AccueilLa Turquie est-elle euro-compatible ?

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Publié le samedi 19 janvier 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Il s'agit d'une journée d'étude consacrée à la Turquie et à l'Europe. Elle réunit des politistes et des géographes à l'Université Bordeaux 3. Elle s'inscrit dans le cadre des activités du programme quadriennal de la Maison des Sciences de l'Homme Aquitaine.

Annonce

Dans le cadre du projet de recherche PPF du contrat quadriennal MSHA 2007-2010 « Marges, mémoire et représentations des territoires européens »
Coordinateur du projet : Alain Viaut, CNRS UMR 5222 EEE

Thématique « Statut et représentations des marges européennes »
Coordonné par Gilles Lepesant et Françoise Rollan CNRS UMR 5222 EEE

Journée d’étude "La Turquie est-elle euro-compatible ?"

4 février 2008

9h-17h
Salle Jean Bordes
Maison des Sciences de l’Homme Aquitaine - Pessac
organisée par André-Frédéric Hoyaux (Université Bordeaux 3, ADES) et Nicolas Monceau (IEP Grenoble, PACTE, Groupe d’études sur la Turquie et l’Europe-GRETE)
Contact : Nicolas Monceau (E-mail : nmonceau@yahoo.com)

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Introduction

* 9h00-9h15 André-Frédéric Hoyaux (Université Bordeaux 3, ADES)

A l’heure où la Turquie en tant qu’Etat, mais aussi en tant que nation, demande son entrée dans la Communauté Européenne, il est intéressant d’analyser les formes de crispation, voire de rejet dont elle semble l’objet de la part des opinions publiques européennes. A partir des discours d’acteurs politiques, tout pays et toute tendance confondue, il est intéressant de mettre en perspective les débats houleux qui surgissent entre ceux qui sont favorables et ceux qui sont défavorables à cette entrée de la Turquie dans l’Europe politique. Ce séminaire analysera à la fois les matériaux existants tout en ouvrant sa réflexion à de nouvelles constructions méthodologiques.

Les représentations de l’Europe en Turquie

Président de Séance : Gilles Bertrand (IEP Bordeaux, SPIRIT)

* 9h15-10h30 Nicolas Monceau (IEP Grenoble, PACTE, GRETE)
Une approche comparée des attitudes des élites et des citoyens de Turquie

Cette présentation se propose d’appréhender les représentations de l’Europe en Turquie à travers une approche comparée des attitudes des élites et des citoyens turcs. Pays candidat à l’adhésion à l’Union Européenne, la Turquie connaît une montée de l’eurospecticisme depuis quelques années. En s’appuyant sur les résultats d’une enquête quantitative pionnière réalisée en langue turque auprès de plus de mille représentants des élites de Turquie dans le cadre d’un travail de thèse, ainsi que sur les données des grandes enquêtes internationales réalisées en Turquie, cette présentation abordera plusieurs dimensions du rapport à l’Europe. Dans quelle mesure les élites et les citoyens turcs soutiennent-ils l’adhésion de leur pays à l’Union européenne ? Quelles sont les conceptions dominantes de l’Europe parmi les élites et les citoyens de Turquie ? Quelle est la place du sentiment identitaire européen en Turquie ?

Frontières terrestres, frontières mentales

Président de séance : André-Frédéric Hoyaux (Université de Bordeaux3, ADES)

* 11h-12h15 Gilles Bertrand (IEP de Bordeaux, SPIRIT)
La «ligne verte» à Chypre : frontière entre l'Union européenne et la Turquie ?

Ligne de cessez-le-feu depuis 1974 entre, d'une part la zone sud sous contrôle de la république de Chypre et, d'autre part la zone nord occupée par l'armée turque, la «ligne verte» n'a pas le statut juridique de frontière, mais si elle l'est de facto. La Turquie considère cependant qu'il s'agit de la frontière entre la République turque de Chypre-Nord (RTCN) qu'elle seule reconnaît, et «l'administration chypriote grecque» qu'elle refuse de reconnaître comme étant la république de Chypre. L'adhésion de la république de Chypre à l'Union européenne a modifié cette donne : toute l'île est, en principe, dans l'Union européenne, mais l'acquis communautaire ne s'applique qu'à la zone sud, tandis que la zone nord est toujours une «zone grise» que l'UE cherche à aider tout en évitant tout mouvement pouvant aboutir à la reconnaissance internationale de la RTCN. L'armée turque continue d'occuper la zone nord, faisant de la «ligne verte» un obstacle majeur à l'adhésion de la Turquie à l'UE. Pourtant, depuis l'ouverture partielle de la ligne en avril 2003, et le soutien de la Turquie au plan de réunification des Nations unies, la «ligne verte» constitue aussi un point d'échange, d'interface, UE-Turquie. L'avenir de cette ligne, sa consolidation ou sa disparition, conditionne en partie l'adhésion de la Turquie à l'UE.

Les représentations de la Turquie en Europe

Président de séance : Olivier Costa (SPIRIT, IEP de Bordeaux)

* 14h-15h15 Bruno Cautrès (CEVIPOF) et Nicolas Monceau (IEP Grenoble, PACTE, GRETE)
La place des facteurs géographiques et historiques dans les débats publics sur l’identité européenne de la Turquie

Durant les dernières années, l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne a soulevé de nombreux débats publics, parfois polémiques, dans les Etats membres de l’Union. La question de l’identité européenne de la Turquie a été plus particulièrement discutée dans ses dimensions géographique, historique et culturelle. Cette présentation se propose d’appréhender les représentations de l’Europe chez les citoyens européens à travers une prise en compte de la place respective des facteurs géographiques et historiques dans les débats publics sur l’identité européenne de la Turquie.

Les représentations de la Turquie en France

Président de séance : Bruno Cautrès (CEVIPOF)

* 15h30-16h15 André-Frédéric Hoyaux (Université Bordeaux 3, ADES)
De la Naturalisation des argumentaires autour de la question de l'entrée de la Turquie dans l'Europe

Cette communication rendra compte des premières analyses faites autour des argumentaires produits par les acteurs politiques et scientifiques dans les médias écrits autour de la question de l'entrée de la Turquie dans l'Europe. De façon préliminaire, nous avons reconnu cinq principaux types d’argumentations qui sont soit présentés comme des naturalités indépassables soit comme des leviers à de futurs projets: géographiques (les limites de l’Europe), démographiques (une population qui serait la plus importante de la Communauté Européenne), sociologiques (la place de l’homme et de la femme dans la société, un monde essentiellement rural, les mentalités), culturels (une civilisation byzantine et une religion musulmane) et politiques (gestion des droits des minorités, reconnaissance des Etats ou nations périphériques ou internes, géopolitique) évidemment, ces types d arguments sont le plus souvent interconnectés entre eux.

Une fois cette typologie mise en exergue, il est intéressant de comprendre à travers ces systèmes d’argumentation, leur logique énoncée et cachée, leur fil directeur et leur contradiction interne, leur utilisation tout à la fois rationalisante (la réalité des chiffres qu ils soient plus ou moins transformés ou inventés) et subjective (l’imaginaire collectif comme prérequis démocratique). D’une certaine manière, il faut comprendre en quoi ces systèmes d’argumentation sont liés à une idéologie sous-jacente qui confère à la Turquie le rôle d’objet territorial total et univalent, que l’on doit donc ou non refusé en bloc. Car l’objectif de l’argumentaire politique est alors de minimiser, de négliger, de niveler toute forme de diversité sociale, de différence spatiale au sein de l’Etat-nation turque, pour mieux cautionner un choix clair et définitif. Au-delà, c'est aussi de rendre toutes les formes de procédures politiques (ceux qui théoriquement relèvent de choix responsables) comme relevant de processus naturels sur lesquels l'homme ne pourrait rien !

Perspectives

* 16h15-16h30 André-Frédéric Hoyaux (Université Bordeaux 3, ADES)

Au-delà des diverses approches exposées lors de cette journée, l’intérêt de l’étude sera de jauger la part de conformation de la population à ces différents types de discours du politique. Des perspectives de mises en place d’entretiens approfondies auprès des populations pourraient être un bon moyen d'approfondir les démarches entamées soit par Eurostat, soit par l'interprétation des argumentations développées par les élites. L’idée serait de mettre en perspective la ou les principale(s) préoccupation(s) énoncée(s) par l’opinion publique, celle(s) qui est (sont) pertinentes dans la construction d’un sens commun par rapport à la question turque.

A partir de ces deux champs d’analyse, il sera pertinent de comprendre les formes d’interdépendance, voire de tautologie qui surgissent entre ce que les politiques prennent pour de l’opinion constituée une et indivisible (aller dans le sens de la subjectivité des masses que les sondages produisent) et ce que l’opinion prend elle pour une argumentation politique construite (tendre vers l objectivation élaborée par les politiques dans les médias). De cet éclairage, on pourra alors repérer en quoi un système idéologique se bricole à travers les médiations discursives produites au sein de son contexte territorial, dans ses multiples formes de relations à l altérité (peur ou désir de l’autre, de la différence, etc.).

Lieux

  • Salle Jean Bordes, Maison des Sciences de l’Homme Aquitaine, Pessac
    Bordeaux, France

Dates

  • lundi 04 février 2008

Mots-clés

  • Turquie, Europe, représentations

Contacts

  • Nicolas Monceau
    courriel : nicolas [dot] monceau [at] u-bordeaux [dot] fr

Source de l'information

  • Nicolas Monceau
    courriel : nicolas [dot] monceau [at] u-bordeaux [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La Turquie est-elle euro-compatible ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le samedi 19 janvier 2008, http://calenda.org/194227