AccueilLa fabrique du faux monétaire : objet historique et usages sociaux (du Moyen Âge à nos jours)

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Publié le dimanche 04 novembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Ce colloque international doit permettre de mieux définir le faux monnayage comme objet historique et de présenter les problématiques concernant les acteurs du faux monnayage. Les organisateurs de cette rencontre scientifique sont donc intéressés à réunir des chercheurs de diverses périodes historiques autour de l'histoire et de l'anthropologie de la criminalité, des réseaux sociaux et de l'économie. Le choix de la longue durée doit permettre d'interroger le rôle de la répression du faux monnayage dans la construction de la souveraineté et de l'Etat.

Annonce

Appel à communications

La fabrique du faux monétaire : objet historique et usages sociaux (du Moyen Âge à nos jours)

Coordinateurs : Olivier Caporossi (EHEHI – Casa de Velázquez) et Bernard Traimond (Université de Bordeaux 2)

Bouhin me confia un secret qui me fit trembler :
cet homme fabriquait habituellement de la fausse monnaie …
Eugène François Vidocq, Mémoires, 1828.

Depuis le Moyen Âge, la figure sociale des faux monnayeurs a effrayé ses contemporains autant qu’elle les a fascinés car « en usurpant une fonction sainte, on s’attaquait à Dieu à travers le roi, donc à l’État, à la société, quadruple offense méritant les pires châtiments, pour l’exemple » (Michel Braudeau, Faussaires éminents, 2006). Certains faussaires, comme le suisse Joseph Samuel Farinet (1845-1880) sont même devenus de véritables héros nationaux.

Selon Olivier F. Dubuis (Le faux monnayage dans le Pays de Vaud (1715-1750), Lausanne, 1998) le faux monnayage implique tous les particuliers qui abusent de la monnaie : fabricateurs, distributeurs, rogneurs, billonneurs, voire le prince contrefacteur. En fait, toute autorité dont la détention du jus monetae est considérée comme usurpée, ou dont l’usage est stigmatisé comme illégal et contraire à l’intérêt général, relève des problématiques du faux monnayage.

Ce colloque international doit permettre de mieux définir le faux monnayage comme objet historique. Il ambitionne également de présenter les problématiques concernant les acteurs du faux monnayage. C’est pourquoi les organisateurs de cette rencontre scientifique sont intéressés à réunir des chercheurs de diverses périodes historiques autour de l’histoire de la criminalité, des réseaux sociaux et de l’économie. Les déséquilibres et la discontinuité de la répression du faux monnayage sont au cœur de la construction des pouvoirs publics, des monarchies puis de l’Etat-Nation.

Comprendre les dynamiques du faux monétaire implique l’élargissement du propos aux monnaies fiduciaires, comptables, aux différentes formes de la fraude monétaire et à l’ensemble des contrebandes de monnaie. L’étude des faux monnayages suppose aussi que l’enquête aborde l’organisation sociale, la construction de l’État, la notion de souveraineté et celle de majesté. Enfin, décrire et analyser la variété des stratégies, des pratiques et des discours que véhicule le faux monnayage exige également qu’une approche des débats théologiques et moraux caractérise l’histoire du licite et de l’illicite dans l’enrichissement personnel. Il s’agira donc d’aborder le faux et la fraude monétaire dans le cadre de la quête du salut et des valeurs de la société chrétienne. Ces deux journées de rencontres scientifiques doivent donc contribuer à l’histoire de la fabrique du faux monétaire, des faux monnayeurs comme des pouvoirs publics, en considérant les contrefaçons monétaires, les qualifications judiciaires de la contrefaçon et les impostures qui l’accompagnent.

Le programme établi doit permettre aux intervenants d’aborder les questions de définition de l’objet historique du faux monnayage et les problèmes épistémologiques qui s’y rattachent. Il s’agira de répondre notamment aux questions suivantes : les imitations sont-elles de la fausse monnaie ? La tromperie de l’État sur la valeur intrinsèque d’une émission monétaire peut-elle être considérée comme une œuvre de faussaire ? Une émission monétaire privée palliant l’impuissance d’un État à répondre à la demande en numéraire est-elle œuvre de faux monnayeurs ? Les émissions monétaires des rebelles ou de l’usurpateur relèvent-elles du faux monnayage ? Qu’est ce qui dans l’échange fait œuvre de monnaie ? Comment pervertit-on l’échange ? Quelles sont les sources historiques du faux monnayage ? Quelles politiques contre le faux monnayage, hier et aujourd’hui ?

Le colloque aura lieu les 11 et 12 avril 2008 à Bordeaux grâce au soutien de l’équipe de recherche Anthropologie des traditions orales et des temps (EA 2963 de l’université de Bordeaux 2), de l’UMR 5136 FRAMESPA, de la Casa de Velázquez de Madrid (EHEH), du Musée National des Douanes de Bordeaux et de l’Association pour l’Histoire de l’Administration des Douanes. Trois sessions thématiques d’une demi-journée chacune se dérouleront dans l’Ancien Hôtel des fermes du roi (place de la Bourse) où se situe aujourd’hui le Musée National des Douanes de Bordeaux. L’ensemble se conclura par une table ronde. Autour d’un modérateur président de séance, les intervenants communiqueront dans l’une des trois sessions (communication de 20 minutes). L’objectif est de réunir 25 chercheurs. Une table ronde finale doit permettre de confronter les différentes approches du faux monétaire afin de mieux définir le faux monnayage comme objet historique. Il s’agit d’insister sur les évolutions des définitions du faux monnayage dans le temps par les sources et par les différentes sciences sociales, en interrogeant notamment la notion d’imposture.

1/Monnaie et imposture : valeur et transgressions de l’échange
2/Le faux monnayage en procès : l’Institution judiciaire face aux faux monnayeurs
3/Une construction de la frontière : douanes et fraude monétaire
4/Table ronde : Questions de Définition. Définitions en questions

Langues du colloque : Français, Espagnol, Anglais

Comité scientifique : Claude Gauvard (Professeur d’Histoire Médiévale à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne – Institut Universitaire de France), Marc Bompaire (Directeur d’études à l’EPHE – IVe section), Denis Menjot (Professeur d’Histoire Médiévale à l’Université de Lyon 2), François Thierry (Conservateur en chef du cabinet des Médailles de la BNF), Iñaki Bazan (Profesor doctor investigador de Historia medieval en la Universidad del Pais Vasco), Alberto Marcos Martin (Catedrático de historia moderna en la Universidad de Valladolid), Jack Thomas (Professeur d’Histoire moderne et contemporaine à l’Université de Toulouse Le Mirail), Bernard Traimond (Professeur d’Anthropologie à l’Université de Bordeaux 2), Charles Illouz (Professeur d’Anthropologie à l’Université de La Rochelle), Mona Huerta (CNRS-IHEAL-Université de Paris III), Martine Charageat (Maître de conférences en histoire médiévale à l’Université de Bordeaux III), Pierre Prétou (Maître de Conférences en histoire médiévale à l’Université de La Rochelle), Tomas Mantecón Novellan (Profesor Titúlar de Historia Moderna en la Universidad de Cantabria), Olivier Caporossi (Membre de l’EHEHI – Casa de Velazquez à Madrid), Xavier Huetz de Lemps (Directeur d’études à l’EHEHI – Casa de Velázquez à Madrid), Christophe Lastécouères (Maître de conférences en Histoire contemporaine à l’Université de Bordeaux III), Marc Renneville (Chargé de Recherches à l’ENAP-Centre A. Koyré UMR 8560).

Les propositions de communications (2000 signes max.) seront adressées à Olivier Caporossi, maître de conférences à l’université de Pau et membre de l’EHEHI – Casa de Velázquez à Madrid avant le 25 novembre 2007.
Contact : olivier.caporossi@wanadoo.fr

Catégories

Lieux

  • Musée National des Douanes
    Bordeaux, France

Dates

  • dimanche 25 novembre 2007

Mots-clés

  • fausse monnaie, souveraineté, valeur, justice, Europe et le monde, XIIIe-XXI siècles

Contacts

  • olivier Caporossi
    courriel : olivier [dot] caporossi [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • olivier Caporossi
    courriel : olivier [dot] caporossi [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La fabrique du faux monétaire : objet historique et usages sociaux (du Moyen Âge à nos jours) », Appel à contribution, Calenda, Publié le dimanche 04 novembre 2007, http://calenda.org/193813