AccueilMai-68, creuset pour les sciences de l'homme ?

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Publié le mercredi 05 septembre 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Ce colloque veut interroger « ce que Mai 68 a fait aux sciences de l'homme ». Au-delà des dithyrambes et des procès, il est temps désormais d'examiner plus froidement la place de mai 68 par rapport aux transformations des sciences de l'homme dans les années 1960-1970. Il s'agit notamment de se demander si le moment politique a été une matrice, ou simplement un symptôme de transformations plus générales, pour ne pas dire structurelles. Cet événement est organisé par la Société française pour l'histoire des sciences de l'homme (SFHSH) à l'occasion de son colloque de 2008.

Annonce

Mai-68, creuset pour les sciences de l'homme ?

Divers sont les colloques qui ont étudié depuis trente ans la genèse et l’héritage de Mai-68, notamment au travers de la biographie de ses acteurs. D’autres vont avoir lieu qui exploiteront les nouvelles archives disponibles pour examiner comment l’événement a été construit.

Le propos du colloque qu’organise la Société française pour l’histoire des sciences de l’homme (SFHSH) est assez différent. Il ne s’agit pas pour nous d’étudier les discours « sur » Mai-68 et son héritage, mais d’interroger l’influence que Mai-68 a pu avoir sur l’évolution des sciences de l’homme dans la fin du xxe siècle. C’est un pari risqué, car l’établissement d’un lien explicatif entre un « événement » complexe et des mutations disciplinaires qui sont synchrones, ou immédiatement antérieures ou postérieures, n’a rien d’évident. Tout l’enjeu de l’exercice consiste précisément à éviter les pièges du synchronisme et des représentations « mythiques » (en positif ou en négatif) que les acteurs savants ont pu produire dans les années et décennies qui ont suivi.

L’une des solutions sera de travailler les homologies sociales entre le mouvement de Mai et les transformations disciplinaires : l’importance des forums, la multiplication des entreprises collectives, la place de la parole, de l’oral, l’émergence de nouvelles formes d’expression écrite (la littérature grise, les BD, la caricature), les expérimentations hors des institutions académiques.

Quels ont été les effets structurels (sociaux, universitaires) dans les mutations du champ des sciences de l’homme ? Comment les sciences sociales ont-elles dans leurs pratiques et dans leurs analyses pressenti et ressenti l’irruption de Mai ? Comment la lecture de « l’événement Mai 68 » a-t-elle infléchi les interprétations de l’ensemble des crises sociale, culturelle, générationnelle, bientôt économique de la seconde partie du xxe siècle ?

Dans certains domaines, l’anti-psychiatrie, la géographie, l’anthropologie, l’histoire, il existe déjà des recherches qui accréditent à tout le moins une congruence entre les secousses de la fin des années 1960 et des crises disciplinaires durant la décennie 1970 et qui trouvent leur dynamique dans une durée plus longue. Symétriquement se trouve posée la question des savoirs qui durant les décennies 1970-1980 se sont revendiqués de la « pensée 68 ». Il en va ainsi de champs de connaissance nouveaux, qui ont été au départ le fait de personnalités ou de groupes à la marge. Ne faudrait-il pas considérer 68 comme la matrice contre-institutionnelle de champs cognitifs nouveaux ?

Les orientations thématiques du colloque

Les disciplines

Il paraît nécessaire de présenter des exemples d’évolutions disciplinaires, aussi bien pour administrer la preuve d’effets de contexte que pour éventuellement les réfuter. Ce pourrait être le lieu de réflexion sur les questions épistémologiques soulevées à l’époque, ou émergentes dans le sillage de 1968.

Les trajectoires

Centrées sur des itinéraires individuels, elles pourraient permettre de penser la construction des « figures de Mai-68 » dans le domaine des sciences de l’homme. Des témoins seront sollicités par le comité d’organisation.

Les pratiques

Il s’agit de s’intéresser au(x) rôle(s) des collectifs, à la disjonction entre pratiques traditionnelles et inventions (disciplinaires, sociales, etc.) ; il sera fait une place aux transformations des pratiques éditoriales (éditeurs, revues).

Les institutions

On mettra ici l’accent sur le conflit entre universités et organismes de recherche, et notamment sur la crise universitaire des années 70.

Le comité d’organisation

Il s’agit du colloque annuel de la Société française pour l’histoire des sciences de l’homme (SFHSH). Il aura lieu début septembre 2008.

Organisateurs :

Bertrand Müller (université de Genève) et Olivier Orain (CNRS, Paris)

Comité scientifique :

  • Loïc Blondiaux, professeur des universités, IEP de Lille
  • Laurent Loty, maître de conférences, université de Rennes II
  • Gérard Mauger, directeur de recherches, CNRS, Paris
  • Annick Ohayon, maître de conférences, université Paris VIII
  • Bernard Pudal, professeur, université de Paris X Nanterre
  • Marie-Claire Robic, directrice de recherche, CNRS, Paris
  • Christian Topalov, directeur de recherches, CNRS, Paris
  • Françoise Waquet, directrice de recherche, CNRS, Paris

Les propositions de contribution

Elles sont à adresser d’ici le 15 octobre 2007 à Olivier Orain, 13 rue du Four, 75006 Paris (orainol@wanadoo.fr) sous forme de lettre ou de mail. Elles ne devront pas dépasser les 2000 caractères. Le colloque se tiendra début septembre 2008.

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • lundi 15 octobre 2007

Fichiers attachés

Mots-clés

  • histoire des sciences de l'homme, mai 1968, interdisciplinarité, institutions universitaires, contestation politique

Contacts

  • Olivier Orain
    courriel : orainol [at] wanadoo [dot] fr
  • Bertrand Müller
    courriel : bertrand [dot] muller [at] ens [dot] fr

Source de l'information

  • Olivier Orain
    courriel : orainol [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Mai-68, creuset pour les sciences de l'homme ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 05 septembre 2007, http://calenda.org/193440