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Le PSU vu d’en bas

Un parti dans les régions : réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 50-années 80)

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Publié le mardi 12 juin 2007 par Sylvain Lesage

Résumé

Disparu depuis presque vingt ans, le PSU est souvent décrit comme un mouvement politique atypique, assimilé à un laboratoire d’idées, ayant aussi investi le terrain des luttes sociales lors des mobilisations des années 68. Lieu de réflexion, confrontant des thèmes vecteurs de modernité pour la gauche française, ce parti charnière occupe une place à part dans le champ politique en raison du contraste entre l’échec électoral global et l’impact intellectuel du PSU. Cette hétérogénéité, perceptible à partir de la connaissance fragmentaire du parti au niveau national, est précisément à interroger à l’échelle régionale et locale par le biais d’enquêtes de terrain fouillées. L’échelle locale devrait permettre de saisir la structuration du milieu PSU et d’appréhender le fonctionnement de ce parti. Dans cette perspective, trois axes sont privilégiés pour appréhender les diverses facettes du PSU (milieu partisan, mouvement politique, laboratoire d’idées), au prisme chaque fois d’une approche territoriale, « bottom-up ».

Annonce

Le PSU vu d’en bas. Un parti dans les régions : réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 50-années 80) 

IEP de Rennes & Université de Rennes 2
CERHIO & CRAPE
Avec le soutien du GEOPP et de l’OURS 

Septembre 2008 

Problématique

Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une journée d’études organisée à l’IEP de Rennes sur « L’implantation du PSU en Bretagne : réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 50 – années 80) »[1], qui visait à défricher l’histoire d’un parti délaissé par les chercheurs. Disparu depuis presque vingt ans, le PSU est souvent décrit comme un mouvement politique atypique, assimilé à un laboratoire d’idées, ayant aussi investi le terrain des luttes sociales lors des mobilisations des années 68. Lieu de réflexion, confrontant des thèmes vecteurs de modernité pour la gauche française, ce parti charnière occupe une place à part dans le champ politique en raison du contraste entre l’échec électoral global et l’impact intellectuel du PSU. Cette hétérogénéité, perceptible à partir de la connaissance fragmentaire du parti au niveau national, est précisément à interroger à l’échelle régionale et locale par le biais d’enquêtes de terrain fouillées. L’originalité de ce colloque réside justement dans l’inscription du système d’action que forme le PSU dans le jeu des territoires politiques régionaux : l’échelle locale devrait permettre de saisir la structuration du milieu PSU et d’appréhender le fonctionnement de ce parti. Ainsi, il s’agit de dynamiser un pan entier de la recherche sur les mutations des gauches françaises à partir des années 50, en entamant un travail de constitution d’une connaissance solide sur ce parti. Angle mort de la recherche sur les partis politiques, le PSU est cependant présent aux marges de nombreuses recherches, dans la mesure où il apparaît comme un acteur central à la fois de la redistribution des cartes à gauche et des nouvelles formes du mouvement social : il faut ainsi réunir cette connaissance éparpillée, donc méconnue, du PSU. En interrogeant les formes régionales de l’implantation du PSU, l’objectif est de révéler l’identité de ce parti politique en mettant en lumière son rôle dans les élections, les mobilisations, les idéologies. Dans cette perspective, trois axes sont privilégiés pour appréhender les diverses facettes du PSU (milieu partisan, mouvement politique, laboratoire d’idées), au prisme chaque fois d’une approche territoriale, « bottom-up ».

Axe 1 : Un milieu partisan : implantation et réseaux

L’enjeu est de restituer de manière fine l’implantation du PSU, aussi bien géographiquement (quels sont ses bastions, ses zones des force, et pourquoi ?), que sociologiquement (qui sont ses militants et ses adhérents ?). L’étude du milieu partisan est essentiel : matrices et filières d’adhésion, trajectoires individuelles (en focalisant notamment l’attention sur la mise à jour des passerelles militantes avant et après le passage au PSU), profil partisan selon les périodes (fondation, Assises, éclatement).

Il s’agit ensuite d’appréhender les réseaux du PSU dans une perspective englobante  : étude des filières et des mouvances qui participent/aboutissent à la genèse du PSU, liens tissés avec les autres structures (politiques, syndicales, associatives), enracinement social et capital politique, courants issus du PSU, etc.

Il convient ainsi de saisir la structuration du parti, son fonctionnement réel à la base, socle commun permettant d’élaborer une typographie des fédérations PSU mais également de comparer le PSU aux autres formations partisanes. Les spécificités éventuelles de la gestion politique, notamment à travers les municipalités PSU et les conseillers généraux PSU, sont également à interroger.

Axe 2 : Un mouvement politique novateur ? Pratiques, identités, engagements 

Le rôle du PSU dans la redéfinition politique de la laïcité et plus généralement de la question religieuse est essentiel. Mais dans quelle mesure est-ce que le PSU est un parti de chrétiens de gauche ? Qui sont les militants chrétiens et quel a été leur impact militant et idéologique ? Quels sont les rapports avec la CFDT ? Quels sont les parallèles à établir avec cette structure syndicale ? En quoi le PSU a-t-il joué un rôle de passerelle/laboratoire permettant de rénover la gauche ?

Le PSU a surtout été perçu (particulièrement après Mai 68) comme le parti de la contestation, en phase avec les luttes sociales. Qu’en est-il réellement ? Quels sont les rapports du PSU avec les divers mouvements sociaux qui ont marqué les années soixante-dix (féminisme, écologie, régionalisme, etc.) ? Quel a été l’impact et le rôle des militants PSU dans ces nouvelles formes d’engagement militant et la diffusion de ces idées ?

Enfin, en quoi le PSU est-il un mouvement novateur ? A-t-il mis en place des pratiques militantes originales ? Dans un voyage au cœur du PSU, il serait possible de cerner le fonctionnement militant, la portée de la parole, l’usage de l’écrit ou des réunions-laboratoires.

Axe 3 : Un laboratoire d’idées ? Thématiques et héritages

Le PSU est souvent considéré comme un laboratoire d’idées. Mais le travail idéologique n’a pas seulement eu lieu au sommet de la structure mais aussi à la base, dans les régions. Il apparaît nécessaire d’explorer et d’interroger les modalités de cette construction idéologique, de même que les vecteurs de diffusion et d’assimilation à la base des idées spécifiques ou identitaires du PSU telle que l’autogestion. De plus, des approches fortes du PSU sont nées dans les périphéries à l’instar du régionalisme ou de la réflexion sur les minorités nationales. Quel a été l’impact de ces idées au sein du PSU (au niveau idéologique mais aussi structurel), sur la gauche en général et sur les sociétés régionales ? Que reste-t-il aujourd’hui d’un slogan tel que « vivre et travailler au pays » ou des débats sur le fédéralisme et le caractère pluri-national de l’État français ?

En outre, les héritages du PSU posent aussi la question de l’étude d’un « parti passoire ». Quelles sont les trajectoires ultérieures des militants PSU ? Quel a été l’impact du PSU au niveau des idées, de l’expérience militante, des générations politiques ? Quel a été l’impact du PSU dans la refondation du PS ou dans la création de l’écologie politique ? Que reste-t-il du PSU aujourd’hui ?

Coordinateurs du projet

Tudi Kernalegenn (CRAPE, IEP de Rennes)

François Prigent (CERHIO, Université de Rennes 2)

Gilles Richard (CRAPE, IEP de Rennes)

Jacqueline Sainclivier (CERHIO, Université de Rennes 2)

Comité scientifique

Christian Bougeard (CRBC, Université de Bretagne Occidentale)

Julien Fretel (CERAPS, Université de Picardie)

Tudi Kernalegenn (CRAPE, IEP de Rennes)

Gilles Morin (CHS, Université de Paris 1)

Erik Neveu (CRAPE, IEP de Rennes)

François Prigent (CERHIO, Université de Rennes 2)

Gilles Richard (CRAPE, IEP de Rennes)

Jacqueline Sainclivier (CERHIO, Université de Rennes 2)

Frédéric Sawicki (CERAPS, Université de Lille 2)

Gilles Vergnon (GREPH, IEP de Lyon)

Propositions de communication

 

Les propositions de communication (d’une longueur de 5000 signes maximum, espaces compris) contiendront impérativement un titre, une orientation problématique, une mention des sources ou des terrains utilisés. La proposition doit permettre de suggérer l’apport attendu de la communication à la problématique du colloque. Les axes ci-dessus ne sont que des suggestions : les propositions peuvent s’inscrire dans un axe ou être transversales (les propositions monographiques et comparatives seront aussi étudiées avec attention).

Propositions à transmettre par courriel avant le 1er octobre 2007 (délai prolongé !) à :

Tudi Kernalegenn : tudi.kernalegenn@gmail.com

François Prigent : frprigent@wanadoo.fr


[1] Programme disponible sur le site internet de l’IEP de Rennes.

Lieux

  • Université de Rennes et IEP de Rennes
    Rennes, France

Dates

  • lundi 01 octobre 2007

Mots-clés

  • PSU, implantation, réseaux, laboratoire

Contacts

  • François Prigent (Rennes 2, CERHIO) ~
    courriel : frprigent [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • François Prigent
    courriel : frprigent [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le PSU vu d’en bas », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 12 juin 2007, http://calenda.org/193237