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Ville et liens sociaux

Colloque international, Sfax (Tunisie), mars 2008

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Publié le samedi 14 juillet 2007

Résumé

Le département de Sociologie de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax(Tunisie) organise un colloque international qui aura lieu les 6, 7 et 8 mars 2008 portant sur:"Ville et liens sociaux". Le choix de ce thème s'explique par le fait que, si la nouvelle urbanisation dans le contexte occidental est apparemment marquée par le recul de la prégnance des relations de voisinage,en revanche, dans les pays du sud, ce phénomène aurait conduit au renforcement des liens sociaux communautaires. Pour appréhender la ville d’aujourd’hui, il serait nécessaire, à notre avis, de cerner les articulations entre les rapports sociaux et les phénomènes politiques et culturels. La problématique ainsi posée est celle des stratégies des acteurs et des logiques urbaines mises à l’œuvre dans un processus d’urbanisation déterminé, en l’occurrence celui du Maghreb.

Annonce

Université de Sfax
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
Département de Sociologie 

Appel à communication

Le département de Sociologie organise un colloque international qui aura lieu les 6, 7 et 8 mars 2008 à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax.

Ville et liens sociaux 

La communication ne doit pas dépasser 20 minutes. Les propositions (titre de la communication et résumé d’une vingtaine de lignes) doivent parvenir avant le 15 octobre à Monsieur Rabah Nabli

Adresse : Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Boîte Postale 553-3000-Sfax-Tunisie

Email : rabahnebli@yahoo.fr

Comité d’organisation : Rabah Nabli, Béchir Larbi, Moncef Mehouachi, Adel Hadj Rhuma, Ridha Abdmoulèh et Amor Zaafouri.

Argumentaire du colloque :

Depuis le début des années 80 jusqu’à nos jours, de nombreux observateurs vigilants semblent vouloir attirer sans cesse l’attention des spécialistes des sciences sociales sur un phénomène qui passe pour être d’ordre planétaire : la ville moderne d’aujourd’hui a tendance à s'étaler bien au-delà des limites du zonage fonctionnel ; elle se dilate et ce en se créant plusieurs centres adjacents. A ce phénomène quantitatif s’en ajoute un autre éminemment qualitatif ; le dépassement des frontières relationnelles inhérentes à la ville organique. Il s’agit d’un urbanisme affinitaire (Dubet, Lapeyronnie.1992/Donzelot 2000)

Mais si cette nouvelle urbanisation avait conduit, dans le contexte occidental au recul de la prégnance des relations de voisinage au profit de la ville à la carte, dans les pays du sud, en l’occurrence au Maghreb, ce phénomène aurait conduit au renforcement des liens sociaux communautaires.

Comprendre la ville, c’est connaître les usages et les pratiques quotidiennes de ses habitants tout en sachant que toute ville est à la fois singulière et représentative. Œuvre  humaine, elle est une projection  d’un type de société sur un espace donné et la synthèse d’actions conjuguées parallèles ou divergentes d’habitants, d’architectes, d’idéologues et de constructeurs (Claval, 1981).

Espace stratégique où s’affirme tout le poids de l’Etat, la ville est aussi l’espace où se cristallisent les contradictions de la formation sociale tout entière. Toutefois, les espaces élaborés et réalisés dans une société ne doivent pas être étudiés comme un décalque matériel de l’organisation institutionnelle. Les espaces de la société ne sont pas nécessairement des espaces conformes, adaptés à un modèle social : ils échappent même, à ceux qui sont dotés d’un certain pouvoir ; leurs concepteurs, techniciens et politiques. D’autre part, faut-il ajouter que les sociétés n’inventent que rarement des espaces correspondant à des besoins ou des souhaits uniformément ressentis et exprimés. Les sociétés sont diverses et conflictuelles et les espaces habités, espaces déjà là et réutilisés, espaces centraux, espaces périphériques, espaces denses, espaces vides révèlent ces différences et ces oppositions.

Et pourtant, les espaces construits et utilisés sont ceux d’une société particulière, ils correspondent globalement à la société qui les imagine et les produit. Par exemple, les quartiers récents des villes tunisiennes d’aujourd’hui, ne peuvent être confondus avec ceux des villes australiennes ou chinoises. Déchiffrer le sens des espaces habités à un moment donné consiste à donner un contenu à ces correspondances et à ces disjonctions entre une société et ses espaces.

Pour appréhender la ville d’aujourd’hui, il serait nécessaire, à notre avis, de cerner les articulations entre les rapports sociaux et les phénomènes politiques et culturels.

La problématique ainsi posée est remarquablement celle des stratégies des acteurs et des logiques urbaines mises à l’œuvre dans un processus d’urbanisation déterminé en l’occurrence celui du Maghreb.

 Les axes

1. La ville,  espace de sociabilité 

       La ville est faite de divers territoires : territoires masculins et féminins, territoires pour les jeunes, d’autres pour les adultes. Et ces territoires, si les uns sont autorisés ; d’autres au contraire sont interdits à tel ou tel groupe. On compte également des espaces qu’il est ardu d’observer et de décrire,à la lisière instable du licite et de l’illicite, du plaisir légitime et des satisfactions moins reconnues : les bars,les cinémas,les bains publics,etc. Encore faut-il  en ajouter les lieux permettant d’échapper à la pression sociale et ce en se protégeant des regards. Il y a lieu aussi d’évoquer ces échanges codifiés par les règles de l’hospitalité, où les civilités sont souvent de bons prétextes pour provoquer l’exclusion sous couvert d’intégration. (Bekkar, 1991)

     L’urbanité ainsi envisagée montre que quels que soient les plaisirs ou les contraintes de l’espace urbain, il n’en  demeure pas moins que cet espace est bel et bien, le terrain où se développent et se redéfinissent les liens sociaux.

2. Espace urbain, sexualité et religion

Dans une étude remarquable du sociologue marocain Abdessamad Dialmy intitulée : Logement, sexualité et islam (1995), l’urbanisation, semble désigner, dans cette partie du monde, qu’est le Maghreb, le passage à un espace relativement détribalisé. Cette urbanisation est ainsi, porteuse de nouvelles valeurs centrées sur l’individu et les libertés fondamentales de l’Homme. Et étant un espace de l'incognito, l’espace urbain donne l’impression d’être un espace non codifié. Par conséquent, il n’est donc pas étonnant que l’agression sexuelle surtout verbale (la drague, le harcèlement..) devienne, très courante, car elle n’est pas condamnée par la morale de la foule. Faut-il ajouter que parmi les femmes de la ville moderne, il  y a des étrangères, des inconnues prêtes à faire volontairement, l’objet d’une consommation sexuelle immédiate. Faut-il rappeler aussi que dans le Maghreb d’aujourd’hui, le célibat est prolongé pour des raisons matérielles. Le mariage bien qu’il continue d’être la norme et l’idéal, est de plus en plus inaccessible, la jeunesse n’arrive plus à trouver ni emploi ni logement.

Dans cette situation de désordre et de déroute, on va voir se développer dans de nombreux milieux populaires urbains, un discours politico-religieux qui prône la continence sexuelle. L’un des enjeux de ce colloque est de s’interroger sur la corrélation entre les variables : espace, sexualité et religion.     

3. L’appropriation de l’espace (approche anthropologique)

     Plutôt que de s’intéresser à la définition des fonctions et des besoins traduits en chiffres ; construire tant de logements pour l’accomplissement d’un urbanisme fonctionnel, tant voulu par les technocrates soucieux d’économie, d’hygiène et d’organisation rationnelle que de la vie des citadins et de l’urbanité des lieux, nous aimerions porter notre regard, en abordant cet axe de recherche, sur certaines pratiques sociales comme par exemple l’habiter que les prophètes de la civilisation urbaine ont tendance à opposer à l’habitat (Lefebvre,1968). L’habiter fait anthropologique par excellence associe le désir d’une demeure, les manières multiples d’habiter un lieu et le rêve de s’approprier le monde à partir de ce lieu (Zannad, 1994).     

4. Les non lieux de la ville moderne

      La notion d’espace public semble être une notion clef pour comprendre la spécificité de l’urbain. L’hypothèse que l’espace public et la culture urbaine dans leurs multiples expressions produisent des liens symboliques pouvant rétablir la communication entre des groupes dissociés ou isolés retrouve ici sa pertinence. Force est de constater cependant que l’urbanisation en cours dans le monde d’aujourd’hui a cessé semble-t il depuis longtemps d’obéir à une logique des lieux communs et l’établissement humain semble prendre de plus en plus de nouvelles formes qui délocalisent et dépersonnalisent et dématérialisent la rencontre (Augé 1992).

5. Le pouvoir sur la ville

       Les politiques urbaines : la planification, l’aménagement et la rénovation urbaine seront aussi à étudier. L’Etat tend à avoir plutôt un rôle d’accompagnateur, de régulateur et à ne plus jouer au seul et unique acteur. Les pouvoirs qui s’exercent sur la ville sont non seulement ceux de l’Etat, mais aussi ceux que légitiment certaines compétences. Notre regard portera essentiellement sur les métiers de la ville et les principaux acteurs de la vie urbaine : les promoteurs immobiliers, les urbanistes, les architectes, et les spécialistes de l’aménagement Les initiatives collectives ou individuelles, celles d’habitants soumis à un encadrement politique quelconque seront également prises en considération (Stambouli et Zghal1973). 

       En d’autres termes, on ne peut définir la ville sans se poser des questions sur sa gestion du type : qui gère la ville ? Selon quelles modalités ? Et dans quelles conditions socio-économiques, relationnelles et culturelles ?

6. Ville, réseaux sociaux et mondialisation

Manuel Castells (1998), le plus célèbre des sociologues de l’urbain affirme que pour la ville d’aujourd’hui, les flux d’information, de capitaux et de pouvoir l’emportent sur les lieux ou les territoires qui ont pourtant du sens. Ce constat l’aurait conduit à dire que cette ville est forcément traversée par un dualisme opposant le cosmopolitisme de l’élite, qui vit d’une communication quotidienne avec le monde entier (sur les plans fonctionnel, social et culturel) au tribalisme des communautés locales retranchées dans des espaces qu’elles essaient de maîtriser, car ces espaces sont leur dernier bastion contre les macro forces qui, hors de leur portée façonnent le monde.

Pour échapper à cet universalisme abstrait, les individus semblent trouver sens dans les identités particularistes fondées sur l’ethnicité, la religion, le régionalisme ou le nationalisme. Mais, fort heureusement, la mondialisation n’a pas que des aspects négatifs, une lueur d’espoir vient de l’activité de millions de gens dans le monde qui, tout en essayant par tous les moyens de faire face à ces aspects négatifs de la mondialisation tentent de maximiser ses aspects positifs.

       En effet, dans bien des cas,les voix des communautés locales se font entendre par le biais d’organismes de la société civile, qu’il s’agisse de citoyens luttant contre la dégradation de l’environnement,de mouvements pour le développement local,de groupes de femmes,de syndicats,etc.

En appelant les participants à se pencher sur l’analyse de cette dynamique, les organisateurs de ce colloque espèrent leur donner l’occasion  de contribuer à la réévaluation de l’action entreprise jusqu’ici, par les citoyens et les politiques pour éradiquer le mal.

Lieux

  • Sfax, Tunisie

Dates

  • lundi 15 octobre 2007

Mots-clés

  • ville, liens sociaux, sociabilité, citadinité, Maghreb

Contacts

  • Rabah Nabli
    courriel : rabahnebli [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Rabah Nabli
    courriel : rabahnebli [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ville et liens sociaux », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 14 juillet 2007, http://calenda.org/193360