AccueilLieux, pratiques et formation des savoirs de l’espace en France (fin XVIIIe-milieu XIXe)

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Publié le lundi 09 juillet 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Le colloque est consacré aux formes de pratiques savantes, sociales et institutionnelles de la géographie à la fin du XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe, dans le contexte d’une diversité des savoirs de l’espace. On cherchera à éclairer ces types de pratiques, dans leurs raisons, leurs enjeux et les problèmes qu’ils font apparaître. Mais on veut surtout insister sur les expériences de circulations, c’est-à-dire sur les diverses formes et situations de confrontation à l’altérité (nationale, institutionnelle, savante) au sein desquelles les savoirs géographiques se développent.

Annonce

Rationalités géographiques en circulation
Lieux, pratiques et formation des savoirs de l’espace en France (fin XVIIIe-milieu XIXe)

Les 28 et 29 septembre 2007
Centre Malher, 9 rue Malher, 75004, Paris

Le groupe de recherche « Coexistence des savoirs et diversité des rationalités dans la géographie moderne (1760-1860) » organise les 28 et 29 septembre 2007 à Paris un colloque consacré aux formes de pratiques savantes, sociales et institutionnelles de la géographie à la fin du XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe, dans le contexte d’une diversité des savoirs de l’espace.

On cherchera à éclairer ces types de pratiques, dans leurs raisons, leurs enjeux et les problèmes qu’ils font apparaître. Mais on veut surtout insister sur les expériences de circulations, c’est-à-dire sur les diverses formes et situations de confrontation à l’altérité (nationale, institutionnelle, savante) au sein desquelles les savoirs géographiques se développent.

Le colloque sera organisé autour de quatre grandes entrées thématiques :

1/ « Circulations de savoirs, circulations de savants »

On s’intéresse ici à la personnalité et à l’œuvre de savants étrangers ayant vécu à Paris, à leurs conceptions de la géographie, aux modes de leur présence (durées, formes, types d’activités savantes, institutionnelles, politiques, réseaux, etc.), mais aussi aux relations qu’ils maintiennent et permettent d’installer entre Paris et le monde savant européen en particulier.

2/ « La rencontre du terrain : un révélateur des pratiques géographiques ? »

On peut interroger ici les pratiques du voyage, celles de la topographie, ainsi que celles de l’exploration. On pose les questions des stratégies de définition des objets et des questionnaires, des méthodes d’investigation sur le terrain, des problèmes théoriques et pratiques rencontrés, de la restitution des résultats et de leurs circulations dans les mondes savants.

3/ « La géographie et les savoirs voisins : circulations et distinctions dans les classifications de savoir »

On envisage ici les réflexions consacrées à la place de la géographie dans les classifications du savoir (encyclopédies, dictionnaires, etc.), mais aussi la question des relations conceptuelles et méthodologiques entre savoirs géographiques, naturalistes, antiquaires, etc.

4/ « La géographie dans ses lieux de rencontre avec ses publics »

On veut traiter ici des « lieux » (et des « moments ») tels que les musées, les bibliothèques, les expositions, les revues, les fêtes, les sociétés de géographie, le monde scolaire… La question qui est ici posée est celle de la circulation sociale des savoirs géographiques, et en particulier celle de la manière dont les savoirs géographiques se représentent sur des scènes particulières.

Les quatre thèmes ont un point commun : à chaque fois, ce que l’on cherche à mettre en jeu, ce sont les notions de circulation, de différence, et de rencontre avec l’altérité : sur le plan des personnes, des terrains, des savoirs, et enfin des publics destinataires. Cette enquête sur les savoirs de l’espace ne préjuge en rien l’idée d’une identité de la « géographie », mais elle s’installe résolument, comme une hypothèse et une démarche de travail, dans la perspective d’une interrogation sur la commensurabilité ou non de ces savoirs et des rationalités dont ils sont porteurs.

Il s’agira, par cet intermédiaire, non seulement de décrire avec précision les diverses pratiques géographiques de la période, les intentions à la fois savantes et sociales, voire politiques, qu’elles véhiculent, leurs formes d’inscription dans les institutions les plus variées, les concepts et les références méthodologiques qu’ils utilisent, les normes de reconnaissance ainsi que les objets privilégiés qu’ils se donnent. On cherchera ainsi à contribuer à une cartographie problématique des pratiques savantes relevant d’un champ hypothétiquement désigné par l’expression « savoirs de l’espace ».

Un des horizons de cette interrogation serait de savoir s’il est possible, sans en préjuger en rien, de déterminer l’existence d’un processus d’identification de la « géographie » au sein des pratiques savantes du temps. Il ne s’agit pas là de parler de la constitution d’une discipline, mais de s’interroger sur l’existence d’un corps de concepts, d’objets, de méthodes et de références, qui se cristalliserait au sein d’un ensemble de pratiques savantes, sociales, et institutionnelles ayant trait aux savoirs de l’espace.

Programme du colloque

Vendredi 28 septembre

Matinée (9h30-12h30). Circulations de savoirs, circulations de savants

  • J. Carlos Garcia (Institut de Géographie de Porto) : « Santarém, le navigateur, à Paris : cartes, diplomates et sociétés savantes »
  • I. Schroeder (Université Humboldt, Berlin) : « À propos des circulations des savoirs géographiques en Europe au XIXe siècle : L’exemple d’Adrien Balbi à Paris, en France, en Allemagne et en Italie »
  • O. Ette (Université de Potsdam) : « Paris à Berlin, l’Amérique en Asie: la dimension transaréale et la circulation des savoirs chez Alexandre de Humboldt »

Déjeuner

Après-midi (14h30-17h30). La rencontre du terrain : un révélateur des pratiques géographiques ?

  • H. Blais (Université de Paris X) : « Pratiques cartographiques en terrain colonial : Le cas de l’Algérie (1830-1860) »
  • M. Thébaud-Sorger (EHESS) : « La terre vue du ciel : la géographie et les ballons »
  • I. Surun (Université de Lille III) : « Espace projeté, espace parcouru : le terrain des explorations en Afrique (1790-1860) »

Samedi 29 septembre

Matinée (9h30-12h30). La géographie et les savoirs voisins : circulations et distinctions dans les classifications de savoir

  • I. Laboulais (Université Marc Bloch-Strasbourg 2) : « Géographie, minéralogie, géologie : l’acte cartographique dans les dispositifs d’inventaire des ressources minérales en France à la fin XVIIIe et au début XIXe siècle »
  • J.-L. Chappey (Université de Paris I) : « Géographie, Histoire naturelle, Anthropologie : regards sur les enjeux scientifiques et politiques de voisinage et de distinction des savoirs »
  • D. Vaj (Université de Lausanne) : « Médecine et géographie. La fortune de la géographie médicale au XIXe siècle »

Déjeuner

Après-midi (14h30-17h30). La géographie dans ses lieux de rencontre avec ses publics

  • H. Ferrière (IUFM de Bretagne) : « La présentation à différents publics choisis des savoirs géographiques de Bory de Saint-Vincent, naturaliste voyageur et géographe militaire »
  • B. Belhoste (Université de Paris I) : « La géographie de la géographie à Paris au début du XIXe siècle »
  • H. Richard (BNF, Département des Cartes et Plans) : « La création d’un Département des Cartes géographiques à la Bibliothèque royale »

Lieux

  • Centre Malher, 9 rue Malher, 75004, Paris
    Paris, France

Dates

  • vendredi 28 septembre 2007
  • samedi 29 septembre 2007

Mots-clés

  • pratiques savantes, géographie, espace

Contacts

  • Jean-Marc Besse
    courriel : bessejm [at] parisgeo [dot] cnrs [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Jean-Marc Besse
    courriel : bessejm [at] parisgeo [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Lieux, pratiques et formation des savoirs de l’espace en France (fin XVIIIe-milieu XIXe) », Colloque, Calenda, Publié le lundi 09 juillet 2007, http://calenda.org/193342