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Déportation et génocide : regards croisés. Voir, savoir, comprendre

Conférences publiques de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

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Publié le mardi 11 septembre 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Peu d’épisodes de l’histoire ont été autant scrutés que la shoah et le système concentrationnaire. La place qu’ils tiennent aujourd’hui dans nos imaginaires et dans nos réflexions politiques ou éthiques semble évidente, comme si elle découlait nécessairement de l’événement lui-même. Or ce que l’on perçoit, ce que l’on sait et ce que l’on comprend s’est construit au fil des années et des œuvres, dans une évolution où les questions de la déportation et du génocide n’ont pas été évoquées selon des rythmes analogues. Les intervenantes proposent, en trois séances, de reprendre ces questions de perceptions, de mémoires, de savoirs à partir d’objets et d’œuvres précises en en explorant la genèse et les usages afin de dessiner la complexe constellation des premiers récits et représentations de l’événement.

Annonce

Fondation pour la Mémoire de la Shoah

Cycle de conférences

En partenariat avec le magazine L’Histoire et France Culture

Déportation et génocide : regards croisés
Voir, savoir, comprendre

par Annette Wieviorka et Sylvie Lindeperg

Peu d’épisodes de l’histoire ont été autant scrutés que la Shoah et le système concentrationnaire. La place qu’ils tiennent aujourd’hui dans nos imaginaires et dans nos réflexions politiques ou éthiques semble évidente, comme si elle découlait nécessairement de l’événement lui-même. Or ce que l’on perçoit, ce que l’on sait et ce que l’on comprend s’est construit au fil des années et des œuvres, dans une évolution où les questions de la déportation et du génocide n’ont pas été évoquées selon des rythmes analogues. Les intervenantes proposent, en trois séances, de reprendre ces questions de perceptions, de mémoires, de savoirs à partir d’objets et d’œuvres précises en en explorant la genèse et les usages afin de dessiner la complexe constellation des premiers récits et représentations de l’événement.

1. Premières histoires : Léon Poliakov et Olga Wormser-Migot

Mardi 9 octobre 2007

La première séance sera consacrée à l’analyse de la façon dont ont été construits les premiers cadres de la mémoire, à travers l’anticipation du retour des déportés par le ministère Frenay et par les associations, par ce que fut la réalité de ce retour et de l’accueil, par la circulation des premières images dans les actualités filmées.

Cette séance permettra ensuite d’entrer dans l’atelier de ces deux historiens, pionniers de l’écriture de la déportation, du système concentrationnaire et du génocide. Par là il sera tenté d’éclairer la manière dont Léon Poliakov (avec le Centre de documentation juive contemporaine) et Olga Wormser (avec la Commission d’histoire de la déportation) procédèrent, dans la postérité immédiate de l’événement, pour assembler et interpréter les sources, élucider et établir les faits, proposer un système de compréhension et construire un récit.

Les intervenantes réfléchiront ensuite aux places respectives qu’ils accordèrent aux archives (principalement celles mises au jour lors des procès de Nuremberg) et aux témoignages (ceux des victimes, pour Olga Wormser ; ceux des « bourreaux » -au statut parfois ambigu comme Kurt Gerstein- pour Léon Poliakov). Enfin elles évoqueront les conditions dans lesquelles les deux historiens élaborèrent leurs travaux, les écueils qu’ils durent surmonter et l’accueil qui leur fut réservé.

2. Monuments : Nuit et Brouillard et le Tombeau du martyr juif inconnu

Mardi 23 octobre 2007

Ces deux « lieux de mémoire » sont jumeaux, nés la même année, d’une démarche commune de mise en sépulture et d’une volonté impérieuse de transmission.

La séance en retracera la genèse et les enjeux, de comprendre la grammaire de la mémoire qu’ils mirent en jeu, de suivre leurs usages et leurs réinterprétations dans le temps.

3. Le moment Eichmann : premier événement « global »

Mardi 13 novembre 2007

Le procès Eichmann constitue un tournant. Parce qu’il construit ce que les Américains appellent « l’holocauste » en événement distinct dans la Seconde guerre mondiale ; mais aussi (surtout) parce que, grâce à la vidéo et à la télévision, ce procès constitue le premier « événement médiatique mondial ».

La séance portera sur la scénographie et les enjeux du procès ; le travail de Leo Hurwitz qui eut la charge de l’enregistrer dans son intégralité ; enfin les diverses utilisations (diffusions immédiates par les télévisions du monde occidental et montages plus tardifs) qui furent faites de ces documents filmés.

Collège de France, amphithéâtre Marguerite de Navarre (11, place Marcelin Berthelot, 75005 Paris)

Début des interventions : 18 heures

Contact :

Audrey Rouah
Fondation pour la Mémoire de la Shoah
52, bd Malhesherbes
75008 Paris
01 53 42 63 23

Lieux

  • Collège de France, amphithéâtre Marguerite de Navarre (11, place Marcelin Berthelot, 75005 Paris)
    Paris, France

Dates

  • mardi 09 octobre 2007
  • mardi 23 octobre 2007
  • mardi 13 novembre 2007

Mots-clés

  • shoah, historiographie de la shoah, mémoire de la shoah, filmographie de la shoah, procès Eichmann

Contacts

  • Audrey Rouah
    courriel : arouah [at] fondationshoah [dot] org

Source de l'information

  • Dominique Trimbur
    courriel : dtrimbur [at] fondationshoah [dot] org

Pour citer cette annonce

« Déportation et génocide : regards croisés. Voir, savoir, comprendre », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 11 septembre 2007, http://calenda.org/193467