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La scalarité dans tous ses aspects

Colloque international organisé par le réseau Gramm-R

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Publié le jeudi 03 avril 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

De nos jours, le concept de scalarité surgit dans des études consacrées à des phénomènes très variés dont la quantification, la gradation, la comparaison et l’intensification. Il semble présupposer le plus souvent l’existence d’une échelle de valeurs sur laquelle se situent les propriétés évoquées par l’énoncé. La question qui se pose est de savoir si la représentation scalaire sous-tend réellement ces phénomènes de quantification, gradation, comparaison, intensité et si, dans le cas d’une réponse affirmative, elle permettrait d’unifier le traitement de structures à première vue très divergentes.

Annonce

La scalarité dans tous ses aspects

Colloque international organisé par le réseau Gramm-R

Université de Gand, du 15 au 16 décembre 2008

URL : http://www.scalarityinlinguistics.ugent.be/

1. Descriptif de la thématique

De nos jours, le concept de scalarité surgit dans des études consacrées à des phénomènes très variés dont la quantification, la gradation, la comparaison et l’intensification. Il semble présupposer le plus souvent l’existence d’une échelle de valeurs sur laquelle se situent les propriétés évoquées par l’énoncé. La question qui se pose est de savoir si la représentation scalaire sous-tend réellement ces phénomènes de quantification, gradation, comparaison, intensité et si, dans le cas d’une réponse affirmative, elle permettrait d’unifier le traitement de structures à première vue très divergentes.

Les 15 et 16 décembre prochains, nous aimerions analyser l’apport de la notion de scalarité à la description linguistique et ce à travers les thèmes suivants

L’approche lexicale

La possible référence à une échelle de valeurs semble parfois être inhérente au contenu lexical de certaines expressions : ainsi courir se distingue entre autres de marcher par la référence à une vitesse de déplacement supérieure et des adjectifs comme froid et glacial désignent chacun des étapes différentes sur l’échelle de température. Dans les études à orientation lexicale, le terme « scalaire » est associé à un éventail de catégories – des prédicats, des déterminants, des adjectifs, des noms, des expressions adverbiales – considérées comme gradables ou renvoyant à une progression par degré.

Les questions suivantes mériteraient d’être creusées : (i) le concept de scalarité peut-il être appliqué aussi facilement à des catégories si diverses ?; (ii) y a-t-il lieu d’établir un rapport entre « degré », « gradation » et « scalarité » ?

L’approche sémantique

Le parcours d’une ou de plusieurs échelles peut activer le système comparatif. Aussi l’étude des structures comparatives permet-elle d’affiner l’opérationnalité de la notion de scalarité et de la référence à des échelles de valeurs, de même que le rapport avec l’expression du haut degré : Avec une voiture aussi chère, tu vas impressionner. Dans cet exemple, où le comparant est absent, le marqueur de degré et la notion gradable, au lieu de renvoyer à une position sur l’échelle, réfèrent à une orientation vers le pôle [+].

En outre, il est intéressant de noter l’existence de processus de grammaticalisation sous l’influence desquels un système de comparaison interne entre deux termes peut, à un stade avancé, évoluer vers l’expression d’une comparaison externe à la structure phrastique, évolution qui donnera lieu à l’expression de liens logiques (au moins, Paul ne part pas sans nous dire au revoir ; cf. Bat Zeev Shyldkrot, 1995).

Il s’agit d’examiner ici dans quelle mesure la représentation scalaire est sous-jacente à des phénomènes de quantification et d’intensification et comment elle participe à la création de relations discursives.

L’approche pragmatique

Dans cette approche, qui remonte à la pragmatique formelle de Paul Grice, la notion d’échelle revêt un caractère logique lorsqu’elle se trouve implémentée dans les « implicatures scalaires ». Ainsi, dans l’énoncé Certains athlètes fument, c’est la maxime de quantité qui déclenchera l’implicature ‘Il n’est pas vrai que tous les athlètes fument’. Puisque le locuteur se contente d’encoder l’information requise et rien de plus, l’affirmation plus forte ‘tous les athlètes’ est fausse, sinon le locuteur, respectueux de la maxime de quantité, aurait affirmé qu’ils fument tous. Avec l’implicature scalaire les affirmations plus faibles et plus fortes sont conçues comme étant situées sur une échelle logique (certains – tous les). Ultérieurement, la théorie des maximes conversationnelles et des implicatures a été discutée et/ou affinée, souvent dans le cadre d’études consacrées aux indéfinis, aux expressions de libre choix et de polarité négative.

Il serait intéressant de vérifier l’hypothèse de la scalarité pour définir l’emploi en contexte de ces expressions.

Au niveau syntaxique, certaines structures scalaires soulèvent le problème de la réduction propositionnelle (cf. les tours « elliptiques » dans la comparaison), de la portée des arguments (pensons à l’incidence des syntagmes adverbiaux), de l’enchevêtrement des prédications (voir le statut subordonné ou non de la comparative) ou des limites entre parataxe/hypotaxe et coordination/subordination (quelle place accorder aux constructions appelées « siamoises » en autant…autant, plus…plus, etc. ?).

Un dernier objectif du colloque est d’arriver à une meilleure compréhension des ces phénomènes syntaxiques lorsqu’ils touchent des expressions à valeur scalaire.

Afin de trouver des éléments de réponse à toutes ces questions, nous vous invitons à partager avec nous vos points de vue sur la (les) problématique(s). Toutes les approches disciplinaires sont les bienvenues, qu'elles soient monolingues ou multilingues. Les langues officielles du colloque seront le français et l’anglais.

2. Appel à communications

Les propositions de communication (format RTF) devront être envoyées pour le 1er mai 2008 au plus tard par courrier électronique à Pascale.Hadermann@UGent.be et à Valerie.Wielemans@UGent.be sous la forme suivante :

- un abrégé anonyme en français ou en anglais ne dépassant pas 2 pages de format A4 corps Times 12 (bibliographie incluse). L'abrégé devra clairement indiquer :

  • le thème choisi (approche lexicale, sémantique, pragmatique ou syntaxique)
  • le titre
  • les objectifs, le cadre et la méthodologie, les résultats/conclusions (provisoires).

- une page séparée mentionnant vos nom et prénom, votre appartenance administrative, votre adresse postale, votre courriel et le titre de votre contribution.

Les soumissions seront évaluées de manière anonyme. Le choix tiendra compte des critères suivants :

  • Importance et originalité du papier
  • Assise empirique de l’analyse
  • Précision du contenu scientifique
  • Organisation et clarté de la présentation

3. Principales échéances

  • Date-limite pour les soumissions: 1er mai 2008
  • Notification des acceptations: 30 juin 2008
  • Publication du programme: 1er octobre 2008
  • Inscriptions définitives: 31 octobre 2008
  • Colloque : 15 et 16 décembre 2008

Lieu : Université de Gand – Het Pand Onderbergen 1, B-9000 Gand (Belgique)

4. Organisation

Comité d’organisation: Pascale Hadermann (Universiteit Gent), Valerie Wielemans (FWO-Universiteit Gent), Laurence De Wilde (Universiteit Gent), Michel Pierrard (Vrije Universiteit Brussel), Dan Van Raemdonck (Université Libre de Bruxelles-Vrije Universiteit Brussel).

Comité scientifique: Silvia Adler (University of Haifa), Christophe Benzitoun (Université de Nancy), Bert Cappelle (Katholieke Universiteit Leuven), Bart Defrancq (Hogeschool Gent), Joaquín Garrido (Universidad Complutense de Madrid), Olga Inkova (Université de Genève), Sarah Leroy (Université Paris 10), Christopher Pinon (Université de Lille 3), Hava Bat-Zeev Shyldkrot (Tel Aviv University), Marleen Van
Peteghem (Université de Lille 3), Jacqueline Visconti (University of Genova)

5. Programme

Conférenciers pléniers invités :

  • C. Kennedy (University of Chicago)
  • C. Schnedecker (Université de Strasbourg 2)
  • J. Deulofeu (Université de Provence)
  • J. Hoeksema (University of Groningen)

[1] Ce colloque est organisé dans le cadre d’un programme de recherche financé par le FWO–Flandres (projet G.0348.05) et fait suite au séminaire “La scalarité: autant de moyens d’expressions, autant d’effets de sens” (Bruxelles, 24-25 février 2006) ; voir le volume: La scalarité: autant de moyens d'expression, autant d'effets de sens, 2007, Bruxelles: De Boeck & Larcier - Eds Duculot (Travaux de Linguistique 54), 155 pp.

Catégories

Lieux

  • Université de Gand
    Gand, Belgique

Dates

  • jeudi 01 mai 2008

Mots-clés

  • scalarité, échelle de valeurs, système comparatif, implicatures scalaires, structures syntaxiques scalaires

Contacts

  • Pascale Hadermann
    courriel : Pascale [dot] Hadermann [at] UGent [dot] be
  • Valérie Wielemans
    courriel : Valerie [dot] Wielemans [at] UGent [dot] be

Source de l'information

  • Emmanuel Defay
    courriel : emmanuel [dot] defay [at] univ-lyon2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La scalarité dans tous ses aspects », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 03 avril 2008, http://calenda.org/194739