnaire, conçue au sens large, semble avoir favorisé le développement d’un « brigandage » massif et complexe, dont la diversité des formes d’expression pourra être appréhendée à travers des exemples régionaux, permettant de caractériser les modalités d’existence et d’action des bandes organisées. Dans ce cadre, une attention particulière sera accordée aux sources, notamment aux discours produits par les différentes autorités. Les réactions des populations confrontées au brigandage, subi, toléré, encouragé, selon les cas, devront être analysées. Les représentations des « bandits » et des « brigands » et leur évolution constitueront un autre axe important de la rencontre.

L’approche politique du brigandage constituera un autre pôle de la journée d’étude. Peut-on parler d’un « brigandage » spécifiquement politique ? Comment le définir dans le cadre d’une période (mi XVIIIe-mi XIXe siècle) marquée par la construction de l’État moderne et centralisé ? Nous proposons de prendre en compte l’évolution de la contestation des communautés face à cette mutation politique et la mise en place d’une attitude que l’on a pu qualifier de « dissidence » face à l’État, afin de préciser quelle a pu être la place occupée par les brigands dans cette contestation. Proscrits et marginaux, les « bandits » y ont parfois été symboliquement associés, se trouvant par là même intégrés dans le tissu social et les représentations de la collectivité dans un contexte de conflit lié au refus de l’État. Les armes déployées par ce dernier (arsenal juridique, policier et discursif) seront utilement analysées comme instrument de définition du brigandage.

Les notions de norme et de marginalité, d’ordre et de désordre, constitueront l’un des fils conducteurs de nos réflexions. Pour ce faire, nous proposons d’organiser autour de quatre volets la rencontre de Toulouse.

Le premier aura pour objet de définir les différentes approches disciplinaires qui ont pu contribuer à la définition du « brigandage ». Différentes disciplines seront sollicitées : l’anthropologie, l’histoire, l’histoire de l’art, la littérature.

Le second s’attachera à définir le « brigandage » à travers les témoignages concrets que les archives ont pu nous transmettre. Par le biais de la micro-histoire, la vie quotidienne des bandes et des « brigands » célèbres nous permettra de comprendre ce que les contemporains entendaient par ce terme, la manière dont ils réagissaient face aux expressions concrètes du  phénomène, et celle dont se marquait la rupture, toujours complexe, entre la communauté et le proscrit devenu « brigand ».

Le troisième volet s’attachera aux rapports entre l’État et les « brigands » en étudiant l’arsenal juridique mis en œuvre pour leur répression ainsi que les orientations politiques destinées à combattre le « brigandage ».

Le quatrième proposera une approche régionale de ce phénomène de manière a examiner l’hypothèse de l’existence de modèles régionaux. L’Ouest de la France, les Pyrénées, le Midi provençal ou languedocien, l’Auvergne…, feront l’objet de travaux. Ce « tour de France » même incomplet laissera ensuite place à une conclusion en forme de synthèse débouchant sur une proposition de définition du « brigandage » au tournant des époques moderne et contemporaine, au cœur de la construction d’un État centralisé et d’une France « une et indivisible » si fortement espérés et contestés à la fois.

Programme

Jeudi 24 mai 2007 :

Matinée (9h00-12h30)

Accueil des participants (9h00-9h30)
9h30-10h00 :Introduction (Stephen CLAY et Valérie SOTTOCASA)

Première partie : Regards croisés sur les « brigands »

10h00-10h30 : Dominique BLANC, EHESS, Toulouse, Le brigandage dans l'histoire et le bandit dans la mémoire. Regards croisés de l'anthropologue et de l'historien
10h30-11h00 : Pascal JULIEN, Université de Toulouse-Le Mirail, Le maquis, la barbe et le fusil : images pastorales du bandit Corse.

Pause (11h00-11h20)

11h20-11h50 : Marie-Catherine HUETBRICHARD, Université de Toulouse-Le Mirail, Brigandage et apories de l'histoire : Jean Sbogar de Charles Nodier

11h50-12h20 : Discussion
Repas

Après-midi (14h00-17h00)

Seconde partie : Etre un brigand

14h00-14h30 : Sylvie MOUYSSET, Université de Toulouse-Le Mirail, Mandrin au miroir des écrits de son temps : un « brigand » exemplaire ?
14h30-15h00 : Valérie SOTTOCASA, Université de Toulouse-Le Mirail, « Sans Peur » et les « brigands royaux » du Languedoc pendant la Révolution
15h00-15h30 : Karine LAMBERT, Université de Nice, La « bande de Pourrières » en procès. Genre, micro-histoire et brigandage en Provence

15h30-15h45 : Pause

15h45-16h15 : Alan FORREST, Université de York, Déserteurs et brigands sous la Révolution et l'Empire
16h15-16h45 : Bruno ROMAN, L'Empire : vers la fin du brigandage ? Une lecture régionale

16h45-17h15 : Discussion

Visite du centre historique de Toulouse conduite par Michel TAILLEFER, professeur émérite de l'Université de Toulouse-Le Mirail


Vendredi 25 mai 2007

Matinée (8h30-12h30)

Troisième partie : L'État et le « brigandage » : répression et politique

8h30-9h00 : Xavier ROUSSEAUX, Université de Louvain, L'État de justice et les brigands
9h00-9h30 : Emmanuel BERGER, Université de Louvain, L'évolution législative de la répression du brigandage sous le directoire et le Consulat (1795-1801)
9h30-10h00 : Robert ALLEN, Université Stephen F. Austin State, Criminalité et Révolution : un regard national
10h00-10h30 : Bernard GAINOT, Université Paris I, La « guerre de police » contre les « brigands ». L'exemple de l'Ouest sous le Directoire

10h30-10h45 : Pause

Quatrième partie : Modèles régionaux

10h45-11h15 : Bérénice GRISSOLANGE, Les brigands « parisiens » de l'an II à l'an VI. Bandes ou réseaux ?
11h15-11h45 : Roger DUPUY, Université de Rennes, De Marion du Faouët au crépuscule de la Chouannerie, brigandage et paysannerie en Bretagne (1750- 1840)

11h45-12h15 : Discussion

Repas

Après-Midi (14h00-18h00)

14h00-14h30 : Philippe BOURDIN, Université de Clermont-Ferrand, Brigandage et royalisme en Auvergne sous le Directoire
14h30-15h00 : Stephen CLAY, Institut d'études politiques de Paris, Révolution et brigandage en basse Provence
15h00-15h30 : Jean-François SOULET, Université de Toulouse-le Mirail, Le brigandage dans une société en dissidence, les Pyrénées au XIXe siècle

15h30-15h45 : Pause

15h45-16h15: Pascal POMPONI, Université de Nice, Les contumaces en Corse sous la Restauration
16h15-16h45 : Michel IAFELICE, Les « Barbets » du comté de Nice et leur mémoire au XIXe siècle

16h45-17h15 : Discussion

Conclusions par Jean-Clément MARTIN

Lieux

  • Université de toulouse-Le Mirail, salle du château
    Toulouse, France

Dates

  • vendredi 25 mai 2007
  • jeudi 24 mai 2007

Mots-clés

  • brigands, brigandage, crime, ordre, désordre, norme, marginalité, violence, ordre public, état de droit

Contacts

  • Stephen Clay
    courriel : SCLAY [at] club-internet [dot] fr

Source de l'information

  • Valérie Sottocasa
    courriel : valerie [dot] sottocasa [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Brigands et brigandage », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 09 mai 2007, http://calenda.org/193077