AccueilL’émergence : des trajectoires aux concepts

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Publié le jeudi 14 février 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Cette manifestation est organisée pour permettre aux chercheurs de présenter et de discuter de leur recherche sur les thématiques de l’émergence. Une place privilégiée sera accordée aux questionnements sur la notion d’émergence en tant que catégorie d’analyse, sur la pluralité des trajectoires d’émergence et sur les enjeux nouveaux qu’elle soulève. L’objectif central est de contribuer à interroger la notion d’émergence et à rendre compte de la variété des trajectoires socio-économiques et socio-politiques de l’émergence dans ses différentes dimensions : institutionnelle, politique, économique, sociale et environnementale.

Annonce

Appel à communication / Call for papers

Le Gretha-UMR 5113 (Université Montesquieu Bordeaux 4), l’UR 023 (Institut de Recherche pour le Développement et Université Montesquieu Bordeaux 4) et le Réseau Esope (Emergences sociopolitiques et économiques)

GREThA (CNRS Mixed Unit 5113, University of Bordeaux), Research Unit 023 (Institute of Research for Development, Univ. of Bordeaux), and Esope Network (Socio-politic and economic emerging processes)

Organisent le Colloque International

L’émergence : des trajectoires aux concepts
The emerging process: from trajectories to concepts

Bordeaux les 27 et 28 novembre 2008

Bordeaux (France), November, 27th and 28th, 2008.

à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine

10, Esplanades des Antilles - 33607 PESSAC
(Campus de l’Université de Bordeaux 4 – Montesquieu)

Cette manifestation est organisée pour permettre aux chercheurs de présenter et de discuter de leur recherche sur les thématiques de l’émergence. Une place privilégiée sera accordée aux questionnements sur la notion d’émergence en tant que catégorie d’analyse, sur la pluralité des trajectoires d’émergence et sur les enjeux nouveaux qu’elle soulève.

This conference is dedicated to academic works on emerging process in transition and development countries. A special attention is given to that emerging process as a new notion within the literature on economic development, but also as a bundle of various dynamic paths of development. The contradictions and the new challenges it brings with it are also questioned.

Émergence : des trajectoires au concept ?

La catégorie des « émergents » s’impose depuis quelques années comme une référence courante des travaux sur le développement. Les mutations rapides en Chine et la montée en puissance sur la scène mondiale d’acteurs d’envergure comme le Brésil, l’Inde ou la Russie ajoutent à la notion d’émergence un contenu économique, technologique et même politique qui dépasse les changements d’ordre financier que désignaient les marchés dits « émergents » au début des années quatre-vingt-dix. S’il est relativement aisé et courant de désigner des « pays émergents », force est de constater la diversité et la labilité des critères mobilisés pour en délimiter de façon rigoureuse l’ensemble, si tant est même que ce soit possible. Les propositions de regroupement (CNUCED, SFI, CEPII, etc.) rassemblent ainsi des pays très différents du point de vue de leur rythme de croissance, de leur degré de libéralisation financière, du poids de l’Etat ou de leur ouverture internationale, de la place du secteur industriel dans la structure productive, de leur capacité à innover, ou de leur influence dans les « arènes » internationales.

A l’initiative du GREThA UMR 5113 et de l’UR 023-IRD de l'Université Montesquieu Bordeaux 4, mais également du réseau ESOPE, il est proposé de mettre en discussion le thème de l’émergence à l’occasion d’un colloque international organisé en 2008. L’objectif central est de contribuer à interroger la notion d’émergence et à rendre compte de la variété des trajectoires socio-économiques et socio-politiques de l’émergence dans ses différentes dimensions : institutionnelle, politique, économique, sociale et environnementale. Il s’agit également d’opérer un retour critique sur « l’émergence » comme catégorie de classement, d’action et d’étude au sein de divers paradigmes analytiques du développement, en bref, de poser les questions de la pertinence conceptuelle du terme, de ses usages pratiques et de ses effets sur l’analyse du développement. En invitant à la production et à l’échange de points de vue complémentaires issus de la pluralité des disciplines en sciences sociales, les organisateurs souhaitent parvenir à un état des lieux empirique, conceptuel et théorique des trajectoires, conditions et effets de « l’émergence ». Sans exclusive, les questionnements peuvent être regroupés autour de trois grands thèmes.

Thème 1 :  Pertinence de la catégorie « émergence » ?

L’émergence, comme référence pratique, s’est généralisée au point qu’elle semble même s’être substituée à la notion de développement et s’être transformée en notion performative dans les discours de mobilisation politique de pays africains pourtant classés parmi les moins avancés. Pourtant la notion d’émergence, qualifiant de fait un ensemble de trajectoires de changement rapide conduisant à un dépassement des situations antérieures aux plans institutionnel, financier, productif, politique et/ou social, ne fait l’objet d’aucune définition claire et stabilisée et reste peu discutée dans la littérature académique.

Que recouvre le qualificatif d’émergent ? Qu’apporte-t-il de nouveau par rapport aux catégories existantes (NPI, pays à revenu intermédiaire) ? Peut-il alimenter une nouvelle théorie du changement et du développement ? Eclaire-t-il les changements majeurs qu’ont connus un petit groupe de pays en développement durant les quinze dernières années (financiarisation, libéralisation, changements institutionnels, constitution de capacités technologiques, insertion dans la mondialisation par la compétitivité et l’attractivité, fragilisation et instabilité) et de leurs conséquences (importantes réserves de change et indépendance financière croissante, parts de marché croissantes dans les échanges internationaux ; capacité à attirer les investissements et à s’insérer dans les chaînes de valeur globalisées, capacité à racheter des entreprises-fleurons et des groupes du Nord, capacités d’imitation et d’innovation) ? Ces mutations sont-elles réellement partagées par les pays dits émergents, contribuant à renforcer le long processus de différenciation de l’ex-Tiers-monde ?

Thème 2 : Trajectoires ou modèle d’émergence ?

Peut-on repérer un modèle d’émergence ou bien a-t-on affaire à une diversité irréductible de configurations institutionnelles, économiques et politiques ? Les « émergents » ont-ils seulement réussi à lever les freins à la croissance par une plus forte spécialisation industrielle, une plus large insertion dans les échanges mondiaux et par un afflux de capitaux étrangers, ou bien sont-ils parvenus à transformer cette croissance en développement grâce à d’autres changements plus qualitatifs (institutionnels, sociaux, politiques) ? Si tel est le cas, s’agit-il de formes nouvelles de développement ou retrouve-t-on, dans ces évolutions, des caractéristiques des expériences de pays plus anciennement industrialisés ? Y a-t-il un ou plusieurs modèles d’émergence ou chaque expérience de développement est-elle irréductible, idiosyncrasique ? L’échelle macroscopique couramment mobilisée pour désigner les « émergents » n’hypothèque-t-elle pas le repérage d’autres formes d’émergence, infranationales, sectorielles, partielles ? Au contraire, ne sous-estime-t-elle pas le rôle de dynamiques plus large de niveau supranational comme, par exemple en Asie du Sud-Est la croissance d’échanges intra-régionaux ? Comment caractériser et analyser les dynamiques des différentes configurations institutionnelles observables dans les pays émergents, en s’interrogeant notamment sur leur efficacité, leurs contradictions et leurs limites en matière de dynamique socioéconomique ?

Thème 3 :  Enjeux et contradictions de l'émergence

L’absence de définition claire et consensuelle de l’émergence, le contexte nouveau et la vitesse des mutations observables ouvrent à des questionnements problématiques nouveaux au regard de ceux qui ont accompagné la première génération d’économies à croissance rapide constituée par les NPI. Y a-t-il des effets de seuils et des points de retournement, des fragilités et des vulnérabilités propres aux modes de croissance, d’insertion commerciale et de financement qui caractérisent ces pays ? La croissance rapide associée à l’émergence ne porte-t-elle pas en elle-même ses propres limites lorsqu’elle génère des inégalités croissantes, des dynamiques d’informalisation et qu’elle coïncide avec une action correctrice limitée des Etats et une démocratie encore faible ? Les questions de la pression sur les ressources non renouvelables et sur l’environnement local et global, et de la durabilité sociale se posent-elles en des termes nouveaux du fait même de la rapidité des mutations en cours ? Comment penser les « paradoxes » qui paraissent caractériser les pays dits « émergents» : fermeture/protection de certains marchés intérieurs ; place toujours centrale de l’Etat mais aux fonctions modifiées ; faiblesse de la consommation intérieure et taux d’investissement élevé ; avantages comparatifs reposant à la fois sur des facteurs « performatifs » (réorganisations industrielles, changements de règles, institutions nouvelles, etc.) et sur des facteurs « régressifs » (travail précaire, surexploitation de la main d’œuvre, couverture médicale fragile, informalisation des activités de production et développement des activités de trafic) ? Comment l’émergence peut-elle modifier les relations internationales compte-tenu de l’influence grandissante de certains de ces pays dans les arènes internationales (Conseil de sécurité et agences de l’ONU, FMI et Banque Mondiale, négociations de l’OMC, réunions multilatérales sur la définition de normes) ?

Site internet de la Conférence / Conference Website
http://beagle.u-bordeaux4.fr/emergence/ 

Date limite de soumission des résumés : 17 mars 2008

Deadline for abstract submission: March 17, 2008

Les résumés (maximum de 1000 mots) doivent mentionner le titre de la communication, le nom des auteurs, leur affiliation, leurs adresses et e-mails et une courte bibliographie.

Abstract (maximum of 1000 words) should exhibit the communication title, the name(s) of the author(s), their affiliation, their postal and mail addresses, a short bibliography.

Réponse aux soumissions des résumés : 15 avril 2008
Abstract acceptation notification: April 15, 2008

Date limite d’envoi des communications complètes : 10 septembre 2008
Deadline for full text submission: September 10, 2008

Les soumissions sont à envoyer à:
All submissions should be e-mailed to: dalila.nicet-chenaf@u-bordeaux4.fr

Lieux

  • Pessac, France

Dates

  • lundi 17 mars 2008

Mots-clés

  • économie, émergence

Contacts

  • Dalila Nicet-Chenaf
    courriel : dalila [dot] nicet-chenaf [at] u-bordeaux4 [dot] fr

Source de l'information

  • Emmanuel Pasquier
    courriel : epasquier [at] mshparisnord [dot] org

Pour citer cette annonce

« L’émergence : des trajectoires aux concepts », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 14 février 2008, http://calenda.org/194391