AccueilSociété civile et francophonie en Roumanie contemporaine

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Publié le mercredi 09 janvier 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Ce colloque cherche à rassembler autour de cette double thématique à la fois des chercheurs issus principalement des sciences sociales et des praticiens de terrain engagés, notamment, dans des activités de soutien des organisations de la société civile en Roumanie. Vous trouverez dans l'annonce l'appel à communication. Le délais pour l'envoi des propositions est le 15 mars 2008.

Annonce

Appel à communication

Colloque "Société civile et Francophonie dans la Roumanie contemporaine"

Organisé par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales de l'Université de Liège (Belgique) & le Département de Sciences Politiques de l'Université A.I.Cuza de Iasi (Roumanie)

à l'Université Alexandru Ioan Cuza de Iasi

Vendredi 8 et Samedi 9 mai 2008

Le français et la culture francophone bénéficient d’une situation privilégiée en Roumanie pour des raisons à la fois historiques (importances des relations diplomatiques depuis la constitution de l’Etat moderne roumain, importance de la ville de Paris comme phare culturel pour l’intelligentsia roumaine aux XIXe et XXe siècles, etc.) et linguistiques (origines latines du français et du roumain). Cette situation est aujourd’hui exploitée par un réseau culturel et de coopération dense mêlant associations, institutions publiques, acteurs économiques entre divers pays francophones (la France bien entendu mais aussi la Belgique, la Suisse, le Canada notamment) et la Roumanie. De nombreuses activités culturelles, éducatives et linguistiques sont ainsi développées à travers ce réseau avec pour objectif le maintien de l’attractivité et la pratique de la langue française dans la société roumaine.

La période dite « de transition » des années 1990 a profondément modifié la situation politique, économique, sociale et culturelle en Roumanie. Entre autres changements, le pays a peu à peu évolué d’une situation de repli sur lui-même – dictée par la politique austère de développement endogène sous le régime de Nicolae Ceausescu – à une ouverture progressive sur l’Occident (intégration à l’OTAN puis à l’Union Européenne) et une tentative de rattrapage économique dans le concert des économies globalisées.

Cette ouverture vers le monde occidental n’a dans un premier temps pas été défavorable à la vitalité de la francophonie en Roumanie. Pays membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie depuis 1991, la Roumanie est le premier pays francophone parmi ceux dont le français n’est pas la langue officielle. Au tournant du millénaire, ce pays demeurait également le plus francophone d des Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO) avec 25% de locuteurs francophones et la langue de Voltaire demeurait la langue étrangère la plus pratiquée en milieu scolaire. Pourtant, on note déjà le succès croissant et rapide de l’anglais, notamment dans l’enseignement secondaire. L’ouverture de la Roumanie à différents réseaux mondiaux (commerciaux, politiques mais aussi culturels voire éducatifs) où l’anglais est la langue la plus souvent utilisée, renforce cette dynamique favorable à la pratique de la langue de Shakespeare et peut constituer une menace pour la francophonie dans ce pays. Un premier axe de travail de ce colloque se dessine ainsi autour de l’évolution récente de la francophonie en Roumanie dans ce contexte général de globalisation économique et culturelle et d’ouverture de ce pays à l’Occident à la faveur de son insertion dans un ensemble d’institutions et la multiplication de réseaux transnationaux.

Parmi ces réseaux mondiaux, ceux de la coopération reliant la Roumanie à différents bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux ne dérogent pas au phénomène. Pourtant, l’importance des partenariats francophones de coopération au développement depuis la fin de l’ère communiste en Roumanie est assez manifeste. L’on songe ici aux coopérations « par le haut » (d’Etat à Etat, ambassades, etc.) mais aussi « par le bas » via les pratiques de coopération décentralisée à l’échelon communal (l’exemple de l’Opération Villages Roumains est bien connu) ou encore les activités des organisations non gouvernementales (ONG), des syndicats et associations diverses. Dans ce domaine, les partenariats francophones en Roumanie sont donc loin d’être négligeables mais confrontés à une situation très compétitive en regard de la vitalité des partenariats anglophones. Par ailleurs, aucun bilan ni aucune analyse n’ont encore été conduits sur l’importance des soutiens francophones aux acteurs de la société civile en Roumanie. La vitalité de la francophonie en Roumanie peut ainsi être abordée à partir d’un second axe relatif aux dynamiques actuelles de sa société civile. L’on cherchera ici à comprendre en quoi les acteurs de la société civile en Roumanie et les politiques de soutien accordées à ceux-ci peuvent jouer un rôle dans le rayonnement du français en Roumanie.

Depuis la chute du régime de Nicolae Ceausescu, les partenariats internationaux ont notamment favorisé le développement d’une certaine forme de société civile et plus singulièrement d’un nouveau secteur ONG. Selon la Fondation pour le Développement de la Société Civile située à Bucarest, on comptait, dix ans après la chute du régime communiste, plus de 19.000 organisatea neguvernamental. La floraison associative roumaine des années 90 a été abondamment étudiée, notamment par les travaux de la Fondation pour le Développement de la Société Civile et des chercheurs roumains ou étrangers. Ces études ont pu montrer l’importance quantitative de ce tissu associatif et la grande diversité des activités qui peuvent y être conduites. Elles ont également mesuré ses faiblesses telles que le processus de professionnalisation très sélectif et la forte dépendance aux réseaux de soutiens financiers et culturels des partenaires extérieurs (notamment, mais pas exclusivement, anglophones).

Dès à présent, deux questions se posent. Tout d’abord, en quoi les projets contemporains conduits par les organisations de la société civile impliquent-ils l’usage du français tant vis-à-vis des publics cibles (par exemple : cours de langue, échanges scolaires franco-roumains ou belgo-roumains, animations socioculturelles, etc.) que des partenaires (et bailleurs) étrangers. L’on sait l’importance de la relation quasi synonymique entre les termes « société civile » et « organisations non gouvernementales » en Roumanie. Nous n’entendons cependant pas nous limiter aux seules ONG au sens belge ou français. D’une part, parce que le vocable ONG recouvre une réalité plus extensive en Roumanie qu’en Belgique ou en France (en regroupant en fait toutes formes associatives n’ayant pas pour origine supposée une initiative directe du gouvernement) et d’autre part parce que, en dehors des associations ONG roumaines, d’autres organisations de la société civile comme les syndicats par exemple ont également bénéficié du soutien de leurs homologues belges ou françaises. Ensuite, du point de vue des pays francophones partenaires, en quoi les stratégies de soutien aux organisations de la société civile favorisent-elles l’usage et l’épanouissement de la langue française en Roumanie. C’est donc sur base d’un regard croisé sur la vitalité de la francophonie et des organisations de la société civile et pratiques de partenariats avec les OSC roumaines, que nous invitons les participants de ce colloque (chercheurs et enseignants issus de différentes disciplines : sociologie, anthropologie, sciences politiques, économie, linguistiques, histoire, mais aussi acteurs de la société civile roumaine ou d’un pays francophone partenaire) à travailler.

Nous voudrions, à la faveur de nos réflexions, développer une analyse concertée entre chercheurs, praticiens, responsables politiques roumains et ressortissants de pays francophones partenaires sur les dynamiques particulières des partenariats associatifs dans ce double contexte de « boulimie associative » postcommuniste et de menace supposée pour la francophonie en Roumanie, en dépit du caractère francophone du pays réaffirmé par l’organisation récente du Sommet de la Francophonie à Bucarest en 2006.

Cette rencontre a pour ambition de lancer une véritable dynamique de recherches autour de l’enjeu que peuvent représenter les OSC roumaines comme levier de diffusion de la francophonie en Roumanie. Ce colloque se veut tout à la fois scientifique (par la participation de chercheurs universitaires), « civique » (par la participation d’acteurs des sociétés civiles roumaine et de pays francophones) et politique en cherchant à interpeller les autorités locales sur cette thématique.

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Appel à contribution complet joint à ce message.

Vos propositions de communication sont attendues pour le 15 mars 2008. Nous vous demanderons de nous faire parvenir une note de 3000 caractères (espaces compris) comportant outre le texte, son titre, votre nom, votre position institutionnelle et vos coordonnées professionnelles.

Coordonnées utiles pour l’envoie de vos propositions :
Gautier Pirotte, Chargé de cours, Gautier.Pirotte@ulg.ac.be (Institut des Sciences Humaines et Sociales, Université de Liège, Boulevard du Rectorat 7, 4000 Liège, Belgique)
ou
Professeur G. Poede, Poede@uaic.ro (Département de Sciences Politiques, Université A.I. Cuza,Bulevardul Carol I, Nr.11, 700506
Iasi, Roumanie)

Lieux

  • Roumanie, Université A.I. Cuza
    Iassy, Roumanie

Dates

  • samedi 15 mars 2008

Mots-clés

  • société civile, francophonie, roumanie, postcommunisme

Contacts

  • Gautier Pirotte
    courriel : Gautier [dot] Pirotte [at] ulg [dot] ac [dot] be
  • Georg Poede
    courriel : Poede [at] uaic [dot] ro

Source de l'information

  • Gautier Pirotte
    courriel : Gautier [dot] Pirotte [at] ulg [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Société civile et francophonie en Roumanie contemporaine », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 09 janvier 2008, http://calenda.org/194156