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Proudhon, lecteur des économistes

Deux journées d'études, le 7 et 8 juin 2007

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Publié le mercredi 30 mai 2007 par Natalie Petiteau

Résumé

Alors que Pierre-Joseph Proudhon est très étudié en tant que penseur politique et social, les origines et les sources exactes de sa pensée n’ont jamais été analysées en profondeur, en particulier la lecture qu'il faisait des économistes de son temps, consignée dans des "cahiers de lecture", n'a pas fait l'objet d'une étude exhaustive et critique. Sans doute cette lacune s’explique-t-elle par le fait que, plus qu’un autre, il fut abordé en tant que représentant d’une idéologie toute faite (qu’elle soit socialiste, anarchiste, petite-bourgeoise, « fasciste », etc), soit pour l’en louer, soit pour l’en blâmer. Sortant de ces grilles interprétatives, on se posera les questions suivantes: comment Proudhon lisait-il les économistes ? Comment les comprenait-il ? Et à partir de quels dispositifs théoriques en faisait-il la critique ?

Annonce

Proudhon, lecteur des économistes

Journées d’études, le 7 et 8 juin 2007

Lieu :

Université de Besançon, Salle Préclin, 30 rue Mégevand, Besançon

 

Organisation :

Laboratoire de Recherches Philosophiques sur les Logiques de l’Agir (dir. Thierry Martin), E. A. 2274.
 

Journées coordonnées par : V. Bourdeau, E. Castleton et H. Touboul

Informations : vbourdeau_at_wanadoo.fr ou elcastleton_at_hotmail.com

 

Argument

Alors que Pierre-Joseph Proudhon est très étudié en tant que penseur politique et social, les origines et les sources exactes de sa pensée n’ont jamais été analysées en profondeur. Sans doute cette lacune s’explique-t-elle par le fait que, plus qu’un autre, il fut abordé en tant que représentant d’une idéologie toute faite (qu’elle soit socialiste, anarchiste, petite-bourgeoise, « fasciste », etc), soit pour l’en louer, soit pour l’en blâmer.

Pourtant, il nous est possible de reconstituer avec précision la genèse de sa pensée et de dégager sa signification exacte dans le contexte intellectuel de la Monarchie de Juillet. En effet, entre 1838 et 1844, de sa bourse d’études à Paris jusqu’à la rédaction de son Système des Contradictions Économiques, ou Philosophie de la Misère, Proudhon a pris le soin de transcrire des passages de la plupart des livres qu’il lisait dans de nombreux cahiers et de rajouter dans ces cahiers manuscrits ses commentaires. Ces cahiers de lecture inédits, actuellement conservés à la BNF dans sa salle des manuscrits occidentaux, contiennent d’assez importants développements pour que soit posée la question de leur publication et que leur soient consacrées des journées d’étude. Retranscrits par E. Castleton, ces documents doivent être soumis au feu croisé de l’analyse et de la critique, c’est ce que se proposent de faire les participants à ces deux journées d’études.

 

Interventions

Jeudi 7 Juin

15h Accueil&Café

 15h30 à 17h

Edward Castleton: Introduction.

Philippe Steiner (U. Lille III): Proudhon, lecteur de Jean-Baptiste Say et de Charles Comte.

Francis Démier (U. Paris X): Les rapports entre Proudhon et Jerôme-Adolphe Blanqui et la Société d’Économie Politique.

 17h15.

Alain Béraud (U. Cergy-Pontoise): La théorie de la valeur et l’influence de Smith et des concepts de l’économie classique chez Proudhon.

Vendredi 8 Juin

9h à 10h30.

André Tiran (U. Lyon II): La théorie de l’échange chez Say et Proudhon.

Thierry Menuelle (Société Proudhon): Proudhon et la notion du crédit à son époque.

10h45 à 13h.

Ragip Ege (U. Strasbourg): La valeur-travail chez Proudhon: une question éthique.

François Vatin (U. Paris X): Proudhon, Marx et la critique libérale du travail-marchandise : leurs lectures de Pellegrino Rossi et d'Eugène Buret.

 14h30 à 15h15.

Yves Charbit (U. Paris V): Proudhon était-il Malthusien?

 15h30 à 17h.

Vincent Bourdeau (E.A. 2274, Logiques de l’Agir): Proudhon, lecteur des économistes après la chute de la Monarchie de Juillet: la suite des cahiers de lecture dans le manuscrit inédit, “Cours d’économie”.

Hervé Touboul (U. Franche-Comté, Besançon): Conclusion.

 Ont apporté leur soutien à ces journées d’études : Les Logiques de l’Agir (E. A. 2274), le laboratoire SOPHIAPOL (U. Paris X- Nanterre) et la Maison des Sciences de l'Homme-Ledoux (Franche-Comté).

 

Détail des journées

Un grand nombre des livres commentés dans les Cahiers sont des ouvrages d’économistes ou qui traitent de questions d’économie politique. Il s’agit essentiellement de notes prises par Proudhon entre 1839 et 1844, notes qui correspondent à des lectures qu’il a faites en préparant ses trois mémoires sur la propriété (1840, 1841, et 1842), en préparant aussi De la Création de l’Ordre (1843), et, enfin, son Système des contradictions économiques (1846). Parmi les ouvrages que Proudhon a lus en détail, on retrouve tous les noms de l’époque qui gravitent dans la nébuleuse d’une économie politique dont les frontières ne sont pas encore fermement établies. Proudhon a ainsi lu et commenté des auteurs tels qu’Adolphe Blanqui, Auguste Cieszkowki, Charles Comte, Giuseppe Nicola Corvaïa, Augustin Cournot, Mathieu de Dombasle, Joseph Droz, Joseph Dutens, Germain Garnier, William Godwin (pour sa réfutation de Malthus), David Ricardo, Pellegrino Rossi, Jean-Baptiste Say, Simonde de Sismondi, Adam Smith, et Destutt de Tracy. On trouve également de nombreux ouvrages qui portent sur la question très actuelle au XIXe siècle du paupérisme, question non éloignée des discussions économiques portant sur le rapport entre pauvreté et population, et écrits par des auteurs tels que Gustave de Beaumont, Eugène Buret, Joseph Marie de Gérando, Tanneguy Duchâtel, Henri Philippe Ferdinand d’Esterno, Honoré V le prince de Monaco, et Bigot de Morogues.

Le fait que Proudhon ait ainsi pris au sérieux tous ces « économistes » et autant d’ouvrages économiques invite à se demander quel regard l’un des fondateurs du socialisme français a-t-il pu porter sur un tel champ de savoir. Par exemple, quels protocoles de lecture, quels outils épistémologiques a-t-il mobilisé pour construire l’économie politique en objet de science et pour en produire la critique? Dans quelle mesure ces lectures de Proudhon nous permettent non seulement de mieux comprendre Proudhon mais également les auteurs qu’il lisait? En quoi la manière dont Proudhon abordait les questions économiques le distinguait de ses contemporains, économistes libéraux comme socialistes ? Toutes ces questions se posent d’autant plus qu’on sait par ailleurs que dans les années 1840 et jusqu’en 1848 au moins, Proudhon ne faisait pas que lire les économistes, il les côtoyait aussi aux dîners de la Société d’Économie Politique. Son rapport critique aux socialistes rivaux (comme Fourier, Considérant, et les Saint-Simoniens) mais aussi dont il avait parfois à subir la critique (comme Marx) mérite lui aussi d’être creusé dans cette perspective.

La connaissance de ces Cahiers  de lecture de Proudhon est évidemment essentielle pour répondre à toutes ces questions. Il devient désormais possible de comprendre avec précision ce que Proudhon savait de la pensée économique de son temps, ce qu'il en pensait, comment il envisageait lui-même d’y contribuer. La journée abordera ainsi une question centrale : Comment Proudhon lisait-il les économistes ? Qu'en comprenait-il ? Et à partir de quels dispositifs théoriques en faisait-il la critique ?

Ainsi les présentes journées d'étude sont consacrées à l'évaluation de l'intérêt scientifique et éditorial de ces notes en vue de leur publication qu’accompagnerait celle des actes des journées.

Lieux

  • Université de Besançon, Salle Préclin, 30 rue Mégevand 25 000 BESANCON
    Besançon, France

Dates

  • jeudi 07 juin 2007

Mots-clés

  • Proudhon, économie politique, Monarchie de Juillet, 1848

Contacts

  • Edouard Castleton
    courriel : elcastleton [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • vincent bourdeau
    courriel : vbourdeau [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Proudhon, lecteur des économistes », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 30 mai 2007, http://calenda.org/193181