AccueilModèles interprétatifs des postcolonial studies : le comparatisme en question

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Publié le dimanche 13 avril 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

À travers l'exemple des études littéraires, cette journée interrogera le modèle comparatiste mis en oeuvre par les études postcoloniales. La question est de comprendre le rôle joué par le comparatisme dans le développement de ces études et, réciproquement, d’analyser en quoi l’inscription des pratiques comparatives dans la perspective postcoloniale invite à les redéfinir. Dès lors qu’un concept fondateur de la littérature comparée tel que Weltliteratur est investi d’un sens nouveau et que les catégories « transnationales » supplantent le « national », quelle place reste-t-il pour le comparatisme et quelles alternatives sont envisageables ? Cette journée franco-allemande permettra également d'entrevoir les développements récents et peu connus des études postocoloniales en Allemagne.

Annonce

Journée d’études franco-allemande, 17 mai 2008

Modèles interprétatifs des postcolonial studies : le comparatisme en question

Mieux connu dans l’espace germanophone qu’en France, le modèle interprétatif «postcolonial» s’est développé, notamment dans le domaine des analyses littéraires, dans un rapport à la fois étroit et critique à la méthode comparative. Il a, en effet, été préfiguré par la réflexion d’écrivains et de théoriciens francophones sur la capacité du colonisé à s’exprimer en tant que sujet et la nécessité de réévaluer des littératures trop longtemps perçues comme «périphériques». À un stade ultérieur, lorsque Edward Said proposa de ne plus confronter les discours « orientalistes » à une supposée réalité orientale mais de montrer que l’«Orient» lui-même était le produit de ces discours, il fit de la littérature comparée un pivot de ses analyses. Parmi les représentants les plus éminents des études postcoloniales, beaucoup travaillent dans des instituts de littérature comparée. Dans la perspective la plus actuelle qui consiste à analyser les ressorts et les manifestations de la globalisation, la littérature comparée est sollicitée pour rendre compte des nouvelles formes littéraires «mondiales», en particulier dans leur versant «hybride».

Désireuses de restaurer dans leur intégrité les littératures des pays anciennement colonisés et de ne pas les réduire à une extension des littératures européennes, les études littéraires «postcoloniales» invitent à la comparaison. Mais la littérature comparée est née dans le contexte d’émergence des nations européennes ; sa mise en œuvre dans le cadre postcolonial n’est donc pas si évidente. La question est tout autant de comprendre le rôle joué par le comparatisme dans le développement des études postcoloniales que, réciproquement, d’analyser en quoi l’inscription des pratiques comparatives dans la perspective postcoloniale invite à les redéfinir, voire à les remettre en question. Dès lors qu’un concept fondateur de la littérature comparée tel que Weltliteratur est investi d’un sens nouveau et que les catégories «transnationales» supplantent le «national», quelle place reste-t-il pour le comparatisme et quelles alternatives sont envisageables ?

On oublie souvent le caractère foncièrement syncrétique des études postcoloniales, fruits du transfert vers les Etats-Unis (creuset majeur de ces pensées postcoloniales) de méthodes (philologiques) et de théories (poststructurale, postmoderne) développées en Europe. Si l’herméneutique postcoloniale met au jour la dimension «hybride» des productions littéraires, elle résulte elle-même de processus d’«hybridation» rarement interrogés. La réflexion des représentants des études postcoloniales sur le comparatisme est un bon exemple de ces processus et de leur potentiel critique.

Programme

Ecole Normale Supérieure, salle Paul Celan, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris.

9h15-9h45 Accueil et introduction

9h45-10h30 Axel Dunker (Université de Mayence) :
La méthode de «lecture en contrepoint» d’Edward Said et la littérature de langue allemande.

10h30-10h45 Pause

10h45-11h30 Pascale Rabault-Feuerhahn (CNRS, Paris) :
Edward Said et la philologie allemande.

11h30-12h15 Peter Goßens (Université de Bochum) :
«L’altérité de l’autre». A propos de la dimension éthique de la réflexion sur la littérature mondiale à l’ère de la globalisation.

12h15-14h00 Repas

14h00-14h45 Tiphaine Samoyault (Université de Paris VIII) :
Gayatri Spivak et la «mort du comparatisme».

14h45-15h30 Florence D’souza (Université de Lille 3) :
Les littératures postcoloniales de l’Inde – Conflits et tensions.

15h30-15h45 Pause

15h45-16h30 Lise Guilhamon (Université de Paris IV) :
Altérités de/dans la langue : réflexion sur les approches comparatiste et postcoloniale du roman indien anglophone.

16h30-17h15 Hans-Jürgen Lüsebrink (Université de Sarrebruck) :
Les enjeux d’une Weltliteratur métissée – approche comparatiste et hybridité interculturelle dans l’œuvre de Robert Lepage.

Lieux

  • École normale supérieure, salle Paul Celan, 45 rue d'Ulm
    Paris, France

Dates

  • samedi 17 mai 2008

Mots-clés

  • épistémologie, comparatisme, transferts culturels, postcolonialisme, littérature comparée

Contacts

  • Pascale Rabault-Feuerhahn
    courriel : pascale [dot] rabault [at] ens [dot] fr

Source de l'information

  • Pascale Rabault-Feuerhahn
    courriel : pascale [dot] rabault [at] ens [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Modèles interprétatifs des postcolonial studies : le comparatisme en question », Journée d'étude, Calenda, Publié le dimanche 13 avril 2008, http://calenda.org/194812