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Aristote, l'intelligence et Dieu

Série de conférences de la Chaire Etienne Gilson

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Publié le jeudi 10 janvier 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

La conception de Dieu qu’élabore Aristote fait appel à des concepts et des thèmes fondamentaux qui comptent parmi les plus difficiles et les plus controversés. L’articulation de ces thèmes et de ces concepts dans son œuvre n’en est pas moins d’une extraordinaire rigueur, révélant une profondeur et une patience qui méritent la plus grande attention critique, par-delà les préconceptions. Au cœur de l’enquête se découvre l’intelligence, sous des jours différents et complémentaires qui seront détaillés dans les six conférences.

Annonce

 

Aristote, l'intelligence et Dieu

Série de conférences de la Chaire Etienne Gilson

«Si nous devons accorder à qui que ce soit le titre du plus grand métaphysicien, pour la pénétration du génie, l’apport général des connaissances, le stimulant de l’ascendance métaphysique, nous devons choisir Aristote». Le fait qu’Aristote ait «jugé nécessaire de compléter sa métaphysique par l’introduction d’un Premier Moteur – Dieu», s’avère d’autant plus «important dans l’histoire de la métaphysique», qu’«en sa considération de cette question métaphysique, il était tout à fait impartial; et il est le dernier métaphysicien européen de première importance à propos duquel on puisse avancer cela». Ces remarques de Whitehead revêtent une pertinence accrue aujourd’hui, où l’accès de la raison humaine à Dieu est mis en question de manière diverse et renouvelée.

La conception de Dieu qu’élabore Aristote fait cependant appel à des concepts et des thèmes fondamentaux qui comptent parmi les plus difficiles et les plus controversés. L’articulation de ces thèmes et de ces concepts dans son œuvre n’en est pas moins d’une extraordinaire rigueur, révélant une profondeur et une patience qui méritent la plus grande attention critique, par-delà les préconceptions. Au cœur de l’enquête se découvre l’intelligence, sous des jours différents et complémentaires qui seront détaillés dans les six conférences.

21 janvier 2008
Première leçon
PARCOURS DE LA «MÉTAPHYSIQUE» JUSQU’À DIEU

Qu’est-ce que la métaphysique selon Aristote ? Quelle est cette science «sans nom», science recherchée (zêtoumenê), qu’Aristote désigne lui-même tantôt sous le nom de «philosophie première», tantôt sous celui de «théologie»? Quel en est le véritable sujet ? Comment comprendre la phrase maintes fois réitérée, to on legetai pollachôs, «l’étant se dit de plusieurs façons»? Qu’est-ce que la substance (ousia) ? Comment expliquer que, si l’on respecte l’ordre traditionnel des livres composant ce que la tradition a convenu d’appeler la «Métaphysique», cet ouvrage débouche sur le livre Lambda (ou livre XII), dans lequel il est à nouveau question de substance d’abord, puis de Dieu acte pur et «Pensée de la Pensée» ?

22 janvier 2008
Deuxième leçon
DIEU COMME «PENSÉE DE LA PENSÉE»

La description qu’offre Aristote de la vie divine comme une noêsis noêseôs, «Pensée de la Pensée», fait de prime abord difficulté, comme le montre une part trop grande de la littérature spécialisée qui, ainsi qu’on l’a fait observer à juste titre, «prête un air d'absurdité superflue à tout le traitement», en inventant «une sorte de Narcisse céleste», parfaitement caricatural. Le ridicule de cette représentation anthropomorphique était pourtant déjà bien rendu par un texte des Magna Moralia que Pierre Aubenque a excellemment mis en relief. L'innovation d'Aristote suscite au contraire des questions philosophiques d’une exceptionnelle profondeur.

23 janvier 2008
Troisième leçon
LA CAUSALITÉ DIVINE

De ce qu'Aristote marque avec insistance, dès Lambda 7, la primauté du Bien et donc de la finalité, faut-il déduire que la première cause motrice dont il parle n'ait dès lors aucun titre à d'autres formes de causalité, notamment celui de cause efficiente? Cette question a suscité au dix-neuvième siècle et chez nos contemporains un débat aussi passionné que celui qu’aura provoqué le concept de noêsis noêseôs. La tâche est rendue malaisée par trois confusions malheureusement fréquentes, alors que ses propres propos ne prêtent à aucune équivoque. C’est ce qu’il s’agit de montrer, avant d’esquisser un résumé général de la causalité divine telle qu’il la formule et l’établit au moyen d’arguments.

28 janvier 2008
Quatrième leçon
L’INTELLIGENCE, L’INTELLECTION ET LA CONTEMPLATION

Il faut réexaminer les propos lumineux d’Aristote sur l’intellect humain dans le De Anima, et en particulier les conséquences qu’il en tire, dont l’immortalité. Un chapitre relativement méconnu, touchant l’intellection des indivisibles, y jette une lumière inédite sur la «Pensée de la Pensée». Que dire, d’autre part, de l’idéal de vie contemplative tel que présenté dans l’Éthique à Nicomaque X, 6-8, voire de ces lignes sur notre intelligence : «on peut même penser que chaque homme s’identifie avec cette partie même, puisqu’elle est la partie fondamentale de son être, et la meilleure» (1178 a 2-3)?

29 janvier 2008
Cinquième leçon
DIEU SOUVERAIN BIEN

Aristote explique que la source première de tout devenir est non seulement immobile, «éternelle, substance et acte»; elle est en outre principe indivisible de toute intelligibilité, c'est-à-dire le premier intelligible, et principe de tout bien, c'est-à-dire le bien ou le beau par excellence : non seulement to on kalon, «bien réel», mais le premier d'entre eux et par conséquent le meilleur ou le plus parfait, qui meut «à la façon de l’être aimé» (kivei dê hôs erômenon). On n’a pas assez observé à quel point le livre Lambda de la «Métaphysique» marque la prééminence du Bien dans la détermination de l’être de Dieu.

30 janvier 2008
Sixième leçon
CONCLUSION GÉNÉRALE

Il s’agit de rassembler les différents éléments de réflexion puisés chez Aristote au cours des cinq conférences précédentes, de manière à dégager de son œuvre l’extraordinaire cohérence des conceptions, des définitions et des arguments convergeant vers une meilleure saisie de la nécessaire existence de Dieu, certes, mais aussi de quelques aspects de son être qui apparaissent dès lors accessibles à l’intelligence humaine.

Catégories

Lieux

  • Institut Catholique de Paris, Faculté de Philosophie. 21 rue d'Assas, 75006 Paris
    Paris, France

Dates

  • lundi 21 janvier 2008
  • mardi 22 janvier 2008
  • mercredi 23 janvier 2008
  • lundi 28 janvier 2008
  • mardi 29 janvier 2008
  • mercredi 30 janvier 2008

Mots-clés

  • Dieu, Aristote

Contacts

  • Valérie Delobel
    courriel : philosophie [at] icp [dot] fr

Source de l'information

  • Valérie Delobel
    courriel : philosophie [at] icp [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Aristote, l'intelligence et Dieu », Séminaire, Calenda, Publié le jeudi 10 janvier 2008, http://calenda.org/194165