AccueilGénéalogies de la démocratie participative

*  *  *

Publié le lundi 24 septembre 2007 par Delphine Cavallo

Résumé

L’objet des journées d’étude qui font l’objet du présent appel à communication est de creuser la généalogie et la dynamique historique des actuelles démarches participatives, en remontant dans le temps court des origines immédiates des dispositifs contemporains, mais aussi en plongeant aussi le regard dans un temps plus long remontant de l’expérience démocratique moderne.

Annonce

Français :

Journées d’études

Généalogies de la démocratie participative

Appel à communication

Paris, Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris – Val de Seine

7 et 8 février 2008

Organisées par LOUEST et le CSU

En collaboration avec l’ADELS et le Centre Marc Bloch

Dans le cadre du programme PICRI / Île de France « Les dispositifs participatifs locaux en Île-de-France et en Europe : vers une démocratie technique ? » et de l’ACI Internationale « Démocratie participative, délibération et mouvements sociaux »

Responsables scientifiques :

Marie-Hélène Bacqué (UMR LOUEST, Université d’Evry), Yves Sintomer (Centre Marc Bloch, Berlin, CSU/Université de Paris 8)

Secrétariat scientifique :

Amélie Flamand (Amelie.Flamand@paris-valdeseine.archi.fr)
Héloïse Nez (picri@adels.org)

Problématique

Depuis une quinzaine d’années, des dispositifs de démocratie participative se sont multipliés de façon exponentielle en Allemagne, en France et en Europe : conseils de quartier, cellules de planification et jurys reposant sur le tirage au sort de citoyens ordinaires, budgets participatifs associant les administrés à la discussion des finances publiques, conseils consultatifs de jeunes ou d’étrangers, Agenda locaux 21 portant sur le développement durable, conférences de consensus visant à promouvoir la démocratie technique, etc. Le contenu sémantique et les enjeux politiques du mot se sont profondément modifiés dans la période récente. La démocratie participative semble aujourd’hui s’institutionnaliser dans la durée, dans une dynamique qui diffère de la spontanéité et du caractère contestataire des mouvements sociaux. Elle tranche avec les formes antérieures de participation, faisant surgir de nouveaux acteurs, de nouvelles légitimités, de nouveaux terrains dans l’implication de personnes non élus à la prise de décision publique. Cette mutation s’inscrit dans un contexte profondément renouvelé. Cependant, l’idée de participation est ancienne : elle a accompagné l’histoire des sociétés démocratiques modernes, depuis les révolutions françaises et américaines jusqu’au mouvement ouvrier du XIX° siècle en passant par les réformateurs urbains du début du XX° siècle. Depuis les années 1960, elle a connu un renouveau notable.

Politiquement en vogue, la démocratie participative suscite un intérêt croissant dans le monde académique. Or, le développement simultané de dispositifs largement apparentés sur le plan procédural, dans des contextes et selon des modalités aussi divers, pose nombre de questions. A-t-on affaire à une même dynamique, déclinée sous des formes différentes, ou à des processus hétérogènes dont l’unité n’est qu’apparente ? Les enjeux administratifs, sociaux et politiques sont-ils globalement les mêmes dans les différentes expériences ? Assiste-t-on à un renouveau potentiel du politique, ou l’appel à la participation sanctionne-t-il son effacement ? S’agit-il d’un basculement dans les types de légitimité politique et les formes de l’action publique, ou au contraire d’un effet de mode ? Quelles sont les raisons de cette prolifération de dispositifs participatifs ? Celle-ci est-elle le signe d’une convergence au moins partielle des systèmes et des cultures politiques à l’échelle continentale ? Comment se sont forgées les catégories qui permettent d’appréhender ce phénomène, dans les espaces publics et dans la sphère académique ? Par quels transferts, quels emprunts entre différents contextes, entre monde académique, mouvements sociaux et milieux politiques ? 

L’objet des journées d’étude qui font l’objet du présent appel à communication est de creuser la généalogie et la dynamique historique des actuelles démarches participatives, en remontant dans le temps court des origines immédiates des dispositifs contemporains, mais aussi en plongeant aussi le regard dans un temps plus long remontant de l’expérience démocratique moderne.

Les journées d’étude systématiseront et approfondiront la dimension diachronique des expériences participatives. Comment en est-on arrivé à ce foisonnement simultané de processus participatifs en Europe, et quelle est son historicité ? Deux thèses opposées s’affrontent sur ce point. La première insiste avant tout sur les mutations structurelles macro-sociales qui seraient à son origine. La seconde privilégie les dynamiques de transferts et les explications en termes de réseaux d’acteurs. Il s’agira pour nous d’explorer simultanément ces deux voies, dans la perspective d’une histoire croisée de la démocratie participative en Europe.

Une série de convergences et de divergences structurelles des contextes pourraient permettre d’expliquer les parallèles et les décalages entre les dynamiques participatives. Dans cette perspective, on peut s’attacher aux évolutions politico-institutionnelles (décentralisation et organisation des pouvoirs locaux, équilibre des pouvoirs et tendances plébiscitaires, législations européennes, processus de modernisation administrative) ; aux mutations socio-économiques et socioculturelles (mondialisation, restructuration de l’Etat social et impact croissant des logiques marchandes, nouveaux rapports aux sciences et techniques, avènement proclamé d’une « société du savoir » et d’une « société du risque », culture télévisuelle mettant en scène les individus « ordinaires » à travers les reality shows…) ; et bien sûr aux évolutions plus proprement politiques (décentrement du système politique dans des dispositifs de gouvernance relativisant le poids du législatif, crise de légitimité rampante de systèmes représentatifs pourtant désormais sans adversaire sérieux en Europe, développement d’un « impératif délibératif » dans l’action publique, décrochage marqué des classes populaires par rapport à la politique institutionnelle, évolution des cadres idéologiques de référence). Le tableau ainsi dessiné est fort contrasté : des tendances à la démocratisation du savoir, à l’engagement distancié des individus et à la progression de l’égalité (dans le sens statutaire que lui donne Tocqueville) coexistent avec des évolutions contraires de marchandisation croissante du savoir, de montée en puissance de dynamiques plébiscitaires et de progression des inégalités socio-économiques. La thématique de la démocratie participative est marquée par ces tendances lourdes et contradictoires du présent, ce qui explique la diversité des dynamiques engagées. La convergence somme toute limitée des contextes institutionnels et idéologiques en Europe permettrait par ailleurs d’expliquer une partie des différences entre les dynamiques locales et entre les idéaux-types de la participation.

Les limites de l’approche structurelle sont cependant frappantes lorsqu’il s’agit d’expliquer certaines données. Par exemple, pourquoi l’émergence des budgets participatifs en Allemagne a-t-elle été complètement déconnectée du management de quartier, contrairement à ce qui s’est passé dans tous les autres pays européens ? Pourquoi le recours au tirage au sort s’est-il répandu en Allemagne, en Grande Bretagne et en Espagne, puis plus tardivement en France, et qu’il touche seulement aujourd’hui l’Italie ? Par contrecoup, c’est la pertinence globale de l’approche structurelle qui est questionnée par les chercheurs qui mettent l’accent sur les jeux d’acteurs et l’histoire des transferts.

Notre hypothèse est qu’il faut combiner raisonnement structural et histoire des transferts pour comprendre l’émergence des dynamiques participatives en Europe. Sans un contexte éminemment favorable, il serait impossible d’expliquer pourquoi autant d’initiatives ont pu « prendre » simultanément dans des contextes fort divers ; en retour, sans des réseaux concrets d’acteurs, on ne saurait appréhender la façon dont tel dispositif fut mis en place dans tel endroit et pas dans tel autre. Sur cette base, il sera possible de mesurer dans quelle mesure le « tournant participatif » actuel constitue une nouveauté véritable et jusqu'à quel point il s’inscrit dans des continuités historiques. De même, l’analyse diachronique permettra d’approfondir la question de la convergence dans les pratiques participatives et, plus largement, dans les cultures politiques des pays européens.

Les journées d’étude porteront sur trois axes.

1. Le premier axe entamera une histoire des transferts qui ont permis l’extraordinaire prolifération de dispositifs participatifs au cours des quinze dernières années. Une attention particulière sera donnée à l’imbrication entre trois éléments : (1) les cadres normatifs (les idées de démocratie participative ou de modernisation de l’administration publique, l’impératif délibératif…) ; (2) les outils techniques de participation (des procédures labellisées comme les jurys citoyens ou les Agendas 21, des procédures moins formalisées comme le budget participatif dans la méthodologie importée de Porto Alegre) ; (3) les acteurs de la diffusion, de l’adaptation et de la légitimation de ces dispositifs, la construction de leurs savoir-faire, leurs modes d’échange au sein de réseaux professionnels, associatifs et politiques et  leurs trajectoires . Les circulations entre les mondes politique, administratif, associatif, professionnel, académique et marchand seront particulièrement mises en valeur, ainsi que les passages de frontière (entre pays, entre courants politiques ou entre institutions). Les canaux permettant ces transferts, à partir de positions transnationales surplombantes (Conseil de l’Europe ou Commission européenne) ou grâce à des échanges horizontaux (réseaux de mouvements sociaux), seront aussi soumis à un éclairage spécifique. Une partie de cette interrogation sera centrée sur les influences contradictoires qui pèsent sur l’impératif participatif. La revendication de participation a été portée par des mouvements sociaux et singulièrement les mouvements urbains. Elle est aussi une des thématiques fortes de la modernisation des institutions, en particulier à travers les théories de la bonne gouvernance et du New Public Management. Enfin, elle a émergé comme contre-feux à la désaffection du politique et est mise en avant comme un moyen de rapprocher élus et citoyens. Selon les contextes nationaux et locaux, ces trois racines ont une force plus ou moins grande et il s’agira d’en mesurer les équilibres.

2. Le second axe permettra d’effectuer une histoire conceptuelle des concepts et des mots qui marquent le champ de la participation. Les catégories méthodologiques employées par les chercheurs sont elles-mêmes situées, elles sont marquées par les points de vue particuliers que véhiculent les langues. Le fait que l’usage contemporain du français différencie fortement usagers et clients alors que l’allemand subsume les deux termes sous le vocable de Kunden a par exemple des répercussions importantes lorsqu’il s’agit de penser le rapport entre modernisation administrative et participation. De même, le fait que les langues latines (et l’anglais) utilisent le terme de représentation de façon très polyvoque alors qu’en allemand, la « représentation » théâtrale ou littéraire n’est pas sémantiquement liée à la « représentation » politique, a des implications sur la façon de concevoir la démocratie représentative. La diffusion très contrastée de termes comme l’autogestion, la démocratie participative ou la démocratie délibérative pèse également sur la construction de l’objet de recherche. Il serait intéressant de thématiser comment des points de vue nationaux sur la participation peuvent se confronter et aboutir à une synthèse partielle dans une recherche menée sur une base plurinationale - sans perdre de vue que la recherche n’échappe jamais complètement à des ancrages locaux, ne serait-ce qu’à travers le mode d’écriture et parce que les publics nationaux reçoivent différemment une même thématique.

3. Le troisième axe portera sur un temps long et tentera par le détour historique de mieux comprendre la spécificité des expériences contemporaines et les similitudes qui les unissent aux dynamiques du passé. Trois thèmes pourraient plus particulièrement faire l’objet de coups de sonde, sans que cela soit limitatif. (1) Dans les années 1960 et 1970, l’idéal de participation a émergé avec force, débouchant sur la création de notions qui, comme celle de « démocratie participative », sont aujourd’hui encore utilisées, et sur un type de critique qui a par la suite été partiellement intégré dans le fonctionnement des institutions. Jusqu’à quel point ces mouvements constituent-ils des racines pour les démarches contemporaines ? (2) (2) L’idéal d’une démocratie reposant sur une participation large a été proposé par des courants idéologiques divers, qui vont des courants socialistes ou libertaires aux libéraux de gauche en passant par des tendances minoritaires du républicanisme. Dans quelle mesure est-il aujourd’hui possible de tracer des filiations idéelles avec ces « cadres » ou ces « cités » du passé ? (3) Le champ urbain est particulièrement fécond pour croiser ces différents temps de la généalogie. De l’utopie fouriériste de la fin du 19eme siècle, de la naissance de l’urbanisme et à la réforme urbaine du début du 20eme siècle à la contestation urbaine et aux expérimentations qui en découlent des années 1970 en passant par la forte dimension participative inscrite dans le développement durable, quelles ruptures ou continuités peut-on observer ? Les expériences pionnières en termes de participation ont-elles débouché sur un capital de savoir-faire et sur une mémoire utilisés par la suite ?

Indications pratiques

Les journées d’étude se dérouleront en français et en anglais (il n’est pas prévu de traduction). Elles impliqueront à la fois des chercheurs invités à donner des points de repère à la discussion et des chercheurs sélectionnés suite à cet appel d’offre.

Date limite des propositions (une à deux pages de résumé, avec une brève présentation de l’auteur) : 15 octobre 2007.

Remise des textes des communications retenues : 7 janvier 2008


Anglais :

Research workshop-seminar

Genealogy of participatory democracy

Call for contributions

Paris, Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris – Val de Seine

February 7-8, 2008

Organized by LOUEST and CSU

With the participation of ADELS and the Centre Marc Bloch

Within the scope of the PICRI/Ile de France program “Local participatory processes in the Ile-de-France (Greater Paris Region) and throughout Europe: towards a technical democracy?” and the ACI Internationale program “Participatory democracy, deliberation and social movements”

Scientific coordinators:

Marie-Hélène Bacqué (UMR LOUEST, Université d’Evry), Yves Sintomer (Centre Marc Bloch, Berlin, CSU/Université de Paris 8)

Scientific secretariat:

Amélie Flamand (Amelie.Flamand@paris-valdeseine.archi.fr)
Héloïse Nez (picri@adels.org)

Issues and approach

The past fifteen years have witnessed a boom in participatory democracy processes in France, Germany and throughout Europe: neighborhood advice centers, planning units and juries composed of citizens drawn by lots, participatory budgets involving taxpayers in discussions on public finances, consultative councils for young people or foreigners, Local Agenda 21 dealing with sustainable development, conferences that seek to build a consensus on technical democracy, etc. The semantic context and political implications of the term have altered radically over the past few years. Participatory democracy would appear to have become a permanent fixture in the institutional landscape and to have left behind its spontaneous, anti-establishment roots in social movements. It now features different forms of participation involving new actors, new legitimacy and new areas for involving people who are not elected decision-makers. Although this transformation has taken place in a radically altered context, the idea of participation itself goes back a long way. It has been a feature in modern democracies since the French and American revolutions, through the labor movements of the 19th century up to the great urban reformers of the early 20th century. The 1960s in particular witnessed a major renewal of the concept.

While participatory democracy is now very much in vogue politically and has aroused increasing interest in academia, the simultaneous development of procedurally similar mechanisms in such different forms and contexts raises a number of questions. Are we dealing with the same movement in numerous different forms or is this a heterogeneous process with only superficial unity? Are the administrative, social and political implications roughly the same under the various different experiences? Are we witnessing a potential renewal of the political process or does the call to participate actually stymie its effectiveness? Will this process topple certain types of political legitimacy and forms of public action or is it merely a fad? What are the reasons behind the proliferation of structures to facilitate participation? Does it indicate at least a partial convergence of political systems and cultures on a continental scale? How have the categories that make it possible to analyze this phenomenon been forged in the public space and in academia? What types of exchanges and transfers between different contexts take place between academia, social movements and the political sphere? 

The purpose of the workshop-seminar and this call for papers is to carry out an in-depth analysis of the genealogy and historical dynamics of present-day participatory processes by tracing the recent origins of contemporary structures and also taking a longer-term historical perspective dating from modern experiments in democracy.

The workshop-seminar will develop a framework for delving into the diachronic dimension of participatory experiences. How can we account for this simultaneous proliferation of participatory processes in Europe and what is its historicity? There are two opposing schools of thought: the first stresses the macro-social, structural transformations at the root of the phenomenon while the second highlights transfer dynamics and explanations based on networks of actors. We will tackle both of these approaches simultaneously as part of a transversal history of European participatory democracy.

A series of structural convergences and divergences could account for similarities and differences between participatory dynamics. As such, we will focus on political-institutional developments (decentralization and organization of power at local level, the balance between the exercise of power and plebiscitary tendencies, European legislation and the process of modernizing public administration); socio-economic and socio-cultural changes (globalization, restructuring of the welfare state and the increasing impact of market-based approaches, new relationships between science and technology, the declared advent of a “knowledge-based society” and a “risk society”, and a TV culture that presents “ordinary” individuals in reality shows, etc.); and, of course, on political developments strictu sensu (decentration of the political system towards mechanisms that temper legislative power; the rapidly growing crisis of the legitimacy of representative systems even though such systems do not have any serious rivals, at least in Europe; the emergence of a “deliberative imperative” in public action; marked disillusionment of the working classes with political institutions; and development of ideological reference frameworks). The landscape depicted here is an extremely contrasting one: trends towards democratization of knowledge and individual e-activism as well as growing equality (in the statutory sense as suggested by Tocqueville) alongside opposite developments such as the increasing commodification of knowledge, the rise of a plebiscitary dynamic and rising socio-economic inequality. The whole issue of participatory democracy is marked by these major current and contradictory developments that account for the diversity in the processes initiated. Moreover, the convergence between European institutional and ideological contexts – albeit limited – will make it possible to account for at least some of the differences between local dynamics and ideal forms of participation.

However, the limits of the structural approach are obvious when it comes to accounting for certain factors. For example, why has the development of participatory budgets in Germany been totally separated from neighborhood management, contrary to developments in other European countries? Why is choosing people by drawing lots much more common in Germany, the UK and Spain, and belatedly in France, whereas it is only beginning to be used in Italy? By implication, it is the overall relevance of the structural approach that is challenged by researchers who stress the roles of actors and the history of transfers.

Our thesis is that it is necessary to combine a structural approach with considerations regarding the history of transfers to properly understand the emergence of participatory dynamics in Europe. Without an extremely favorable context, so many initiatives could never have taken off at the same time in such different situations; conversely, without concrete networks of actors, it would be impossible to assess the manner in which such and such a mechanism was set up in one place and not in another. On this basis, it should be possible to measure the extent to which the current penchant for participatory processes is actually new or whether it is part of a continuous historical trend. Similarly, the diachronic analysis will make it possible to conduct a more detailed analysis of the question of convergence in participatory practices and, more broadly, in the political cultures of European countries.

The workshop-seminar will be structured around three themes.

1. The first will trace the history of transfers that have facilitated the remarkable proliferation of participatory processes over the past fifteen years. Special attention will be paid to three overlapping factors: (1) normative frameworks (the ideas of participatory democracy or modernization of public administration, the deliberative imperative, etc.); (2) the technical tools for participation (labeled procedures such as citizens’ juries or Agenda 21, and less formalized ones including participatory budgets in the methodology imported from Porto Alegre); (3) the actors involved in disseminating, adapting and legitimizing these processes, the construction of their know-how, the basis on which exchanges take place in professional, associative and political networks and their trajectories. Great stress will be placed on the circulation of knowledge between the political, administrative, associative, professional, academic and commercial spheres, as well as on cross-border exchanges (between countries, political tendencies and between institutions). The channels that facilitate these exchanges based around transnational bodies (Council of Europe or the European Commission) or horizontal exchanges (networks of social movements), will also held up to scrutiny. Part of this analysis will focus on the contradictory influences affecting participatory democracy. Demands for greater participation were voiced by social movements, especially urban ones. They are also one of the key factors in the modernization of institutions, particularly based around the theories of good governance and New Public Management. Finally, it has emerged as a counterweight to stem the disillusionment with politics and is presented as a means of bringing citizens and their elected representatives back together. These three factors vary in importance depending on national and local contexts and we need to measure the relationship between them.

2. The second theme will seek to develop a conceptual history of the concepts and words most commonly used in the sphere of participation. The methodological categories used by researchers are themselves connotated and are a reflection of specific viewpoints that are then transmitted by language. For example, the fact that contemporary French clearly distinguishes between users (usagers) and customers (clients), whereas in German the two are subsumed into the term Kunden has important implications for reviewing the relationship between modernizing the public service and participation. Similarly, the Latin languages and English use the term representation in a polyvocal manner, while in German, theatre or literary “representation” has no semantic link to political “representation”. This has a bearing on how representative democracy is conceived. The unequal dissemination of terms such as self-management, participatory democracy or deliberative democracy also influence how the research object is constructed. It would be worthwhile conducting plurinational research into how national viewpoints concerning participation compare and develop a partial conclusion – without forgetting that research can never entirely shake off its local anchorage, if only in terms of its writing style or because different national publics receive a given topic differently.

3. The third theme will cover a longer historical period and seek to gain a better understanding of the specific features of contemporary experience and their similarities with past movements. The following three topics may be explored, however they are by no means exhaustive. (1) The ideal of participation burst onto the scene in the 1960s and 70s giving rise to notions (such as “participatory democracy”) that are still in use today, and to approaches that were subsequently partially incorporated into the modus operandi of institutions. To what extent are these movements at the root of contemporary approaches? (2) The ideal of democracy based on broad participation has been advocated by diverse ideological camps, ranging from socialists or libertarians to left-wing liberals via minority tendencies within republicanism. To what extent do today’s ideas have a direct link with these past ideological “frameworks”? (3) The urban sphere is particularly fertile ground for comparing these various genealogical components. What breaks and continuity can be identified between the Fourierist utopia at the end of the 19th century, through nascent town planning and urban reform at the beginning of the 20th century and urban protest and the related experiments of the 1970s, down to the strong participatory component in sustainable development? Did the pioneering participatory experiments bequeath knowledge capital and a collective memory that was subsequently used by later generations.

Practicalities

The workshop-seminars will take place in French and English (no interpretation/translation has been provided for). They will involve both researchers invited to guide discussions and researchers selected on the basis of this call for contributions.

Deadline for proposals (one or two page summary plus brief biosketch of the author): October 30, 2007.

Submission of papers chosen: January 7, 2008

Lieux

  • Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-Val de Seine, 3-15 Quai Panhard et levassor, 75013 Paris
    Paris, France

Dates

  • mardi 30 octobre 2007

Mots-clés

  • démocratie participative, histoire, généalogie

Contacts

  • Amélie Flamand
    courriel : amelie [dot] flamand [at] paris-valdeseine [dot] archi [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Amélie Flamand
    courriel : amelie [dot] flamand [at] paris-valdeseine [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Généalogies de la démocratie participative », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 24 septembre 2007, http://calenda.org/193546