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Publié le mardi 11 décembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

La définition et l’exploration biologique de la santé ne suffisent pas à rendre intelligible nos catégorisations du sain et du malsain, notre rapport à la maladie, nos constructions de la « bonne santé » et de ce qu’il convient de faire pour la conserver. Pour son 6ème numéro, la revue ¿ Interrogations ? souhaite alors aborder la thématique de la santé à travers les apports des sciences humaines et sociales. Il s’agira d’étudier les définitions sociales de la maladie et de la santé, de tenter d’éclairer les logiques sous-tendant ces différentes définitions (inégalités sociales, dangerosité du travail, construction et trajectoire de l’individu « malade » hors ou dans une institution hospitalière, etc.) mais aussi de s’intéresser aux pratiques médicales.

Annonce

La santé au prisme des sciences humaines et sociales

D’un point de vue macrosociologique, les messages politiques face à la santé doivent être pensés dans leur contemporanéité (ce qui ne veut pas dire de manière anhistorique). Les injonctions aux « bonnes manières » de prendre soin de son corps sont nombreuses ; la santé ayant un coût social, il s’agit de réduire, à long terme, les dépenses collectives en établissant des normes concernant la bonne manière de gérer son capital santé (injonction à la pratique sportive, à l’alimentation équilibrée, aux comportements sexuels prudents, etc.). Par delà l’impératif de freiner ces dépenses, il conviendrait de s’interroger sur les raisons économiques et politiques mais aussi sociales et culturelles de leur inflation ? Simple effet d’une hausse générale du niveau de vie qui, une fois satisfaits les besoins primaires, exacerbe les besoins liés au souci de soi (de sa santé, de sa longévité, de son apparence, etc.) ou d’autres explications sont-elles envisageables ?

D’un autre côté, tous les besoins en matière de soin sont loin d’être satisfaits aujourd’hui, y compris au sein des Etats économiquement les plus développés. Et les inégalités sociales face à la santé y restent fortes et, d’une position sociale à l’autre, le rapport à la santé (et, parallèlement le rapport au corps) diffère selon ces positions. Il semblerait notamment que l’incidence des conditions de travail et, plus largement, des conditions d’existence soit décisive en la matière. Dès lors, ne faudrait-il pas voir, derrière les injonctions aux bonnes pratiques en matière de santé, un certain eugénisme et une volonté politique de rendre responsable de leur état de santé les couches sociales les plus défavorisées ?

La perspective macrosociologique ne peut se limiter à la dimension synchronique de cet intérêt pour la santé. Il serait intéressant d’en questionner aussi la dimension diachronique, interpellant moins les sciences politiques que les sciences historiques. Nous pensons ici, par exemple, à la célèbre recherche menée par Norbert Elias sur Le processus de civilisation.

D’un point de vue micro ou mésosociologique, il paraît nécessaire d’élargir le champ de réflexion en s’interrogeant aussi sur la manière dont les différents groupes sociaux, voire chaque individu, pensent leur santé et celle des autres. Comment divisons-nous le sain et le malsain ? Il n’y a pas une manière d’appréhender la santé, mais une multitude, liée à notre socialisation. Des éléments objectifs de la trajectoire personnelle peuvent-ils définir la représentation subjective de la maladie et de la « bonne » santé ? Et si oui, dans quelle mesure et selon quelles modalités ?

En ce qui concerne les pratiques thérapeutiques, il convient de rappeler qu’elles ne se limitent pas à l’espace hospitalier, ni à celles engagées par les médecins, infirmiers, et autres professionnels de la médecine, mais peut se dilater aux manières de faire « profanes », domestiques (du « manger bio » à l’homéopathie en passant par les huiles essentielles). L’étude des pratiques thérapeutiques peut être une entrée pertinente pour saisir le rapport que les uns et les autres entretiennent non seulement avec leur corps mais encore avec le savoir médical et, plus largement avec la science, qui s’est arrogé le monopole officiel du savoir et du pouvoir légitimes sur les corps.

Enfin, l’hôpital, en tant que lieu de production et de diffusion de normes sociales peut être interrogé : Le rôle négocié d’objet ou de sujet des malades, l’importance du personnel hospitalier, le poids des familles… On pourra s’intéresser aux différents protagonistes du monde hospitalier mais aussi à sa structure et à ses « concurrents ». Nous pensons ici, plus particulièrement, aux réseaux de soins qui proposent une organisation médicale différente, ou encore aux associations qui peuvent proposer une alternative différente au « prendre soin » hospitalier (Soins palliatifs Vs Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité).

La santé peut être appréhendée d’une multitude de manière et nous sommes bien loin de les avoir toutes abordées dans cet appel à contributions. C’est pourquoi la revue reste largement ouverte à d’autre proposition.

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Toute proposition d’article devra être adressée aux coordinateurs de la revue [coordinateur@revue-interrogations.org] avant le 1er mars 2008, délai de rigueur après lequel aucune participation ne sera acceptée pour ce dossier thématique. Les articles devront être rédigés aux normes de la revue, normes présentées sur le site Internet de la revue ¿ Interrogations ? : www.revue-interrogations.org

Par ailleurs, la revue ¿ Interrogations ? accueillera volontiers des articles pour ses autres rubriques, articles qui ne se proposent pas de répondre à l’appel à contributions présenté ci-dessus et qui peuvent par conséquent traiter d’un tout autre thème que celui de la santé. Pour cette même raison, ces articles ne sont soumis à aucun délai quant à leur réception.

◙ La rubrique « Des travaux et des jours » est destinée à des articles présentant des recherches en cours dans lesquelles l’auteur met l’accent sur la problématique, les hypothèses, le caractère exploratoire de sa démarche davantage que sur l’expérimentation et les conclusions de son étude (cette partie étant ainsi propice à la présentation des thèses de doctorat). Ces articles ne doivent pas dépasser 20 000 signes.

◙ La rubrique « Fiches techniques » est destinée à des articles abordant des questions d’ordre méthodologiques (sur l’entretien, la recherche documentaire, la position du chercheur dans l’enquête, etc.) ou théoriques (présentant des concepts, des paradigmes, des écoles de pensée, etc.) dans une visée pédagogique. Ces articles ne doivent pas non plus dépasser 20 000 signes.

◙ Enfin, la dernière partie de la revue recueille des « Notes de lecture » dans lesquelles un ouvrage peut être présenté de manière synthétique mais aussi vivement critiqué, la note pouvant ainsi constituer un coup de cœur ou, au contraire, un coup de gueule ! Elle peut aller jusqu’à 10 000 signes.

Dates

  • samedi 01 mars 2008

Mots-clés

  • santé, médecine, sciences sociales

Contacts

  • Florent Schepens
    courriel : centre-georges-chevrier [at] u-bourgogne [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Florent Schepens
    courriel : centre-georges-chevrier [at] u-bourgogne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La santé au prisme des sciences humaines et sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 11 décembre 2007, http://calenda.org/194042