AccueilSection « Études féministes » - cinquième congrès international Marx

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Publié le dimanche 09 septembre 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

« Un autre monde est possible », mais quel autre monde ? Appréhendées sous l'angle des rapports sociaux de sexe, ces questions impliquent un détour. En tout premier lieu, un retour critique sur le concept de mondialisation. Les études féministes, en produisant de nouveaux outils, de nouveaux concepts, font apparaître de nouveaux problèmes et entre autres, la nécessité de penser non pas la juxtaposition des rapports de genre, de classe, de race, mais leur intrication ainsi que l'articulation du global et du local. Intrication, articulation, qu'on ne peut passer sous silence si on veut comprendre quels sujets politiques peuvent mener les luttes, qui donneront sens et contenu à ce que pourrait être un monde nouveau.

Annonce

Congrès Marx international V
3-6 octobre 2007

Altermondialisme-anticapitalisme
Pour une cosmopolitique alternative

Programme de la section « Études féministes »

Coordinatrices : Elsa Dorlin et Annie Bidet-Mordrel

Université de Paris X Nanterre, bâtiment L, salle 111

ttp://netx.u-paris10.fr/actuelmarx/cm5/index5.htm

« Un autre monde est possible », mais quel autre monde ? Une cosmopolitique alternative mais laquelle ? Quelles luttes mener pour y parvenir ? Luttes de qui, avec qui et contre qui ou quoi ? Avec quels objectifs ? Appréhendées sous l'angle des rapports sociaux de sexe, ces questions impliquent un détour. En tout premier lieu, un retour critique sur le concept de mondialisation. Les études féministes, en produisant de nouveaux outils, de nouveaux concepts, font apparaître de nouveaux problèmes et entre autres, la nécessité de penser non pas la juxtaposition des rapports de genre, de classe, de race, mais leur intrication ainsi que l'articulation du global et du local. Intrication, articulation, qu'on ne peut passer sous silence si on veut comprendre quels sujets politiques peuvent mener les luttes, qui donneront sens et contenu à ce que pourrait être un monde nouveau.

        Donc, du point de vue du genre :

        Quelles analyses alternatives de la mondialisation ? Quels rapports sociaux sont en jeu ? Quels sujets politiques sont à construire et comment ?

        La section "Etudes féministes" se propose d'étudier quelques points stratégiques, qui permettent de renouveler l'appréhension des données du problème et des solutions et l'articulation des luttes à mener.

Ateliers :

Atelier 1 :  Jeudi 4 octobre 2007

10 heures-12 heures, salle 111.

Genre, care et migrations : l'internationalisation du travail de reproduction

Présidence : Pascale Molinier, Maître de Conférences en Psychologie du Travail au Conservatoire National des Arts et Métiers - CNAM et membre du Laboratoire de psychologie du travail et de l'action - CNAM

  • Amandine Bach, chercheure, Institut d'études du développement, Université catholique de Louvain, Belgique

Réarticulation des rapports sociaux de sexe, classe et race : le cas des hommes migrants domestiques à Bruxelles 

Face à l'abondance de littérature sur les femmes migrantes domestiques, nous nous sommes intéressés aux hommes "aux marges" de la sphère de la reproduction et à la spécificité de leur projet migratoire, de leur insertion professionnelle et la construction de leur identité. A travers les récits de vie d'hommes migrants philippins et latino-américains à Bruxelles, nous verrons comment les rapports sociaux de sexe, de classe et de "race" se réarticulent au sein de leur expérience.

  • Adelina Miranda, Chercheuse, Université de Naples-GTM

Migrations féminines et service familial au domicile

L'actuelle féminisation des flux migratoires est liée à une modification internationale de la sphère productive mais également reproductive. Dans cette intervention nous nous intéressons particulièrement aux emplois du care dans les pays dits occidentaux. Notre hypothèse est que le recours à la main d'œuvre étrangère féminine consent au maintien d'un certain équilibre social, notamment entre les sexes. Par ailleurs, la création d'un " modèle de service familial au domicile ", tout en palliant les conséquences de la diffusion d'une économie libérale, garantit la traditionnelle présence féminine dans l'espace domestique et crée de nouvelles formes de subordination et ethnicisation entre elles.

  • Maria Emilia Tijoux, Sociologue, Docteur en Sociologie de l'Université Paris 8, chercheure et Professeur à l'Université Bolivarienne, Santiago, Chili. 

Péruviennes, immigrantes à Santiago. Un art quotidien de la lutte pour la vie

Depuis le milieu de 2005,  le Chili est devenu la principale destination des Péruviens qui émigrent. La plupart sont des femmes qui quittent leur village et leur famille  pour aller chercher des moyens de survivre. Une fois établies au Chili, elles doivent faire face au travail, à l'éducation de leurs enfants, à la solitude et au déracinement. En dépit des difficultés, elles construisent leur vie au loin en inventant des formes spécifiques, qui leur permettent de demeurer au Chili et d'atteindre leurs objectifs. Les conséquences de ce mode de vie sacrifié en un pays inconnu et hostile se révèlent très complexes.

Atelier 2 : Jeudi 4 octobre 2007

14 heures- 16 heures, salle 111.

Genre et néolibéralisme

Présidence : Annie Bidet Mordrel, Agrégée de philosophie, Diplômée d'études supérieures de sciences économiques.

  • Vivian Aranha Saboia, Sociologue, Post-doctorante à l'Université de l'Etat du Maranhão (UEMA/Brésil) en partenariat avec le Laboratoire Genre Travail et Mobilité/CNRS (France). 

La trajectoire de la flexibilisation de l'emploi dans le contexte du néolibéralisme en France et au Brésil et les implications sur l'emploi des femmes 

A trajetória da flexibilização do emprego no contexto do neoliberalismo na frança e no brasil e as implicações sobre o emprego das mulheres 

Après la crise du modèle de régulation fordiste, les années 1990 ont été l'occasion d'une reprise de la conception libérale avec l'affirmation de la "souveraineté" des finances en dépit de la classe des travailleurs/travailleuses. Depuis, la déréglementation des marchés financiers et du travail, nécessaires au progrès du néolibéralisme, a vu le jour en France et au Brésil, en particulier depuis les années 1980 et les années 1990, respectivement. En général, en s'appuyant sur un discours de lutte contre le chômage, les pays du centre (comme la France) ont fréquemment réglementé les contrats de travail à temps partiel, alors que dans les pays périphériques il y a eu une massification de l'emploi informel et précaire. Tous ces types de travail, majoritairement occupés par des femmes, sont le résultat de ce qui fait le coeur même du régime capitaliste dont l'objectif, l'accumulation de richesses, a besoin d'une armée de réserve dont le noyau (emplois décents) est de plus en plus réduit et dont la masse de sous employé(e)s est grandissante.

Dans ce texte nous ferons une analyse sexuée des trajectoires française et brésilienne vers la flexibilisation de l'emploi. Il s'agit du contexte de l'adoption de politiques de l'emploi qui ont flexibilisé le rapport capital-travail et, en particulier le rapport capital-travail des femmes de façon à favoriser le développement d'une société salariale marqué par l'employabilité. Nous verrons qu'il s'agit de politiques néolibérales ou social libérales adoptées comme réponse aux besoins du capitalisme et qui réduisent, à des "niveaux acceptables", les inégalités et exclusions qu'engendre ce processus au même moment.

  • Gaëlle Krikorian, Chercheuse associée à l'IRIS, Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux. Sciences sociales, politique, santé - UMR 8156 CNRS-Inserm-EHESS-Université Paris 13. Militante à Act Up-Paris.  

Composition en 4 mouvements : généalogie et évolution. Contre le sida - pour l'accès aux médicaments - contre les accords de  libre-échange, pour l'accès au savoir

L'intervention aura pour objectif de présenter les filiations et évolutions de quatre mouvements récents : la lutte contre le sida, l'accès aux médicaments dans les pays en développement, la lutte contre les accords de libre-échange promus par les Etats-Unis, la mobilisation contre une application trop restrictive des droits de propriété intellectuelle et pour l'accès à la connaissance et au savoir.

  • Stéphanie Treillet, Economiste, IUFM Créteil- Université Paris XII  

L'instrumentalisation du genre dans le nouveau consensus de Washington

Les effets des politiques d'ajustement structurel (PAS) sur la situation des femmes dans les pays du Tiers-monde ont longtemps été occultés par les théories libérales et les institutions internationales. Cependant, l'échec des PAS à partir de la fin des années 1980, comme la persistance de mouvements de femmes nombreux et massifs dans les sociétés que ces politiques ont frappées, on conduit les théoriciens du libéralisme à actualiser le "consensus de Washington". Dans cette optique, la question du genre est devenue omniprésente, comme l'attestent les rapports de la Banque mondiale depuis une quinzaine d'année. On montrera que cette institutionnalisation du genre est mise au service d'une reformulation de la conception orthodoxe du développement, et sert de fondement à une libéralisation et à une privatisation  de toutes les bases de  la reproduction de la force de travail (services publics, systèmes de protection sociale) comme d'une flexibilisation du salariat.

Atelier 3 : Jeudi 4 octobre 2007

16 heures-18 heures

Rencontre avec Gayatri Chakravorty SPIVAK

Atelier 4 : Vendredi 5 octobre 2007.

9 heures-11 heures, salle 111. Revue Travail, Genre et Sociétés. 

Les dégâts de la violence économique

Sous la direction d'Isabelle Puech

  • Florence Lévy, Doctorante CECMC - EHESS- Paris ; MAPS - Université de Neuchâtel

La surprise à l'arrivée : Les conditions de vie et de travail des femmes migrantes chinoises en France 

La vulnérabilité est au cœur des parcours migratoires des Chinois vers le France. Elle commence lors du trajet et se poursuit bien après leur arrivée. Leur voyage se déroule souvent plusieurs mois dans des conditions inhumaines. L'arrivée en France ne marque pas la fin du calvaire, bien au contraire. Ils se retrouvent en situation irrégulière et pris en tenaille entre l'impossibilité d'obtenir une autorisation de travail et la nécessité de rembourser leurs dettes au plus vite. L'économie souterraine, grande pourvoyeuse d'emplois illégaux, et en particulier l'économie ethnique, apparaît comme la seule issue possible. Une issue qui prend la forme d'une exploitation mise en œuvre par des employeurs souvent issus de la communauté chinoise et à ce titre, les mieux placés pour abuser de la vulnérabilité des nouveaux migrants.

  • Isabelle Puech, Post-doctorante CSU-IEC

Le travail non déclaré des employées domestiques : entre contraintes et stratégies 

En Europe, dans le secteur du nettoyage domestique, entre 50 et 80% des travailleurs ne seraient pas déclarés. La place du travail au noir dans les services domestiques n'est pas sans lien avec le sexe des travailleurs concernés - quasi exclusivement des travailleuses - ni avec le contenu du travail, traditionnellement pris en charge gratuitement par les femmes dans la sphère domestique. Pour autant, la dimension du genre est généralement absente des dispositifs mis en place dans le secteur pour lutter contre le travail non déclaré. Ces derniers visent avant tout les pratiques frauduleuses des employeurs et s'interrogent peu sur la diversité des formes que le travail au noir peu prendre chez les travailleuses. Les usages que font les femmes du travail au noir ne sont pas neutres au regard du genre. Ils renvoient à des formes de gestion originales de l'activité, dans une société où les femmes sont tenues de prendre en charge conjointement activité professionnelle et charges familiales.

Dans cette communication, nous analyserons les enseignements tirés d'une recherche post-doctorale sur les parcours de femmes de ménage travaillant chez des particuliers en France et en Belgique. Nous nous intéresserons aux voies d'entrée dans le travail au noir et à la diversité que celui-ci peut prendre selon les configurations familiales, économiques et juridiques des femmes rencontrées.

  • Christian Trotzier, Doctorant CSU-CNRS et Paris VIII

Le choc du licenciement : femmes et hommes dans la tourmente 

Les trajectoires de 130 licencié-e-s pour motif économique ont été reconstituées, sur plus de vingt ans, à partir de récits de vie et d'entretiens téléphoniques réalisés entre 2003 et 2006. Ces hommes et ces femmes, licencié-e-s en 1983 dans le cadre d'une réduction des effectifs, étaient issu-e-s d'une entreprise de mécanique. La plupart était syndiquée et avait participé aux nombreuses luttes qui ont marqué l'histoire de cet établissement. Le licenciement fut, pour beaucoup, une humiliation et une injustice. Vécu dans la solitude, il tendit à nourrir une rancœur tenace envers les salarié-e-s non licencié-e-s. L'idéal collectif fut détruit. Des adhérents de longue date manifestèrent une défiance définitive envers le syndicalisme. 

Les femmes et les ouvriers de plus de 40 ans, plus que d'autres, se retrouvèrent dans un désarroi lié aux incertitudes de l'avenir professionnel. Si les jeunes ouvriers professionnels purent relancer leur carrière sur une pente ascendante, une majorité d'ouvrières, d'ouvriers de plus de 40 ans et d'ouvriers spécialisés connurent, sous un ou plusieurs aspects, un déclassement irréversible. Les trajectoires professionnelles se fragilisent et se décollectivisent.

Sur le plan de la santé, le choc du licenciement fut rude. Nombre de femmes ont traversé un état dépressif. La vulnérabilité sociale enclenchée par le licenciement s'est ponctuée, chez les hommes, par une forte mortalité. La violence des licenciements, somme des souffrances personnelles vécues dans l'isolement, demeure, pour partie, cachée.

  • Pierre Concialdi (sous réserve) (IRES)

Atelier 5 : Vendredi 5 octobre 2007

11 heures-13 heures, salle 111.

Mouvements féministes et mondialisation

Présidence : Helena Hirata, Sociologue, directrice de recherche au CNRS 

  • Chiara Bonfiglioli, Licenciée en Sciences Politiques à l´Université de Bologne, est actuellement en master en Women´s studies à l´Université d´Utrecht,  Pays-Bas, dans le cadre d'un projet de recherche sur les mouvements féministes en ex-Yougoslavie. Collaboration avec les revues Studi Culturali et Zapruder en Italie, et avec la revue Contretemps en France.

L´écoféminisme, entre matérialisme et utopie

La philosophie écoféministe combine la pensée féministe et la pensée  écologiste, s´opposant à l´exploitation capitaliste et patriarcale des femmes, de l´environnement et des peuples du Sud du Monde. Vandana Shiva, dans sa lutte contre les multinationales alimentaires et pour la biodiversité, montre les possibles  déclinaisons militantes de l´écoféminisme. Une généalogie de cette philosophie et de ses enjeux  pour comprendre ses articulations avec les mouvements altermondialistes, entre matérialisme et utopie.

  • Isabelle Carle, Chercheure, Groupe d'études et de recherche "Genre et Migration", Institut de Sociologie ULB. 

La mobilisation politique des femmes immigrées au niveau européen : quels enjeux et quelles alliances ?

L'Union européenne est compétente pour lutter contre les discriminations basées sur l'origine ethnique et le sexe  et mène des politiques tendant à réaliser l'égalité des chances entre les femmes et les hommes. Cependant, les femmes étrangères ou d'origine étrangère restent les parentes pauvres  des politiques européennes d'égalité des chances femmes/hommes et de celles concernant la lutte contre les discriminations et leurs revendications spécifiques sont peu représentées au sein des ONG européennes.

La structuration au niveau européen du mouvement des femmes immigrées permettrait d'enrichir le mouvement féministe, en favorisant les connections entre les organisations féministes " classiques " et celles des femmes immigrées d'une part, en offrant la possibilité du développement d'organisations transnationales dans le contexte de la globalisation, d'autre part.

  • Laetitia Dechaufour, Doctorante au GTM (Genre, Travail et Mobilité) sous la direction de Danièle Kergoat Paris 8 - Saint-Denis.

Féministes issues de l'immigration postcoloniale, entre rupture et continuité 

Dans le cadre d'une réflexion sur les féminismes et la mondialisation, il s'agira de poser les bases d'une réflexion en cours sur les possibilités de l'action collective dans un contexte de dépolitisation des appartenances de classe. Ainsi, à partir d'un premier travail de terrain au Québec sur les luttes des femmes amérindiennes, et d'un travail de terrain en cours auprès de groupes féministes issus de l'immigration postcoloniale en France, je tenterai de montrer que l'activisme des militantes racisées constitue un espace de redéfinition du féminisme à la lumière des enjeux qui les confrontent en tant que femmes et en tant que non-blanches. En choisissant de se regrouper entre femmes, et de partir de leurs expériences de femmes pour dénoncer les oppressions conjuguées dont elles sont victimes, elles s'inscrivent pleinement dans le mouvement féministe français et repensent l'oppression des femmes à partir d'un positionnement dans les rapports sociaux de classe, de race et de sexe, dont les intérêts et les conditions d'oppression sont dynamiques et peuvent être contradictoires.

Atelier 6 : Vendredi 5 octobre

14 heures-16 heures, salle 111. Revue Cahiers du genre

Féminismes et antiféminismes : anciennes et nouvelles questions

Présidence : Josette Trat, Maître de conférence à l'Université de Paris 8 et Roland Pfefferkorn, professeur de sociologie à Strasbourg. 

L'atelier s'inscrira dans la problématique du livre collectif (sous la dir. de J. Trat, D. Lamoureux, R. Pfefferkorn) : L'autonomie des femmes en question, Antiféminismes et résistances en Amérique et en Europe. L'Harmattan. « Bibliothèque du féminisme », 2006.

  • Diane Lamoureux, Professeure, Département de science politique, Université Laval, Québec (Canada)

Nouvelles droites et retour du familialisme au Canada et au Québec

Le Canada et le Québec vivent désormais à l'heure de gouvernements conservateurs qui mettent un accent spécial sur la famille hétérosexuelle traditionnelle. Ceci suscite le développement de nouvelles formes d'antiféminisme et des coupes draconiennes et des réorientations fondamentales dans les programmes gouvernementaux de soutien aux groupes de femmes.

  • Monika Wator, Doctorante de sociologie sous la direction de J.Heinen, Université de Versailles Saint-Quentin.

Quand faire des enfants est une affaire publique, les éduquer une affaire privée. L'IVG et la petite enfance : le cas de la Pologne 

Dans cette communication, il s'agira d'analyser les mesures et les tentatives récentes de figer le droit à l'IVG et de dresser un état des lieux des structures d'accueil de la petite enfance. Un rapide regard sur ces deux domaines des politiques publiques suffit pour comprendre que la coalition gouvernementale actuelle a choisi de prendre en charge l'enfant dès sa conception mais de s'en décharger une fois qu'il est né. C'est l'impact d'une telle posture et de l'idéologie ultracatholique sur les rapports sociaux de sexe qui sera au centre de cette intervention.

  • Andrea Peniche, auteure d'un livre intitulé Elas Somos Nos, O direito ao Aborto como Reivindicaçao Democratica e Cidada, nous présentera les débats qui ont entouré la lutte en faveur du droit à l'avortement au Portugal dans les dernières années.

Atelier 7 : Vendredi 5 octobre 2007

16 heures -18 heures, salle 111.

Classe, sexe et race dans les Caraïbes : un paradigme de la mondialisation

Présidente : Elsa Dorlin, Maître de conférences de Philosophie, Paris I

  • Arlette Gauthier, Professeure de sociologie, Département de Sociologie Université de Bretagne Occidentale. 

Les droits reproductifs et sexuels à Haïti: face sombre de la modernité avancée 

L'esclavage et l'uniformisation des femmes ont été la phase sombre de la modernité des Lumières. Aujourd'hui, Haïti, "pays le plus libre au monde" selon le commandant de la MINUSTAH, puisqu'il n'y n'existe ni impôts, ni Etat de droit ou état social sinon de pure forme,  n'est-il pas également la face sombre de la modernité " fluide " ? Et quelles en sont les conséquences pour les femmes et particulièrement pour les droits reproductifs et sexuels, qui sont la 4e génération des droits, après les droits civils, politiques et socio-économiques et les plus représentatifs de la modernité avancée ? Pour répondre à cette question, seront mobilisées diverses enquêtes statistiques et qualitatives réalisées en Haïti ainsi que des entretiens menés avec des représentants de plusieurs ministères, d'associations féministes et d'agences des Nations Unies lors d'un séjour à Haïti en avril 2007. Ces données montrent le développement des violences sexuelles par des gangs armés mais aussi par des bandes de jeunes qui se donnent pour objectif de punir les jeunes filles ayant des comportements hors normes, mais aussi la dégradation des indicateurs fondamentaux de mortalité maternelle et d'accès aux soins. Les réponses apportées par les différents acteurs sociaux seront également examinées.

  • Stéphanie Guyon, Doctorante à l'EHESS, Centre Maurice Halbwachs,

Genre et luttes autochtones : de la scène locale à la scène internationale 

Cette intervention portera sur le mouvement amérindien de Guyane française. A travers l'étude de la trajectoire de 5 représentantes amérindiennes impliquées dans le mouvement amérindien au niveau local et/ou international, nous décrirons les rapports sociaux de sexe qui structurent le mouvement amérindien en Guyane. Nous verrons à quelles conditions le genre peut constituer une ressource et permettre à ces femmes d'accéder à des responsabilités sur la scène internationale et en retour accroître leur légitimité sur la scène locale.

  • Caroline Oudin-Bastide, Professeur de Sciences économiques et sociales.

La place des femmes dans la division du travil servile (Guadeloupe, Martinique, XVII ème XIXème) :

L'esclavage, selon Claude Meillassoux, engendre une désocialisation conduisant à une désexualisation qui se manifeste notamment par une indifférenciation des tâches et des prérogatives dévolues aux individus des deux sexes. Peut-on considérer qu'une telle désexualisation caractérise la division du travail servile dans la société esclavagiste des Iles du Vent françaises ? 

Pour répondre à cette question, la position des femmes dans la division sociale et technique - tant verticale qu'horizontale - du travail servile à la Guadeloupe et à la Martinique sera analysée. Position au reste indissociable, dans une société dominée par le "préjugé de couleur", d'une part de l'origine (africaine ou créole), d'autre part du groupe racisé d'appartenance (nègre ou métis).

Atelier 8 : Samedi 6 octobre 2007

9h30-11h30, salle 111.

Féminismes dans la post-colonie

Présidente : Muriel Andriocci, Doctorante en Sociologie

  • Sarah Brake, Marie Curie postdoctoral fellow, Utrecht University (Women's Studies), University of California, Santa Cruz (Anthropology). 

Antigone, le voile et la République

Les interprétations françaises d'Antigone tendent à accuser l'héroïne d'individualisme face à l'ordre civique et public. Penser l'acte de résistance d'Antigone, qui est revendiqué sans cesse en rapport avec la filiation et les dieux, comme un acte 'individuel', requiert une purge radicale. Cette purge de pratiques, expériences, savoirs, éthiques et épistèmes qui ne sont pas alignées avec, ni reconnues dans, un ordre civique et public établi, offre une manière de comprendre le séculier et le régime de laïcité. Dans cette contribution je m'appuie sur un long engagement féministe avec Antigone pour examiner les discussions sur le voile islamique. Je trace les manières par lesquelles la dichotomie du séculier (public) versus le religieux (privé) est articulée avec les politiques coloniales et postcoloniales.

  • Jules Falquet, Maîtresse de conférences en sociologie à l'Université de Paris Diderot 

Mondialisation et ré-articulation des rapports sociaux de sexe, "race" et classe : paradoxes et dé-naturalisation des classes 

La mondialisation est un phénomène complexe et certainement moins nouveau qu'il n'y paraît. Cependant, cette mondialisation, néolibérale, implique de profondes transformations dans l'organisation du travail, aussi bien sur le plan international que sur le plan national et "micro" ("communauté", unité domestique). On analysera ici la manière dont les rapports sociaux de sexe, de "race" et de classe se durcissent, mais aussi comment ils se ré-articulent. Aujourd'hui plus que jamais, à travers les trois figures de la domestique sans papiers, de la "mail order bride" et de la migrante qui se prostitue, on verra qu'il est important de dénaturaliser les catégories de sexe, de classe et de "race" pour mieux comprendre un ensemble de figures paradoxales. Car il existe des "femmes" passées dans la classe sociale des hommes, des hommes dans la classe des femmes, la "race" dépend chaque fois davantage des politiques migratoires et moins du phénotype. Cependant, pour reprendre et élargir les propos de Nicole Claude Mathieu (1989), "sans doute y a-t-il des genres "hommes-femmes", mais à la base et au bas de l'échelle des genres, il y a bien des femelles", et sans doute existe-t-il un "racisme sans race", mais au sommet de l'échelle, c'est toujours la peau blanche que l'on retrouve.  

  • Myriam Paris, Doctorante en philosophie, Université Paris 8 Saint Denis.

Corps marrons : mémoires des luttes et esclavage à La Réunion

On oppose classiquement le récit colonial et son corpus d'archives aux paroles confisquées, disséminées, perdues, illocalisables des dominées. Cette dichotomie entre écriture et oralité, vérité et fable, histoire et mémoire, est l'une des formes du rapport de domination colonial et constitue un enjeu majeur pour l'historiographie des résistances. Le récit colonial réduit les hommes et les femmes esclaves à des corps sauvages, muets, mutilés, dépossédés d'eux-mêmes, exhibant à travers eux le programme et la puissance plantocratique. 

Si ces corps furent les principales cibles des pouvoirs esclavagistes, ils ont corrélativement constitué des sites de résistance et en particulier, à travers des rituels, des cérémonies, des danses et des chants, des espaces permettant la formation, la sédimentation et la transmission de mémoires collectives des luttes.

Basées sur une analyse des rapports entre corps et mémoire, cette communication propose d'appréhender les résistances des femmes à la colonisation et l'esclavage en interrogeant la dichotomie traditionnelle opposant la prolixité des dominants et le silence des dominées.

Atelier 9 : Samedi 6 octobre 2007

11h30-13h30, salle 111.

Féminismes, alter mondialisme et utopies

Présidence : Danièle Kergoat, Sociologue, Directrice de recherche au CNRS, GTM

  • Emilie Hache, Doctorante en science politique à l'Université de Paris 8 Saint Denis.

Starhawk, le rituel et la politique. Faire de la politique autrement, refaire de la Politique 

Dans ce papier, j'aimerais penser avec le mouvement activiste américain dont Starhawk fait partie, à la pratique politique, à ce que c'est que " faire " de la politique, à ce que c'est que "pratiquer" la politique. Pour les Occidentaux modernes dont j'hérite, il y a deux choses qui frappent dans la pratique de ces activistes : tout d'abord, le rituel, la pratique politique comme le résultat d'une préparation, d'un rituel (cf ses descriptions des sommets de Gêne, de Seattle) ; et ensuite, leur revendication de réarticuler la religion avec leur pratique politique, comme une proposition politique de gauche légitime. L'objet de cette intervention est de suspendre le rejet et la condamnation qui tiennent lieu généralement de " lien " avec la gauche traditionnelle pour interroger d'une part cette réaction " spontanée " et se demander, au contraire, d'autre part, ce qui nous réunit, puisque, de fait, nous nous retrouvons sur les mêmes luttes. Autrement dit, est-ce que nous ne pourrions pas apprendre d'eux à refaire de la politique ?

  • Maria Puig de la Bellacasa, Marie Curie International Fellow (Université Libre de Bruxelles (GECO)/University of California, Santa Cruz (Cultural Studies).  

L'utopie c'est ici et maintenant : matérialisme, constructivisme et fabulation dans les politiques des savoirs féministes 

Une des choses que l'on peut apprendre du féminisme c'est à se méfier des promesses de l'avenir de la révolution. Sans renoncer à l'espoir dans le futur, les politiques féministes affirment l'immanence radicale de la tâche politique, divergeant ainsi des visions abstraites et édifiantes de l'utopie. Elles montrent que le travail de l'utopie se fait ici et maintenant, dans une pratique du "soin" qui résiste à la tentation d'oublier les complications de nos vies, dans l'inventivité collective face à des impasses concrètes et matérielles. J'explore cette sensibilité politique à l'ouvre dans la discussion politico-épistémologique sur les promesses que des savoirs minoritaires peuvent constituer pour la construction d'autres savoirs possibles. Le féminisme du "standpoint", version à la  fois matérialiste et spéculative de ces politiques des savoirs, a joué un  rôle crucial dans le développement d'un constructivisme politique au sein de l'approche des savoirs. Inspirée par la manière dont Donna Haraway prolonge cette tradition et par l'approche du constructivisme dans la pensée d'Isabelle Stengers, j'aborde la dimension spéculative de cette tradition et l'aspiration à d'autres récits, à d'autres fabulations, qui résistent aux mots d'ordre.

  • Eleni Varikas, Professeure de théorie politique et d’études sur le genre, Université Paris 8 Saint Denis.

Revues :

Deux revues d'études féministes participent au congrès

  • Les Cahiers du Genre
    Contact : Josette Trat, jos-trat@club-internet.fr
    Vendredi 5 octobre 2007. 14 heures-16 heures, salle 111.
    « Féminismes et antiféminismes : anciennes et nouvelles questions »
  • Travail, genre et sociétés
    Contact : Isabelle Puech, isabelle.puech@noos.fr
    Vendredi 5 octobre 2007.  9 heures -11heures, salle 111.
    « Les dégâts de la violence économique »       

Lieux

  • Université Paris X Nanterre
    Paris, France

Dates

  • vendredi 05 octobre 2007
  • samedi 06 octobre 2007
  • mercredi 03 octobre 2007
  • jeudi 04 octobre 2007

Mots-clés

  • genre, féminismes, mondialisation, travail, postcolonialisme, capitalisme

Contacts

  • Annie Bidet-Mordrel
    courriel : mordrel [at] u-paris10 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Elsa Dorlin
    courriel : elsa [dot] dorlin [at] univ-paris8 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Section « Études féministes » - cinquième congrès international Marx », Colloque, Calenda, Publié le dimanche 09 septembre 2007, http://calenda.org/193460