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Les mots des révolutions

Nommer, dénoncer, héroïser, nier (XVIIe-XXe siècles)

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Publié le lundi 03 septembre 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Si les mots produisent du réel, ils peuvent aussi le transformer, voire le masquer, créant une autre réalité ou la niant, transformant au fil des jours des événements qui semblent être placés dans une mystérieuse lanterne magique. Partant de la crise de l’année 1788, on interrogera également les moments révolutionnaires et les guerres des XIXe et XXe siècles. Le vocabulaire s’y transforme parfois pour masquer la réalité (apposition de qualificatifs originaux pour renommer des événements, de la « révolutions des œillets » portugaise à la « révolution de velours » tchèque ou tout récemment, « la révolution orange » d’Ukraine, la couleur devant identifier le vainqueur). Enfin, la notion juridique de « crime contre l’Humanité » après la fin de la IIè guerre mondiale, a conduit la communauté internationale à réclamer et à vérifier sans cesse davantage de précision dans le vocabulaire et l’emploi des mots.

Annonce

28 septembre 2007,
Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, UFR SSH

Bâtiment Vauban, salle 524, Guyancourt

« La manie de parler, la rage d’écrire ont enfanté une foule de pamphlets où Marat et Robespierre, quoique décidés révolutionnaires, ne se ressemblent pas plus que Mallet du Pan et Rivarol dans leurs idées contre-révolutionnaires ». Dès 1798, par ces quelques lignes lapidaires extraites de son Nouveau Paris, Louis-Sébastien Mercier attirait l’attention de ses contemporains sur la force des mots pour qualifier les idées, les individus et les factions. On peut examiner ici la puissance performative de la langue, puisque nommer c’est identifier et classer ou disqualifier et dénoncer ; et, dans ces temps bouleversés des révolutions, changer les qualificatifs attribués à tel ou tel peut revenir à transformer un « patriote » en « renégat » et conduire le public à modifier son attitude envers le héros d’hier devenu le traître d’aujourd’hui. Il existe également une culture de la dérision, propre au siècle des Lumières au cours duquel l’humour et le persiflage ont été des armes bien partagées (du parlementaire de haut vol à l’écrivain de seconde zone et au faiseur de chansons) et très utilisées dans les combats qui ont marqué ce moment que Jean Egret avait nommé « la pré-révolution française ». Si les mots produisent du réel, ils peuvent aussi le transformer, voire le masquer, créant une autre réalité ou la niant, transformant au fil des jours des événements qui semblent être placés dans une mystérieuse lanterne magique. L’histoire du XXe siècle prouve à la fois l’importance et la violence des mots. Partant de la crise de l’année 1788, on interrogera également les moments révolutionnaires et les guerres des XIXe et XXe s. Le vocabulaire s’y transforme parfois pour masquer la réalité (apposition de qualificatifs originaux pour re-nommer des événements, de la « révolution des oeillets » portugaise à la « révolution de velours » tchèque ou tout récemment, « la révolution orange » d’Ukraine, la couleur devant identifier le vainqueur). Enfin, la constitution de la notion juridique de « crime contre l’Humanité » après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, a conduit la communauté internationale à réclamer et à vérifier sans cesse davantage de précision dans le vocabulaire et l’emploi des mots.

Programme

Matinée

  • 9h 30 Présentation par Christian Delporte (UVSQ, directeur du CHCSC) et Annie Duprat, UCP/CHCSC)
  • 10h 00 Frédérique Pitou (Université du Maine), « Fuir le taudis : la contestation de la réforme Lamoignon par des magistrats du présidial du Mans »
  • 10h 30 Vivian Gruder (Queen’s college, New-York), « Liberté, égalité, … les mots des assemblées provinciales en 1788 ».
  • 11h 00 Thomas Kaiser (University of Arkansas, Little Rock), « Entre les mots et les choses : le fantôme du Comité autrichien »
  • 11h 30 Annie Duprat (UCP/ CHCSC), « Les mots de la dérision : quelques protagonistes vus par les journaux, de la Révolution à la Restauration »

Après-midi

  • 14h 00 Jean-Claude Yon (UVSQ, CHCSC), « La rhétorique révolutionnaire en accusation : le répertoire politique théâtral sous la Seconde République »
  • 14h 30 Pierre Triomphe (Université de Montpellier), « Les mots de l’histoire : la réactualisation du lexique de 1789 et 1830 et le déclenchement de la révolution de février 1848 ».
  • 15h 00 Louis Hincker (Université de Valenciennes) et Pierre Vilar (Université Paris III), « Michel Leiris : roman familial et révolution, 1750-1990 »
  • 16h 15 Graça Dos Santos (Université Paris X), « Questions autour d’une dénomination : la révolution des œillets au Portugal en 1974 »
  • 16h 45 Chantal Metzger, (Université de Nancy II), « La réception des discours d’Hitler sur la paix dans les milieux diplomatiques français»
  • 17h 15 discussion générale et clôture.

Lieux

  • UVSQ, bâtiment Vauban, salle 524
    Guyancourt, France

Dates

  • vendredi 28 septembre 2007

Fichiers attachés

Mots-clés

  • langue, dérision, révolution, contestations

Contacts

  • Hélène Humbert
    courriel : helene [dot] humbert [at] uvsq [dot] fr

Source de l'information

  • Annie Duprat
    courriel : annie [dot] duprat [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les mots des révolutions », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 03 septembre 2007, http://calenda.org/193432