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La perception du partage privé / public en Grèce ancienne

Pour une histoire des formes de pensée à l'œuvre dans les pratiques sociales

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Publié le vendredi 11 mai 2007 par Sylvain Lesage

Résumé

Projet IKD organisé par : MSH Claude Nicolas Ledoux de Besançon UMS 2913), Laboratoire de recherches philosophiques sur les logiques de l'agir (EA 2274), Institut des sciences et des techniques de l'Antiquité (ISTA, EA 4011) et Pôle alpin de recherche sur les sociétés anciennes (PARSA)

Annonce

Les initiales IKD renvoient aux termes grecs idia kai dèmosia, qui désignent les choses privées et les choses publiques. Le présent projet vise à établir une cartographie du partage des espaces et des temps privés et publics en Grèce ancienne au Vème siècle avant J.-C. Il s'agit plus particulièrement de décrire la façon dont ce partage a été appréhendé et organisé au sein de la multiplicité des discours, des savoirs et des pratiques des grecs de l'époque.

Un tel projet nécessite le travail convergent de spécialistes de ces différents types d'objets et de corpus, dans l'interdisciplinarité la plus étroite entre archéologie, sciences historiques, histoire de la philosophie, de la médecine, des mathématiques, etc., approche littéraires et philologiques. Ses résultats ne sauront avoir de valeur quant à la façon dont les grecs ont perçu ce partage du public et du privé qu'à condition de ne pas restreindre a priori le champs des discours et des corpus dans lesquels ce partage aurait pu affleurer à cette époque, des écrits médicaux aux Tragiques, des orateurs aux historiens, des astronomes aux philosophes en passant par les inscriptions. Une telle méthode a donc une vocation profondément interdisciplinaire et internationale.

Une telle histoire de la « représentation de l’espace et du temps » dans la pensée sociale et politique a reçu l’une de ses contributions fondamentales avec le livre de Pierre Lévêque et Pierre Vidal-Naquet consacré à Clisthène et à la réforme de la cité athénienne qui est attachée à son nom. Et c’est une perspective qui continue aujourd’hui encore à stimuler la recherche historique et à la diriger vers l’étude des pratiques. La fécondité de cette approche consiste dans le fait qu’elle exige la nécessaire synergie entre les diverses disciplines prenant pour objet la Grèce antique : ainsi Pierre Lévêque et Pierre Vidal-Naquet se donnaient-ils un champ de réflexion qui s’étendait des pratiques agraires à la cosmologie d’Anaximandre. Les études plus récentes ont continuer à nourrir cette ambition de tracer ce partage à travers la plus grande diversité des pratiques sociales antiques.
 
Le présent projet entend pour la première fois entreprendre une lecture systématique des textes antiques du Vème siècle significatifs du point du vue du partage privé/public afin de mettre au jour la perception que les grecs ont eu de ce partage, dans toute sa diversité. La période du Vème siècle (englobant aussi la fin et le début des siècles limitrophes, ainsi de Clisthène à Platon) est choisie comme zone test pour mettre à l'épreuve plus systématiquement qu'on ne le fait jusqu'ici l'hypothèse formulée il y a plus de quarante ans par Pierre Lévêque et Pierre Vidal-Naquet : l'hypothèse que la période qui s'étend de Clisthène à Platon est le théâtre de plusieurs modifications du partage entre privé et public dans la société athénienne et, plus encore, de plusieurs modifications corrélatives de la perception par les auteurs grecs de ce partage. L'originalité du présent projet consiste en effet avant tout à aborder ces questions par l'angle de l'histoire de la représentation de ce partage et de dresser le panorama le plus exhaustif possible de cette représentation.

Un tel objectif suppose l'accomplissement de plusieurs tâches :

  • Établir le corpus pertinent : il convient de parcourir tous les corpus de textes grecs pertinents pour la période afin d'établir et de traduire les passages significatifs où se trouvent énoncée la division des choses privées et publiques, idia kai dèmosia. Ces résultats, mis en ligne au fur et à mesure, sont la matière sur laquelle celle-ci étayera ses hypothèses et motivera ses conclusions. Ce travail fera l'objet d'ateliers réguliers pendant deux ans.
  • Parcourir et interpréter la matière rassemblée : une série de journée d'études et un colloque international (pour lequel une demande de subvention à la ville et à la région) auront pour objectif de permettre à des spécialistes de chacun des corpus concernés d'interpréter la matière rassemblée. On entreprendra en même temps une approche thématique, pour recouper les premiers résultats établis par corpus : suivre ainsi la question de la famille, des pratiques politiques ou de la sexualité à travers les différents corpus.

Programme :

  • 26 septembre 2007 : La comédie ancienne par Malika Bastin-Hammou, Université de Toulouse II
  • 17 octobre 2007 : Les hippocratiques par Marie-Laurence Desclos, Université de Grenoble II
  • 21 novembre 2007 : Orateurs et sophistes, d'Antiphon à Isocrate par Marie-Pierre Noël, université de Montpelier III

Lieux

  • Université de Franche-Comté, 32 rue Mégevand
    Besançon, France

Dates

  • mercredi 26 septembre 2007
  • mercredi 17 octobre 2007
  • mercredi 21 novembre 2007

Mots-clés

  • philosophie, histoire grecque, littérature, propriété publique, propriété privée, droit antique

Contacts

  • Arnaud Mace
    courriel : amace [at] univ-fcomte [dot] fr

Source de l'information

  • François Grosdemouge
    courriel : francois [dot] grosdemouge [at] univ-fcomte [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La perception du partage privé / public en Grèce ancienne », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 11 mai 2007, http://calenda.org/193088