AccueilDynamiques actuelles des espaces intermédiaires et périphériques en Europe

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Publié le samedi 23 février 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Cette seconde séance du séminaire-atelier s’inscrit directement dans le prolongement de la précédente séance : les interventions de Daniel Le Couedic et Catherine Guy y ont ouvert plusieurs pistes majeures d’exploration des différentes logiques constituant la condition péri/suburbaine, en particulier la question des représentations et des modèles activées à travers l’action tant des habitants que des décideurs, pouvoirs publics, dispositifs juridiques, en éclairant l’intensité des modèles idéologiques qui travaillent la dynamique des périphéries urbaines. C’est autour de ce chantier de réflexion – le séminaire étant organisé sur la forme de l’atelier, d’une réflexion partagée – que s’articuleront les interventions d’Anne Bossé, Laurent Devisme et Julien Delile, autour de deux axes de réflexion.

Annonce

Séminaire-atelier pluridisciplinaire

Séminaire à l’initiative du laboratoire RESO - ESO UMR CNRS 6590, soutenu par la MSHB (Maison des Sciences de l’Homme de Bretagne)

Seconde séance - jeudi 3 avril 2008, de 14h à 18h
Locaux de la MSHB à Rennes (Centre d’affaires, Gare Nord).

"Images des périphéries urbaines : de la métamorphose des mythologies pavillonnaires aux figures de la condition suburbaine"

Interventions de Laurent Devisme,
Enseignant-chercheur à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes
(Laboratoire LAUA – ENSAN)
Anne Bossé, Doctorante en géographie, (UMR Citeres - Tours).
Julien Delile, Chercheur en urbanisme, (Laboratoire LAUA – ENSAN)

1. Imagibilité des périphéries urbaines et métamorphoses des mythologies pavillonnaires.

Dans les années 1970, lorsque le phénomène dit de périurbanisation a commencé à prendre une ampleur européenne considérable, les premiers travaux de recherche qui s’y sont attachés se sont concentrés autour de l’analyse des dynamiques (et enjeux de maîtrise) foncières leurs coûts et leurs conséquences, puis, autour la production du logement (essentiellement le pavillon ou la maison dite "individuelle" renvoyant en réalité à l’unité / la structure atomique familiale). L’enjeu de cette production a été nourri par des études tant architecturale, sociale, que d’autres, nettement plus rares et par ailleurs très novatrices, sur leur représentation, les idéologies sous-tendant leur production. On pointe ici en particulier les travaux que Pierre Bourdieu et les Annales de la recherche en sciences sociales leur ont consacrés. Chemin faisant, ces travaux ont dégagé les ressorts de mythologies structurantes, travaillant le fond de ces trames idéologiques.
Plus de trente ans plus tard, on peut s’interroger sur ce qu’il en est devenu exactement concernant deux aspects. L’image des périphéries urbaines ne se construit-elle toujours qu’à partir d’un canal essentiel - la publicité - et un champ exclusif - la promotion immobilière et le monde du crédit ? Par ailleurs, que sont advenues les mythologies concernées ? Est-ce que les périphéries urbaines n’y sont toujours résumées comme par synecdoque (une figure de style qui résume un tout par une partie), par la maison autonome ? D’autres objets, cadres, éléments du décor viennent-ils désormais s’y substituer ?
Plus largement donc, derrière une persistance du phénomène, quelle structures se pérennisent, disparaissent ? Faut-il persister à penser les individus comme étant manipulés par ces imaginaires ? Sans capacité de prise ? Où mobilisent-ils eux même d’autres stocks, injectent-ils aussi d’autres sens que ceux qui ont pu être formatés, lus pour, mais aussi par eux ?

2. La condition suburbaine au défi de l’intervention urbanistique et de l’analyse scientifique : l’expérience de la « grande échelle ».

Le suburbain, une catégorie spécifique d’espace se situant aux marges intérieures ou extérieures des grandes agglomérations, pose simultanément un double défi.
Aux urbanistes et architectes, d’abord, celui de se constituer en tant que "territoires de projet" bien singuliers puisque leur existence reste souvent bien aléatoire quant à leurs possibles usages. Quel sens, par exemple, prend une réflexion sur l’espace public dans le cas de lotissements que leurs résidents n’investiraient que bien peu au-delà des limites de leur habitation ? De zones commerciales ? Puis, aux chercheurs et scientifiques : peut-on restituer de la même manière les processus propres à la fabrique urbanistique de ces espaces à partir des classiques analyses en termes de systèmes et jeux d’acteurs ?

C’est ce double éclairage d’une condition suburbaine plaçant ces espaces en situation tant de
dépendance que de possible distanciation, laissant place tant à des marges de contrainte que de manoeuvre, qui sera interrogé dans ce deuxième temps de la journée, à partir d’une expérience d’un programme de recherche, « l’Architecture de la grande échelle ».

Lieux

  • Locaux de la MSHB à Rennes (Centre d’affaires, Gare Nord)
    Rennes, France

Dates

  • jeudi 03 avril 2008

Mots-clés

  • périphéries, suburbain

Contacts

  • Marc Dumont
    courriel : marc [dot] dumont [at] uhb [dot] fr

Source de l'information

  • Marc Dumont
    courriel : marc [dot] dumont [at] uhb [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Dynamiques actuelles des espaces intermédiaires et périphériques en Europe », Séminaire, Calenda, Publié le samedi 23 février 2008, http://calenda.org/194447