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Publié le jeudi 20 décembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Le colloque se consacrera aux œuvres écrites tsiganes de première main (et non à la représentation des Tsiganes dans la littérature gadjé), en langue romani et non-romani. Il veut montrer que les œuvres littéraires tsiganes sont avant tout des œuvres littéraires et qu’elles doivent trouver leur place dans le domaine de la recherche en littérature comparée. Le colloque suit quatre axes : I. Panorama des auteurs roms II. Question de diffusion, traduction, publications, réception d’auteurs roms III. Lieux communs de la littérature rom ? IV. Diversité générique de la littérature rom

Annonce

Appel à contribution

Date limite : 24 février 2008

Colloque international « Littératures tsiganes / rom »

Université de Limoges, 13-15 novembre 2008

On dit des Tsiganes que leur culture est orale. Et pourtant, depuis quelques décennies, un phénomène nouveau se développe : une production littéraire tsigane écrite. Même si l’on rencontre déjà des exemples de littérature tsigane dans les années 1930, le phénomène – qui va croissant – se développe surtout à partir des années 1970, notamment à la suite du Premier Congrès mondial tsigane de 1971 qui a exprimé la nécessité de consigner par écrit des pans d’une culture millénaire.

Le colloque ne s’attachera donc pas à réfléchir sur la représentation des Roms dans la littérature gadji (non-tsigane). Il se consacrera aux œuvres écrites roms de première main. Vu la qualité de certaines des œuvres composées par des Roms qui revendiquent cette identité, il est en effet légitime voire urgent de donner enfin sa place à cette nouvelle littérature dans le champ des études littéraires comparatistes. La littérature tsigane est déjà en soi comparatiste puisqu’elle est à la fois inscrite dans la culture de la nation où l’œuvre est produite et en même temps dans une culture qui dépasse toute frontière -les Roms ne possédant pas de nation. Mais au-delà de ses particularités comparatistes ethniques, ce colloque veut montrer qu’un bon nombre de ces œuvres littéraires tsiganes sont avant tout des œuvres littéraires et qu’elles doivent trouver leur place dans le domaine de la recherche en littérature comparée.

Les propositions de contribution, d’une longueur d’une demi-page à une page, sont à rendre pour le 24 février 2008 au plus tard.

Elles s’orienteront en fonction de quatre grands axes (susceptibles d’être modifiés en fonction des propositions reçues), répartis comme suit :

I. Panorama des auteurs roms

Ce premier axe vise à faire le point sur les écrivains considérés comme Roms, soit qu’ils écrivent en langue romani, soit qu’ils écrivent dans une autre langue mais qu’ils se revendiquent comme Roms. On rencontre des écrivains roms avant tout en Europe centrale (Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Pologne, République tchèque, Autriche, Ukraine), orientale (Russie, Lettonie) et balkanique (Serbie, Macédoine, Bosnie, Croatie, Slovénie, Bulgarie) mais aussi en Europe occidentale (Allemagne, France, Italie, Suisse, Espagne, Grande-Bretagne), septentrionale (Suède, Finlande) et outre-Atlantique (Canada, Etats-Unis).

Les intervenants pourront proposer une présentation par auteur ou, de préférence, une présentation synthétique par zone géographique.

(Exemples d’auteurs roms : Joaquín Albaicín (Espagne), Attila Balogh (Hongrie), Veijo Baltzar (Finlande), Dezider Banga (République tchèque), Milan Begovic (Croatie), Slobodan Berberski (Serbie), József Daróczi Choli (Hongrie), Luminiţa Cioaba (Roumanie), Romka Demeter (Russie), Rajko Djuric (Serbie), Glyn Bramwell Evens-Romany (Grande-Bretagne), Tera Fabianova (Slovaquie), Eli Frankham (Grande-Bretagne), György Rostás Farkas (Hongrie), José Heredia Maya (Espagne), József Holdosi (Hongrie), Károly Bari (Hongrie), Usin Kerim (Bulgarie), Elena Lackova (République tchèque), Menyhért Lakatos (Hongrie), Ronald Lee (Canada), Tatjana Lehenova (Slovaquie), Matéo Maximoff (France), Mariella Mehr (Suisse), Josef Müller (Allemagne), Jovan Nikolic (Serbie), Béla Osztojkán (Hongrie), Radu Miron Paraschivescu (Roumanie), József Ravasz (République tchèque), Alexandre Romanès (France), Carlo Rudevič (Lettonie), Santino Spinelli (Italie), Ceija Stojka (Autriche), Katharina Taikon (Suède), Bronislawa Wajs-Papuscha (Pologne), etc.)

II. Diffusion, traduction, publications, réception d’auteurs roms

Dans ce deuxième axe, on s’intéressera aux conditions de diffusion d’une littérature encore très peu connue et reconnue, au choix de la langue d’écriture et aux traductions, aux rôles tenus par les revues dans la diffusion de la littérature rom (une comparaison des différentes lignes éditoriales des revues par pays serait bienvenue), aux politiques éditoriales (cf. par exemple le cas de Matéo Maximoff, écrivain français diffusé en Allemagne en livre de poche tandis qu’il n’est accessible dans son pays d’origine que chez la fille de l’auteur ; sa notoriété allemande étant elle-même due à une diffusion originellement suisse de l’œuvre), à la récupération ou non par les auteurs eux-mêmes des stéréotypes et préjugés des gadjé afin de toucher un plus large public.

III. Lieux communs de la littérature rom ?

On se demandera s’il est des sujets, des tons, des rythmes, etc. qui seraient propres à la littérature rom.

On pourra notamment s’interroger sur la représentation littéraire du génocide, de l’exclusion, de la famille, etc.

Cet axe de recherches sera plus traditionnellement comparatiste, permettant de rapprocher et de distinguer ce qui serait rom ou non.

IV. Diversité générique de la littérature rom

On s’interrogera dans le cadre de ce dernier axe sur la diversité générique de la littérature tsigane, là encore en tâchant de repérer, s’il y en a, des caractéristiques propres à la littérature tsigane : transcription écrite du conte oral, quasi-absence de théâtre, prédominance de la poésie et de l’autobiographie, chanson, recours récent au roman. On pourra confronter la notion de « littérature mineure » aux textes étudiés.

Remarque : On utilise ici indifféremment les termes tsigane, rom et rrom, parce que leurs champs sémantiques varient géographiquement. En effet le mot tsigane, bien qu’exonyme, est plutôt neutre en français et peut à ce titre être utilisé, tandis qu’il est péjoratif dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale et de fait récusé par certaines des personnes concernées. Or ce colloque se déroule en France mais il fait intervenir des personnes de différents pays.

Les communications seront d’une durée de 25 minutes maximum. Elles se feront de préférence en français mais pourront éventuellement se faire en allemand ou en anglais.

Les actes du colloque seront publiés.

Les propositions de communication doivent être adressées avant le 24 février 2008 en fichier attaché word à cecilekova@yahoo.fr

Comité de lecture : Département de littérature comparée de l’Université de Limoges

(Chloé Conant, Cécile Kovacshazy, Juliette Vion-Dury, Bertrand Westphal).

Organisatrice et responsable du colloque : Cécile Kovacshazy

Adresse postale : Cécile Kovacshazy (MC Littérature comparée), Université de Limoges, Faculté des Lettres, 39E rue Camille Guérin, 87036 Limoges, France.

Catégories

Lieux

  • Faculté des Lettres et des Sciences Humaines
    Limoges, France

Dates

  • dimanche 24 février 2008

Mots-clés

  • tsiganes, rom

Contacts

  • Cécile Kovacshazy
    courriel : cecile [dot] kovacshazy [at] unilim [dot] fr

Source de l'information

  • Hélène Lenoir
    courriel : helene [dot] lenoir [at] unilim [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Littératures tsiganes / rom », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 20 décembre 2007, http://calenda.org/194098