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Géographie, musique et postcolonialisme

Quelques enjeux socio-spatiaux pour les musiques actuelles

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Publié le jeudi 06 septembre 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Dans une approche de géographie postcoloniale, il nous semble que deux tropismes se dégagent de l’intérêt qui se manifeste pour les musiques actuelles et/ou du monde. En premier lieu l’empathie pour les peuples dominés auxquels les jeunes qui se pensaient à une époque « sans futur » se sont identifiés au départ dans les quartiers les plus fragilisés des villes. En second lieu l’exotisme qui se réalise par des voyages fantasmés à travers l’écoute musicale, les concerts, les festivals, les pratiques culturelles, etc. Quels effets ces modes et ces pratiques ont-elles sur les espaces auxquels elles se réfèrent : quartiers d’exil des grandes métropoles, territoires et nations en mutation du sud qui se réapproprient ces musiques au service des identités locales ? Peut-on poser l’hypothèse que ces modes musicales participent à la construction de nouveaux imaginaires territoriaux ?

Annonce

Appel à contribution pour la revue Copyright Volume !

Géographie, musique et postcolonialisme.
Quelques enjeux socio-spatiaux pour les musiques actuelles

« Géographie et musiques : quelles perspectives ? » était la question posée le 8 juin 2006 par le laboratoire Espace et culture à Paris, « Comment la musique vient-elle au territoire ? » celle posée par : le laboratoire ADES-CNRS le 17 mars 2007 à Bordeaux.

Ces deux journées qui marquent l’entrée des géographes dans la communauté française des musiciens chercheurs se poursuivent à l’invitation de la revue Copyright Volume !, la revue de recherche française interdisciplinaire à comité de lecture autour des musiques populaires . Plusieurs communications faites lors de ces journées ont pour sujet les musiques actuelles et/ou du monde (rock, rap, techno, salsa, musique africaine, batucada...) et leur vogue dans les pays du Nord.

Ces musiques, qu’on dit issues en partie d’une même matrice afro-américaine et qui ont été rapidement adoptées par les jeunes des classes populaires européennes dans un contexte de crise sociale urbaine, ne sont-elles pas marquées à la fois par le colonialisme (et en particulier par la déportation de populations africaines en Amérique) et par le post-colonialisme (la fin des empires coloniaux et les migrations vers l’Europe des ressortissants des anciennes colonies) ?

Dans une approche de géographie postcoloniale, il nous semble que deux tropismes se dégagent de l’intérêt, de l’appétit, qui se manifeste pour les musiques actuelles et/ou du monde. En premier lieu l’empathie pour les peuples dominés auxquels les jeunes qui se pensaient à une époque « sans futur » se sont identifiés au départ dans les quartiers les plus fragilisés des villes puis dans toutes les couches de la population. En second lieu l’exotisme, désir d’Afrique, d’Orient ou d’Amérique qui se réalise par des voyages fantasmés à travers l’écoute musicale, les concerts, les festivals, les pratiques culturelles, voire les pratiques engagées antiracistes ou humanitaires.

Quels effets ces modes et ces pratiques ont-elles sur les espaces auxquels elles se réfèrent : quartiers d’exil des grandes métropoles, territoires et nations en mutation du Sud qui se réapproprient ces musiques au service des identités locales ? Que représente la figure du musicien noir ou métis, sud-africain, caribéen, brésilien, nord-américain ou français « issu de l’immigration » pour les musiques actuelles et/ou du monde ?

Peut-on poser l’hypothèse que ces modes musicales participent à la construction de nouveaux imaginaires territoriaux ? Ont-elles un rôle de régulation des tensions sociales dans des contextes urbains profondément modifiés par les migrations ? Participent-elles à la reproduction des hiérarchies sociospatiales en désignant les territoires par des cultures qui leur sembleraient « naturellement » attachées ?

Appel à communication :

Entre 20 000 et 30 000 signes maximum (+ résumé, mots clés et bibliographie) à envoyer conjointement à editions@seteun.net et à y.raibaud@ades.cnrs.fr

Date limite : 1er novembre 2007

Dates

  • jeudi 01 novembre 2007

Mots-clés

  • geographie, musique, postcolonialisme

Contacts

  • Yves RAIBAUD
    courriel : yves [dot] raibaud [at] cnrs [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Marie-José Claverie
    courriel : mj [dot] claverie [at] ades [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Géographie, musique et postcolonialisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 06 septembre 2007, http://calenda.org/193446