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Publié le vendredi 01 février 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Et si notre savoir nous aveuglait sur la réalité marchande ? Lorsque nous cherchons un bon roman, un bon film, vin, restaurant, médecin ou avocat, nous ne doutons pas que ces pratiques familières et répétées ne relèvent d’une connaissance sérieuse. Et, cependant, ces produits culturels, ces services professionnels personnalisés et, plus généralement, tous ces produits ici assimilés à des singularités, caractérisés par la valeur symbolique et par l’incertitude sur la qualité, restent étrangement indéterminés. Leur marché conserve tout son mystère. Telle est l’origine de l’économie des singularités.

Annonce

Socio-économie des usages numériques

Coordination Fabien Granjon, Alexandre Mallard, Kevin Mellet, Julia Velkovska

Lucien Karpik, École des Mines de Paris
L’économie des singularités

Et si notre savoir nous aveuglait sur la réalité marchande ? Lorsque nous cherchons un bon roman, un bon film, vin, restaurant, médecin ou avocat, nous ne doutons pas que ces  pratiques familières et répétées ne relèvent d’une connaissance sérieuse. Et, cependant, ces produits culturels, ces services professionnels personnalisés et, plus généralement, tous ces produits ici assimilés à des singularités, caractérisés par la valeur symbolique et par l’incertitude sur la qualité, restent étrangement indéterminés. Leur marché conserve tout son mystère.

Telle est l’origine de l’économie des singularités. Comme système d’analyse, elle est organisée autour des deux principes généraux qu’impose le particularisme des marchés des singularités. D’une part, la nécessaire intervention, pour que l’échange puisse se former, des dispositifs de connaissance : les appellations, labels, marques, stars, marketing et promotion, critiques, prix littéraires ou cinématographiques, best-sellers, hit-parades ainsi que les réseaux. D’autre part, la primauté de la concurrence par les qualités sur la concurrence par les prix. La démarche s’oppose si frontalement à l’orthodoxie économique qu’elle appelle l’épreuve du réel. De là, des études concrètes qui portent aussi bien sur les dispositifs de connaissance, comme les guides (Michelin, Hachette, Parker), le Top 50 ou les réseaux, que sur les marchés : ceux des grands vins, par exemple, des films, des disques de variétés, des avocats et des médecins, des cours particuliers, des biens de luxe.

L’économie des singularités ouvre ainsi la voie à une connaissance nouvelle. Elle rejoint aussi une des grandes inquiétudes anthropologiques du temps associée aux menaces qui pèseraient sur les singularités. Mais, loin du fantasme, elle dispose des outils d’analyse pour prendre la mesure de la réalité de cette évolution, la rendre intelligible et, par là, la soumettre à l’action humaine.

Lucien Karpik, sociologue, a publié, dans la même collection, Les Avocats.
Entre l’État, le public et le marché, XIIIe–XXe siècle (1995).

Jeudi 21 février 2008 : 10h00-12h30

L’intervention sera commentée par Jean-Samuel Beuscart, économiste au laboratoire SENSE

Michel GENSOLLEN, ENST-Paris
Musique enregistrée et numérique : quels scénarios d'évolution de la filière ?

Jeudi 29 mai 2008 : 10h00-12h30

L’intervention sera commentée par Emmanuel Kessous, soio-économiste au laboratoire SENSE

À partir d’un travail d’enquête auprès d'acteurs de l’ensemble des segments de la filière française de la musique enregistrée, Marc Bourreau, Michel Gensollen et François Moreau ont entrepris de dégager sur un fond théorique de l’économie numérique plusieurs scénarios d’évolution de l’industrie des phonogrammes. Issus du croisement des effets économiques et d’usages de la dématérialisation des biens numériques et des logiques d’information sur ces biens, ces scénarios dessinent un cadre cohérent de l’évolution de la structure du marché et de la filière de la musique enregistrée, en réponse à la mutation qu’ils traversent.

David Stark, Columbia University
Searching Questions : Uncertainty, Inquiry, Heterarchy

Jeudi 5 juin 2008 : 10h00-12h30

L’intervention (en anglais) sera commentée par Alexandre Mallard, chercheur au laboratoire SENSE

Eric Macé, EHESS – Université Paris III
Pour une sociologie postcritique des médias

Jeudi 19 juin 2008 : 10h00-12h30

Alors que la question de la culture de masse a été au centre des préoccupations des chercheurs français à la fin des années 1950 et dans les années 1960 – notamment avec la création du Centre d’étude des communications de masse par Georges Friedmann, Roland Barthes et Edgar Morin –, cet objet a été ensuite délaissé, voire disqualifié, par une sociologie française de plus en plus dominée par la sociologie de Pierre Bourdieu, jusqu’au point d’orgue dénonciateur qu’a été en 1995 son livre Sur la télévision. Pendant ce temps, dans le reste du monde, s’effectuait un cultural turn qui, rompant avec le légitimisme culturel et la théorie critique héritée de l’école de Francfort, ouvrait de nouveaux horizons méthodologiques propices à l’exploration de ces formes contemporaines de représentations collectives que sont les imaginaires produits, à flots continus, et de façon de plus en plus transnationalisée, par les industries culturelles. Depuis une dizaine d’années, une nouvelle génération de chercheurs s’attache à la réévaluation de la tradition sociologique française postcritique (Edgar Morin, Alain Touraine, Bruno Latour) et à son rapprochement avec les propositions les plus récentes des cultural studies, des gender studies et des postcolonial studies. Dans le prolongement de ces recherches, Eric Macé présentera ses plus récents travaux dont l'objectif est de dégager les conditions d’une relance postcritique des recherches sur les industries culturelles, la sphère publique et les médiacultures.

L’intervention sera commentée par Fabien GRANJON, chercheur au laboratoire SENSE

Les séances ont lieu sur le site d’Orange Labs
38-40 rue du Général Leclerc, Issy-les-Moulineaux
M° « Mairie d’Issy », ligne 12
Réservation indispensable
Pour assister à ce séminaire, merci de vous inscrire auprès de Maryse Piart
maryse.piart@orange-ftgroup.com
L’accès au site d’Orange Labs nécessite le dépôt d’une pièce d’identité
Merci de vous présenter à l’accueil au plus tard à 9h45

Catégories

Lieux

  • site d’Orange Labs, 38-40 rue du Général Leclerc, Issy-les-Moulineaux, M° « Mairie d’Issy », ligne 12
    Issy-les-Moulineaux, France

Dates

  • jeudi 21 février 2008
  • jeudi 29 mai 2008
  • jeudi 05 juin 2008
  • jeudi 19 juin 2008

Mots-clés

  • économie des singularités, musique, TIC, numérique

Contacts

  • Maryse Piart
    courriel : marys [dot] piart [at] orange-ftgroup [dot] com

Source de l'information

  • Fabien GRANJON
    courriel : fabien [dot] granjon [at] orange-ftgroup [dot] com

Pour citer cette annonce

« Socio-économie des usages numériques », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 01 février 2008, http://calenda.org/194324