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Le souci du droit. Où en est la théorie critique ?

Colloque international du réseau

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Publié le jeudi 31 janvier 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Nous nous intéresserons de manière à la fois historique et contemporaine à l'émergence d'une attitude critique en droit et à l’actualité d’une théorie critique dans des domaines d’études aussi variés que le droit international, les études féministes, les études sur la culture, les minorités, etc. qui mettent en avant, respectivement ou de manière croisée, des formes de domination relevant aussi bien de la domination de classes, de genre que de race.

Annonce

Le souci du droit. Où en est la théorie critique ?

Colloque international organisé par l'Université Paris VII - Denis Diderot (Centre de Sociologie des Pratiques et Représentations Politiques), l'Université Paris VIII - Vincennes/Saint Denis (Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie), le Collège International de Philosophie.
Avec le soutien de l'Agence Universitaire de la Francophonie.
16 et 17 octobre 2008 à Paris - Université Paris VII - Denis Diderot

Nul ne peut nier que la réflexion sur le droit ait été, et continue d’être, l’un des centres d’intérêt les plus productifs de la philosophie ou de la sociologie politique. Cette préoccupation pour le droit, révélatrice d’un phénomène qu’on peut considérer comme spécifique d’une certaine « modernité », s’est largement concentrée sur les conditions de la préservation des droits subjectifs dans le cadre des processus de légitimation propres aux démocraties. Or cette approche, à partir de cette tradition de la pensée de l’Etat de droit, a pu conduire à une dépolitisation du droit dans le mouvement même qui s’en saisissait pour en consacrer la valeur absolue. Difficile alors, dans ce contexte de sacralisation du droit, de penser une théorie critique qui en proclame la part nécessairement politique. Nous nous proposons donc dans ce colloque de réfléchir sur la théorie critique en droit dans l’acception que lui donne l’Ecole de Francfort, à savoir une démarche soucieuse d’articuler les concepts fondamentaux de la philosophie aux recherches empiriques propres à la sociologie, et ce dans une perspective d’émancipation, dénonçant les différentes formes de domination. Au-delà de la simple restitution de ces contributions historiques à la théorie du droit, c’est ce qu’on pourrait appeler l’esprit de la Théorie Critique que nous aimerions mettre en avant : il s’agira, de ce point de vue, de voir la manière dont certaines traditions de philosophie et de sociologie juridique et politique se sont inspirées soit de la démarche de l’Ecole de Francfort, soit encore de ses conclusions, pour renouveler la question du souci du droit dans des contextes et des problématiques économiques, sociales et politiques actuelles. En quoi consiste alors ce parti pris « critique » des études sur le droit ? Comment se traduit-il ? A-t-il prioritairement pour objet la production d’une théorie matérialiste du droit ? Ou s’agit-il simplement d’une théorie du droit réfléchissant sur ses propres conditions d’énonciation à des fins de légitimation ?

Pour répondre à ces questions il conviendra peut-être de saisir la critique hors du simple champ épistémologique pour lui faire recouvrir tout son sens pratique et donc politique. Si en effet la pensée critique est un mode de compréhension de la réflexivité - nécessairement hétéronome parce qu’elle s’applique à ce dehors qui la constitue - alors elle doit s’atteler à dénoncer l’injustice sociale et les formations idéologiques qui maintiennent cette dernière. Ainsi, au-delà de l’opposition simpliste entre positivisme et criticisme, il s’agira dès lors de s’interroger sur l’actualité d’une attitude critique en droit qui compte déjà quelques antécédents théoriques bien précis comme les travaux des juristes de gauche de la République de Weimar, dont une partie (notamment Rusche et Kirchheimer) donnera lieu à des études longtemps sous-estimées en France, mais aussi comme l’école dite des Critical Legal Studies à partir des années 1980, aux Etats-Unis, et dont l’usage fécond de la déconstruction derridienne inaugura ensuite d’autres traditions critiques en droit comme celle proposée par la Critical Race Theory. Nous nous intéresserons donc de manière à la fois historique et contemporaine à cette émergence et à l’actualité d’une théorie critique en droit dans des domaines d’études aussi variés que le droit international, les études féministes, les études sur la culture, les minorités, etc. qui mettent en avant, respectivement ou de manière croisée, des formes de domination relevant aussi bien de la domination de classes, de genre que de race.

Organisation : Anne Kupiec, Ninon Grangé, Julie Saada, Hourya Bentouhami

Les propositions d’intervention, d’une vingtaine de lignes environ, pourront aborder l’une ou l’autre perspective suggérée dans l’argumentaire (une présentation historiographique ou une orientation plus contemporaine de la théorie critique en droit) et devront nous parvenir avant le 5 mars 2008 à l’adresse suivante : bhourya@hotmail.com

Catégories

Lieux

  • Université Paris VII - Denis Diderot
    Paris, France

Dates

  • mercredi 05 mars 2008

Mots-clés

  • théorie critique

Contacts

  • Hourya Bentouhami
    courriel : bhourya [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Hourya Bentouhami
    courriel : bhourya [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le souci du droit. Où en est la théorie critique ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 31 janvier 2008, http://calenda.org/194314