AccueilÉpistolarité et généricité

Épistolarité et généricité

Le travail du genre à travers les échanges épistolaires des écrivains

*  *  *

Publié le lundi 12 mai 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Lorsqu’ils s’écrivent entre eux, les auteurs parlent métier tout en parlant d’eux-mêmes, avec toute la familiarité et le recul propres au genre épistolaire. La correspondance d’écrivains pourra être étudiée comme un lieu de controverse professionnelle, d’émergence des stéréotypes génériques, et d’échange entre formes littéraires et épistolaires.

Annonce

 2ème appel à communications

Colloque

Epistolarité et généricité
Le travail du genre à travers les échanges épistolaires des écrivains

Modalités                                                           

Lieu : UFR Lettres, Arts et Sciences humaines, Université Nice-Sophia, Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie de la Littérature, CTEL, EA 1758.

Dates: jeudi 23 et vendredi 24-octobre 2008.

Date limite de dépôt des propositions : 10 juin 2008, sous forme d’un résumé de 300 à 500 mots, envoyé à biagioli@unice.fr. Réponses le 20 juin. La durée prévue pour les communications est de 25 mn et 10 mn de débats avec l’assistance.

Directeur du colloque :

Nicole BIAGIOLI, professeur de langue et littérature française, co-responsable de l’axe Identités Génériques, Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie de la Littérature, CTEL, EA 1758, Université Nice-Sophia, UFR Lettres, Arts et sciences Humaines, B.P. 209, 98 bd E. Herriot, 06204 Nice, CEDEX 3, France.

Comité scientifique :

Pierre DUFIEF, Centre d’étude des correspondances UMR 6563, université de Brest;

Geneviève HAROCHE-BOUZINAC, Centre de recherche sur les littératures et le civilisations META, EA 4230, université d’Orléans

Françoise LERICHE, Institut des Textes et Manuscrits Modernes, ITEM, UMR 8132, université Grenoble 3;

Alain PAGES, ITEM, Institut des Textes et Manuscrits Modernes, ITEM, UMR 8132, université Paris 3 ;

Jean-Marie SEILLAN, CTEL Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie de la Littérature, EA 1758, université Nice-Sophia ;

Alain VIALA, Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur l’Histoire du Littéraire, Centre de Recherche sur l’Institution Littéraire, GRIHL-CRIL, EA 1485, universités Oxford et Paris 3.

Présentation

Cadre théorique

Lieu privilégié de la confrontation des expériences littéraires, la correspondance d’auteurs offre de nombreuses occasions d’observer comment les acteurs de la production littéraire se décentrent à travers l’échange entre pairs, élaborent les représentations du milieu littéraire qui conditionnent leur rapport à la sphère de production, se positionnent dans cette sphère en participant à la construction de leur image personnelle et professionnelle.

C’est donc par excellence le champ d’observation et d’étude des genres, si l’on envisage le genre non seulement comme une façon de classer et de décrire les oeuvres, mais aussi, en réintégrant dans le champ du littéraire le sens que lui a donné la psychologie du travail (cf. Clot, Y (2002), La fonction psychologique du travail, PUF, Paris), après l’avoir emprunté à Bakhtine: l’ensemble des règles d’action que se donne un groupe de travailleurs pour gérer les incidents qui émaillent la réalisation de ses tâches. La correspondance est le lieu où se manifeste la solidarité et le besoin d’échange des travailleurs littéraires, réputés pourtant solitaires. La fonction différenciatrice et organisatrice du genre y apparaît sous deux aspects : le rapport de l’écrivain au groupe, le rapport de l’écrivain à son projet. Echange autobiographique professionnel, la correspondance entre écrivains est un lieu de self-formation, de négociation de l’identité professionnelle, mais aussi de formation croisée, de compagnonnage et de transmission des compétences professionnelles.

Proposition

Les critiques ont toujours fait appel à la correspondance des auteurs pour éclairer le processus de création. En 2006-2007 et en 2007-2008, l’Association Interdisciplinaire de Recherches sur l’Epistolaire (AIRE) et l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM) ont organisé à Paris 3 un séminaire coordonné par Françoise Leriche et Alain Pagès intitulé Genèse et correspondances.

Ce séminaire a contribué à faire passer la correspondance d’auteur du statut de preuve dans la justification du discours critique à celui d’adjuvant ou d’opposant du projet créatif, descriptible par la génétique textuelle dès lors qu’elle est rapprochée des autres pièces de la fabrique littéraire tels que avant-projets, fiches, brouillons, épreuves, états du texte.

Le présent projet a pour objectif de développer, à côté de la problématique de la généticité, celle de la généricité. Nous nous focalisons sur ce qui dans les échanges épistolaires, concerne non pas les étapes de la création, mais l’interprétation des choix d’écriture en termes de positionnement littéraire. On est donc davantage du côté des représentations et des jugements sur l’œuvre (avant, pendant et après sa création) que du côté de l’historique de la création. Sans négliger la comparaison avec les avant-textes, la mise en réseau se fera plutôt avec les péri-textes et les méta-textes: essais critiques, arts poétiques, préfaces ou tout développement métatextuel concernant le genre inclus dans l’œuvre.

Pistes de travail

On pourra notamment s’intéresser à :

- la lettre comme lieu de la verbalisation de la construction du genre: quand on y débat d’un ou de plusieurs genres convoqués par une oeuvre, d’une tonalité ou d’un registre en rapport avec cette classification, et bien sûr du renouvellement ou de l’appropriation du genre par l’œuvre;

- la lettre comme lieu d’émergence et de discussion des stéréotypes génériques, en particulier des corrélations établies par l’idéologie entre certains genres et certaines catégories de scripteurs;

- la lettre comme espace de confrontation et de différenciation des genres: cette problématique peut et doit s’élargir aux rapports entre genres littéraires et non littéraires, spécialement lorsqu’on aborde les genres frontaliers tels que le roman historique, la nouvelle ;

- la lettre comme lieu de réflexion sur le genre épistolaire, lorsque les auteurs se mettent à théoriser leur pratique épistolaire tout en parlant de leurs oeuvres ;

- la lettre comme confluent de la vie privée et de la vie littéraire, l’œuvre d’ordinaire objet principal de la correspondance, peut être mise au service d’objectifs privés, déviance rhétorique qui introduit de multiples entorses génériques ;

- la lettre comme embrayeur d’intergénéricité : l’épistolaire fait partie des genres qui, visant à influencer les actes du destinataire, peuvent empruntent leur scénographie à d’autres genres pour surprendre, séduire, convaincre l’interlocuteur. En retour, le moule épistolaire peut habiller d’autres genres et laisser filtrer des postures de discours professionnelles analogues sur bien des points à celles révélées par les correspondances authentiques.

Catégories

Lieux

  • Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature, université de Nice-Sophia Antipolis, 98, boulevard Édouard-Herriot, 06204, Nice Cedex 3
    Nice, France

Dates

  • mardi 10 juin 2008

Fichiers attachés

Mots-clés

  • épistolarité, genres littéraires, correspondance d'auteurs

Contacts

  • Nicole Biagioli
    courriel : biagioli [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • Nicole Biagioli
    courriel : biagioli [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Épistolarité et généricité », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 12 mai 2008, http://calenda.org/194975