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Penser la modernité politique

Séminaire Cerphi-Sophiapol

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Publié le vendredi 01 février 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Le thème de ce premier semestre de travail sera introductif et transversal par rapport aux diverses questions qui pourront être par la suite abordées dans le cadre du séminaire. La modernité politique est loin d’être un concept clair. Pour certains elle naît avec les révolutions française et américaine. Pour d’autres elle est le fruit d’une rupture avec le monde médiéval consommée à partir de Machiavel. Pour beaucoup, elle est associée à l’avènement des valeurs démocratiques, et principalement de l’idée de liberté. Pour quelques autres, elle n’a pu advenir sans la contestation risquée des traditions intellectuelles soutenant un ordre établi.

Annonce

Séminaire d’histoire de la pensée politique

Organisation
Cerphi (ENS-LSH) & Sophiapol (Université Paris X – Nanterre)

Responsables du séminaire
Didier Ottaviani (Cerphi) et Christophe Miqueu (Sophiapol)

Problématique générale

Les études politiques ont de plus en plus communément tendance à aborder leur objet dans une perspective strictement analytique, abstraction faite d’un éclairage véritable de leur fondement historique. On célèbre le concept de tolérance sans toujours interroger précisément les luttes qui ont conduit à en imposer l’idée. On affirme l’existence de l’individu comme si son concept était fixé de toute éternité. On use beaucoup de l’idée de citoyenneté sans examiner l’histoire longue de ses transformations conceptuelles depuis l’Antiquité.

L’ambition de ce séminaire interdisciplinaire est de retrouver cet ancrage nécessaire, tout en restant profondément lié à tous les domaines de recherche qui interrogent le politique. Il s’agira précisément pour cela de ne pas réduire l’histoire de la pensée politique à la seule exégèse des textes passés et déjà consacrés par la philosophie politique, même si celle-ci sera bien sûr, au gré des interventions, convoquée. La pluralité des objets de recherche et des approches méthodologiques sera donc encouragée, sans qu’aucune démarche ne soit imposée, mais sans qu’aucune manière d’écrire l’histoire de la pensée politique ne soit non plus rejetée. Aussi, aucune école d’interprétation ne dominera le séminaire. Ce qui réunira ses participants sera le désir de progresser dans la compréhension de la pensée politique du passé en ce qu’elle nous aide à mieux saisir les nuances que renferme le présent.

À cette fin, le séminaire accueillera aussi bien de nouvelles interprétations de penseurs dit canoniques, que des interventions inédites consacrées à des penseurs moins (re)connus. Il n’hésitera pas non plus à s’ouvrir et à intégrer des lieux de recherches dont il peut arriver que l’histoire de la philosophie sous-estime l’intérêt heuristique. L’histoire des idées politiques par exemple, et notamment l’histoire de leur élaboration conceptuelle, y trouvera toute sa place. La méthodologie de type contextualiste qu’elle favorise y sera la bienvenue et permettra d’éclairer sous un autre jour la lecture des textes eux-mêmes et de comprendre les mutations conceptuelles qu’ils accompagnent. L’histoire des idéologies pourra elle-aussi trouver dans ce séminaire un lieu attentif d’expression. Sans qu’il s’agisse d’une orientation unique, l’histoire de la tradition de pensée républicaine euro-atlantique, au centre des débats anglo-saxons depuis plus de trente ans, pourra par exemple être travaillée dans le détail. Dans un même ordre d’idée, on n’hésitera pas à se focaliser sur l’histoire des pensées radicales et contestataires, tant du point de vue de leur évolution, de leur conception que de leur clandestinité. Plus globalement, l’intérêt qui sera conféré dans le cadre des travaux de ce séminaire aux diverses méthodes en histoire de la pensée politique rendra non seulement possible une approche transdisciplinaire de l’objet politique, mais également un aller-retour pertinent entre le moment présent et ses fondements passés. L’ouverture aux diverses approches de l’histoire intellectuelle qui permettent d’aborder le processus de création conceptuelle et de production textuelle en se fondant sur ses conditions d’élaboration, pourra ainsi permettre un tel dialogue interdisciplinaire.

Ce séminaire part donc du principe que l’histoire de la pensée politique ne peut être uniquement abordée sous le prisme des penseurs et des systèmes théoriques qui la font évoluer. Elle implique de porter également notre attention sur la formation et la diffusion des idées, sur les luttes intellectuelles et les débats controversés qu’elles engendrent. Pour autant, il ne s’agira pas de tomber dans l’écueil inverse qui consiste à rejeter la lecture interne des œuvres au profit d’une seule approche externaliste surplombante. L’enjeu de ce séminaire sera au contraire d’essayer de rendre compte de la multiplicité des approches et de la pluralité des objets, en décloisonnant les disciplines tout en ne cherchant pas à imposer une méthode, en ne négligeant aucune des difficultés historiographiques qui s’imposent à celui qui s’efforce de rendre raison d’une genèse passée tout en ayant en permanence la réflexion politique contemporaine dans son champ de vision. Lieu de présentation et de discussion à la fois de recherches en cours et d’ouvrages récemment publiés, ce séminaire sera ouvert à l’actualité de la recherche internationale.

1er semestre 2008

Thème : Penser la modernité politique

Le thème de ce premier semestre de travail sera introductif et transversal par rapport aux diverses questions qui pourront être par la suite abordées dans le cadre du séminaire. La modernité politique est loin d’être un concept clair. Pour certains elle naît avec les révolutions française et américaine. Pour d’autres elle est le fruit d’une rupture avec le monde médiéval consommée à partir de Machiavel. Pour beaucoup, elle est associée à l’avènement des valeurs démocratiques, et principalement de l’idée de liberté. Pour quelques autres, elle n’a pu advenir sans la contestation risquée des traditions intellectuelles soutenant un ordre établi. Au cœur de l’opposition entre conservateurs et progressistes, et bien sûr anciens et modernes, se trouve souvent une manière de se définir ou de se penser comme proposant à ses contemporains une modernité nouvelle. Il en résulte diverses manières de concevoir la modernité politique, des manières officielles, et des manières proscrites, si bien que l’histoire de son avènement progressif – si tant est que cette idée elle-même ne soit pas contestable – n’est en rien celle d’un cheminement continu et linéaire sans heurt ni conflit.

Mais le concept n’en est alors que plus imprécis, tant les contenus qu’il peut véhiculer sont variés. On en vient à s’interroger sur sa pertinence et à se demander s’il est vraiment opératoire. Il s’agira donc de revenir sur les conceptions de la modernité politique en prenant soin de bien souligner ces complexités et les ambiguïtés qui en résultent. On ne cherchera pas à définir a priori ce qu’est la modernité politique, ni à adopter une position de surplomb par rapport à son histoire, mais au contraire, on s’efforcera de prendre en considération ses expressions plurielles et ses modes de constitution complexes.

Programme

- 13 février, 17-19h, Université de Nanterre, salle L 206
Comment penser la modernité politique ? Le modèle TTC
Conférencier : Pierre-François Moreau (Professeur, ENS-LSH)
Président de séance : Christian Lazzeri (Professeur, Université Paris X - Nanterre)

- 12 mars, 17-19h, Université de Nanterre, salle L 206
Que font les historiens de l'État moderne ?
Conférencier : Jean-Frédéric Schaub (Directeur d’études, EHESS – Oxford)
Président de séance : Robert Damien (Professeur, Université Paris X - Nanterre)

- 09 avril, 17-19h, Université de Nanterre, salle L 206
La conscience d’historicité des modernes
Conférencier : Alexandre Escudier (Chargé de recherche, CEVIPOF)
Président de séance : Gérard Raulet (Professeur, Université Paris – Sorbonne)

- 14 mai, 17-19h, Université de Nanterre, salle L 206
Les métamorphoses de la légitimité démocratique
Conférencier : Pierre Rosanvallon (Professeur, Collège de France)
Président de séance : Alain Caillé (Professeur, Université Paris X - Nanterre)

Lieux

  • Université Paris X
    Nanterre, France

Dates

  • mercredi 13 février 2008
  • mercredi 12 mars 2008
  • mercredi 09 avril 2008
  • mercredi 14 mai 2008

Mots-clés

  • histoire, pensée politique, modernité

Contacts

  • Christophe Miqueu
    courriel : cmiqueu [at] yahoo [dot] fr
  • Didier Ottaviani
    courriel : ottaviani [at] cerphi [dot] net

URLS de référence

Source de l'information

  • Christophe Miqueu
    courriel : cmiqueu [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Penser la modernité politique », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 01 février 2008, http://calenda.org/194326