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L'action violente en politique

Labellisations, division du travail, carrières

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Publié le mardi 19 février 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Enracinée dans des contextes d’action particuliers, la violence, qu’elle soit physique, matérielle, symbolique ou structurelle, est une pratique intrinsèquement relationnelle et subjectivement vécue. Si des critères ont pu être isolés pour définir la violence politique, ils restent imparfaits en ce qu’ils sont empreints d’une logique classificatoire euphémisée qui mène à ignorer certains phénomènes observables. L’approche qui met l’accent sur les effets politiques d’un acte violent plutôt que sur les intentions de l’auteur semble alors devoir être prise en compte car elle intègre un aspect majeur du problème : l’enjeu de la définition et des luttes de labellisation de l’acte par ses auteurs, ses victimes et des entrepreneurs de normes (politiques, journalistes, intellectuels etc.).

Annonce

Appel à communications

L'action violente en politique : labellisations, division du travail, carrieres

Journée d’étude de l’École doctorale de science politique  de l’Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne)
28 septembre 2008 à l’université Paris I

Enracinée dans des contextes d’action particuliers, la violence, qu’elle soit physique, matérielle, symbolique ou structurelle, est une pratique intrinsèquement relationnelle et subjectivement vécue (Braud, 1993). Si des critères ont pu être isolés pour définir la violence politique, ils restent imparfaits en ce qu’ils sont empreints d’une logique classificatoire euphémisée qui mène à ignorer certains phénomènes observables. L’approche qui met l’accent sur les effets politiques d’un acte violent plutôt que sur les intentions de l’auteur (Nieburg, 1969 ; Sommier, 1996) semble alors devoir être prise en compte car elle intègre un aspect majeur du problème : l’enjeu de la définition et des luttes de labellisation de l’acte par ses auteurs, ses victimes et des entrepreneurs de normes (politiques, journalistes, intellectuels etc.).

L’intérêt d’une approche combinée par les effets et par les intentionnalités réside alors dans la prise en compte qu’elle autorise, d’une part de ces entreprises de labellisation (auto/exo) et de leurs ratés (axe 1) et d’autre part des divers répertoires d’action (Tilly 1986, Traugott 1995) mis en œuvre ainsi que leurs effets sur les carrières individuelles des participants. La journée d’étude permettra donc également de rendre compte de la grande diversité des modus operandi à l’œuvre dans l’action politique violente. Ces répertoires d’action faisant l’objet, au sein des groupements considérés, de choix et de luttes, ils impliquent une division du travail interne au groupe, des rôles spécialisés, et des carrières individuelles variées (axe 2). Ces pistes de questionnement invitent à engager un dialogue pluridisciplinaire autour d’objets variés, mobilisant réflexion théorique et enquêtes de terrain approfondies.

Axe/atelier 1 : Luttes, enjeux et effets de labellisations

 La variabilité de la définition d’une situation et les luttes sur la réalité matérielle des faits cristallisent un récit dominant de l’action. Ce récit et les justifications normatives et pragmatiques de l’utilisation de la violence déterminent en partie l’image publique des organisations et de leurs mobilisations. La question de la définition de l’événement puis de sa labellisation comme acte violent et politique est centrale pour comprendre le recours à ce type de répertoire d’action. Selon les normes en vigueur dans un espace social donné, une même action ou un même auteur pourront être étiquetés différemment (légal/illégal, légitime/illégitime, rationnel/irrationnel, individuel/collectif, incontrôlé/commandité, etc.). Cette désignation peut faire l’objet de désaccords et de conflits entre différents acteurs. Ce questionnement doit donc nous orienter vers une étude processuelle de ces luttes de labellisation. De la capacité des acteurs à mettre en œuvre des stratégies de communication et à mobiliser des soutiens (médiatiques, scientifiques, intellectuels, juridiques et politiques) dépend pour une large part leur légitimité à utiliser un répertoire d’action violent. Cette légitimité détermine à son tour l’intensité des dispositifs de répression et les éventuelles suites judiciaires.

Axe /atelier 2 : Division du travail, répertoires d’action, carrières

 L’étude des répertoires d’action violents amène à s’interroger sur les processus d’adoption de ces derniers et les conditions de passage d’un répertoire non-violent à violent (ou inversement). Au-delà des luttes d’identifications des auteurs, il faut analyser comment s’effectue le partage des tâches entre les différents membres des organisations concernées. Il s’agit de comprendre quels sont les acteurs qui décident d’adopter un répertoire d’action violent, ceux qui l’exécutent, et selon quelles modalités. Cette dichotomie nous permet d’envisager l’institutionnalisation de « rôles spécialisés » dans l’exercice de la violence, selon la division du travail, avec acquisition de compétences et de savoir-faire violents. La question de l’exercice de l’autorité et des formes de contrainte qui pèsent sur les différents producteurs de la violence ne peut se comprendre sans une analyse des ressources mobilisables par les acteurs, qu’elles soient matérielles ou immatérielles. L’atelier sera aussi l’occasion de s’interroger sur les conditions spécifiques de l’engagement dans une action violente, de l'entrée à son maintien (volontaire et/ou sous la contrainte), jusqu’à la sortie en passant par d’éventuelles reconversions.

Calendrier et modalités de soumission

Cet appel s'adresse à tous les chercheurs en sciences sociales; les communications de jeunes chercheurs (doctorants et post-doctorants) sont particulièrement encouragées.

Propositions de communication 

Les propositions de communication pourront être rédigées en français ou en anglais. Un résumé de 2500 signes maximum, incluant la présentation du terrain et l'axe dans lequel s'inscrit la proposition, devra parvenir avant le 5 mars 2008 à l’adresse suivante : jed2008sorbonne@yahoo.fr.

Merci d'indiquer vos nom, prénom, statut, institution et coordonnées sur une page séparée, de manière à permettre une évaluation anonyme. Les décisions seront communiquées à la mi-mars 2008.

Textes des propositions retenues 

De 40 000 signes maximum (notes, annexes, bibliographie et espace compris), ils seront envoyés sous forme électronique (Word ou RTF) avant le 30 Mai 2008 à l’adresse suivante : jed2008sorbonne@yahoo.fr. Dans la mesure où les textes des communications seront mis en ligne, le respect de ce délai est impératif.

Déroulement de la journee  

La journée d’étude se déroulera en deux temps. Tout d’abord, la matinée sera consacrée à deux ateliers simultanés portant sur chacun des axes. Ensuite, une conférence plénière organisée l’après-midi permettra la confrontation des résultats des deux ateliers. 

Catégories

Lieux

  • Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
    Paris, France

Dates

  • mercredi 05 mars 2008

Mots-clés

  • violence, politique

Contacts

  • Guillaume Girard
    courriel : jed2008sorbonne [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Guillaume Girard
    courriel : jed2008sorbonne [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'action violente en politique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 19 février 2008, http://calenda.org/194423