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Publié le mardi 20 novembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

L'Université Libre de Bruxelles, le Comité économique et Social européen et le Centre International pour la Ville et l'Architecture organisent une journée de réflexion consacrée aux politiques culturelles dans les villes administratives. Cette journée vise a débattre des enjeux posés par une prise en considération d'espaces administratifs comme espaces culturels. La reconversion progressive de Bruxelles en "Capitale de l'Europe" interroge ce réchauffement de la froideur administrative et souligne l'intérêt du développement d'un travail comparatif avec d'autres villes spécialisées dans la fonction administrative ou d'autres espaces administratifs où s'insèrent des dispositifs culturels.

Annonce

Les politiques culturelles dans les villes administratives

7 décembre 2007 - Bruxelles

La vie culturelle de villes spécialisées dans les activités économiques dites "tertiaire de commandement" est généralement perçue comme nulle ou quasi inexistante. Les critiques adressées à des villes comme La Haye au Pays-Bas ou Ottawa au Canada voire Brasilia en sont les plus beaux exemples. De même, les quartiers administratifs des villes sièges d'institutions gouvernementales ou internationales ont longtemps été stigmatisés comme des espaces sans âme, coupe-gorge, déserts, engendrés par l'optique de spécialisation fonctionnelle des politiques d'aménagement du territoire ou de la promotion immobilière.

Ainsi, les villes administratives ont-elles connu une forte opposition entre doctrines de l'aménagement moderniste et sa critique traditionaliste, qui les ont amené à se recomposer à l’interface entre aménagements architecturaux et urbanistiques et culture de la vie urbaine. Une telle recomposition a généralement permis la stabilisation de la critique traditionaliste qui a souvent mené les politiques d'aménagement à se redéployer autour des préceptes de la mixité urbaine, et d'une ville "restituée à ses habitants".

Cependant, cette approche culturaliste de l’aménagement s'est récemment transformée dans des villes comme Bruxelles, Luxembourg, Strasbourg ou Francfort. En effet, il est possible d’y observer un redéploiement de la problématique d’aménagement de la ville au-delà d’enjeux purement morphologiques et donc au-delà des figures clés du monde urbain fordiste telles que les pouvoirs publics, les habitants voire, dans certains cas, la promotion immobilière. Ainsi, assiste-t-on, à présent, dans l’orientation des politiques urbaines, à l’émergence de nouvelles figures, moins territorialisées et plus orientées vers la subjectivité, les singularités des rapports à la ville. Dans cette perspective, les figures absolues et homogènes du monde urbain fordiste qu’étaient l’habitant et les pouvoirs publics sont-elles relativisées face à l’émergence de figures telles que l'usager, le consommateur de produits culturels, le citoyen, l'acteur (rendu par l'anglais 'stakeholder'), le prestataire, le manager ou le touriste. Cette réorientation des politiques urbaines, en particulier dans les villes d'accueil des institutions européennes, a généré la création de nouvelles définitions de la ville et, par conséquent, la constitution de nouveaux publics de la ville, notamment, un public hétéroclite et/ou cosmopolite participant à l’émergence d’une nouvelle « culture urbaine ». Cette dynamique mène ainsi à une disjonction de plus en plus nette entre politiques d’aménagement et politiques culturelles à l’échelle des villes, pourtant plus étroitement liées dans le monde urbain fordiste.

Dans ce mouvement, Bruxelles se distingue aujourd'hui résolument par la réorientation d'une partie de ses politiques vers l'international en les liant à son statut – autoproclamé – de « Capitale de l'Europe ». Qu'en est-il d'autres villes sièges d'institutions internationales bénéficiant doublement d'une image mondiale et d'une population cosmopolite participant à la vie culturelle locale, apportant de nouvelles catégories de pensées, de nouveaux savoirs, s'impliquant dans la vie locale ou devenant publics de politiques culturelles ? Le stéréotype néo-marxiste de la "transnational capitalist class" (Sklair 2000) qui évoluerait en vase clos dans un univers déterritorialisé est-il suffisant pour décrire les processus à l’œuvre ? Que dire également d’une approche par la communauté d'immigration ? C'est ce débat intimement lié aux enjeux contemporains de gestion des villes administratives que voudrait ouvrir et développer le symposium Cultural Policies in Administrative Cities / Les Politiques culturelles dans les villes administratives.
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Infos et inscriptions :
http://www.eesc.europa.eu/events/symposium/index_fr.asp

Lieux

  • Comité économique et social européen
    Bruxelles, Belgique

Dates

  • vendredi 07 décembre 2007

Mots-clés

  • politiques culturelles, capitales, Europe

Contacts

  • Vincent Calay
    courriel : vcalay [at] ulb [dot] ac [dot] be
  • Barbara Becht
    courriel : Barbara [dot] Becht [at] eesc [dot] europa [dot] eu

Source de l'information

  • Vincent Calay
    courriel : vcalay [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Les politiques culturelles dans les villes administratives », Colloque, Calenda, Publié le mardi 20 novembre 2007, http://calenda.org/193928