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Femmes et stratégies transnationales XVIIIe-XXIe siècle

Colloque international et pluridisciplinaire du CICC

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Publié le jeudi 15 novembre 2007 par Claire Lemercier

Résumé

En insérant l’étude de genre dans une perspective transnationale, ce colloque cherche à mettre en lumière le rôle des femmes dans un monde de plus en plus globalisé, tout comme l’influence de cette globalisation sur la situation et les revendications des femmes. Par l’analyse des passerelles qui permettent le passage du local au global et vice versa, il insistera sur les stratégies qui, non seulement extraient les femmes du strict domaine privé auquel les sociétés nationales les avaient traditionnellement cantonnées, mais plus largement portent leurs valeurs et leurs luttes hors des frontières nationales, les élevant alors au rang d’actrices (légitimes ?) sur la scène internationale.

Annonce

Appel à communications

Colloque International « Femmes et stratégies transnationales XVIIIe-XXIe siècles »

les 18, 19, 20 septembre 2008

Le groupe du CICC, Civilisations et identités culturelles comparées des sociétés européennes et occidentales, EA 2529 du CNRS, de l’Université de Cergy-Pontoise organise un colloque pluridisciplinaire international intitulé « Femmes et stratégies transnationales XVIIIe-XXIe siècles » les 18, 19, 20 septembre 2008 à l’Université de Cergy-Pontoise.
Ce colloque se propose d’associer deux problématiques a priori très distinctes en étudiant leurs points de croisement du XVIIIe au XXIe siècles.
Il s’agit, pour la première, de la transformation de la scène internationale où, en raison de la multiplication des flux de toute nature (financiers, commerciaux, culturels, migratoires) et des facilités de communication, l’Etat cesse progressivement d’en être l’acteur unique. Ce phénomène de « trans-nationalisation » dessine ainsi une autre scène sur laquelle une myriade d’acteurs (ONG, organisations intergouvernementales, réseaux associatifs, fédérations d’acteurs locaux, entreprises multinationales….) confortent leur rôle et leur influence.
S’agissant de la seconde, on note que, parallèlement à ce phénomène, et parfois même en opposition à lui, la situation des femmes évolue dans le sens d’une présence croissante dans la sphère dite « publique » et d’un rôle plus visible dans la sphère dite « privée », par l’intermédiaire de stratégies individuelles ou collectives. Si ces deux évolutions ont fait l’objet, pour chacune d’entre elles, de nombreuses études – la première dès la fin des années 1960 par les détracteurs des analyses dites « réalistes » fondées sur un modèle stato-centré, la deuxième avec l’essor des gender studies, notamment dans les pays anglo-saxons –, les analyses associant ces deux perspectives restent rares, les problématiques féminines étant le plus souvent observées dans le cadre des Etats.
En insérant l’étude de genre dans une perspective transnationale, notre colloque cherche à mettre en lumière la contribution des femmes à la construction d’un monde de plus en plus globalisé, tout comme l’influence de cette globalisation sur la situation et les revendications des femmes. Par l’analyse des passerelles qui permettent le passage du local au global et vice-versa, il insistera sur les stratégies qui, non seulement extraient les femmes du strict domaine privé auquel les sociétés nationales les avaient traditionnellement cantonnées, mais plus largement portent leurs valeurs et leurs luttes hors des frontières nationales, les élevant alors au rang d’actrices (légitimes ?) sur la scène internationale.
En associant plusieurs disciplines à cette étude, ce colloque international veut rendre compte des différentes facettes d’un phénomène qui concerne des ressources et des valeurs tant économiques et culturelles que politiques, sociales ou familiales, dont les femmes se font les vectrices dans un monde où les constructions identitaires se fondent de plus en plus hors du cadre de l’Etat Nation. Sociologues, politologues, historiens, civilisationnistes, linguistes et économistes de nombreux pays européens et américains pourront confronter ou croiser leurs analyses pour rendre compte aussi exhaustivement que possible de ces stratégies féminines transnationales, et déterminer dans quelle mesure les femmes contribuent à de nouvelles représentations du monde. Les notions traditionnellement utilisées telles que « pays du Sud/pays du Nord » ou « centre/périphérie » restent-elles pertinentes pour analyser ces stratégies transnationales ?
A titre d’exemple, les dernières conférences internationales de femmes (Nairobi, 1985 ou Pékin, 1995) ont montré une convergence de revendications entre les femmes des pays dits du Sud et celles du Nord. De la même façon, la Marche Mondiale des Femmes née en 2000 au Québec peut-elle être analysée avec ces outils conceptuels ?
Notre réflexion, qui se veut pluridisciplinaire, portera sur l’espace européen et le continent américain dans son ensemble et visera à démêler ces liens transnationaux dont se dégageraient des stratégies individuelles et collectives proprement féminines. Elle ne se bornera pas à analyser le très contemporain, mais puisera aussi dans la longue durée les prémices de cette internationalisation des échanges à tous les niveaux.
Nous proposons de décliner cette réflexion autour des axes suivants :
1. Pouvoir des femmes, femmes de pouvoir dans un monde globalisé
2. Organisations et réseaux de femmes : la transnationalisation de l’action collective
3. La mobilité internationale et les stratégies migratoires des femmes
4. Le rôle des femmes dans la « trans-nationalisation » des valeurs culturelles et familiales
5. Les femmes dans la mondialisation des échanges culturels et artistiques
6. Femmes et économie internationale

Toutes celles et ceux qui souhaitent présenter une communication sont priés d’adresser une quinzaine de lignes en français, anglais ou espagnol avant le 15 décembre 2007 à l’un des membres du comité d’organisation de cette rencontre. Les auteurs seront informés de la sélection éventuelle de leur proposition courant mars. Le texte final devra être remis le 15 août 2008. La publication d’une sélection des communications sera soumise à un comité scientifique qui avertira les auteurs et leur demandera d’éventuelles modifications

Comité d’organisation

Mercedes YUSTA RODRIGO (myusta@free.fr) (Sessions 1 & 5) - Marie-Pierre ARRIZABALAGA (marie-pierre.arrizabalaga@u-cergy.fr,) (Sessions 3 & 4) - Diana BURGOS-VIGNA (dianaburgos@voila.fr ) (Sessions 2 & 6)

Descriptif des sessions

1. Pouvoir des femmes, femmes de pouvoir dans un monde globalisé
Bien que souvent écartées de l’exercice direct du pouvoir, les femmes ont toujours, soit exercé une influence certaine sur le pouvoir en place, soit agi comme une sorte de “contre-pouvoir” en faisant valoir leur autorité féminine, jusqu’à l’investissement du pouvoir par les femmes à l’époque contemporaine. Cet axe s’emploiera à explorer comment ce pouvoir au féminin s’exerce dans un contexte transnational, qu’il s’agisse de femmes politiques dont l’influence s’étend au delà des frontières des États, ou des personnalités féminines de relevance internationale. Y a-t-il une forme de pouvoir “au féminin” chez les femmes qui font de la politique à travers le monde? Comment les “femmes de pouvoir” affrontent-elles les défis de la mondialisation? La globalisation ouvre-t-elle davantage l’accès au pouvoir des femmes? Quelles résonances pour une autorité féminine dans un monde de plus en plus globalisé?

2. Organisations et réseaux de femmes : la transnationalisation de l’action collective
Les femmes s’unissent dès le XIXe siècle pour porter leurs revendications sur l’espace public. Cette action collective transnationale n’a dès lors cessé d’évoluer. Elle a donné lieu tout au long des deux derniers siècles à un large éventail de répertoires d’actions, créant des solidarités ou des sociabilités diverses, voire des identités collectives. Les revendications portées par ces mouvements ont évolué, elles aussi, selon les contextes politiques et sociaux. Comment se fait le passage de l’action locale à l’action transnationale ? Quelles valeurs et quelles identités sont mobilisées dans ces actions collectives ? La trans-nationalisation modifie-t-elle les ressources et les identités engagées ? Comment évolue la forme de ces actions dans le temps et comment s’adaptent-elles aux transformations de la scène internationale ? Enfin, quel rôle jouent-elles sur cette scène internationale ?

3. La mobilité internationale et les stratégies migratoires des femmes
Les mouvements migratoires transnationaux dans l’espace européen mais aussi entre l’Europe et les Amériques depuis trois siècles ont fortement marqué l’histoire des populations de ces régions. Les femmes ont pour leur part considérablement contribué à la construction et la consolidation de réseaux migratoires européens et transatlantiques. Elles n’étaient pas seulement des « suivantes », comme l’historiographie l’a affirmé pendant longtemps, mais elles élaboraient des stratégies migratoires complexes et importantes, mais encore peu connues à ce jour. Quel type de mobilité migratoire internationale les femmes ont-elles eu au cours des trois derniers siècles ? Quelles stratégies migratoires spécifiques ont-elles élaboré et comment ont-elles contribué à la construction des réseaux migratoires transnationaux ?

4. Le rôle des femmes dans la « trans-nationalisation » des valeurs culturelles et familiales
Dans la continuité des arguments présentés dans le panel précédant, nous allons ici étudier le rôle que les émigrantes ont joué dans la transmission des valeurs culturelles et familiales de leurs ancêtres dans le milieu d’accueil. Ces femmes ont non seulement participé à la construction et la consolidation de réseaux migratoires transnationaux mais aussi à la pérennité de communautés hors des frontières de leur pays d’origine. Elles ne se sont pas cantonnées à la sphère privée. Elles ont aussi transmis de nombreuses valeurs culturelles et familiales qui ont leur poids dans la ou les cultures identitaires nationales et que les pays européens et américains partagent aujourd’hui. Quelles valeurs aujourd’hui transnationales ces émigrantes ont-elles transmises au cours des trois derniers siècles ? Quels en sont les effets passés et leur réalité actuelle ?

5. Les femmes dans la mondialisation des échanges culturels et artistiques
La mondialisation de la culture, de l’art et même de la littérature a commencé avec les avant-gardes et est aujourd’hui un fait, de sorte qu’il devient de plus en plus problématique de parler des “cultures nationales” sans faire allusion aux influences, transferts et dynamiques transnationales qui façonnent le fait culturel. Cette mondialisation progressive coïncide avec la visibilité croissante des femmes créatrices, d’abord dans leurs sociétés d’origine, mais aussi et surtout au cours de ces dynamiques transnationales. Cet axe invite à s’interroger sur les effets de la mondialisation pour les créatrices et aussi l’inverse: sur le rôle des femmes créatrices qui ont agi en tant que “vectrices” de transfert entre deux cultures. En outre, la globalisation et ses effets ont également fourni matière à réflexion aux femmes créatrices: leurs regards sur ce monde globalisé peuvent être aussi l’objet des communications présentées dans cet atelier.

6. Femmes et économie internationale
Le rôle des femmes dans une économie caractérisée par les échanges internationaux de biens et services, et par la multiplication de flux financiers, peut être observé à différents niveaux. Il s’agit ici de s’interroger sur les motivations qui poussent les femmes à travailler dans ces structures internationales et les logiques qui sont à l’œuvre dans les relations femmes-entreprises. Quelles sont les intérêts des deux parties dans cette relation ? Quels en sont les impacts sur les stratégies ou sur l’identité de ces deux parties ? Les flux financiers internationaux sont un autre domaine dans lequel l’action des femmes s’exerce tout particulièrement, notamment au cours des mouvements migratoires. Cet atelier s’interrogera donc sur les stratégies déployées par les femmes face à la trans-nationalisation de l’économie et les conséquences de celle-ci sur leurs situations.

Comité scientifique (par ordre alphabétique)

Ana AGUADO, Professeur, Université de Valence, Espagne - Marie-Pierre ARRIZABALAGA, MCF, Université de Cergy-Pontoise - Diana BURGOS-VIGNA, MCF, Université de Cergy-Pontoise - Danièle BUSSY GENEVOIS, Professeur, Université de Paris VIII - Frédérick DOUZET, MCF, Université de Paris VIII - Margarida DURAES, MCF, Université du Minho, Portugal - Antoinette FAUVE-CHAMOUX, MCF, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, EHESS, Paris - Annick FOUCRIER, Professeur, Université de Paris I - René LASSERRE, Professeur, Université de Cergy-Pontoise - Bérangère MARQUES-PEREIRA, Professeur, Université Libre de Bruxelles, Belgique - Gérard NOIRIEL, Directeur de recherche, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, EHESS, Paris - Danièle PAYCHA, Professeur, Université de Paris X - Ofelia REY CASTELAO, Professeur, Université de Compostella, Espagne - Mercedes YUSTA RODRIGO, MCF, Université de Cergy-Pontoise

Date limite d'envoi des propositions : 15 décembre 2007

Lieux

  • Université de Cergy-Pontoise, Site des Chênes, Salle de Conférences 33, boulevard du Port 95011 Cergy-Pontoise
    Cergy, France

Dates

  • samedi 15 décembre 2007

Mots-clés

  • femmes, genre, transnational, mondialisation, globalisation

Contacts

  • Mercedes Yusta Rodrigo
    courriel : myusta [at] free [dot] fr
  • Marie-Pierre Arrizabalaga
    courriel : marie-pierre [dot] arrizabalaga [at] u-cergy [dot] fr
  • Diana Burgos-Vigna
    courriel : dianaburgos [at] voila [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Mercedes Yusta Rodrigo
    courriel : myusta [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Femmes et stratégies transnationales XVIIIe-XXIe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 15 novembre 2007, http://calenda.org/193895