AccueilL’irruption des États-Unis en Méditerranée (XVIIIe-XIXe siècles)

L’irruption des États-Unis en Méditerranée (XVIIIe-XIXe siècles)

Conférence internationale organisée par le Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine

*  *  *

Publié le mardi 29 avril 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Dès le XVIIe siècle, marins et pêcheurs de la Nouvelle Angleterre fréquentaient avec régularité le bassin méditerranéen occidental, protégés par le pavillon britannique. L’indépendance des Treize Colonies pose les États-Unis devant de nouveaux défis que ce colloque international se propose d'analyser. Une attention particulière sera donnée à la collecte d'informations sur la Méditerranée et aux représentations de la Méditerranée véhiculées outre-Atlantique, à la géographie de l'implantation consulaire et commerciale des Américains, aux relations entre les Etats-Unis et les autres puissances, barbaresques ou chrétiennes, présentes en Méditerranée.

Annonce

L’irruption des États-Unis en Méditerranée (XVIIIe-XIXe siècles)

Conférence internationale organisée par le Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine

Nice, 17 - 18 Octobre 2008

Si les opérations navales américaines au cours des deux conflits mondiaux et la présence permanente de la sixième flotte en Méditerranée depuis bientôt un demi-siècle révèlent clairement l’intérêt porté par les Etats-Unis pour cet espace, cet intérêt s’inscrit dans la durée. Dès le XVIIe siècle, marins et pêcheurs de la Nouvelle Angleterre fréquentaient avec régularité le bassin méditerranéen occidental, protégés par le pavillon britannique. L’indépendance des Treize Colonies pose les Etats-Unis devant de nouveaux défis. Comment assurer la sécurité des navires face à la course barbaresque ? Comment réagir face à la réduction en esclavage des citoyens des Etats-Unis ? Comment organiser un service consulaire efficace et permettre une bonne circulation des informations entre des aires si éloignées, compte tenu des moyens de communication de l’époque ? Quels produits, quels marchés, quels ports méritent l’attention des armateurs et négociants américains ? Quelles stratégies commerciales adopter en Méditerranée, surtout lorsque les guerres révolutionnaires et impériales ouvrent un âge d’or pour la marine marchande américaine ? Ce colloque se propose d’étudier comment l’insertion d’une nouvelle puissance en Méditerranée modifie les équilibres dans cet espace, et comment les acteurs politiques et économiques américains se sont positionnés dans cette région. Pour le 18e et les débuts du 19e siècle, la plupart de ces questionnements restent en effet encore largement sans réponse, aussi bien en raison des modes historiographiques qui ont emmené à privilégier l’étude de l’Atlantique, que par la dispersion et les difficultés méthodologiques liées à l’exploitation des sources.

Pourtant, l’irruption des Etats-Unis en Méditerranée n’est, au fond, que le dernier épisode de la mainmise des puissances atlantiques sur les commerces méditerranéens. L’irruption des navires et des marchands de l’Europe du Nord en-deçà du  détroit de Gibraltar à partir du XIIIe siècle, avait modifié de manière radicale les dynamiques commerciales et politiques du monde méditerranéen à l’époque moderne. Dès la seconde moitié du XVIe siècle, les puissances atlantiques s’étaient emparées d’une partie croissante de la navigation de long cours en Méditerranée, et leurs marchands s’étaient établis en nombre dans ses principaux ports, où ils dominaient souvent les échanges les plus lucratifs. La consolidation des intérêts commerciaux nord-européens s’était accompagnée d’une intense activité diplomatique visant à établir des relations privilégiées avec les pays du pourtour de la Méditerranée, et à se mettre à l’abri des ponctions exercées par la course barbaresque grâce entre autres à la ratification d’un traité. Ces choix relevaient toujours d’un complexe calcul géopolitique : ainsi, le Sénat de Hambourg, ville impériale et plaque tournante des échanges en Mer du Nord, préfère renoncer à toute navigation en Méditerranée pour ne pas compromettre ses relations avec l’Espagne, violement hostile à tout accord avec les corsaires barbaresques, avec qui la ville hanséatique entretenait d’intenses relations commerciales aux XVIe-XVIIe siècles ; alors que Anglais et Hollandais, suivis par Suédois et Danois, investissent massivement l’espace méditerranéen et s’efforcent d’obtenir des conditions commerciales avantageuses avec certains pays et de disposer de relais sûrs le long des côtes ou des îles méditerranéennes. Au moment où les Etats-Unis s’affirment comme nation indépendante, leurs gouvernants et leurs négociants doivent se frayer un chemin dans cet univers complexe mais disposent potentiellement de l’avantage de l’expérience des autres et collectent à cet effet une information variée.

Il s’agit dès lors d’analyser comment la jeune république américaine appréhende et investit l’espace méditerranéen au lendemain de son indépendance, quelles représentations de l’intérêt et de la géopolitique de cet espace elle se crée, façonnant ainsi de manière décisive ses orientations successives.  Si les aspects diplomatiques et la guerre contre Tripoli (1801-1805) ont davantage attiré l’attention des chercheurs, les aspects économiques et l’implantation d’un service consulaire demeurent encore fort mal connus. Le colloque permettra de faire le point sur nos connaissances et sur les tendances récentes de la recherche. Il a l’ambition de servir de base pour des recherches futures, notamment sur le service consulaire et sur la circulation de l’information sur la Méditerranée à l’extérieur de la Méditerranée, qui constituent deux thèmes majeurs des recherches engagées par le CMMC dans le quadriennal 2008-2011.

Sans que la liste suivante soit limitative, nous examinerons avec un intérêt particulier les propositions concernant les aspects diplomatiques ou l’attitude des différents pays européens et des régences barbaresques face à la présence américaine en Méditerranée, l’analyse des intérêts économiques ou des stratégies entrepreneuriales à l’œuvre, ainsi que des images et représentations du monde méditerranéen aux Etats-Unis.

Envoyez votre proposition de communication à Silvia Marzagalli, avant le 15 Mai 2008 à Marzagalli(at)wanadoo(point)fr

Merci de préciser votre affiliation, votre adresse complète et un résume de la communication envisagée d’une quinzaine de lignes.

Catégories

Lieux

  • Nice, France

Dates

  • jeudi 15 mai 2008

Mots-clés

  • navigation, Méditerranée, États-Unis, commerce, relations internationales

Contacts

  • Silvia Marzagalli
    courriel : Silvia [dot] Marzagalli [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • Silvia Marzagalli
    courriel : Silvia [dot] Marzagalli [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’irruption des États-Unis en Méditerranée (XVIIIe-XIXe siècles) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 29 avril 2008, http://calenda.org/194895