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Publié le lundi 14 janvier 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Nombreux sont les travaux de recherche qui ont questionné la valeur et la fonction de l'absence dans les phénomènes liés à la médiation et plus précisément, à la médiation de la culture : absence d’objet (Marin, 1993), absence de mot (Barthes, 1970), absence de sens (de Certeau, 1990). Ce colloque se propose d’aborder la médiation de la culture à travers le prisme de l’absence et de faire du couple présence / absence la clé de voûte de l’étude de la médiation de la culture. Il permettra ainsi d’aborder sous un jour novateur des questions fondamentales liées aux modalités d’existence des objets culturels et des acteurs de la culture, ainsi qu’à la circulation des savoirs culturels.

Annonce

Déjà plus, déjà là : la présentification et l'institution culturelle

Colloque international
Ville de Québec (Québec, Canada) 5 et 6 mai 2008
Dans le cadre du 76e congrès de l’Acfas (Association francophone pour le savoir)

Appel à communications

Le programme international conjoint de doctorat en Muséologie, médiation, patrimoine de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et de l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse (UAPV) a le plaisir de vous inviter au colloque pluridisciplinaire Déjà plus, déjà là : la présentification et l’institution culturelle. Il aura lieu les 5 et 6 mai 2008, dans le cadre du 76e congrès de l’ACFAS et se tiendra dans la ville de Québec (Canada).

Nombreux sont les travaux de recherche qui ont questionné la valeur et la fonction de l’absence dans les phénomènes liés à la médiation et plus précisément, à la médiation de la culture : absence d’objet (Marin, 1993), absence de mot (Barthes, 1970), absence de sens (de Certeau, 1990). Ce colloque se propose d’aborder la médiation de la culture à travers le prisme de l’absence et de faire du couple présence / absence la clé de voûte de l’étude de la médiation de la culture. Il permettra ainsi d’aborder sous un jour novateur des questions fondamentales liées aux modalités d’existence des objets culturels et des acteurs de la culture, ainsi qu’à la circulation des savoirs culturels.

Mise en présence, présentation et représentation sont trois phénomènes qui fonctionnent ensemble. Dans ces trois cas, il s’agit de porter en présence quelque chose qui n’est plus, un objet, un contexte, un savoir et « maîtriser sa perte » (Marin, 1993). On appellera « présentification » les liens qui unissent ces trois phénomènes et on dira que celle-ci se définit comme une mise en présence observable, produisant une forme de savoir construit autour des modalités de la présentation.

Parler de la présentification et de l’institution culturelle, c’est questionner des interactions : il s’agit d’étudier d’une part la façon dont l’institution rend présents des objets (œuvre / savoir / concept), et d’autre part la façon dont elle use de cette mise en présence pour (re)penser et (re)définir sa nature et sa fonction sociale. En effet, si la présentification est pensée comme un processus conduisant à faire exister l’objet en tant qu’objet culturel, il convient d’interroger le sens que prend cette opération pour l’institution comme pour ses publics.

En adoptant une approche pluridisciplinaire, on limitera cette étude à l’univers socioculturel occidental contemporain. On proposera trois axes de réflexion qui articulent les questions sur la présentification :

- Objet présent et présence d’objets : rendre présent un objet, c’est lui conférer une présence ou une matérialité qui en fait un artefact, un objet, du matériel concret observable. On questionnera ainsi les modalités de présence des objets. On insistera notamment sur la présentification d’objets a priori absents. En effet, le « culturel » se compose de plus en plus d’objets qui par leur nature (éphémère, intangible, etc.) ou leurs caractéristiques physiques (volume, localisation géographique, etc.), ne peuvent pas, a priori, être présents dans les espaces de présentation proposés par les institutions culturelles. C’est le cas par exemple des nouvelles formes d’art contemporain telles que le net art, le land art ou le happening ou de l’ensemble de ce que l’on appelle le patrimoine immatériel.

à Comment organise-t-on la présence de ces objets ? Quels savoirs construit-on autour d’eux et quelles relations lient ces objets aux savoirs construits ? Quel est le statut de ce savoir.

- Le processus de présentation : présenter un objet consiste à la fois à montrer l’objet et à proposer un métadiscours sur la manière dont l’objet peut être regardé. Ce point de vue organisé à partir de l’objet est une proposition émanant de l’institution culturelle qui, du même coup, se présente elle-même. Il existe ainsi d’innombrables manières de présenter l’objet qui articulent autant de stratégies d’énonciation et de modalités d’existence des institutions culturelles dans le monde social de la culture.

à Au-delà des représentations qu’elle mobilise sur l’objet, la présentification ne convoquerait-elle pas aussi un savoir sur l’institution (son identité, sa fonction), sur la culture et le rapport à la culture ? Comment comprendre, dans ce cas, que l’on ne cesse de (re)penser la présentation de l’objet ? Et quelles sont les limites et la portée de ces différents (re)positionnements stratégiques des acteurs de la culture ?

- Prendre la mesure des représentations : les publics, à travers leurs pratiques culturelles, construisent des représentations liées aux objets, aux savoirs véhiculés, à l’institution et plus généralement à la culture. Destinataires des médiations culturelles, ils sont de plus en plus étudiés, évalués, catégorisés. Les institutions culturelles sont entièrement tournées vers ce groupe qui semble sceller, par leurs pratiques, la réussite ou l’échec de leurs propositions culturelles.

à Comment parviennent-ils à (re)constituer du sens à partir de la présentation des objets ? Comment les publics intègrent-ils les savoirs mobilisés pour construire leurs représentations ? Comment mesurer les effets de la présentification à partir des publics et sur les publics ? Faudrait-il les faire participer aux processus de mise en présence et de présentation des objets ?

Informations pratiques

Le colloque, organisé sur 2 jours, comprendra trois séances plénières réservées aux communications qui seront introduites par une séance inaugurale ou par une table ronde réunissant universitaires et professionnels. Une visite du LAMIC (Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture) de l’Université Laval, organisée par son directeur Philippe Dubé, est aussi prévue.

Les propositions de communication (250 mots), accompagnées d’un court CV, devront être envoyées au plus tard le 05 février 2008 à l’adresse suivante : acfas2008.museologie@gmail.com.

Elles comprendront :
- le nom du chercheur et ses coordonnées,
- le nom de l’université d’appartenance,
- le titre de la communication,
- l’indication de l’axe de réflexion choisi, parmi les trois proposés,
- un résumé de 250 mots.

Après lecture par le comité scientifique, les réponses aux propositions seront adressées par courrier électronique à la mi-février 2008.

Les communications retenues ne devront pas dépasser 15 minutes. Une version écrite de votre communication comptant environ 20 feuillets de 1750 signes devra être déposée le jour du colloque en vue d’une éventuelle publication.

Pour de plus amples informations, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : acfas2008.museologie@gmail.com

Le comité d’organisation

Yves Bergeron (UQAM)
Amélie Giguère (UQAM-UAPV)
Camille Jutant (UQAM-UAPV)
Marie Elizabeth Laberge (UQAM-UAPV)
Marie Lavorel (UQAM-UAPV)
Gaëlle Lesaffre (UQAM-UAPV)
Hécate Vergopoulos (UQAM-UAPV)

Le comité scientifique

Yves Bergeron (UQAM)
Stéphane Dufour (Université de Bourgogne)
Emilie Flon (UAPV)
Daniel Jacobi (UAPV)
Bernard Schiele (UQAM)

Lieux

  • Institut national de la recherche scientifique (INRS)
    Québec, Canada

Dates

  • mardi 05 février 2008

Mots-clés

  • représentations, institutions culturelles, pratiques

Contacts

  • Gaëlle Lesaffre
    courriel : gaelle [dot] lesaffre [at] univ-avignon [dot] fr

Source de l'information

  • Gaëlle Lesaffre
    courriel : gaelle [dot] lesaffre [at] univ-avignon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Déjà plus, déjà là : la présentification et l'institution culturelle », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 14 janvier 2008, http://calenda.org/194194