AccueilLes hétérotopies sexuelles : formes et pratiques du désir d’ailleurs

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Publié le jeudi 27 décembre 2007 par Raphaëlle Daudé

Résumé

L’étude de la sexualité engage à prendre en considération les espaces réels et potentiels où elle s’exerce, et nécessairement, la diversité des transformations historiquement à l’œuvre dans ce « domaine » (...) L’objectif de ce colloque international, organisé par le groupe interdisciplinaire « Normes, genre, et sexualités » et le Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains de l’Université Libre de Bruxelles en octobre 2008, consiste dès lors à penser les transformations transitoires de soi à l’œuvre dans diverses formes d’expérience sexuelle « autre » : on s’emploiera en particulier à problématiser la notion de « frontière » et de « déplacement » psychique, identitaire et culturel de la sexualité en empruntant à la complémentarité des approches anthropologiques, sociologiques et historiques.

Annonce

Les hétérotopies sexuelles : formes et pratiques du désir d’ailleurs

Colloque international, 23-24-25 Octobre 2008, Université Libre de Bruxelles

L’étude de la sexualité engage à prendre en considération les espaces réels et potentiels où elle s’exerce, et nécessairement, la diversité des transformations historiquement à l’œuvre dans ce « domaine » : largement héritée de la psychanalyse, et reprise pour localiser l’expérience culturelle (Winnicott, 1975), la notion de « topique sexuelle » recouvre à la fois l’idée que la sexualité est une expérience matériellement localisable, dans l’espace et dans le temps, et que le déplacement y revêt une importance capitale d’ordre pratique aussi bien que sur le plan de l’imaginaire.

Le classement, pensé intuitivement par Foucault dans sa conférence sur les « Espaces autres » à Tunis en 1967, entre différentes formes d’hétérotopies a aussi contribué à donner sens aux « territoires » dont l’expérience sexuelle serait tributaire. La figure de l'hétérotopie de crise, dans les sociétés dites traditionnelles, renvoie par exemple à des lieux « privilégiés, ou sacrés ou interdits, réservés aux individus qui se trouvent, par rapport à la société, et au milieu humain à l'intérieur duquel ils vivent, en état de crise ». En l’occurrence, proclamer leur disparition semble prématuré, y compris pour la période contemporaine et en Occident, quand bien même on évoque au passé ces lieux des premières expériences sexuelles viriles qu'étaient les collèges pour garçons et le service militaire, ou encore ce « lieu de nulle part, cette hétérotopie sans repères géographiques » incarné par le voyage de noces jusqu'à une époque récente.

Sur le principe que « les hétérotopies supposent toujours un système d'ouverture et de fermeture qui, à la fois, les isole et les rend pénétrables », on reste en tout cas tenté d’en décrire les transitions, les rites de passage, d'entrée et de sortie, ou de considérer leur « rapport à l'espace restant ». De plus, elles seraient liées à des découpages du temps, ouvrant sur des hétérochronies, fonctionnant donc « à plein quand les individus se trouvent dans une sorte de rupture absolue avec leur temps traditionnel » : l’émancipation passagère se décline alors en autant d’excès aux fêtes de carnaval, d’escapades « coquines » en villages-vacances, de multiples licences en virées nocturnes à la ville… Pourtant, elle s’envisage également dans la plus longue durée des expériences « lointaines », où la conquête s’étiole en de troublants récits de voyage, lascive nonchalance de « bons sauvages » nus, et autres inédits d’amour / de haine sous les tropiques vécus ou représentés. Dans tous les cas, elle fait sens en tant que « déplacement » : pas uniquement déplacement de soi, mais déplacement de tout le reste de l’expérience habituelle de soi, et traversée de frontières normatives dans des espaces suspendus entre libertés ou contraintes (« tourisme sexuel aux colonies », rencontres sur internet, migrations sexuelles postcoloniales, etc.).

L’objectif de ce colloque international, organisé par le groupe interdisciplinaire « Normes, genre, et sexualités » et le Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains de l’Université Libre de Bruxelles en octobre 2008, consiste dès lors à penser les transformations transitoires de soi à l’œuvre dans diverses formes d’expérience sexuelle « autre » : on s’emploiera en particulier à problématiser la notion de « frontière » et de « déplacement » psychique, identitaire et culturel de la sexualité en empruntant à la complémentarité des approches anthropologiques, sociologiques et historiques. Différentes échelles de localisation et de durée seront ainsi privilégiées :

  1. Mondes coloniaux

  2. Mobilités, mixités et migrations

  3. Espace public et technologies du désir

  4. Utopies sexuelles d’hier et d’aujourd’hui

  5. La recherche sur le « terrain sexuel »

Les propositions de communication, en français ou en anglais, seront envoyées au plus tard le 1er mars 2008. Elles ne dépasseront pas une page et seront accompagnées d’une brève présentation de l’auteur-e. Les propositions doivent parvenir à l’adresse suivante : lgaissad@ulb.ac.be

Le résultat de la sélection des propositions sera communiqué fin mars 2008. Pour plus d’informations sur les centres de recherche organisateurs à l’Université Libre de Bruxelles, voir les sites suivants :

Projet Normes, genre et sexualités :

http://www.ulb.ac.be/droit/dchd/normes_genre_et_sexualites.html

Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains :

http://www.ulb.ac.be/socio/anthropo/index1.html

Lieux

  • Université Libre de Bruxelles
    Bruxelles, Belgique

Dates

  • samedi 01 mars 2008

Fichiers attachés

Mots-clés

  • sexualité, mobilités, désir, anthropologie, histoire

Contacts

  • Laurent Gaissad
    courriel : lgaissad [at] ulb [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Laurent Gaissad
    courriel : lgaissad [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Les hétérotopies sexuelles : formes et pratiques du désir d’ailleurs », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 27 décembre 2007, http://calenda.org/194121