AccueilLe conflit et sa représentation dans l’Antiquité

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Publié le mardi 26 février 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Depuis plus de vingt ans, de nombreux travaux ont été consacrés aux conflits entre les peuples et à ceux internes aux sociétés de la Méditerranée antique, afin d’en étudier les causes, les déroulements et les prolongements. Cette démarche historique, très fructueuse, a débouché sur une analyse de l’image que, dans la confrontation, l’on a de soi et de l’autre, le barbare mais aussi l’ennemi politique. Cette thématique, déjà bien traitée, invite à revenir sur le conflit en tant que tel, dont l’existence même à travers une expérience multiple a nourri à la fois la réflexion et l’imaginaire des Anciens.

Annonce

Colloque international, Montpellier

Le conflit et sa représentation dans l’Antiquité

Université Paul-Valéry Montpellier III,
13, 14 et 15 mars 2008

Depuis plus de vingt ans, de nombreux travaux ont été consacrés aux conflits entre les peuples et à ceux internes aux sociétés de la Méditerranée antique, afin d’en étudier les causes, les déroulements et les prolongements. Cette démarche historique, très fructueuse, a débouché sur une analyse de l’image que, dans la confrontation, l’on a de soi et de l’autre, le barbare mais aussi l’ennemi politique. Cette thématique, déjà bien traitée, invite à revenir sur le conflit en tant que tel, dont l’existence même à travers une expérience multiple a nourri à la fois la réflexion et l’imaginaire des Anciens.

La notion de conflit est assez complexe. Elle n’est pas strictement réductible à la violence, car le conflit prend des formes variées. Si elle recouvre bien sûr la guerre contre un ennemi extérieur, et la guerre civile, qui d’ailleurs peuvent interférer, elle ne s’y réduit pas : la cité et l’Etat sont aussi traversés par des querelles, des dissensions, des contestations et des oppositions. Le conflit se manifeste par la violence des comportements mais aussi des actes symboliques ou rituels (comme la déclaration de guerre) ou encore par la force des mots (blâme, invective). La confrontation est aussi celle qui existe entre deux personnes, et le conflit peut être intérieur, plaçant la conscience devant un dilemme.

La situation conflictuelle peut avoir des origines diverses. On s’intéressera ici en priorité aux causes politiques, idéologiques ou religieuses : qu’elle soit considérée comme un jeu d’intérêts ou inhérente à la nature humaine et ses passions, ou dépendant de la fatalité par un enchaînement de causes, ou encore en conséquence d’une faute originelle, elle est inséparable d’une certaine vision de l’homme pour comprendre sa propre violence vis-à-vis de l’autre.

Les Anciens éprouvent de façon permanente la réalité de la confrontation et en même temps ils cherchent à la contenir et à la transcender : les deux mouvements sont liés dans un mouvement dialectique complexe. Ils se comprennent en effet comme les étapes d’un processus qui contribue à la construction identitaire où chacun se construit par rapport à l’autre. Le conflit peut ainsi conduire à un dépassement qui prend de nombreuses formes, puisque, par exemple, Hésiode distingue une bonne et une mauvaise querelles. La confrontation peut aboutir à la victoire sur l’adversaire dont la situation de vaincu est assez diverse, à un niveau pratique et symbolique. Sont aussi recherchées des origines communes entre les peuples au départ hostiles, une entente et un consensus, un syncrétisme ou une acculturation, notions complexes dont les implications ne sont pas les mêmes selon le groupe concerné. Mais de ce modèle s’écartent aussi certaines conceptions sociales qui décrivent des mondes radicalement dépourvus de conflits ou au contraire fondamentalement marqués par ceux-ci, sans possibilité de dépassement et conduisant à la pensée de la destruction totale de l’humanité.

A travers ces éléments se dégage toute une problématique de la représentation du conflit comme composante de l’idéologie et de la dynamique sociale. Les sources nourrissant cette réflexion sont multiples et les genres, tout aussi variés : philosophie morale et historiographie, parole politique et éloquence, mythes et épopée, textes juridiques.

Cette question s’éclaire aussi des approches croisées de différents domaines : histoire, littérature, philosophie, linguistique et sémantique, histoire des religions, arts et archéologie, anthropologie. L’étude porte sur les mondes méditerranéens jusqu’au haut Moyen-Âge. Les régions périphériques sont également intégrées à la réflexion, dans la mesure où les contacts avec des peuples n’appartenant pas à la koinè gréco-romaine ont pu générer des approches spécifiques de la confrontation à l’autre. La Bible et les premiers Pères de l’Eglise ont développé une présentation particulière du conflit qui va jusqu’à la vision de l’apocalypse.

Plus globalement, cette interrogation sur l’existence même du conflit et de ses enjeux peut apporter sa contribution aux recherches consacrées à l’examen des relations complexes entre territoire et culture, civilisation et sauvagerie dans la quête de l’identité.

Quatre axes seront ainsi dégagés :

  • 1) Les origines du conflit et le conflit fondateur
  • 2) Formes, modes et champs du conflit
  • 3) Images et interprétation du conflit
  • 4) Le conflit et son dépassement

PROGRAMME

Jeudi 13 mars 2008

Matin (Salle Pierre Jourda, BRED)

9h : Ouverture du colloque.
9h30-10h10 : SERGENT Bernard (CNRS), « La femme épique, pivot du conflit »
10h10-10h40 : ALLEN Nick (Oxford), « Idéologie indo-européenne et combats d’Arjuna »
Discussion
Pause
11h15-11h45 : SAUZEAU Pierre (CERCAM), « La dialectique du conflit fondateur »
11h45-12h15 : RENAUD J.-M. (Liège), « Conflits au sein de l’initiation : Méléagre et ses oncles maternels »
Discussion
Buffet

Après-midi (Salle Pierre Jourda, BRED)

14h-14h30 : DU BOUCHET Julien (CERCAM), « Le champ lexical du conflit en grec »
14h30-15h : THOMAS Jean-François (CERCAM), « Le champ lexical du conflit en latin »
15h-15h30 : RIZZO Jérôme (CERCAM), « Les mots de la révolte et de la guerre civile dans l’Egypte ancienne ».
Discussion
Pause

Atelier A (H 108 A)

16h15-16h45 : RIPOLL François (Toulouse II), « Les prophéties de Mopsus et d’Idmon chez Valerius Flaccus (Arg., I, 205-239) : un conflit d’interprétation autour du mythe argonautique ? »
16h45-17h15 : JUBIER-GALINIER Cécile (Perpignan), « Athéna et Poséidon en conflit »
17h15-17h45 : MONBRUN Philippe, « Apollon, la chélys et Hermès. La réconciliation des frères ennemis dans l'Hymne pseudo-homérique à Hermès. »
Discussion

Atelier B (Salle Pierre Jourda, BRED)

16h15-16h45 : MAFFRE Frédéric, « Violences et amitiés entre Cyzique, cité grecque d’Asie Mineure, et Rome»
16h45-17h15 : VAN COMPERNOLLE Thierry « Pacificateur par la violence, ordonnateur par le désordre: représentations et agissements du tyran »
17h15-17h45 : COURRIER Cyril (Lyon II), « Lieux de conflit et mémoire plébéienne »
Discussion

Vendredi 14 mars 2008

Matin

Atelier A (Salle des colloques, C 020)

9h30-10h : NOËL Marie-Pierre (CERCAM), « Conflits à la tribune d’Athènes »
10h-10h30 : PERILLIE Jean-Luc (UPV), « La querelle philosophique : Aristote et Platon, Epicure et les autres »
Discussion
Pause
11h-11h30 : PEREZ Brigitte (CERCAM), « Conflit des apparences et diaphonia selon Sextus Empiricus et Galien »
Discussion

Atelier B (Salle Pierre Jourda, BRED)

9h30-10h : WATHELET Paul, « Achille et Agamemnon »
10h-10h30 : LEVY Mélina (CERCAM), « Rhétoriques de la sédition chez Denys d’Halicarnasse : modèles grecs et réécritures romaines »
Discussion
Pause
11h-11h30 : LE MOIGNE Philippe (CERCAM), « L’évolution du concept de conflit dans le monde juif hellénistique, d’après la Septante »
Discussion
Buffet

Après-midi (Salle Pierre Jourda, BRED)

13h30-14h : MARTIN Paul-Marius (CERCAM), « César, Guerre civile, L. I. Le récit d’une ‘drôle de guerre’ ».
14h-14h30 : DANGEL Jacqueline (Paris IV), « Le conflit de la violence indicible dans la Pharsale de Lucain : poétique de l’image pour une rhétorique de l’échec ».
14h30-15h : TOUAHRI Ouardia (CERCAM), « L’invective guerrière chez Stace ».
Discussion
Pause
15h30-16h : PERENTIDIS Stavros (Univ. Panteion, Athènes), « Représentations de la femme entre Athéniens et Spartiates : conflit de cultures juridiques ou choc culturel ? »
16h-16h30 : DUCOS Michèle (Paris IV), « Les conflits et le droit : la représentation des procès à Rome »
16h30-17h : ROMAN Yves (Lyon II), « Le règlement des conflits par le conseil impérial »
Discussion
Pause
17h30-18h : GARCIA QUINTELA Marco (Santiago de Compostela), « Institution et conflit dans la dynamique politique des sociétés celtiques »
18h-18h30 : ÁLVAREZ PEREZ-SOSTOA Denis (Univ. du Pays basque), « Conflits autour des otages romains dans les guerres civiles ».

Samedi 15 mars 2008

(Salle Pierre Jourda, BRED)

Matin

9h-9h30 : ÉCHALIER Laure (CERCAM), « Faire de l’adversaire un bandit »
9h30-10h : GALINIER Martin (Perpignan), « Femmes violentes à Rome »
Discussion
Pause
10h30-11h : GUITTARD Charles (Paris X), « La destruction des villes dévouées dans le rituel guerrier de l’euocatio-deuotio : la représentation du conflit dans les formules de prières accompagnant le rituel ».
Discussion
11h-11h30 : MEYERS Jean (CERCAM), DEVILLERS Olivier (Bordeaux III), « Frédégaire, historien des conflits mérovingiens »

Conclusion du colloque : ROUSSEAU Frédéric (UPV).

Lieux

  • Université Paul-Valéry Montpellier III, Bâtiment Marc Bloch, Salle Pierre Jourda
    Montpellier, France

Dates

  • jeudi 13 mars 2008
  • vendredi 14 mars 2008
  • samedi 15 mars 2008

Mots-clés

  • conflit, Antiquité, représentation du conflit, Grèce antique, Rome, Méditerranée antique, Égypte

Contacts

  • Hélène Ménard
    courriel : helene [dot] menard [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Marc Cholvy
    courriel : marc [dot] cholvy [at] univ-montp3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le conflit et sa représentation dans l’Antiquité », Colloque, Calenda, Publié le mardi 26 février 2008, http://calenda.org/194468