AccueilRetour sur l'art de l'assemblage

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Publié le lundi 03 mars 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Ce colloque a pour ambition d'approfondir et de développer de nouvelles réflexions sur l'art de l'assemblage et plus largement de souligner, voire de réveler les filiations, les points de convergence ou de divergence entre l'assemblage, l'environnement et l'installation.

Annonce

Retour sur l'art de l'assemblage

Opérer un retour sur l’art de l’assemblage, c’est tout d’abord envisager sa relecture à partir de l’exposition qui en propose la première généalogie, The Art of Assemblage, organisée par William C. Seitz au Museum of Modern Art de New York en 1961. La filiation collage-assemblage ne doit-elle pas être reconsidérée, au vu d’un certain nombre d’écrits critiques et d’événements qui en ont, depuis, renouvelé l’approche ? Ne faut-il pas revoir en particulier la dialectique fragmentation-assemblage, que Leo Steinberg met au jour dans son essai « Le Retour de Rodin » ( in Other Criteria / Confrontations with Twentieth-Century Art, 1972), et que reprenait l’exposition Le corps en morceaux organisée au Musée d’Orsay en 1990 ? Il s’agirait ainsi d’étudier le rôle tenu par l’assemblage dans le champ élargi de la sculpture, et sa redéfinition au cours du XXe siècle : les principes liés à la notion d’assemblage sont-ils toujours opérants en ce début de XXIe siècle ?

Assembler, c’est en premier lieu unir, réunir, joindre plusieurs éléments entre eux de manière définitive ou non – monter/démonter –, procédure nécessitant des gestes et des techniques qui dépendent intrinsèquement du lien-liant, de ce matériau qui donne corps à l’assemblage. Ces clous, boulons, colles, maçonneries, scotchs et autres sparadraps n’auraient-ils qu’une fonction subalterne ? On ne peut en second lieu explorer le terrain de l’assemblage sans croiser celui du bricolage. Comment l’anthropologie, à travers les écrits de Claude Lévi-Strauss ou d’André Leroi-Gourhan, a-t-elle influé sur la perception de cette notion ? Du statut d’artiste-chiffonnier tel que Charles Baudelaire le décrit, l’artiste serait-il passé à celui de « bricoleur et savant » ?

Il faut également interroger la fonction que revêt la collecte des éléments trouvés (naturels et/ou artificiels), des rebuts mais aussi des artefacts. Pour quel type d’assemblage ? Pensée en termes d’acte de construction homogène ou d’hybridation, la distinction entre ces deux filiations est-elle toujours légitime ? Les actions de réemploi, de recyclage, d’appropriation, de mixage et par extension de détournement directement rattachées à la pratique de l’assemblage n’ont certainement pas la même portée aujourd’hui que dans les années cinquante.

Enfin, de l’atelier – celui du bricoleur autant que celui de l’artiste – n’est-on pas, au cours des années soixante, passé au chantier, soit à une autre échelle, celle de la dimension architecturale ? Quel rapport à l’espace, à la place – celle qui manque parce qu’envahie ? Quant à l’esthétique de la ruine souvent engendrée, fait-elle pour autant de l’assemblage un acte d’anti-construction, ou faut-il y voir une autre forme de construction ? En rhizome ?

Ce colloque a pour ambition d'approfondir et de développer de nouvelles réflexions sur l'art de l'assemblage et plus largement de souligner, voire de réveler les filiations, les points de convergence ou de divergence entre l'assemblage, l'environnement et l'installation.

Colloque international

à l’initiative de Françoise Levaillant, co-responsable de l’ERCO,
organisé par Stéphanie Jamet - Chavigny, membre correspondant de l’ERCO.

les 28 et 29 mars 2008

Centre André Chastel – Institut national d’histoire de l’art
UMR 8150 / CNRS – Université de Paris-Sorbonne-Paris IV – Ministère de la Culture et de la Communication (DAPA)

Vendredi 28 Mars 2008

  • 14H00 - salle Giorgio Vasari, INHA, 1er étage
    Allocution d’ouverture par Antoinette LE NORMAND-ROMAIN, Directeur générale de l’Institut national d’histoire de l’art
    Accueil par Dany SANDRON, Directeur de l’UMR 8150 (Centre André Chastel).
    Présidente de séance : Françoise levaillant, Directrice de recherche en histoire de l’art au CNRS

  • 14h15 Stéphanie JAMET-CHAVIGNY, Docteure en histoire de l’art, Université Paris-Sorbonne- Paris-IV, enseignante en histoire de l’art, membre correspondant de l’ERCO (Centre Chastel, UMR 8150) : « Un autre regard sur la réception critique de l’exposition The Art of Assemblage ».

  • 14h40 Cécile DEBRAY, Conservateur du patrimoine, chargée de mission auprès de l’administrateur général de la Réunion des musées nationaux : « Le Nouveau Réalisme : un nouveau naturalisme ? ».
  • 15H05 Muriel BADET, Docteure en histoire de l’art, EHESS, chercheuse associée au Centre Pierre- Francastel, Paris X-Nanterre : « La tambouille des Tableaux-pièges dans la pratique artistico-culinaire de Daniel Spoerri ».
  • 15h30 Gillian WHITELEY, Docteure en histoire de l’art, University of Leeds, enseignante à la Loughborough University School of Art and Design de Londres : « Scavenging from margins to mainstream ? Artist as bricoleur in the twenty-first century ».
  • 15h55 Débat

Pause

  • 16H25 Bertrand CLAVEZ, Docteur en histoire de l’art, enseignant en histoire de l’art, Université Lumière-Lyon-II, secrétaire général du Centre de recherches Pierre Francastel, Université Paris X-Nanterre : « Les petits arrangements de George Brecht avec l’art de l’assemblage ».
  • 16h50 Sophie DELPEUX, Maîtresse de conférences en histoire de l’art, Université Paris-1-Panthéon- Sorbonne : « Assemblage, Environments & Happenings d’Allan Kaprow ».
  • 17h15 Annie CLAUSTRES, Maîtresse de conférences en histoire de l’art, Université Lumière-Lyon-II, membre correspondant de l’ERCO (Centre Chastel, UMR 8150) : « La sculpture de Eduardo Paolozzi : un assemblage de surface ».
  • 17h40 Débat

Samedi 29 Mars 2008

  • 9H00 – salle Gorgio VASARI, INHA, 1er étage
    Président de séance : Paul-Louis RINUY, Professeur en histoire de l’art, Université Paris-8

  • 9h05 Maude LIGIER, Doctorante en histoire de l’art, Université Paris-Sorbonne-Paris-IV, Attachée temporaire d’enseignement et de recherche, Université de Technologie de Belfort-Montbéliard : « Nicolas Schöffer ou une autre forme de construction : le réseau ».
  • 9h30 Line HERBERT-ARNAUD, Docteure en histoire de l’art, Université Paris-Sorbonne-Paris- IV : « Entre assemblage et fragmentation, une sculpture de l’inframince ».
  • 9h55 Katia SCHNELLER, Doctorante en histoire de l’art, Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne : « De l’assemblage au processus. Réflexion autour de quelques œuvres réalisées par Robert Morris au cours des années 1960 ».
  • 10h20 Marianne JAKOBI, Docteure en histoire de l’art, Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne, enseignante en histoire de l’art, Université de Lausanne, membre correspondant de l’ERCO (Centre Chastel, UMR 8150) : « Pratique de l’assemblage et Land Art. Le cas des carnets de travail de Jean Clareboudt ».
  • 10h45 Débat

Pause

  • 11h15 Sophie DANNENMÜLLER, Doctorante en histoire de l’art, Université Paris-1-Panthéon- Sorbonne : « Un point de vue géographique : le mouvement californien de l’assemblage ».
  • 11h40 Judith DELFINER, Docteure en histoire de l’art, Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne, enseignante en histoire de l’art, Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne : « Autour de The Rose de Jay DeFeo ».
  • 12H05 Caroline TRON-CARROZ, Doctorante en histoire de l’art, Université Paris-X-Nanterre : « Les assemblages télévisuels d’Edward Kienholz comme réemplois critiques d’un objet emblématique ».
  • 12H30 Débat
  • 14h00 – Salle Giorgio VASARI, INHA, 1er étage
    Président de séance: Serge lemoine, Professeur en histoire de l’art, Université Paris - Sorbonne- Paris- IV

 

  • 14h05 Ileana PARVU, Maîtresse-assistante en histoire de l’art, Université de Genève : « Assemblages et constructions : la sculpture en question ».
  • 14H30 Carole BOULBÈS, Professeure en histoire et théorie des arts, École nationale supérieure d’art de Nancy et critique d’art : « Monter/démonter, Wim Delvoye et l’art des cathédrales ».
  • 14h55 Ann HINDRY, conservatrice de la collection Renault, critique d’art : « L’art de l’assemblage et la notion d’entropie ».
  • 15H20 Débat

Pause

  • 15h50 Sylvie COËLLIER, Professeure en arts plastiques et sciences de l’art, Université de Provence : « De l’assemblage au « samplage » : la créolisation visuelle dans les œuvres de Bruno Peinado et la sculpture récente ».
  • 16h15 Miguel EGAÑA, artiste, Professeur en arts plastiques, Université de Picardie-Jules-Verne : « Assemblagisme, modernisme, structuralisme, postmodernisme… ».
  • 16h40 Gilbert LASCAULT, Professeur émérite de philosophie de l’art, Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne : « Nouer, lier, bricoler (à l’infinitif) ».
  • 16h55 Débat

Conférence de l’artiste Thomas HIRSCHHORN

17h30 – AUDITORIUM, inha

Adresse:
Centre André Chastel - Institut national d'histoire de l'art
2 rue Vivienne, 75002 Paris

informations : www.centrechastel.paris4.sorbonne.fr/colloques.htm
tél.: +33 (0)1 47 03 89 00 / 86 04

Colloque ouvert à tous.
Frais d'inscription : 10 euros (gratuit pour les étudiants, les enseignants et les chercheurs titulaires)

Lieux

  • 2 rue Vivienne 75002 Paris - Salle Vasari et Auditorium - Institut national d'histoire de l'art
    Paris, France

Dates

  • vendredi 28 mars 2008
  • samedi 29 mars 2008

Mots-clés

  • assemblage, art contemporain, sculpture, collage, environnement, installation, anthropologie, bricolage, Thomas Hirschhorn, modernisme, postmodernisme

Contacts

  • Stéphanie JAMET-CHAVIGNY
    courriel : jamet [dot] chavigny [at] free [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Stéphanie JAMET-CHAVIGNY
    courriel : jamet [dot] chavigny [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Retour sur l'art de l'assemblage », Colloque, Calenda, Publié le lundi 03 mars 2008, http://calenda.org/194504