AccueilMigrations et territoires de la mobilité dans l'espace méditerranéen

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Publié le mardi 06 novembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Dans le cadre du nouveau contrat quadriennal de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme (2008-2011), une première journée de réflexion sur les pratiques migratoires et les territoires de la mobilité en Méditerranée sera organisée le 23 novembre prochain par des chercheurs de plusieurs laboratoires (TELEMME, IREMAM, IDEMEC et LAMES). En privilégiant l’entrée territoriale, les participants à cette rencontre insisteront sur l’épaisseur géographique et historique dans laquelle s’inscrivent les mobilités migratoires pour en comprendre les fonctionnements contemporains.

Annonce

Migrations et territoires de la mobilité dans l'espace méditerranéen
Le « présent du passé »

La plupart des études qui considèrent les migrations de populations et, plus généralement, les mobilités spatiales s’accordent aujourd’hui sur l’idée que nos sociétés sont entrées dans une nouvelle période, caractérisée par l’hypermobilité des hommes et des informations. Les évolutions techniques auraient permis l’émergence de nouvelles pratiques de l’espace rendant plus complexe l’appréhension des catégories d’analyse classiques des mobilités géographiques (migration, déplacement saisonnier, mobilité habituelle, etc) pour céder la place à une somme incalculables de « pratiques mobiles de l’espace » (C. Wihtol de Wenden, 2001). Partant d’un tel constat, le paradigme de la mobilité s’est imposé dans le champ des sciences sociales à partir des années 1990 (A. Tarrius, 1992) au point de refonder partiellement les études migratoires autour de nouvelles méthodologies et de nouveaux supports mais, surtout, les incluant avec plus de force dans l’étude des mobilités au sens général.

Cette approche a conduit à envisager de plus en plus les migrations à partir des trajectoires individuelles et ses acteurs comme les sujets agissants d’histoires particulières. Considérées de la sorte, les mobilités semblent répondre aux impératifs de l’immédiateté de leur réalisation ; les conditions de franchissement frontaliers, les lois migratoires, l’existence des réseaux d’entraides, ou de solidarités diasporiques reconstruites seraient alors les conditions et les supports déterminants de la formation des nouveaux territoires transnationaux composés par les circulants.

Pourtant, des exemples méditerranéens (migration Maghreb/Europe, mobilités inter et intra-balkaniques, migrations transsahariennes, migrations économiques en Israël) viennent nous rappeler que les déplacements des hommes s’inscrivent aussi dans l’histoire de collectifs plus vastes, productrice de compétences, de représentations de l’espace et de la société qui marquent de leur empreinte les pratiques spatiales. De la même manière, les mobilités migratoires sont aussi étroitement liées aux dynamiques socio-spatiales des territoires, aux grands mouvements de sociétés en cours dans les régions concernées, qui les stimulent, les portent, les captent. Pris entre ces deux réalités, les itinéraires des migrants n’apparaissent plus uniquement dessinés par la simple réactivité de ces derniers aux politiques migratoires ; en amont, on retrouve les transformations socio-spatiales, territoriales, qui construisent de nouvelles connexions, ou qui, chemin faisant, en retrouve d’anciennes.

Reconsidérer ces éléments peut donner des clés de lecture efficaces pour examiner les mobilités migratoires, et apporter un point de vue complémentaire de l’étude des conditions légales ou matérielles de l’établissement des parcours que l’on considère le plus généralement. En effet, ces réalités conditionnent largement les processus de territorialisation et, pour ce qui nous concerne ici, infléchissent toujours la course des déplacements, au moins en leur permettant de s’inscrire dans une logique, en leur donnant un sens.

Programme

9h00 -12h30
Pierre Sintès (Université de Provence, TELEMME), Introduction et exemples balkaniques

1. Routes, itinéraires et parcours

  • Ali Bensaâd, (Université de Provence, IREMAM), Mobilité et ancrages territoriaux, le cas des migrations transsahariennes
  • Lisa Anteby-Yemini (CNRS, IDEMEC), Israël : Un nouvel espace de transit pour les migrations africaines
  • Serge Weber (Université de Marne-la-Vallée, VMT), Migrations d’entrepreneurs dans le sillage des migrations de travail : rétroactions et réversibilité des circulations aux marges de l’Europe (Roumanie, Ukraine)

14h00 -17h00

2. Prendre place

  • Virginie Baby-Collin (Université de Provence, TELEMME), Naïk Miret, (Université de Poitiers, MIGRINTER) et Geneviève Cortès (Université de Montpellier, MTE), Quelle géographie des migrations andines en Espagne ? Analyse multiscalaire des lieux d’implantation et repérage de filières migratoires
  • Alain Battegay (CNRS, LAMES), Mémoires à l’œuvre et destin d’un ancrage urbain des migrations : le cas de la Place du Pont à Lyon
  • Jean-François Doulet (Université de Provence, UFR de Géographie), Commentaires et discussion

 

Lieux

  • Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme
    Aix-en-Provence, France

Dates

  • vendredi 23 novembre 2007

Mots-clés

  • migrations, mobilités, réseaux, ancrages, territoires

Contacts

  • Pierre Sintès
    courriel : psintes [at] efa [dot] gr

Source de l'information

  • Laurence Lablache
    courriel : lablache [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Migrations et territoires de la mobilité dans l'espace méditerranéen », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 06 novembre 2007, http://calenda.org/193832