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Le développement culturel : un avenir pour les territoires ?

Troisièmes rendez-vous de géographie culturelle, ethnologie, études culturelles en Languedoc-Roussillon

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Publié le mercredi 04 juillet 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Ce colloque international s’inscrit dans les activités du laboratoire Mutation des Territoires en Europe (Université Montpellier 3), à travers un questionnement novateur sur les thématiques reliant culture et espace. Il a pour ambition de permettre la confrontation des recherches dans une visée interdisciplinaire. Il s’agit de questionner la notion de « développement culturel », dont l’usage a été banalisé dans le discours public, sans que soit avérée sa pertinence, pour tenter d’en saisir les ambiguïtés, d’en comprendre les succès, d’analyser les illusions qu’elle génère. Le colloque aspire à renouveler l’approche des pratiques et des politiques culturelles, mais également à impliquer aux débats les représentants des collectivités territoriales, les acteurs professionnels.

Annonce

Troisièmes Rendez-vous de Géographie culturelle,
Ethnologie et Etudes culturelles en Languedoc-Roussillon

Le développement culturel :  un avenir pour les territoires ?

Appel à proposition

Colloque international, 17-18  avril 2008, Université de Nîmes

Le laboratoire MTE (Montpellier III) organise avec le CEPEL (Montpellier I), l’ADCEI (Marseille) un colloque international et interdisciplinaire « Le développement culturel : un avenir pour les territoires ? ».

Comité d’organisation 

  • Catherine Bernié-Boissard  catherine.bernie-boissard@wanadoo.fr,
    Géographe, Unîmes, FRE 3027 MTE Montpellier 3
  • Dominique Crozat dominique.crozat@univ-montp3.fr
    Géographe, FRE 3027 MTE, Montpellier 3
  • Sébastien Fournier  laurent.fournier@univ-nantes.fr
    Ethnologue, université de Nantes, EA 3260 CENS
  • Claude Chastagner
    Etudes culturelles, Université Montpellier 3

Contact : MTE – Christiane Lagarde – tél. 04 67 14 24 43
christiane.lagarde@univ-montp3.fr

Mutations des Territoires en Europe - UMR 5045 - Université Paul Valéry - Route de Mende - 34199 Montpellier cedex 5
Tél. : 04 67 14 24 43 - Fax : 04 67 14 25 22 - E-mail : mte@univ-montp3.fr – http://alor.univ-montp3.fr/mte

Comité scientifique

  • Jean-Pierre Augustin (Géographe, UMR 5185 Université Bordeaux 3)
  • Jocelyne Bonnet-Carbonnel (Ethnologue, Université Montpellier 3, EA 3024)
  • Jérémie Boissevain (Ethnologue, Université d’Amsterdam)
  • Isabelle Garat (Géographe, Université de Nantes, UMR 6590 ESO)
  • Martine Géronimi (Géographe, UQAM, Montréal)
  • Mickael Janoschka (Géographe, Université de Francfort)Philippe Joron (Sociologue, Université Montpellier 3, IRSA-CRI)
  • Rémi Kahn (Economiste, Université de Strasbourg, BETA)
  • Régis Keerle (Géographe, Université Rennes 1, UMR 6590 ESO)
  • Frederic Leriche (Géographe, Université Toulouse2, UMR CIEU)
  • Emmanuel Négrier (Politologue, CEPEL, Université Montpellier 1)
  • Françoise Papa (Info com, Université de Grenoble)
  • Yves Raibaud ( Géographe, Université de Bordeaux 3, UMR 5185)
  • Suzan Carol Rogers (Anthropologue, Université de New-York)
  • Dominique Salini (Ethnologue, Université de Corte)
  • Allen Scott (Géographe, Université de Los Angeles)
  • Elodie Valette (Géographe, CIRAD Montpellier)

Professionnel : Frédéric Jambu, directeur de l’ADCEI( Association pour le développement culturel européen et international) et des membres du Réseau Euromedinculture.

Partenariats

  • Université de Nîmes, Université de Montpellier 3
  • Pôle Européen de Montpellier-Languedoc-Roussillon
  • CNRS Languedoc-Roussillon
  • Maison des Sciences de l’Homme Montpellier-Languedoc-Roussillon
  • Ville de Nîmes, Conseil général du Gard, Région Languedoc-Roussillon

Date limite des envois de propositions de communications : 30 septembre 2007

Diffusion du programme et début des inscriptions en ligne : 20 novembre 2007
Date limite d’envoi des textes des communications retenues : 20 février 2008
Date du Colloque : 17 et 18 avril 2008 à l’Université de Nîmes
Les langues du colloque sont le français et l’anglais

Objectifs

Ce colloque international s’inscrit dans les activités du laboratoire Mutation des Territoires en Europe (Université Montpellier 3), à travers un questionnement novateur sur les thématiques reliant culture et espace. Il a pour ambition de permettre la confrontation des recherches dans une visée interdisciplinaire.

Troisième rendez-vous annuel de géographie culturelle, ethnologie et études culturelles en Languedoc-Roussillon, après l’Ecole d’été de Géographie sociale (2005) sur le thème des imaginaires urbains et le colloque La Fête au présent (2006), il veut instituer un événement international périodique et constant en géographie culturelle.

L’appel à communication est volontairement très ouvert. Le Colloque aspire en effet à renouveler l’approche des pratiques et des politiques culturelles, mais également à impliquer aux débats les représentants des collectivités territoriales, les acteurs professionnels.

Il s’agit de questionner la notion de « développement culturel », dont l’usage a été banalisé dans le discours public, sans que soit avérée sa pertinence, pour tenter d’en saisir les ambiguïtés, d’en comprendre les succès, d’analyser les illusions qu’elle génère.  

Orientation scientifique

La notion de développement culturel est désormais banalisée dans le discours sociétal, scientifique et politique. Elle qualifie le terme de développement, apparu au cours des années 1970-80 dans les pays industrialisés, pour exprimer l’émergence de processus inédits dans le contexte d’une compétition entre espaces d’échelles variées et d’une interconnexion croissante des territoires au sein de réseaux.

Souvent (volontairement ?) imprécis, le terme de développement est fréquemment associé à la « crise » des territoires. Local, il  répond à la désertification du rural ; social, à la crise urbaine ; durable, à celle de l’environnement ; culturel, à celle de la cohésion sociale… Cette ambiguïté suscite quelques interrogations : peut-on y voir une « panacée » dont l’efficacité reste à prouver ? Un expédient pour éviter un engagement politique fort sur les problèmes que le développement culturel est censé résoudre ? S’agit-il au contraire d’un outil moderne des politiques publiques susceptible d’échapper aux contraintes d’instruments traditionnels très strictement normés ? En effet, cette ambiguïté permet à la fois de lui conférer une souplesse en tant qu’outil de politique de gestion des territoires, et  à la fois d’éviter la contrainte d’un engagement trop important en y rattachant des éléments parfois disparates ressortant d’autres politiques (sociale ou économique en particulier). Mais cette souplesse le rend difficile à théoriser du fait de la diversité de ses usages et de la multiplicité des représentations associées.  

Le développement culturel propose un ensemble de représentations autour des thèmes de l’attractivité des territoires, de la créativité des sociétés et du lien social. Associé à la diversité, il inspire l’idéal d’une recomposition des politiques culturelles fondées sur la participation et la multiplicité des acteurs. Appliqué au territoire, il motive et justifie les analyses d’impact économique de la culture, considérée comme facteur de développement local, malgré les incertitudes sur la réalité du phénomène. Le lien entre culture et créativité ouvrirait de nouvelles perspectives, les activités culturelles constituant en quelque sorte une source de capital créatif pour l’ensemble des activités économiques. L’économie dans son ensemble aurait tendance à se « culturaliser ». Autrement dit, ce secteur dont la croissance est supérieure à la moyenne, en Europe, aurait tendance à cristalliser les espoirs de développement économique et social, d’innovation, de cohésion. Les notions  de district (culturel), de polarisation ou d’attractivité, expliqueraient désormais les vertus du secteur culturel et créatif.

Le colloque se propose de mieux comprendre le phénomène de survalorisation de la notion de développement culturel, devenue une sorte de lieu commun, dans un contexte marqué par l’affaiblissement de l’économie industrielle, par la montée des immatériels et par la croissance de l’emploi tertiaire. Il s’agit dans un premier temps d’interroger les conditions et le(s) moment(s) de son émergence dans différents champs (les politiques publiques, les sciences sociales), d’en répertorier les manifestations dans les pratiques sociales, afin de cerner le flou qui l’entoure 

Le questionnement s’articule dans deux directions.

1 - Le développement culturel : une définition improbable, un concept introuvable ?

Une définition du développement culturel est-elle possible ? Peut-on l’expliquer de manière intrinsèque ou bien par association ? En effet, la notion en soi ne signifie rien, mais, selon qu’on l’envisage comme ressource territoriale, instrument de reconfiguration territoriale ou de développement, elle devient beaucoup plus signifiante par association, et acquiert ainsi un sens

Ainsi, cette expression peut être déclinée autour d’une série de doublettes riches de sens, que nous pouvons recenser : développement culturel et développement économique, développement culturel et géopolitique (coopération, Europe), développement culturel et développement durable, développement culturel et jeux de subsidiarité, avec une variante sous l’angle de l’articulation des territorialités : du local au global, par exemple à travers les projets de « Pays ». On peut également mettre en valeur développement culturel et intégration des populations, développement culturel et politiques culturelles, développement culturel et valorisation du patrimoine. Cette diversité nous semble bien traduire à la fois l’intérêt du questionnement de la notion et celui de la recherche de sa (ses) définition (s).   

2 – Les pratiques : mythes et réalités

La culture légitime un certain nobre de politiques ; cette vision très utilitariste la conduit à rencontrer des objets variés et à se décliner dans une grande diversité de pratiques de « développement culturel ».

Il s’agit donc d’interroger ces pratiques de développement culturel associées à des objets géographiques variés : développement culturel et reconversion des territoires, développement culturel et friches industrielles, développement culturel et politiques de la ville (renouvellement urbain), développement culturel et ruralité, développement culturel et démocratie culturelle, développement culturel et intercommunalité. L’objet est moins de recenser des expériences singulières que de repérer l’unicité éventuelle d’une démarche, questionner la diversité et les limites des politiques, les frontières entre développement culturel et aménagement des territoires en étant un exemple significatif.

Communications

Les communications s’inscriront dans les axes qui suivent, mais du fait de la fluidité de la notion de « développement culturel », des propositions plus ouvertes peuvent être adressées au Comité scientifique, qui validera leur pertinence par rapport aux attendus du Colloque.   

Axe 1 – Définitions, contextes et non-dits

Quelles définitions du développement culturel, en France, en Europe, dans le monde ? Que peut-on dire des chronologies explicatives, des corpus, de l’instrumentalisation du terme, selon les contextes ?  

Axe 2 - Corrélations et dissociations entre développement culturel et attractivité, identité, image des territoires.

La qualité de la vie culturelle agit-elle comme facteur de lien social, crée-t-elle de nouveaux référents, a-t-elle un impact mesurable ou identifiable ? Peut-elle être considérée comme un outil politique ? Un instrument de communication complémentaire à ces politiques ? 

Axe 3 -  Le tourisme, le patrimoine, matériel ou immatériel, les festivals sont souvent considérés comme facteurs de développement culturel : à quelles échelles, selon quelles chronologies, quelles formes de reconnaissance et de légitimation ?

Le discours incantatoire sur les effets du développement culturel est-il d’actualité ? Sur quels thèmes s’appuie-t-il, à quels publics s’adresse-t-il, quelles sont ses références spatio-temporelles ? Peut-on parler de prétexte ? 

Axe 4 - Collectivités territoriales, décentralisation et développement culturel. 

Alors qu’aujourd’hui l’action culturelle concerne l’ensemble des collectivités territoriales, la recomposition de l’action au sein des intercommunalités à fiscalité propre en France  et en Europe (pays, communautés d’agglomération,  communautés urbaines, aires métropolitaines.. ) induit-elle une évolution ? Sa forte connotation symbolique est-elle mutualisable aussi facilement que dans d’autres domaines de l’action publique ? Dans ces cadres politiques nouveaux, la culture est-elle considérée comme une charge, un outil, un investissement, un levier, ou une occasion d’acquérir une légitimité ? Pour quels objectifs ?

Axe 5 – Le développement culturel entre émiettement et « Small is beautiful » …

Comment s’articulent les notions de créativité diffuse, d’action culturelle diffuse, et celle de développement culturel ? La présence de l’art et des artistes, des lieux de création produit-elle des effets de transformation ?  

Axe 6 – Développement culturel et développement durable

Quelles relations entretiennent ces deux notions qui ont en commun leur succès médiatique et leur commode indéfinition ? Pour quels enjeux réels ? Sous quelles formes plus spécifiques ? S’agit-il de l’association de deux gadgets ou de l’invention de nouvelles façons de penser le politique ?  

Lieux

  • Université de Nîmes
    Nîmes, France

Dates

  • dimanche 30 septembre 2007

Mots-clés

  • développement culturel, territoires, géographie, ethnologie, études culturelles

Contacts

  • Christiane Lagarde
    courriel : christiane [dot] lagarde [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Laurent-Sébastien Fournier
    courriel : laurent [dot] fournier [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le développement culturel : un avenir pour les territoires ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 04 juillet 2007, http://calenda.org/193330