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La parole vive au défi de l'ère médiatique

Presse, chanson et performance orale au XIXe siècle

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Publié le vendredi 14 septembre 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

Presse et culture urbaine orale ont été jusqu’ici étudiées indépendamment l’une de l’autre, alors qu’elles se développent conjointement, en réponse aux mêmes évolutions sociales et culturelles. On partira ici de l’hypothèse d’interactions entre elles, qu’il s’agira d’interroger jusqu’à la première guerre mondiale : spécificité et convergences, influences réciproques, complémentarité, concurrence…

Annonce

Appel à communications

La parole vive au défi de l’ère médiatique
Presse, chanson et performance orale au XIXe siècle

Montpellier, 9 au 11 octobre 2008

La presse, par les caractères de sa production, par l’ampleur de sa diffusion, par les rythmes nouveaux qu’elle impose, modifie profondément au XIXe siècle l’ensemble des activités (sociales, économiques, culturelles etc), des appréciations et des représentations du monde et fait entrer la société française dans une civilisation du journal, marquée par la périodicité et le flux médiatique. Cette inscription du pays dans un cadre désormais régi par le principe de l’écriture et de la lecture périodiques constitue une mutation anthropologique majeure. Notamment une culture de masse se dessine, déclinée à travers des formes culturelles visant à atteindre le public le plus large possible (romans-feuilletons, journaux bon marché), aux sources d’une ère “ médiatique ” qui constitue aujourd’hui notre horizon quotidien.

Face à ce bouleversement, la culture orale reste bien vivante. Le public continue à demander  des chansons, des poèmes, des récits comiques ou sérieux… prenant vie par le corps et la voix d’un interprète dans un moment d’émotion partagée ; cela dans des lieux de réunion où se développent sociabilité et convivialité. L’exigence médiatique d’un produit reproductible massivement (Walter Benjamin) se heurte ici à des difficultés spécifiques ;  le processus de standardisation est en effet traversé de contradictions et de résistances, dont témoignent des sphères culturelles divergentes comme les « goguettes » du début du siècle, les cabarets montmartrois ou la chanson militante. Il aboutit cependant, donnant naissance au café-concert puis au music-hall, premières formes du divertissement de masse.

Presse et culture urbaine orale ont été jusqu’ici étudiées indépendamment l’une de l’autre, alors qu’elles se développent conjointement, en réponse aux mêmes évolutions sociales et culturelles. On partira ici de l’hypothèse d’interactions entre elles, qu’il s’agira d’interroger jusqu’à la première guerre mondiale : spécificité et convergences, influences réciproques, complémentarité,  concurrence… Voici à titre indicatif, quelques sujets que nous souhaiterions voir aborder lors de ces rencontres, en privilégiant toujours une perspective générale, générique et théorique plutôt que purement monographique :

  • rôle de la presse ou de publicistes/journalistes, dans l’émergence des vedettes, le déroulement de leurs carrières ; plus largement, dans la naissance du vedettariat
  • rôle de la presse  dans la vogue des établissements
  • la presse spécialisée, nouveau support de diffusion des chansons 
  • la  place des chansons dans la presse généraliste
  • la chanson et le texte à dire comme journal parlé-chanté : transposition  de certains genres comme le fait divers, le récit de crime, le reportage (l’Exposition, le récit de catastrophe, le reportage de guerre…), l’annonce publicitaire…
  • autres croisements génériques entre presse, chanson et textes à dire
  • la réécriture/relecture critique de l’actualité dans les chansons militantes, syndicales et révolutionnaires
  • représentation de la presse et des journalistes dans les chansons et textes à dire
  • discours et action des institutions : en particulier la censure des chansons (maintenue jusqu’en 1906) ses critères et ses effets ; les débats dans la presse à ce propos…

Ce colloque organisé par l’équipe d’accueil RIRRA 21 (Représenter/inventer la réalité du romantisme à l’aube du XXe) s’insère dans une riche tradition d’études à l’université de Montpellier III. Il est d’abord issu d’un programme de recherche conduit par Elisabeth Pillet sur la parole vive au XIXe siècle (publication : Stéphane Hirschi, Elisabeth Pillet et Alain Vaillant (dir.), L’Art de la parole vive, aux presses universitaires de Valenciennes au printemps 2006). Il s’inscrit également dans le  programme de recherches sur presse et littérature au XIXe siècle (publications : Marie-Eve Thérenty et Alain Vaillant (dir.), 1836, l’an I de l’ère médiatique, nouveau monde, 2001 ; Marie-Eve Thérenty et Alain Vaillant (dir), Presse et plumes. Littérature et journalisme au XIXe siècle, Nouveau monde, 2004 ; Martine Lavaud et Marie-Eve Thérenty (dir.), L’interview d’écrivains, Lieux littéraires, publication de Montpellier, 2006).

Ce colloque fera l’objet d’une publication.

Les propositions d’une vingtaine de lignes accompagnées d’une courte présentation de leurs auteurs sont à adresser avant le 31 décembre 2007 à

Elisabeth Pillet
« Le Parc des Arceaux » F5
199 rue Calvin
34080 Montpellier
elspil@aol.com

 et  à

Marie-Eve Thérenty
16 rue Manin
75019 Paris
met@club-internet.fr

Lieux

  • Université de Montpellier 3
    Montpellier, France

Dates

  • lundi 31 décembre 2007

Mots-clés

  • presse, chanson, XIXe siècle, scène

Contacts

  • Marie-Ève Thérenty
    courriel : marieeve [dot] therrenty [at] sfr [dot] fr

Source de l'information

  • Marie-Ève Thérenty
    courriel : marieeve [dot] therrenty [at] sfr [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La parole vive au défi de l'ère médiatique », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 14 septembre 2007, http://calenda.org/193486