AccueilNouveaux espaces de participation en Amérique latine

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Publié le jeudi 27 mars 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

En Amérique latine, avec la fin des régimes autoritaires, établir des mesures plus participatives est une prérogative des constituantes civiles. Aujourd’hui, ce continent représente un vrai espace d’expérimentation et d’innovation pour la démocratie participative. Notre débat s’inscrit au sein de la réflexion contemporaine sur les espaces de participation qui caractérisent l’Amérique latine. L’objectif est de se pencher sur trois axes de recherche : les dispositifs participatifs, les acteurs de la participation et les mécanismes de diffusion des expériences. À partir de l’imbrication des trois dimensions de la participation proposées ci-dessus nous cherchons à donner une réponse à la question suivante : est-il possible de reconnaître une spécificité à la participation politique contemporaine en Amérique latine ?

Annonce

Journée d’études – appel à communications

Nouveaux espaces de participation en Amérique latine

Après la chute du mur de Berlin et avec la fin du bloc communiste, la démocratie semble s’être imposée comme la forme politique la plus capable de résoudre les conflits sociaux et à s’adapter aux transformations sociales. Malgré l’ancienneté des études sur la démocratie, les débats continuent de plus belle sur sa véritable nature, sur sa possible rénovation. L’expérience de la Grèce antique reste en effet l’exemple pionnier en matière de démocratie, même si le gouvernement « du peuple », comme l’appelaient les Grecs, a subi différentes transformations au cours de l’histoire et de sa diffusion.

Dans la démocratie représentative, la population élit des personnes destinées à parler en leur nom dans la sphère du politique. Cette forme de gouvernement est depuis longtemps objet d’étude des sciences sociales. A contrario, la démocratie participative, une pratique pourtant si ancienne, a été longtemps marginalisée. L’étude des formes et des pratiques participatives revient avec vigueur dans les recherches contemporaines. La diversité des expériences participatives alimentent l’intérêt des différentes disciplines (de l’anthropologie sociale à la théorie politique). Malgré cela, la démocratie participative reste un objet d’étude flou et difficile à circonscrire.

Les théories sur la démocratie participative se distinguent par leurs origines et approches différentes, ce qui révèle une double hétérogénéité. En ce qui concerne leur point de départ, les recherches peuvent partir d’une analyse du local au global ou, à l’inverse, du global au local. En deuxième lieu, les recherches peuvent considérer les pratiques à la fois comme des formes de radicaliser la démocratie ou comme dispositifs qui menacent la démocratie elle-même. Dans certains travaux (O’ Donnell, Cullel et Iazzetta : 2005), la participation apparait dans l’analyse sur la qualité de la démocratie. D’autres (Fung et Wright : 2002 ; Lubambo, Coêlho et Melo : 2005) utilisent les études de cas pour observer les conditions institutionnelles favorables à l’approfondissement de la démocratie. L’innovation apporté par les budgets participatifs a suscité une considérable attention auprès des chercheurs et a produit une littérature  dense (Abers : 2000 ; Avritzer : 2003 ; Fedozzi : 1997 ; Gret et Sintomer : 2002 ; Santos : 2003). La démocratie participative est également abordée par le prisme du type de projets politiques plus larges portés par ceux qui la mettent en place (Dagnino, Olvera et Panfichi : 2006).  

Le succès et la diffusion des expériences participatives, a conduit un processus de circulation international des modèles. L’interaction entre chercheurs et société civile organisée donne lieu à un mouvement de continuité dans les trajectoires des expériences et des théories. Mettre en place des dispositifs d’extension à la participation devient presque obligatoire. Les villes, les communautés territoriales et les Etats font recours à la démocratie participative. Il s’agit dans leur majorité d’instruments d’approfondissement démocratique par l’inclusion de la société civile dans la participation aux choix politiques.

En Amérique latine, avec la fin des régimes autoritaires, établir des mesures plus participatives est une prérogative des constituantes civiles. Aujourd’hui, ce continent représente un vrai espace d’expérimentation et d’innovation pour la démocratie participative. Si de nouveaux espaces acquièrent un certain degré d’institutionnalisation, comme c’est le cas des budgets participatifs, cela ne représente plutôt qu’une façade de la participation. Il y a également une forte informalité dans certaines pratiques et des espaces non-institutionnalisés émergent à côté des espaces institutionnalisés. C’est notamment le cas des nouveaux espaces de discussion politique instaurés grâce à la diffusion d’internet et d’autres moyens de communication. La participation touche différents domaines : environnement, éducation, finances, santé, entre autres. Cependant, dans certains cas, les politiques mises en place par les gouvernements ne produisent pas l’effet qu’elles promettent. L’interaction des nouvelles pratiques participatives avec les pratiques politiques traditionnelles, ancrées dans la culture locale, peut donner lieu à des formes hybrides de participation (Recondo : 2005).

Dans cet univers participatif, notre débat s’inscrit au sein de la réflexion contemporaine sur les espaces de participation qui caractérisent l’Amérique latine. L’objectif est de se pencher sur trois axes de recherche : les dispositifs participatifs, les acteurs de la participation et les mécanismes de diffusion des expériences.

1. Comment se réalisent les nouvelles pratiques de démocratie dans le continent ? Quels sont les dispositifs qui garantissent leur fonctionnement ? Quels types d’institutions sont mis en place et par quel type d’acteurs ?

2. Qui sont les acteurs de la démocratie participative en Amérique latine ? Certaines couches de la population sont-elles particulièrement concernées ? Est-ce que la participation se limite aux organisations associatives ou s’étend-elle à tous les citoyens ?

3. De quelle façon les expériences participatives se diffusent-elles ? Qui sont les acteurs intermédiaires de la diffusion ? Dans quelle mesure les dispositifs s’inspirent les uns des autres ?

Cette journée d’études a pour objectif de faire une mise au point sur les nouvelles pratiques participatives en Amérique latine. À partir de l’imbrication des trois dimensions de la participation proposées ci-dessus nous cherchons à donner une réponse à la question suivante : Est-il possible de reconnaître une spécificité à la participation politique contemporaine en Amérique latine ?

Modalités :

-          La journée d’études se tiendra le 5 juin 2008 à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine, et rassemblera doctorants, étudiants et chercheurs confirmés. Les trois tables rondes se dérouleront respectivement autour des axes proposés : acteurs, dispositifs et diffusion des pratiques participatives. La conclusion est prévue pour le soir à partir de 18 heures.

-          Les communications doivent être envoyées au plus tard le 25 avril. La communication doit contenir entre mille et deux mille signes, pour un temps de parole de 15 à 20 minutes. Les textes doivent être écrits en police Times New Roman 12. Préciser le nom de l’auteur, institution, titres et dernières publications.

-          Les auteurs dont les textes auront été retenus seront contactés le 15 mai. 

-          Langues de la journée d’études : Français, Portugais, Espagnol et Anglais.

-          Les propositions à communication doivent être adressées au Groupe d’Etudes sur la Participation en Amérique latine (GEPAL), à Osmany Porto ou Melina Rocha à l’adresse mail suivante: gepal.adm@gmail.com

Quelques  références classiques de bibliographie :

ABBERS Rebecca Naera, Inventing local democracy: grassroots politics in Brazil, Lynne Rienner, London, 2000.

AVRITZER, Leonardo, A Inovação da Democracia no Brasil: O Orçamento Participativo, Cortez, São Paulo, 2003.

DAGNINO Evelina, OLVERA Alberto, PANFICHI Aldo(Orgs.), A disputa pela construção democrática na América Latina, Paz e Terra, Campinas, 2006.

FEDOZZI Luciano, Orçamento participativo. Reflexões sobre a experiencia de Porto Alegre, Tomo Editora, Porto Alegre, 1997.

FUNG Archon, WRIGHT Erik O. (Orgs.), Deeping Democracy: institutionals innovations in empowered Participatory Democracy, Londres, Verso Press, 2002.

GRET Marion, SINTOMER Yves, Porto Alegre : l’espoir d’une autre démocratie, La Découverte, Paris, 2002.

LUBAMBO Catia, COELHO Denilson Bandeira, MELO Marcus André (Orgs), Desenho institucional e participação política: experiências no Brasil contemporâneo, Editora Vozes, Petrópolis, 2005.

O’DONNEL Guillermo, CULLEL Jorge Vargas, IAZZETTA Osvaldo (orgs.), The quality of Democracy: Theory and Applications, University of Notre Dame Press, 2004.

RECONDO David, « Les paradoxes de la démocratie participative en Amérique latine : une comparaison des trajectoires mexicaine et colombienne » in NEVEU Catherine (dir.), Cultures et pratiques participatives, L'Harmattan, Paris, 2007.

SANTOS, Boaventura de Souza (dir.), Democratizar a Democracia: os caminhos da democracia participativa, Civilização Brasileira, Rio de Janeiro, 2003.

Lieux

  • IHEAL, 28, rue Saint Guillaume
    Paris, France

Dates

  • vendredi 25 avril 2008

Mots-clés

  • participation politique, démocratie participative, politiques publiques, gestion urbaine

Contacts

  • Osmany Porto ou Melina Rocha
    courriel : gepal [dot] adm [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Osmany Porto
    courriel : gepal [dot] adm [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Nouveaux espaces de participation en Amérique latine », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 27 mars 2008, http://calenda.org/194684