AccueilLes Ligues catholiques et leurs alliés dans la France des guerres de Religion (vers 1576-1598)

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Publié le mercredi 26 mars 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Nos connaissances sur l’organisation de ligues catholiques dans les provinces française, puis leur adhésion à la Ligue au cours de la dernière guerre de Religion (1585-1598), sont largement tributaires de l’érudition régionale du XIXe siècle. Celle-ci a permis la réalisation d’une grande thèse, celle qu’Henri Drouot a consacré à Mayenne et la Bourgogne. Afin d’étudier une France livrée aux appétits des puissances extérieures, nombre d’historiens ont su également, précocement, porter leurs regards sur des sources étrangères, qu’elles soient romaines, vénitiennes, ou surtout espagnoles. Après ces premiers travaux, il faut malgré tout attendre la fin du XXe siècle, et surtout les deux dernières décennies, pour assister à un véritable renouvellement historiographique, avec des apports majeurs sur l’organisation politique de la Ligue catholique dans les provinces françaises.

Annonce

Les Ligues catholiques et leurs alliés dans la France des guerres de Religion (vers 1576-1598)

Historiographie et méthodes d’analyse

4 et 5 avril 2008
Université de Montpellier III

Nos connaissances sur l’organisation de ligues catholiques dans les provinces française, puis leur adhésion à la Ligue au cours de la dernière guerre de Religion (1585-1598), sont largement tributaires de l’érudition régionale du XIXe siècle. Celle-ci a permis la réalisation d’une grande thèse, celle qu’Henri Drouot a consacré à Mayenne et la Bourgogne. Afin d’étudier une France livrée aux appétits des puissances extérieures, nombre d’historiens ont su également, précocement, porter leurs regards sur des sources étrangères, qu’elles soient romaines, vénitiennes, ou surtout espagnoles. Après ces premiers travaux, il faut malgré tout attendre la fin du XXe siècle, et surtout les deux dernières décennies, pour assister à un véritable renouvellement historiographique, avec des apports majeurs sur l’organisation politique de la Ligue catholique dans les provinces françaises. Notons, parmi ces dernières, les éclairages apportés sur la Normandie, la Picardie, l’Anjou, le Languedoc, la Guyenne et la Champagne.
C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’il est désormais temps de porter une réflexion méthodologique sur nos pratiques d’historiens, de confronter notre manière d’analyser ce qui semble une forme de désagrégation de l’État royal à la fin des guerres de Religion. Cette atomisation probable de l’autorité ne semble pourtant pas profiter aux ligues catholiques qui ne parviennent pas à opérer une cristallisation, à générer une entité politique propre, ou simplement à offrir une base solide pour permettre une intervention hispano-pontificale, savoyarde ou lorraine.
L’histoire positiviste offrait souvent le visage de ligues provinciales désordonnées à l’activité prédatrice, quel sens politique purent réellement avoir leurs acteurs ? Les Guises, puis la Ligue parisienne ne représentaient-ils que les seuls référents ? Outre les déficiences de l’État royal, ces notables forces centripètes au sein du royaume de France ne pouvaient-elles que conduire à la paix du Bourbon, par tant de lassitude après des décennies de guerres civiles ?
Elie Barnavi nous a engagé à réfléchir sur le caractère fédératif de la Ligue, dans un article célèbre, repris ensuite et développé dans Le parti de Dieu. La recherche récente invite à développer cette démarche à partir de différentes approches. Ces journées d’étude proposent à un groupe de chercheurs de partir de leurs propres investigations, achevées et/ou en cours, pour contribuer à un panorama général, historiographique et méthodologique, autour des axes suivants :

- Comment, et durant combien de temps est-il possible de définir, en tant que telle, une Ligue provinciale ? La définition et la portée d’un tel concept de Ligue provinciale doit être débattu, considérant notamment que, dans chaque territoire ligueur s’expriment de forts conflits entre les villes, les gouverneurs et les lieutenants des gouverneurs provinciaux, ainsi que la noblesse en armes. Les tentatives d’institutionnalisation politique se heurtent aux velléités d’autonomie des propres entités qui se regroupent dans une alliance aux contours diaphanes, tant en terme politiques que géographiques. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de prendre en compte les études réalisées sur les efforts d’institutionnalisation de l’autorité, sur le développement de réseaux clientélaires au sein de ces territoires, sur le caractère opérationnel des formes de représentation et de négociation collectives, sur la structuration de la mobilisation militaire et de la prise de décision politique. Bien sûr, nous devrons accorder une attention toute particulière aux formes et à la portée d’une éventuelle structuration politique à l’intérieur de chaque Ligue provinciale.

- Un autre axe concerne les relations de chaque Ligue provinciale avec l’État ligueur, sous l’autorité du lieutenant général. Comment, et jusqu’à quel point, se développent des systèmes de collaboration militaire, financière et politique entre les pouvoirs ligueurs et la tête théorique du parti. De la même manière, nous devons nous demander si  la collaboration éventuelle entre les diverses ligues provinciales devait nécessairement passer par l’intermédiaire du duc de Mayenne, ou bien si des réseaux stables de collaboration autonomes du pouvoir central supposé de la Ligue ont pu se consolider.

- Enfin, quelle pouvait être la relation particulière que chacune de ces associations provinciales entretenait avec les territoires voisins : le duché de Lorraine, celui de Savoie, la république de Gênes et la monarchie espagnole, tant à travers les Pyrénées qu’en Flandres, en Bretagne et sur la façade Atlantique. Les possibilités ainsi offertes de renforcer leur autonomie ou de se placer sous la protection et le patronage de ces alliés extérieurs a été une constante dans les divers territoires de la Ligue, et pas seulement sur les frontières ou dans les ports. La collaboration militaire, les formes de contacts, la négociation et la réception de subsides, comme le développement de l’hispanophilie, représentèrent d’autres manières de renforcer l’autonomie et le pouvoir des leaders militaires ou des bourgeoisies urbaines. Au-delà du surgissement du sentiment national à la fin des troubles, bien instrumentalisé à l’aube du XVIIe siècle, Siècle des saints, l’historiographie française doit être confrontée à celle des pays voisins, au premier chef, celle de la monarchie hispanique. Outre les intérêts politiques, économiques et religieux de cette dernière, que doit-on conserver du sentiment de « protection » qu’elle pouvait exercer sur les catholiques français « zélés », au moment de son hégémonie politique et confessionnelle ?

Vendredi 4 avril

14 h. : Introduction générale

  • Dominique Triaire (Vice-président du Conseil Scientifique de l’Université Paul Valéry-Montpellier III).
  • Christian Amalvi (Directeur de l’Équipe d’Accueil 3024 « Mentalités et croyances modernes et contemporaines »).
  • Serge Brunet (Université Paul Valéry-Montpellier III).
  • Gaetano Sabatini (Red Columnaria-Università degli Studi di Roma Tre).

1ère Session 14 h. 30 : Les ligues ou la Ligue ?

Position du problème : Wolfgang Kaiser (École des Hautes Études en Sciences Sociales & Université Paris I-Panthéon Sorbonne).

Contributions :

  • Olivia Carpi (Université Jules Verne-Amiens) : « La Ligue en Picardie : fédération provinciale ou conjonction de républiques catholiques ? »
  • Philippe Hamon (Université de Haute-Bretagne-Rennes II) : « « Chronique d’une mort annoncée » : réflexions sur l’engagement « ligueur » de Jean Le Meneust, sénéchal de Fougères (août 1589) ».
  •  Michel Cassan (Université de Limoges) : « La ligue en Poitou, Périgord, Velay : une fragmentation institutionnelle ? »
  • Elisabeth Tingle (Université de Plymouth) : « La Ligue catholique et les origines de la réforme catholique en France : l’exemple de la ville de Nantes ».

Discussion

Samedi 5 avril

2ème Session : matin 9 h. 30 : Les amitiés dangereuses des Ligues

Position du problème : Olivia Carpi (Université Jules Verne-Amiens).

Contributions:

  • Fabrice Micallef (Université Paris I-Panthéon Sorbonne) : « Le risque et l’occasion. Les processus politiques de l’intervention savoyarde en Provence (1589-1590) ».
  • Stéphane Gal (Université Pierre Mendès France-Grenoble IlI) : « La Savoie et les ligues provinciales ou les ambiguïtés d’une collaboration avec Charles-Emmanuel Ier ».
  • José Javier Ruiz Ibáñez (Université de Murcia) : « La monarchie espagnole et les Ligues ».
  • Marco Penzi (EHESS) : « La Ligue et la papauté ».
  • Serge Brunet (Université Paul Valéry-Montpellier III) : « La Ligue campanère en Comminges et l’Espagne ».

Discussion

3ème Session : après-midi 14 h. 30 : Un Etat ligueur & les vertus de l’oubli

Position du problème : Serge Brunet (Université Paul Valéry-Montpellier III).

Contributions :

  • Ariane Boltanski (Université de Haute-Bretagne-Rennes II) : « Haute noblesse catholique et fondations pieuses pendant la Ligue. Défense du territoire et défense de la foi ».
  • Nicolas Le Roux (Université Lumière-Lyon II) : « La Ligue dans le centre du royaume (Berry, Orléanais, Touraine) : Réseaux nobiliaires, rivalités, villes ».
  • Mark Greengrass (Université de Sheffield) : « Réseaux latéraux et communications cachées dans les Ligues catholiques provinciales des guerres de Religion ».
  • Thierry Amalou (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) : « Le bannissement d’un chef ligueur : Gilbert Génébrard, archevêque d’Aix, face au parlement de Provence (1596) ».

Discussion

18 h.30 : Conclusions

Serge Brunet, Olivia Carpi et José Javier Ruiz Ibáñez

Parmi les autres participants : Gabriel Audisio (Université de Provence), Daniel Bolliger (Institut Protestant de Théologie, Montpellier), Céline Borello (Université de Haute-Alsace-Mulhouse), Sylvie Daubresse (CNRS, CEHJ-Université Paris II-Assas), David El Kenz (Université de Bourgogne-Dijon), Marie-Hélène Froeschlé-Chopard (CNRS, Nice), Jean-François Galinier-Pallerola (Institut catholique de Toulouse), Arlette Jouanna (Université Paul Valéry-Montpellier III), Nicole Lemaitre (Université Paris 1-Panthéon Sorbonne).

Institutions organisatrices :

  • Red Columnaria (Ultraque Unum Red Temática de investigación sobre las fronteras de las Monarquías Ibéricas en los siglos XVI al XVIII).
  • Équipe d’Accueil 3024 “Mentalités et croyances modernes et contemporaines” (Université Paul Valéry-Montpellier III.
  • Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier.
  • Fundación Séneca (Región de Murcia). Programa de Apoyo a la Investigación en Humanidades y Ciencias Sociales.
  • Universidad de Murcia. Area de Historia del Pensamiento y de los Movimientos Sociales y Políticos.
  • Projet de recherches : “« Par le ministère de la saincteté du pape & du Roy Catholique » Los católicos radicales franceses, la Liga y la Monarquía Hispánica (1585-1610)”, Ministerio de Educación y Ciencia-FEDER, HUM2005-04125.

Site internet :

À l'issue du colloque, les conférences et débats seront consultables en podcast à l'adresse http://www.msh-m.fr/rubrique.php3?id_rubrique=122.

Catégories

Lieux

  • Université de Montpellier III, Route de Mende, 34199 Montpellier, Salle Pierre Jourda (bâtiment BRED)
    Montpellier, France

Dates

  • vendredi 04 avril 2008
  • samedi 05 avril 2008

Mots-clés

  • catholicisme, guerres de religion, ligues

Contacts

  • Serge Brunet
    courriel : serge [dot] brunet [at] univ-montp3 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Serge Brunet
    courriel : serge [dot] brunet [at] univ-montp3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les Ligues catholiques et leurs alliés dans la France des guerres de Religion (vers 1576-1598) », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 26 mars 2008, http://calenda.org/194668