AccueilLa bande dessinée francophone belge contemporaine

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Publié le lundi 26 novembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Le colloque se structurera autour de trois pôles, chacun se concentrant sur un pan représentatif de ces évolutions : le premier pôle analysera les nouvelles pratiques esthétiques, narratives et éditoriales (qui s’inscrivent dans une histoire de la pratique de la bande dessinée) ; le second examinera les stratégies actuelles de légitimation du medium et le troisième étudiera les sociabilités nouvelles liées au fonctionnement des « maisons indépendantes ».

Annonce

La bande dessinée francophone belge contemporaine

Colloque annuel – octobre 2008, organisé par Textyles, revue des lettres belges de langue française

Depuis l’aube des années 1970, la bande dessinée francophone connaît une légitimité croissante. Medium trop rapidement et injustement rangé au rayon des productions pour enfants, la bande dessinée a généré depuis plus de trente ans des discours de rupture variés. Elle revendique une maturité et une exigence artistique que ne viennent pas démentir, pour l’observateur, la diversification des procédés artistiques ou esthétiques mis en œuvre. Cette maturité se lit également dans la mise en place d’un appareil de consécration spécifique (festivals, prix, etc.) et dans l’apparition de nouvelles pratiques éditoriales (les « indépendants »). Enfin, la bande dessinée fait désormais l’objet d’analyses scientifiques, essentiellement sémiotiques et sociologiques.

La BD a néanmoins peiné, durant les années 1980, à trouver sa place dans l’horizon culturel. La plus grande part de sa production, déclinée sous forme de biens de grande consommation, figure au palmarès des livres les plus vendus, occultant par la même occasion les productions pointues qui prolongeaient les tentatives de légitimation issues des années 1970. La bande dessinée, privée d’une mémoire ou d’une histoire — accessible à quelques amateurs seulement —, s’est réfugiée derrière des appellations — « neuvième art », « roman graphique » — qui ont eu autant valeur d’antiphrase que de revendication [1]. La « littérature graphique » n’a cessé de pâtir de ses handicaps symboliques. Genre bâtard qui allie l’image au texte, son message ou ses techniques ont souvent été assimilés à une branche dégradée des arts visuels qui aurait renoncé à suivre l’évolution de l’art moderne. Ses tirages industriels et la standardisation des formats (le fameux 48 couleur cartonné) ont favorisé l’effacement de la figure de l’auteur ; au point que les créateurs sont devenus interchangeables au sein de « studios » de production. Ces derniers, raisonnant en termes de « séries », ont entretenu un « imaginaire d’adolescent mâle » qui a lui-même faussé la réception de tout un genre. Si la bande dessinée est néanmoins parvenue à forcer la porte des institutions scolaires et religieuses, ce fut le plus souvent au mépris de ses spécificités.

Cette crise profonde, visible notamment par la cessation d’activité de maisons reconnues, comme Futuropolis, ou l’arrêt de collections ambitieuses, telle Á suivre chez Casterman, n’a pourtant pas porté un coup fatal au mouvement d’autonomisation du champ de la bande dessinée. Au contraire, certains auteurs ont eux-mêmes salué les années 1990 comme une période de renouvellement des maisons d’édition, grâce à l’apparition d’éditeurs, dits « indépendants », qui ont généré un mouvement de fond dont l’on peut aujourd’hui mesurer l’impact sur la grande distribution. Cette évolution a permis non seulement une réappropriation de l’histoire du medium et de ses pratiques par les auteurs et les éditeurs mais il a également encouragé l’éclosion d’un nouveau courant critique et d’un méta-discours intégré souvent au sein même des œuvres. Les innovations esthétiques et les essais picturaux (par exemple, en Belgique, Fréon et Amok devenu Frémok, La Cinquième couche) et les recherches narratives (en Belgique toujours, Benjamin Monti et le collectif Mycose, ou encore José Parrondo) représentent autant d’interrogations du code même de la bande dessinée. Auteurs et éditeurs cherchent par ces expérimentations à explorer les potentialités d’un medium, à questionner ses limites, en transgressant les définitions traditionnelles et figées qui lui ont été assignées.

Le colloque organisé à Liège début octobre 2008 par la revue des lettres belges de langue française – Textyles – se structurera autour de trois pôles, chacun se concentrant sur un pan représentatif de ces évolutions : le premier pôle analysera les nouvelles pratiques esthétiques, narratives et éditoriales (qui s’inscrivent dans une histoire de la pratique de la bande dessinée) ; le second examinera les stratégies actuelles de légitimation du medium et le troisième étudiera les sociabilités nouvelles liées au fonctionnement des « maisons indépendantes ». Si ces trois pôles possèdent un ancrage socio-historique fort (donc un mode d’approche externe à la bande dessinée), ils sollicitent également une approche interne, notamment par l’analyse des discours et des œuvres qui privilégient la représentation et la mise en scène de ces thèmes dans la bande dessinée contemporaine. Ce colloque privilégiera les études mobilisant des exemples puisés dans la production contemporaine belge ou les études comparatistes faisant intervenir la Belgique (notamment dans ses rapports avec les autres pays francophones).

Le colloque aura lieu à Liège les 2 et 3 octobre 2008. Il prendra la forme, d’une part, de trois demi-journées de communications et, d’autre part, d’une dernière demi-journée consacrée à une table ronde. Celle-ci sera l’occasion d’un débat sur la problématique du colloque entre différents acteurs de la bande dessinée : auteurs, éditeurs, universitaires et libraires.

Les propositions de communication sont à envoyer pour le 31 janvier 2008 au plus tard à Björn-Olav Dozo (bo.dozo@ulg.ac.be) et Fabrice Preyat (fpreyat@ulb.ac.be). Les propositions seront soumises au comité scientifique et les avis d’acceptation seront envoyés aux auteurs pour le 15 février 2008.

Comité scientifique

Paul Aron (ULB/FNRS), Jean-Pierre Bertrand (ULg), Laurence Brogniez (FUNDP), Laurent Demoulin (ULg), Benoît Denis (ULg), Björn-Olav Dozo (ULg), Pierre Halen (Université de Metz), Véronique Jago-Antoine (Archives et Musée de la Littérature), Jean-Marie Klinkenberg (ULg), Denis Laoureux (ULB), Michel Otten, Pierre Piret (UCL/FNRS), Fabrice Preyat (ULB/FNRS), Marc Quaghebeur (Archives et Musée de la Littérature), Hubert Roland (UCL/FNRS), Jean-Maurice Rosier (ULB).


[1] Groensteen Thierry, Un objet culturel non identifié, Angoulême, Éditions de l’An 2, 2006 (« Essais »).

Catégories

Lieux

  • Université de Liège
    Liège, Belgique

Dates

  • jeudi 31 janvier 2008

Mots-clés

  • bande dessinée, littérature belge

Contacts

  • Björn-Olav Dozo
    courriel : bo [dot] dozo [at] ulg [dot] ac [dot] be
  • Fabrice Preyat
    courriel : fpreyat [at] ulb [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Björn-Olav Dozo
    courriel : bo [dot] dozo [at] ulg [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« La bande dessinée francophone belge contemporaine », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 26 novembre 2007, http://calenda.org/193953