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Tradition, patrimonialisation et écriture

Cinquante-troisième congrès international des américanistes

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Publié le lundi 17 mars 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Dans ce symposium du cinquante-troisième congrès international des américanistes, nous souhaitons questionner la manière dont les indigènes produisent des écrits, les sollicitent ou les utilisent. Nous cherchons à rassembler des exemples de processus de patrimonialisation des traditions orales, en examinant les relations avec le registre écrit, et les transformations qui découlent de l’usage de la forme écrite comme moyen de valorisation et de transmission des cultures orales.

Annonce

À l'occasion du 53e Congrès International des Américanistes

(Mexico, 19-24 juillet 2009), nous vous invitons à nous adresser vos propositions de communication pour le symposium

Tradition, patrimonialisation et écriture

En pièce-jointe, vous trouverez l'appel à communications en espagnol.

La date limite des propositions est fixée au 25 mars 2008.
  • Anne-Gaël Bilhaut,
Centre Enseignement et recherche en Ethnologie Amérindienne du LESC
(UMR7186, CNRS/Université Paris X)
agbilhaut@hotmail.com
  • Silvia Macedo, Museu Nacional,
Université Fédérale de Rio de Janeiro
silvia.lopesmacedo@gmail.com

La place de l’écriture chez les Amérindiens de l’Amazonie s’accroît sans cesse. L’une des raisons principales en est le taux de scolarisation de plus en plus élevé des enfants. Toutefois, les logiques politiques servent aussi cet accroissement. D’abord, les organisations indigènes sont constituées légalement et administrativement, à travers une série de documents qui transitent d’un ministère à l’autre à coups de tampons. Du reste, la reconnaissance même de l’existence des peuples indigènes passe par la présentation de documents certifiés... De même, pour chaque demande ou chaque projet, il faut produire des papiers, des documents, des signatures. Si cette prolifération de l’écrit est particulièrement visible dans les bureaux des organisations indigènes, elle est aussi remarquable dans les demeures. Par ailleurs, les promulgations de l’UNESCO de la Recommandation sur la sauvegarde de la culture traditionnelle et populaire (1989), la Proclamation des chefs-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de l’humanité (2001, 2003 et 2005), et la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) tendent encore à accroître la volonté de se montrer et de montrer son patrimoine pour les peuples en recherche de reconnaissance internationale. Ainsi, la candidature pour la Proclamation des chef-d’œuvres Patrimoine oral et immatériel de l’humanité, présentée par de nombreux peuples du bassin amazonien, comprend la production d’une vaste documentation écrite portant sur leurs traditions ainsi que la proposition d’un plan d’action de sauvegarde. Or, curieusement, l’écriture est le mode d’expression choisi et fondamental pour les actions de sauvegarde des traditions orales, faisant usage de l’écrit comme mode de registre et de transmission de ces traditions.

Dans ce symposium, nous nous interrogeons sur les actions de sauvegarde de la culture traditionnelle et populaire (promulguées ou pas par des institutions nationales et/ou internationales) dans ses relations avec les pratiques d’écriture.
Nous souhaitons questionner la manière dont les indigènes produisent des écrits, les sollicitent ou les utilisent.
Nous cherchons à rassembler des exemples de processus de patrimonialisation des traditions orales, en examinant les relations avec le registre écrit, et les transformations qui découlent de l’usage de la forme écrite comme moyen de valorisation et de transmission des cultures orales. De nombreux axes de recherche peuvent être envisagés :

- L’écrit et l’école. L’école et les projets d’éducation ont été jusque là les principaux moyens de diffusion, d’enseignement et d’apprentissage de la pratique de l’écriture. Parmi les revendications amérindiennes, le contrôle de la pratique d’écriture et de lecture fait partie des principales demandes identifiées dans les processus éducatifs et scolaires. Des propositions concernant des expériences d’écriture dans des projets éducatifs et de scolarisation sont envisagées. Comment l’enseignement/apprentissage de l’écriture est-il réalisé? Quelle est la place donnée à l’écrit dans les programmes scolaires ? Quels contenus les indigènes choisissent-ils pour être écrits ? Comment opérer la transmission à travers des contenus écrits, alors qu’auparavant elle s’effectuait oralement ?

- L’écrit et la production du patrimoine. Dans les processus de patrimonialisation à l’œuvre chez les Amérindiens, l’écrit devient à la fois source de connaissances sur soi-même, et moyen de se faire connaître. Des organisations indigènes supervisent des publications qui les concernent, ou les signent. Comment les Amérindiens utilisent-ils les écrits qui les concernent dans leur désir patrimonial ? Quel usage font-ils eux-mêmes de l’écriture pour exposer leur culture ?

- Les nouvelles formes d’écriture : emails et films. L’accès facilité à Internet, associé à l’usage maîtrisé de l’ordinateur, permet aux Amérindiens de communiquer par e-mails, de rédiger des blogs. Grâce à l’apprentissage de la caméra, ils réalisent des films. Quelles sont les modalités d’écriture qui gouvernent ces nouvelles formes d’écriture ? Dans quelle mesure ces nouvelles formes d’écriture sont-elles des réponses indigènes à de nouveaux besoins de communication ?

- L’écrit et les archives. L’écrit a souvent pour vocation à être conservé. De la conservation à l’archivage, qu’observe-t-on dans les populations amérindiennes ? Qu’est-ce qui est conservé et archivé ? En quel(s) lieu(x) ? Selon quel(s) principe(s) ? Quelles intentions gouvernent l’archivage ?

- L’écrit et les institutions d’État. Les relations entre les communautés amérindiennes et les institutions d’État s’expriment surtout à travers des documents écrits. Est-ce que cette forme de communication remplace des formes de communication interethnique ? Quelle est la place donnée aux documents dans ces relations ? Qu’est-ce qui est écrit ? Dans quel contexte ? Quel est le statut des documents ?

- L’écrit et la traduction. Les processus de traduction des traditions orales vers l’écriture se réalisent à plusieurs niveaux et suggèrent une série de débats : la traduction d’une forme de communication (orale) à une autre (écrite) ; la traduction des niveaux de langue (par exemple la langue chamanique vers la langue partagée par tout le groupe) ; la traduction d’une langue (maternelle) à une(s) autre(s) (nationale ou régionale).

Les propositions de communication devront comprendre un maximum de 500 mots et les données suivantes du contributeur : nom, affiliation institutionnelle, adresse, courrier électronique, numéro de téléphone et de fax. La date limite pour l’envoi des propositions est le 25 mars 2008.

Lieux

  • France
    Mexico, Mexique

Dates

  • mardi 25 mars 2008

Mots-clés

  • patrimoine, tradition, écriture, amérindiens

Contacts

  • Anne-Gaël Bilhaut
    courriel : agbilhaut [at] didaxis [dot] fr
  • Silvia Macedo
    courriel : silvia [dot] lopesmacedo [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Anne-Gaël Bilhaut
    courriel : agbilhaut [at] didaxis [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Tradition, patrimonialisation et écriture », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 17 mars 2008, http://calenda.org/194605