AccueilÉclairage sur l’engagement associatif des ONG russes et post-soviétiques auprès des ministères de force

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Publié le mercredi 16 janvier 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Ce numéro vise à faire le point sur l’engagement associatif des ONG russes et post-soviétiques auprès des ministères dits « de force » (MO, MVD, ministère de la Justice…), dans des secteurs tels que la justice (la prison, les détenus, la réforme judiciaire…), la police (les brutalités policières…), l’armée (la violence, les vétérans et leur prise en charge…), le contrôle des frontières (l’immigration…) etc

Annonce

Appel à contributions – Numéro 9, Décembre 2008

Date limite de soumission des articles : 15 juin 2008

Éclairage sur l’engagement associatif des ONG russes et post-soviétiques auprès des ministères de force

A l’époque soviétique, en l’absence d’associations autonomes, les seuls témoignages indépendants sur les ministères de force passaient par les dissidents, victimes de leurs agissements. A la chute de l’URSS, deux évolutions concomitantes ont eu lieu : l’ouverture des administrations de force vers la société (avec le thème du « contrôle civil » sur l’armée, par exemple, très populaire à la fin des années 1980) et la création de nombreuses associations indépendantes souhaitant travailler en coopération avec les ministères de force. Aujourd’hui, 20 ans après la perestroïka, où en sont ces relations ? Comment ont-elles évolué ? Figurent au cœur de nos préoccupations l’analyse empirique du contenu du travail de ces associations, mais aussi l’interaction-même des ONG et des ministères de force, - deux axes que ce numéro souhaite explorer.

Autre thème d’intérêt, les ONG dont la création a été à des degrés divers « sucitée » et dont le travail peut être « orientée » par les administrations elles-mêmes, notamment par la réactivation de la notion du « contrôle civil », sur l’armée ou sur la police par exemple, mais aussi plus généralement sur le thème des droits de l'Homme.

La revue invite donc les chercheurs en sciences sociales à soumettre articles et interviews en profondeur de membres des ONG, tout autant que de leurs partenaires au sein des ministères de force (membre des différentes administrations : chef de police, directeurs de prison par exemple....) notamment sur le travail effectué en commun et sur le regard qu’ils portent sur cette coopération.

Les éditeurs souhaitent encourager une comparaison entre le travail des ONG des grandes villes et celles installées dans des villes de province (comparaison par exemple Moscou / Saint-Pétersbourg avec les ONG de Province - Nijni-Novgorod, Ekaterinbourg etc.…) dans la mesure où les petites associations n’ont pas en principe les mêmes latitudes et les mêmes moyens que les grandes.

Un article introductif faisant le point sur l’engagement associatif en Russie en général est vivement souhaité par l’éditeur du numéro.

Les articles et interviews pourront couvrir (entre autres), les thèmes suivants :

La question de l’accès des ONG aux ministères de force

Comme nous l’avons mentionné précédemment, les conditions de travail des ONG deviennent plus ardues. Elles subissent des attaques de différentes formes. Un nouveau texte de loi réglementant le travail des ONG est entré en vigueur en avril 2006, il impose le réenregistrement de l’ensemble des associations russes et internationales existantes, et le renforcement des contrôles administratifs. On est donc en présence d’une loi générale à leur égard qui se durcit. Qu’en est-il des ONG qui travaillent avec les ministères de force ? Sont-elles susceptibles de pâtir de cette loi davantage que les associations ne travaillant pas dans ces domaines ? Ou sont-elles au contraire protégées par les fonctionnaires qu’elles fréquentent ? Force est de constater que si les ONG font preuve de ténacité, elles réussissent à se faire enregistrer et à exister. Nombreuses sont les relations personnelles qui se maintiennent et permettent un travail que pourraient envier bien des pays occidentaux. En conséquence, on se demandera si l’accès ou le non-accès des ONG aux ministères de force traduit ou non la politique de l’État russe vis-à-vis des associations.

Les relations des ONG avec l’administration : nature des liens / repenser ces liens

Les activités menées par les ONG indépendantes avec les ministères de forces empruntent des formes variées (séminaires de formation, diffusion de publications, échange d’information…). On étudiera les niveaux de coopération très différents qui se mettent en place avec les administrations concernées (prisons, forces armées, police etc.…). Les logiques d’approche, de contournement et de coopération seront prises en compte. Il s’agira de comparer les discours et la pratique et de voir si le succès de ces relations dépend ou non des relations interpersonnelles.

Analyse du discours des ONG sur leur mission

Quels types de discours les ONG produisent-elles sur leurs activités? Comment définissent-elles leurs objectifs pratiques, ainsi que le lien entre ces derniers et les valeurs générales défendues ? Quelle vision développent-elles de leur impact sur le changement politique ? En quoi consistent les éventuels conflits entre ONG, s’expliquent-ils par des différents idéologiques, des questions d’approche, des rivalités interpersonnelles ? Le passé intervient-il dans la légitimation des ONG ? Comment s’opère la référence à des modes de contestation apparus à la fin de la période soviétique ? La référence au passé se manifeste-t-elle par la présence de témoins et d’acteurs, par la revendication d’une tradition contestataire, par des modalités d’action particulières, par une lecture particulière du politique ? Quelles personnalités sont considérées comme des pères fondateurs ? Observe-t-on au contraire un rejet de cette période, ou son cantonnement à de simples effets comiques ?

Les liens transnationaux.

En quoi consistent les liens établis entre les ONG russes et les ONG internationales dans le domaine de la coopération avec les ministères de force russes ? Dans quelle mesure la spécificité de cette activité suscite-t-elle des tensions avec les partenaires étrangers ? Comment fonctionnent les filiales des ONG transnationales et comment adaptent-elles les objectifs globaux à la réalité du terrain ? Comment se caractérisent les interactions entre les ONG russes liées aux ONG transnationales et les ONG russes sans de tels contacts : coopération / conflit, égalité / hiérarchie ?

Les motivations des ministères de force à la coopération avec des ONG

On explorera également les motivations des représentants des ministères de force à la coopération avec les ONG locales et internationales (voyages à l’étranger, modernité, perspectives d’avancement ?).

Les formes institutionnalisées de coopération avec les ministères de force

Enfin, on se penchera sur les tentatives de l’État de mettre en place des formes institutionnalisées de coopération avec les ministères de force avec la création de plateformes sociales, de la chambre sociale (Obshchestvennaia Palata), la réactivation d’associations pro-gouvernementales tenant lieu de « courroies de transmission » entre les ministères de force et la société (GONGOs comme le Conseil des parents de militaires). Il s’agira d’analyser dans quelle mesure ces nouvelles institutions gouvernementales empruntent aux pratiques soviétiques et dans quelle mesure elles les modernisent.

Dates

  • dimanche 15 juin 2008

Mots-clés

  • Russie, ONG, Ministères de forces, engagement associatif

Contacts

  • Elisabeth Sieca-Kozlowski
    courriel : elisabeth [dot] kozlowski [at] ehess [dot] fr

Source de l'information

  • Elisabeth Sieca-Kozlowski
    courriel : elisabeth [dot] kozlowski [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Éclairage sur l’engagement associatif des ONG russes et post-soviétiques auprès des ministères de force », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 16 janvier 2008, http://calenda.org/194206