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Publié le jeudi 08 novembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

La question de la morale laïque sous la Troisième République est tout à la fois scolaire, politique et philosophique. Elle est une question scolaire parce qu’elle pose le problème de la place qu’une éducation morale peut occuper dans l’école de la République. Elle est une question politique parce qu’elle est liée au problème de la formation d’un citoyen républicain et qu’elle possède de ce fait une dimension civique. Elle est une question philosophique parce qu’elle pose le problème de son fondement et en particulier celui de ses rapports avec les religions. L’on ne peut s’interroger alors sur les sources de la morale laïque qu’à partir de ce triple questionnement où s’entremêlent des courants de pensée multiples et souvent conflictuels

Annonce

Le 12 novembre 2007 à l’ENS-LSH, Lyon

Les sources de la morale laïque

La question de la morale laïque sous la Troisième République est tout à la fois scolaire, politique et philosophique. Elle est une question scolaire parce qu’elle pose le problème de la place qu’une éducation morale peut occuper dans l’école de la République. Elle est une question politique parce qu’elle est liée au problème de la formation d’un citoyen républicain et qu’elle possède de ce fait une dimension civique. Elle est une question philosophique parce qu’elle pose le problème de son fondement et en particulier celui de ses rapports avec les religions.
L’on ne peut s’interroger alors sur les sources de la morale laïque qu’à partir de ce triple questionnement où s’entremêlent des courants de pensée multiples et souvent conflictuels :
  • En tant qu’elle est une question scolaire, la morale laïque s’inscrit dans l’héritage de la Révolution où le problème de l’éducation de l’enfant a vu s’opposer deux modèles d’organisation scolaire, celui élaboré par Condorcet dans un Plan d’instruction publique et celui de Rabaut Saint-Etienne dans un Projet d’éducation nationale. Faut-il admettre qu’en faisant de la question de l’éducation une priorité scolaire, les fondateurs de l’école sous la Troisième République se sont rangés plus sous la bannière du second que sous celle du premier ?
  • En tant qu’elle est une question politique, la morale laïque ne peut être dissociée d’une philosophie politique républicaine s’inscrivant dans l’héritage des Lumières. A partir d’autorités intellectuelles diverses telle que Kant, et en retravaillant leurs concepts fondateurs dans des sens qui peuvent parfois les trahir, les fondateurs de la morale laïque ont élaboré un modèle du citoyen républicain qui est bien l’héritier du sujet rationnel des Lumières. Il conviendrait ici de s’interroger tout particulièrement sur ce qu’ils doivent à la posture républicaine d’un Charles Renouvier.
  • En tant qu’elle est une question philosophique, la morale laïque s’inscrit dans des héritages religieux divers tout en posant le problème de son émancipation par rapport à toute religion et celui, fort discuté aussi, de son fondement scientifique dans une morale positive. Qu’en est-il du spiritualisme des Républicains qu’un Jules Ferry revendique ? Qu’en est-il aussi de la transposition d’une certaine éthique protestante dans la morale laïque, que ce soit celle d’un Félix Pécaut ou celle d’un Buisson ? Plus généralement, l’on ne pourra s’interroger sur la genèse de la morale laïque sans s’interroger sur la genèse de l’idée laïque elle-même : celle-ci signifie-t-elle le dépassement de l’idée religieuse, son retrait ou à l’inverse son retour sous une forme mondanisée ? Poser ce problème revient à poser celui de la sécularisation, à laquelle un Jules Ferry s’est référé expressément.
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Programme de la journée

10 h : « L’influence de la philosophie des lumières sur la formation de la morale laïque », Bruno Barthelmé, IUFM Lyon
10 h 45 : « La naturalisation française de l’utilitarisme », Jordi Riba, Université Autonome de Barcelone
11 h 30 : « L’école de Jules Ferry : une laïcité positiviste ? », Pierre Kahn, IUFM de Basse Normandie
12h15 : « Moraliser l'enfance populaire : dissonances dans le modèle éducatif républicain de la Troisième République », Patrick Dubois, IUFM de Bourgogne

15 h : « Le rôle des spiritualismes dans la formation de l’idéal moral laïque », Laurence Loeffel, Université de Picardie Jules-Verne
15 h 45 : « Le Sébastien Castellion de Ferdinand Buisson : un individualisme théologique aux sources de la morale laïque », Anne-Claire Husser, doctorante au Cerphi
16h30 : « Laïcité et distinction des sphères chez Luther, Calvin et Pascal », Nicolas Piqué, IUFM de Grenoble

Lieux

  • ENS-LSH, Lyon 7e arrdt, Mo Debourg
    Lyon, France

Dates

  • lundi 12 novembre 2007

Mots-clés

  • éducation, religion, protestantisme, science, laïcité, sécularisation

Contacts

  • Nicolas Piqué
    courriel : nicolas [dot] pique [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Nicolas Piqué
    courriel : nicolas [dot] pique [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les sources de la morale laïque », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 08 novembre 2007, http://calenda.org/193856