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Mobilités spatiales et fluidités sociales

Mobilités, identités, altérités

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Publié le mercredi 17 octobre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Le huitième colloque du groupe de travail « Mobilités spatiales et Fluidités sociales » (GT23) de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF) se tiendra à Rennes les 13, 14 et 15 mars 2008. Ce colloque centré sur la thématique « Mobilités, identités, altérités » est envisagé comme une rencontre interdisciplinaire visant à faire dialoguer sociologues, géographes, psychologues, aménageurs, etc. ainsi que les divers acteurs territoriaux concernés dans leurs pratiques par cette thématique.

Annonce

Appel à communication

Huitième colloque annuel du groupe de travail « Mobilités spatiales et Fluidités sociales » (GT23)

de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF)
Rennes les 13, 14 et 15 mars 2008

Ce colloque centré sur la thématique « Mobilités, identités, altérités » est envisagé comme une rencontre interdisciplinaire visant à faire dialoguer sociologues, géographes, psychologues, aménageurs ainsi que les divers acteurs territoriaux concernés dans leurs pratiques par cette thématique.

 

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La notion d’identité réapparaît fortement dans les problématiques de recherche en sciences sociales. Ainsi, les études centrées sur la mobilité quotidienne ou la mobilité résidentielle, voire les pendularités interrégionales/internationales ou la multi-résidentialité, n’échappent pas au regain d’intérêt que connaît cette notion. Mais, au-delà d’un « effet de mode identitaire», dans quelle mesure la réintroduction de cette notion d’identité, après avoir été décriée comme inopérante pour analyser les faits sociaux et spatiaux en mutation, permet-elle de renouveler l’analyse des mobilités spatiales ?

Identité et mobilité semblent avoir catalysé l’importance des significations, des valeurs, des représentations et des positions sociales dans l’étude des déplacements des individus. L’objectif de ce colloque consiste ainsi à interroger dans quelle mesure les identités, qui se jouent de concert avec les déplacements spatiaux des individus, remettent en cause, renforcent et rééchelonnent les divers rapports à l’altérité. Et de quelles manières ?

Il ne s’agit donc pas tant ici de mettre en discussion les types de cultures que de chercher à mettre en exergue les systèmes de valeurs et d’intérêts s’exprimant à travers des situations d’épreuves et de mises en pratique des mobilités. Les recherches sur la relation entre identité et mobilité sont alors envisagées dans le souci d’améliorer les connaissances scientifiques sur les fonctions de la mobilité, en s’appuyant notamment sur le fonctionnement des mobilités étudiées.

Les arbitrages de la mobilité ne relèvent pas uniquement de contraintes et impératifs d’activités économiques ou autres, mais intègrent des rapports à l’espace emprunts de significations générées par les positions (vécues et/ou perçues) des individus dans l’espace social, géographique mais également dans le cadre cognitif. Plus encore, en s’engageant dans la logique d’une mobilité généralisée, d’un affaiblissement des appartenances et du jeu permanent de la différence qui semble gouverner l’univers de choix généralisés on peut se demander quelle place cette mobilité a dans la production de ce cadre de vie marqueur de différence et, en continuité, comment elle intervient dans ces jeux de différences/différenciations. Existe-il des formes de valorisation de certaines mobilités ? Quelles sont-elles ? Comment s’intègrent-elles et font-elles sens pour les individus et/ou les groupes sociaux ? A travers quels espaces se matérialisent-elles et quelles formes socio-spatiales produisent-elles ? Que procurent-elles ou modifient-elles dans ces altérités ?

Partant de l’identité comme la mise en jeu de l’image de soi à travers l’image de l’autre, cet effet miroir implique pour l’individu, à la fois une certaine continuité pour le maintien de cette représentation dans l’histoire de l’individu, et une certaine distinction en référence aux relations entre groupes sociaux et/ou individus. Ces images sont alors des constructions historiques à l’échelle de l’individu comme à celle d’un groupe social ou d’une société. Dans quelle mesure alors la continuité et la distinction sont-elles des processus identitaires qui se révèlent dans la mobilité quotidienne/résidentielle, ou au contraire qui la génèrent ?

De cette amorce de réflexion et questionnements sur la relation entre identité et mobilité, nous proposons d’explorer ou d’interroger les pistes suivantes :

 

*La mobilité génératrice ou révélatrice d’identités

 

La mobilité connaît un engouement dans tous les champs disciplinaires dont les problématiques sont centrées sur l’espace urbain. Il serait même intéressant de vérifier si le glissement sémantique de la notion de « transport » vers celle de « déplacements » puis de « mobilité » n’est pas concomitant avec le glissement de la « ville » vers « l’urbain ». Autrement dit, la mobilité est systématiquement évoquée lorsqu’il s’agit de décrire l’évolution contemporaine des espaces. Cependant, lorsque ces évolutions sont abordées comme des processus de transformation des socialisations actuelles, deux courants d’investigation apparaissent : d’un coté, se sont des mobilités libérées et généralisées qui, soit tendent vers des modes de socialisation élective, soit vers des constructions identitaires. De l’autre, ce sont des mobilités contraintes par les identités sociales, pour construire des espaces « d’entre soi ». Dès lors, la mobilité est-elle porteuse de relations ou de ségrégation et à quel degré ? Est-elle enfin génératrice ou révélatrice d’identités ?

 

 

*Mobilité et identité : existe-t-il des différences selon les échelles spatiales, des identités multiples ou emboîtées ?

 

Les distances parcourues quotidiennement ne cessent d’augmenter. Certains déplacements géographiques qui, jusqu’alors, ne pouvaient être intégrés dans le quotidien de l’individu, le sont maintenant, notamment parce que la vitesse, mais aussi parce que les rapports à l’espace et au temps évoluent. Du coup, les indicateurs habituellement utilisés par la communauté scientifique se trouvent eux aussi interrogés. Par exemple, où commence et où finit la notion de mobilité quotidienne dans l’échelle du temps comme dans celle de l’espace ? Au-delà de ces aspects techniques, c’est aussi la relation entre mobilité et identité qui est interrogée. Est-ce que l’échelle spatiale de la mobilité participe à la construction d’identités multiples ou emboîtées ? Contribuent-elle, au contraire, à faire le lien entre des identités issues d’une histoire individuelle, familiale, sociale déjà contrastée, voire d’identités fluctuantes ? Favorise-t-elle des identités socio-spatiales plus étendues, voire des identités « à distance » qui renforcent et revitalisent des ancrages du passé ?

 

 

*La mobilité comme enjeu d’attachement à l’espace et/ou enjeu d’attachement au groupe social

Les effets de la mobilité généralisée remettent en question le poids des ancrages dans les rapports sociaux, les rapports à l’espace et la formation des identités. Dans un contexte de multirésidentialité et multilocalité, on peut se demander comment la mobilité révèle ou renforce les formes d’attachement à l’espace, au groupe social. Comment également, la mobilité à travers la formation de territoires résidentiels socialement ségrégés participe-t-elle aux nouvelles formes d’altérités ? Comment se jouent l’identité et les rapports à l’autre dans la dualité ou la co-présence de mobilités et des choix de lieux ? Autrement dit, comment la mobilité ou les jeux de mobilités remettent-ils en question les processus de différenciation sociale et de formation des identités ? Par ailleurs, dans certains contextes comme celui du monde du travail, les mobilités n’échappent pas au jeu des positions sociales et géographiques. Comment alors les processus de différenciation sont-ils opérés à travers cette dynamique des mobilités quotidiennes et des valeurs attachées à la mobilité (entretenues entre autres par le rôle de la technique comme les TIC et l’évolution de ces technologies) ? Enfin, la mobilité elle-même et tous ses attributs peuvent aussi être instrumentalisés et servir de marqueurs (ex. des « 4X4 tistes », des défenseurs des mobilités douces, etc.). Quels sont ces marqueurs ? Et comment participent-ils, sont-ils utilisés, activés et valorisés dans la construction des identités ?

 

*Gestion des identités à travers les temps et activités de mobilité

Les mobilités s’inscrivent dans des temps plus ou moins longs, des espaces variés qui engagent de nombreuses formes d’activités, voire de nouveaux modes « d’habiter », lesquels invitent à interroger la gestion des identités dans la dynamique même des activités de mobilité. Comment se joue l’identité durant le temps de déplacement et dans l’articulation des différentes mobilités sur un temps plus long ? Qu’est-ce qui se joue dans les rapports à l’espace et à l’altérité dans la mobilité ? Comment interviennent compétences, connaissances, savoir-faires, rapports à l’autre dans cette gestion de l’identité au cours de la mobilité ? Dans le cadre d’une mobilité généralisée, comment les individus parviennent-ils à restaurer des rôles et des valeurs pour en contrebalancer les effets ? Comment s’articulent les enjeux d’une autonomie et d’une socialisation à travers les contraintes de mobilités ? Comment, encore, les jeux identitaires entre le « je » et les autres, mais également entre les groupes sociaux, se construisent-ils et utilisent-ils les mobilités ? Enfin, dans un contexte de sensibilisation à l’environnement, on peut également se demander comment les questions de changement de comportements en terme de mobilité interviennent dans la gestion des identités voire dans la formation de nouvelles normes.

Cet appel est donc un encouragement à l’interdisciplinarité car les approches géographiques, sociologiques, économiques, historiques, psychologiques, etc., produisent actuellement un corpus de connaissances autour des deux concepts centraux du colloque. Cependant, nous ne souhaitons pas restreindre les communications comme la participation au colloque au seul champ « scientifique » : les acteurs territoriaux sont fréquemment confrontés à cette articulation entre mobilité et identité, que ce soit à l’échelle urbaine, inter-urbaine, régionale, etc., notamment en matière de gestion des infrastructures de transport.

 

Les réponses à l'appel à communication

 

Les réponses à cet appel viseront à présenter des études ou réflexions issues de démarches analytiques. Elles comporteront un résumé détaillé de deux pages (format Word ou RTF) incluant un bref descriptif des bases empiriques de la réflexion ou de la problématique (avec une définition des concepts, le cas échéant), une présentation des moyens mis en œuvre et utilisés permettant d’exposer les résultats ou les constats qui ouvriront la discussion.

Les résumés devront être insérés dans le formulaire (cf. fichier de formulaire joint) comprenant également une partie de renseignements à compléter.

Ces réponses sont à adresser au plus tard pour le 15 décembre 2007 à l’adresse électronique suivante : colloque-MSFS2008@univ-rennes2.fr

 

Comité scientifique

Sandrine DEPEAU (ESO CNRS – Université Rennes 2), Thierry RAMADIER (Image et Ville CNRS – Université Louis Pasteur, Strasbourg), Bertrand MONTULET (FUSL - Bruxelles), Vincent KAUFMANN (Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne), Christophe ENAUX (Image & Ville CNRS – Université Louis Pasteur, Strasbourg), Pierre LANNOY (CRU, Université Libre de Bruxelles), Samuel CARPENTIER (CEPS/INSTEAD, Luxembourg), Lionel ROUGE (ESO CNRS – Université de Caen).

 

*Comité d’organisation

Sandrine DEPEAU (ESO CNRS - Université Rennes 2), Thierry RAMADIER (Image et ville – CNRS - Université Louis Pasteur, Strasbourg), Jean OLLIVRO (ESO – CNRS - Université Rennes 2), Béatrice CHAUDET (ESO- CNRS - Université Rennes 2), Eugénie TERRIER (ESO – CNRS - Université Rennes 2), Isabelle BRÉMOND (ESO – CNRS – Université Rennes 2), Marie-France MONNERAIS (RESO – Université Rennes 2).

 


[1] Twigger-Ross, C. & Uzzell, D. (1996).Place and identity process. Journal of environmental Psychology, 16, 205-220.

Lieux

  • Université Haute Bretagne - Campus Villejean, Amphi L3
    Rennes, France

Dates

  • samedi 15 décembre 2007

Mots-clés

  • mobilités, Identités, alétrités, espace, groupes sociaux, territoires, déplacements, transports, ville

Contacts

  • Bertrand MONTULET
    courriel : montulet [at] fusl [dot] ac [dot] be
  • Sandrine Depeau
    courriel : sandrine [dot] depeau [at] uhb [dot] fr
  • Thierry Ramadier
    courriel : thierry [dot] ramadier [at] lorraine [dot] u-strasbg [dot] fr

Source de l'information

  • Sandrine Depeau
    courriel : sandrine [dot] depeau [at] uhb [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Mobilités spatiales et fluidités sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 17 octobre 2007, http://calenda.org/193708