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Publié le mercredi 05 décembre 2007

Résumé

Les zones humides sont souvent associées dans l’imaginaire occidental à des lieux insalubres, peuplés d’un bestiaire inquiétant dans lequel les insectes règnent en maîtres pour apporter, au-delà des désagréments passagers, des maladies, le paludisme et les fièvres. Les eaux stagnantes sont perçues comme une menace permanente. Mais ces zones humides ont aussi un riche biotope qui a pu fournir aux sociétés une pharmacopée variée animale ou végétale dont s’inspire l’industrie pharmaceutique actuelle.

Annonce

Zones humides et Santé

(28-29 mars 2008, Arles)

Journées thématiques
5ème séminaire annuel du Groupe d'Histoire des Zones Humides (Association Loi 1901)

Les zones humides sont souvent associées dans l’imaginaire occidental à des lieux insalubres, peuplés d’un bestiaire inquiétant dans lequel les insectes règnent en maîtres pour apporter, au-delà des désagréments passagers, des maladies, le paludisme et les fièvres. Les eaux stagnantes sont perçues comme une menace permanente. Mais ces zones humides ont aussi un riche biotope qui a pu fournir aux sociétés une pharmacopée variée animale ou végétale dont s’inspire l’industrie pharmaceutique actuelle.

Trois thèmes seront plus particulièrement développés

1 – Le premier a trait aux liens que les sociétés ont établis entre les zones humides et les maladies. Les craintes étaient souvent fondées, mais relevaient quelquefois d’une mauvaise connaissance des lieux. De nombreux auteurs évoquent les eaux putrides, les fièvres. Les marais du golfe du Morbihan, le marais poitevin, la Camargue ont longtemps été des terres de paludisme. Le mot paludisme vient d’ailleurs de palud qui désigne des zones de marécage en France. La peur des maladies entraînait quelquefois le renchérissement des salaires des ouvriers agricoles, une sorte de prime de risque comme en Camargue par exemple. Pour lutter contre ces maladies les médecins de toutes les époques se sont intéressés aux vecteurs qui pouvaient les transmettre : la qualité des eaux, les divers animaux qui peuplent les zones marécageuses et bien sûr les insectes dont le rôle n’a été élucidé souvent qu’au début du XXe siècle. La bibliographie médicale compte de nombreux ouvrages écrits à diverses époques. Les croyances locales sont également très riches, mêlant peur de la maladie, croyance en des esprits malins et savoirs traditionnels. Actuellement dans le monde, les maladies liées aux zones humides concernent des centaines de millions de personnes, dont au moins 300 millions pour le seul paludisme.

2 – Le deuxième thème n’est pas sans rapport avec le premier puisqu’il s’agit de considérer sur une longue période quel a été l’apport des zones humides à la pharmacopée. Les sociétés humaines ont souvent tiré des espèces animales et végétales issues de la grande biodiversité des marais des produits destinés aux usages locaux et aux préparations des apothicaires, des guérisseurs et des sorciers. Dans ce domaine comme dans le précédent la bibliographie est abondante. Elle mérite l’attention de l’historien à plus d’un titre. Elle donne un bon aperçu des savoirs vernaculaires et médicaux d’une époque, ainsi que des médicaments dont disposaient les médecins et les guérisseurs locaux. Elle nous permet également de repérer des usages perdus ou ignorés de plantes qui disposent de vertus médicales utilisables aujourd’hui par l’industrie pharmaceutique. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes de propriété, de préservation des milieux etc.

3 – En troisième lieu il s’agit d’évoquer les conséquences mesurables des maladies spécifiques des zones humides sur la démographie de ses habitants. L’espérance de vie à la naissance a pu à certaines époques baisser jusqu’à une vingtaine d’années comme en Camargue par exemple. Par ailleurs, les taux de mortalité infantile d’autrefois dans les zones humides paraissent plus élevés que dans les autres régions françaises. L’importance de ces taux de létalité avait une influence directe sur la croissance de la population. Elle en a certainement encore sur la population actuelle des zones humides.

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L'appel à communication est à envoyer à Delphine Gramond, secrétaire du GHZH :
- soit par courrier : Institut de géographie, 191 rue Saint-Jacques 75005
- soit par mail : delphine.gramond@paris-sorbonne.fr

La date limite d'envoi de vos résumés (10-15 lignes) est fixée au 15 janvier 2008.

Lieux

  • Arles, France (13)

Dates

  • mardi 15 janvier 2008

Fichiers attachés

Mots-clés

  • zones humides, santé, maladies, aérisme

Contacts

  • Delphine GRAMOND
    courriel : Delphine [dot] Gramond [at] paris4 [dot] sorbonne [dot] fr

Source de l'information

  • Delphine GRAMOND
    courriel : Delphine [dot] Gramond [at] paris4 [dot] sorbonne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Zones humides et santé », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 05 décembre 2007, http://calenda.org/193999