AccueilLa rééducation des filles, XIXe-XXe siècles

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Publié le vendredi 18 avril 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Depuis le XIXe siècle, les filles de Justice, étiquetées délinquantes ou en danger mais toujours considérées comme « difficiles » voire « vicieuses », se sont révélées bien embarrassantes. L’histoire de la rééducation des filles est un thème encore peu étudié. Ces deux journées permettront que se croisent des acteurs qui sont intervenus auprès de différentes générations de filles, des chercheurs qui ont exploré les archives et tous ceux que cette réflexion intéresse.

Annonce

Journées d’étude 12 et 13 juin 2008

La rééducation des filles XIXe-XXe siècles

IRTS de Lorraine
201, avenue Pinchard 54100 Nancy

Organisées par le Cnahes - Conservatoire national des archives et de l’histoire de l’éducation spécialisée
En partenariat avec :
- l’AHES-PJM (Association pour l’histoire de l’éducation surveillée et de la protection
judiciaire des mineurs),
- l’IRTS de Lorraine,
- la Ville de Nancy,
- le Conseil général de Meurthe-et-Moselle,
- le Conseil régional de Lorraine

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Pendant tout un temps, l’Etat s’est déchargé sur les congrégations religieuses, situation qui a perduré sous la Troisième République, en plein conflit entre confessionnels et laïques, avant que le paysage institutionnel ne change très progressivement après 1945. En vertu d’une ségrégation selon le sexe, les établissements sont ainsi devenus des univers exclusivement féminins, des espaces clos où les filles étaient encadrées par des religieuses, avant que n’y entrent des éducatrices laïques au fur et à mesure de la professionnalisation.

Cet entre-soi a perpétué un traitement spécifique de la délinquance juvénile féminine, qui s’est traduit par un contrôle d’autant plus grand à l’égard de ces jeunes filles. Tandis qu’elles étaient observées à travers le spectre de leurs « mauvaises fréquentations » susceptibles de les amener sur le trottoir, leur rééducation s’est forgée autour d’une discipline des corps et des comportements. De la même manière, le travail et l’apprentissage se sont articulés autour de métiers considérés comme féminins (broderie, couture, bonneterie, blanchissage, puis plus tard sténodactylo) alors que l’inculcation des bonnes manières et des tâches domestiques devait en faire de parfaites ménagères.

L’histoire de la rééducation des filles est un thème encore peu étudié. Ces deux journées permettront que se croisent des acteurs qui sont intervenus auprès de différentes générations de filles, des chercheurs qui ont exploré les archives et tous ceux que cette réflexion intéresse.

Comité de pilotage

Roger BELLO, Jacques BERGERET, Samuel BOUSSION, Claire DUMAS,
Gisèle FICHE, Odile LAUGIER, Jacqueline MATHIEU, Françoise TETARD

Jeudi 12 juin 2008

9h-10h : accueil autour d’un café

10h : ouverture des journées par Hélène Maçon, directrice générale de l’Alforeas et de l’Irts de Lorraine ; André Rossinot, maire de Nancy, ancien ministre ou son représentant ; Michel Dinet, président du conseil général de Meurthe-et-Moselle ou son représentant ; Jean-Pierre Masseret, sénateur de Moselle, représenté par Daouïz Bezaz, conseillère régionale déléguée à la santé et aux formations sanitaires et sociales

10h20 : La rééducation des filles, un sujet embarrassant. Présentation des journées par le comité de pilotage

10h35 : Introduction générale par Eric Pierre, historien, maître de conférences, université d’Angers, Hires-Cerhio

Le monopole des congrégations

Modératrice : Colette Bec, sociologue, professeure, université Paris-Descartes

11h00 : L’affaire du Bon Pasteur de Nancy et ses incidences parlementaires par Françoise Tétard, historienne, ingénieur d’études Cnrs, Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Paris

11h30 : Au cœur de la controverse nancéienne : Monseigneur Turinaz. Portrait par Hélène Say, directrice des Archives départementales de Meurthe-et-Moselle

12h : Jeunes détenues, jeunes exclues ? L’expression des solidarités familiales à travers les archives épistolaires (Darnétal au XIXe siècle), par Pascale Quincy-Lefebvre, historienne, maîtresse de conférences, université d’Angers, Hires-Cerhio

12h30 : débat avec la salle

13h : déjeuner

Passer la main

Modératrice : Dominique Dessertine, historienne, ingénieure de recherches Cnrs, Larhra-Institut des Sciences de l’homme, Lyon

14h30 : Cartographie commentée des institutions pour filles sur le territoire français par Jacques Bergeret, délégué Cnahes Lorraine et Samuel Boussion, docteur en histoire, chargé de mission Cnahes

15h15 : Une transition sur fond de transaction immobilière. Table ronde préparée et animée par Gisèle Fiche, présidente de l’Ahes-pjm, avec trois acteurs-témoins du passage :

- le Bon Pasteur de Bourges en 1968 par Claire Dumas, ancienne éducatrice à l’Internat professionnel d’éducation surveillée à Bourges

- le Bon Pasteur de Saint-Omer en 1968 par Paul Charonnat, ancien directeur du Cot Anne Franck

- le Refuge de Versailles en 1976 par Jacques Daignière, ancien directeur de l’Oustal

16h30 : débat avec la salle

17h : fin

Vendredi 13 juin 2008

9h-9h30 : accueil

A qui confier les filles ?

Modérateur : Etienne Thévenin, historien, maître de conférences, université Nancy 2, Crulh

9h30 : Filles et garçons de justice : un traitement différencié ? Parcours institutionnels comparés (Belgique 1912-1965) par Aurore François, docteure en histoire, Chdj, université catholique de Louvain

10h : Pourquoi les Bon Pasteur ont-ils fermé leurs établissements ? Eléments de réponse par Odile Laugier, religieuse du Bon Pasteur

10h30 : L’arrivée des personnels laïques. Témoignages d’Yvette Rolin et Françoise De Ravinel-Devinot, toutes deux anciennes éducatrices spécialisées et directrices d’établissement

11h15 : Les filles de la rue par Patrick Dubéchot, sociologue-démographe, enseignant à l’Etsup, ancien éducateur en prévention spécialisée et Jacqueline Mathieu, ancienne éducatrice en prévention spécialisée à Nancy

11h45 : débat avec la salle

12h30 : déjeuner

Que faire avec les filles ?

Modérateur : Roger Bello, président du Cnahes, ancien directeur de l’Avvej

14h : Le désarroi du juge face aux mineures par Véronique Blanchard, responsable du centre d'exposition de Savigny-sur-Orge, doctorante en histoire, université Paris 7

14h30 : Les Magdalenes d’Irlande : la question des filles mères et de leurs illégitimes bébés par Camille Fossaert, étudiante en master 2 histoire, université Paris 7

15h : Les filles en internat. Une sexualité sous contrôle par Anne Thomazeau, enseignante dans le secondaire, doctorante en histoire, Ens-Lsh Lyon

15h30 : Brodeuse, blanchisseuse, coiffeuse ou dactylo ? par Marinette Barré, éducatrice spécialisée, doctorante en histoire, université du Maine

16h : débat avec la salle

16h30 : conclusion générale par Florence Rochefort, historienne, chargée de recherches Cnrs, Gsrl (Groupe sociétés, religions, laïcités), Paris

17h : fin des journées

Lieux

  • IRTS de Lorraine 201, avenue Pinchard 54100 Nancy
    Nancy, France

Dates

  • jeudi 12 juin 2008
  • vendredi 13 juin 2008

Mots-clés

  • rééducation, délinquance juvénile, femmes, genre, internat, éducation, religion, laïcité

Contacts

  • Samuel Boussion
    courriel : boussion [at] bule [dot] univ-angers [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Samuel Boussion
    courriel : boussion [at] bule [dot] univ-angers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La rééducation des filles, XIXe-XXe siècles », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 18 avril 2008, http://calenda.org/194843