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Le monologue contre le drame ?

Colloque international

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Publié le mardi 22 janvier 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

L’objet de ce colloque est d’interroger les constituants du monologue à travers les siècles (du théâtre antique au théâtre contemporain), de mieux saisir à la fois les enjeux d’une forme (le monologue dans le drame et le drame dans le monologue) mais aussi de cerner quelle perception du personnage se dégage de cette parole individuelle, quel rapport à l’autre se dessine et quelle place est accordée au spectateur dans cette forme de confrontation.

Annonce

Le monologue contre le drame ?

Université d’Artois, Arras, 12-13-14 mars 2008

Coordonné par Françoise Heulot-Petit
Equipe d’accueil « Textes et cultures », axe « Praxis et esthétique », Université d’Artois.

Texte de présentation

Le monologue est souvent considéré dans la réflexion critique sur le drame comme une forme par défaut, une tentation à laquelle il ne faut pas succomber. Le dialogue est l’élément constitutif du drame, la base solide du conflit intersubjectif. La théorisation classique du drame voit en partie le monologue comme une tentation du lyrisme ou de l’épique, qu’il faut éviter au nom de la vraisemblance et de la pureté générique. Il est donc récusé, sauf à être investi de fonctions précises de préparation, de commentaire ou d’explicitation de l’action dramatique dialoguée. Pourtant, le monologue prend progressivement, et surtout à partir de la fin du XIXème siècle, une place plus importante au sein du drame. Quand les dialogues se vident de leurs contenus dialogiques, les personnages s’enferment dans des monologues parallèles, qui parfois se croisent de manière presque arbitraire. Le monologue contamine l'échange intersubjectif et renvoie chacun à son ressassement solitaire d’un passé et d’une histoire personnelle. Dans la dramaturgie contemporaine, le personnage raconte encore et se raconte mais la dimension lyrique ronge l'épique et le récit s’effrite. Le drame subsiste mais transformé, la parole prend en compte une structure musicalisée.

L’autre tentation du monologue est portée par la tension interne qu’il propose à l’auteur, depuis le théâtre antique et les monologues du Moyen-âge jusqu’aux dramaturgies contemporaines. Parole d’une seule coulée qui se déverse, parole polyphonique, le monologue fait entendre des mots pris en charge par une seule instance énonciative qui peut se faire plurielle dès lors qu’elle convoque d’autres paroles passées. Cette relation à l’autre introduit un mouvement et conserve la dimension dramatique suscitée par la présence effective de l’autre -le public- ou la simulation de la présence (par un système d’adresses). L’action perdure grâce à la lutte instaurée dans la parole. Dans la pièce monologuée contemporaine, cette lutte s’inscrit entre soi et l’autre en soi. Ce dédoublement constitue un conflit porteur de tensions. Face à la révélation qui peut devenir provocation, le public éprouve sa place.

Ainsi, qu’il soit un moment isolé dans une pièce dialoguée ou un long temps de parole dans une pièce monologuée, le monologue est une prise de parole individuelle dans le lieu apparemment vide de la scène. Cette solitude est le temps d’une mise à nu qui donne à voir une forme d’identité. Mais le monologue questionne tout aussitôt l’autre, celui auquel le solitaire s’adresse. Le monologue reste soliloque, parole pour soi ou devient dialogue avec Dieu, avec l’autre absent, ou avec l’autre en soi, repoussant les frontières de l’altérité. La représentation de la solitude se fait donc un lieu d’observation de l’articulation du moi et du monde.

L’objet de ce colloque est d’interroger les constituants du monologue à travers les siècles (du théâtre antique au théâtre contemporain), de mieux saisir à la fois les enjeux d’une forme (le monologue dans le drame et le drame dans le monologue) mais aussi de cerner quelle perception du personnage se dégage de cette parole individuelle, quel rapport à l’autre se dessine et quelle place est accordée au spectateur dans cette forme de confrontation.

La question du drame est encore un moyen aujourd’hui d’interroger le théâtre et de trouver des repères pour analyser des formes hétérogènes. Si l’étude du dialogue s’est révélée fructueuse, en particulier ces dernières années, celle du monologue ouvre encore aujourd’hui des perspectives multiples.

Programme prévisionnel du colloque

Mercredi 12 mars 2008 (matin)

9h00 : Accueil des participants

9h30 : Ouverture du colloque par Christian Morzewski (président de l’Université), Francis Marcoin (directeur de « Textes et Cultures ») et Françoise Heulot-Petit (coordinatrice du colloque).

Séance plénière 1 (Président de séance : Françoise Heulot-Petit)

10h00 : Françoise Dubor : « Le monologue, propositions de définitions »

10h30 : Bernard Faivre : « ‘‘Ils me regardent tous, et se mettent à rire’’ ou le monologue de la connivence refusée »

11h00 : Discussion

11h15 : Pause

Séance plénière 2 (Président de séance : Bernard Faivre)

11h30 : Christophe Triau : « Les visionnaires : un adieu à l’identité tautologique et excessive du personnage ? »

12h00 : Claudine Nédelec : « De la bouffonnerie à la peinture des moeurs : le monologue comique au XVIIe siècle »

12h30 : Discussion

12h45 : Déjeuner au restaurant universitaire

Mercredi 12 mars 2008 (après-midi)

Séance plénière 3 (Président de séance : Mireille Losco-Léna)

14h15 : Christophe Bident : « Construction et déconstruction du monologue : l’exemple de Médée-Matériau : Müller, Vassiliev, Dréville »

14h45 : Discussion

15h00 : Pause

Session parallèle A (15h20 – 17h30) Président de séance : Claudine Nédelec

- 15h20 : Lucie Thévenet : « Le monologue ‘‘dramatisé’’ : l’expression du mouvement dans les premiers vers des prologues divins d’Euripide »

- 15h40 : Clothilde Thouret : « Le nom perdu de l’action (Hamlet, III, 1, ‘‘To be or not to be’’) : de quelques ‘‘expériences de la subjectivité’’ en monologue dans la première moitié du XVIIe siècle (Angleterre, Espagne, France) »

- 16h00 : Discussion et pause

- 16h30 : Ioana Galleron : « Le monologue chez Destouches et la ‘‘comédie moralisatrice’’ »

- 16h50 : Discussion

Session parallèle B (15h20 – 17h30) Président de séance : Mireille Losco-Léna

- 15h20 : Alice Folco : « Un monologue en trompe l'œil: L'Après-midi d'un faune de Mallarmé »

- 15h40 : Adélaïde Jacquemard: « Le monologue chez Claudel et Maeterlinck : pour un renouveau dramatique? »

- 16h00 : Discussion et pause

- 16h30 : Pierre Longuenesse : « Dialogues de soliloques, monologues dialogués : L’exemple de A Full Moon in March (Pleine lune de Mars), de W.B. Yeats (1935) »

- 16h50 : Yannick Hoffert : « Le monologue dans le théâtre de Jean Vauthier »

- 17h10 : Discussion

- 18 h 00 : Spectacle L’histoire du tigre (Dario Fo) par la compagnie Plastilina (Théâtre, Maison de l’étudiant de l’Université d’Artois)

- 19h00 : Diner (sur inscription)

Jeudi 13 mars 2008 (matin)

Séance plénière 4 (Président de séance : Geneviève Jolly)

- 9h30 : David Bradby : « Monologue/ jeu contre le drame »

- 10h : Joseph Danan: « L’envers du monologue »

- 10h30 : Discussion

- 10h45 : Pause

Séance plénière 5 (Président de séance : Jean-Pierre Ryngaert)

- 11h00 : Mireille Losco-Léna : « Les solos de Valletti : une danse sur le fil »

- 11h30 : Cyril Desclés : « Le monologue comme assise du drame ? L'exemple du théâtre de Bernard-Marie Koltès »

- 12h00 : Discussion

- 12h15 : Déjeuner au restaurant universitaire

Jeudi 13 mars 2008 (après-midi)

Séance plénière 6 (Président de séance : Joseph Danan)

- 13h45 : Jean-Pierre Ryngaert : « Le dialogue des monologues : questions de mise en scène »

- 14h15 : Irène Roy : « Monologue et crise identitaire : émancipation du sujet et relation à l’autre »

- 14h45 : Discussion

- 15h00 : Pause-café

Session parallèle C (15h30 – 17h30) Président de séance : Christophe Triau

- 15h30 : Karine Laffont : « Le monologue: de la parole au chant. Une exacerbation du lyrisme »

- 15h50 : Marie-Isabelle Boula de Mareuil : « Les ‘‘chants’’ de la désolation dans Où vas-tu Jérémie ? de Philippe Minyana »

- 16h10 : Discussion et pause

- 16h30 : Marie Vandenbussche : « Un Jour en été de Jon Fosse : monologue intérieur et drame mystique »

- 16h50 : Maéna Py : « Benjamin Britten ou la tentation du monologue : mettre en scène la parole sur la scène lyrique contemporaine »

- 17h10 : Discussion

Session parallèle D (15h30 – 17h30) Président de séance : Geneviève Jolly

- 15h30 : Isabelle Barberis : « COPI- CRESSOLE : le monologue extérieur de la "folle" »

- 15h50 : Cécile Falcon : « ‘‘Irriguer l’oreille’’ : monologues et ‘‘dires’’ chez Abdelkader Alloula »

- 16h10 : Discussion et pause

- 16h30 : Véronique Bontemps : « Le labyrinthe intérieur de l’être : le soliloque ou l’incapacité à communiquer »

- 16h50 : Lucie Robert : « Dire ses propres mots. Le monologue au féminin »

- 17h10 : Discussion

- 19h30 : Dîner au restaurant « Le Clusius » (Arras) (sur inscription)

Vendredi 14 mars 2008 (matin)

Séance plénière 7 (Président de séance : Françoise Dubor)

- 9h30 : Gérard Thiériot : « Ni monologue, ni dialogue : déstructurer la prise de parole pour libérer la parole. Elfriede Jelinek et le théâtre ‘‘postdramatique’’ »

- 10h00 : Chantal Hébert : « Le solo lepagien. Monologue postdramatique? »

- 10h30 : Discussion

- 10h45 : Pause

Session parallèle E (11h00 – 12h00) Président de séance : David Bradby

11h00 : Edwige Perrot : « Acteur charnel / Partenaire virtuel. Entre partition monologique pour acteur et spectacle non-monologique pour spectateurs : l’altérité en jeu grâce aux nouvelles technologies »

11h20 : Nélida Michaud : « Le monologue chez José Sanchis Sinisterra : quête de renouveau dramatique et Esthétique de la Réception. »

11h40 : Discussion

Session parallèle F (11h00 – 12h00) Président de séance : Irène Roy

11h00 : Anne Pellois : « En Quête du TG STAN : ‘‘Je n’attends pas vraiment de réponses à ces questions, mais si vous voulez y répondre, vous faites comme vous voulez hein…’’ »

11h20 : Stéphane Hervé : « Politique du monologue »

11h40 : Discussion

12h00 : Apéritif de clôture

Composition du comité scientifique du colloque

  • David Bradby, Professeur, Université de Londres Royal Holloway.
  • Joseph Danan, Maître de conférences, Université Paris III Sorbonne Nouvelle.
  • Françoise Dubor, Maître de conférences, Université de Poitiers.
  • Bernard Faivre, Professeur, Université Paris X Nanterre.
  • Françoise Heulot-Petit, Maître de conférences, Université d’Artois.
  • Geneviève Jolly, Maître de conférences, Université Marc Bloch – Strasbourg II
  • Mireille Losco-Léna, Maître de conférences, Université Stendhal Grenoble III
  • Claudine Nédélec, Professeur, Université d’Artois.
  • Irène Roy, Professeure, Université Laval, Québec.
  • Jean-Pierre Ryngaert, Professeur, Université Paris III Sorbonne Nouvelle.
  • Jean-Pierre Sarrazac, Professeur, Université Paris III Sorbonne Nouvelle.
  • Christophe Triau, Maître de conférences, Université Paris VII Diderot.

Catégories

Lieux

  • Université d'Artois, Arras, Bâtiment des Arts
    Arras, France

Dates

  • mercredi 12 mars 2008
  • jeudi 13 mars 2008
  • vendredi 14 mars 2008

Mots-clés

  • monologue, drame, théâtre

Contacts

  • David Hannedouche
    courriel : David [dot] Hannedouche [at] univ-artois [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Françoise Heulot-Petit
    courriel : francoise [dot] heulot [at] voila [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le monologue contre le drame ? », Colloque, Calenda, Publié le mardi 22 janvier 2008, http://calenda.org/194255